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SOMMAIRE
La pression de l'humain sur l'environnement ne fait que s'accroître malgré les mises en
garde réitérées de nombreux observateurs attentifs. Depuis plusieurs dizaines d'années
de nombreuses tentatives de conciliation entre économie et écologie ont vu le jour.
L'humanité moderne, fascinée par la découverte de ressources terrestres notamment
énergétique, n'a pas manqué d'y puiser sans frein les matériaux nécessaires à sa
domination planétaire. D'abord ignorante des conséquences de ce déstockage, ne
voulant pas les savoir ensuite, l'humanité semble désormais acculée à gérer aussi
habilement que rapidement l'état actuel et futur de son écosystème: il en va désormais,
semble-t-il, de sa survie.
D'une part, si des outils de gestion de l'impact humain sur l'écosystème terrestre sont
pensés et mis en place – qu'ils émanent des autorités administratives et politiques, qu'ils
soient parfois à l'instigation des milieux économiques ou qu'ils relèvent du discernement
écologique d'organisations à but de protection de l'environnement – tous montrent à
l'évidence l'ampleur de la tâche et surtout la difficulté d'atteindre leurs objectifs.
D'autre part, si l'économie puise souvent sans scrupule dans les ressources naturelles
disponibles (les emternalités), elle ne se laisse que difficilement convaincre de la
nécessité d'en payer le prix réel dont une part non négligeable devrait être attribuée au
traitement adéquat des pollutions et des déchets générés (les externalités).
Enfin, nous remarquons l'intelligence de certains consommateurs qui par leur acte
d'achat et pour autant qu'ils en aient la possibilité, s'engagent dans une prise en compte
écologique et sociale de l'écosystème global. La montée en puissance et le succès de
productions alimentaires biologiques ou plus récemment celle des produits à valeur
sociale ajoutée (Max Havelaar, Switcher …) sembleraient en dessiner les contours.
Ceci posé, intervenir dans le cycle de production-consommation et l'utiliser comme
vecteur d'une dynamique économique qui atteigne le triple objectif d'un effet sur la prise
en compte du coût environnemental, sur l'acte de consommer et sur l’éthique du
produire nous paraît être un défi que nous pouvons tenter.
Corollairement, l'occasion de cette production et de cette consommation raisonnées,
permettrait-elle de passer d'une attention soutenue en faveur de l'avenir de
l'écosystème terrestre global à une action locale concrète, résolue et efficace, où
producteurs, consommateurs et environnement s'en sortiraient tous "gagnants", à court,
moyen et surtout long terme ? Bref, une stratégie économique win-win-win profitable au
producteur, au consommateur et à l'environnement est-elle d'abord pensable, ensuite
applicable ?
Sans être naïf nous pensons qu'il y a place dans les modèles économiques, sociaux et
environnementaux pour imaginer et développer concrètement une telle stratégie et
approcher, pour un temps, en un lieu, cet objectif de responsabilité environnementale de
l'humain à l'égard de "son" écosystème.
Ce travail s'inscrira – modestement – dans ce contexte.