DOSSIER - msport.net

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DÉCOUVERTE
D’UN SPORT
La plongée en apnée
PAGE 9
NUTRITION
Vitamines - 2e partie
Bénéfices au cas par cas
et synergie de groupe
PAGES 25-29
DOSSIER
Pathologie vasculaire des
membres inférieurs
2e partie
PAGES 11-23
RÉÉDUCATION
Le massage du sportif :
complice de la
performance ?
PAGES 28-29
LA COURSE
DU MILLÉNAIRE
Les voiliers les plus rapides se disputent le globe
Barcelone, 31 décembre 2000.
Les voiliers les plus rapides du monde prennent le départ, d’une course
autour du monde sans précédant qui durera 3 mois. Les risques à bord sont
nombreux pour les équipages, dont l’entraînement doit être minutieux.
Le point avec le Dr Jean-Yves Chauve, coordinateur médical de l’épreuve.
BIMESTRIEL - NUMÉRO 40 - DÉCEMBRE 2000 - 35 F
P. 5-8 ÉVÉNEMENT
THE RACE
Le 31 décembre prochain, à Barcelone,
les voiliers les plus rapides du monde prennent
le départ de la course du millénaire : The Race.
Une course autour du monde sans escale et sans
assistance. Le Dr Chauve, coordinateur médical
sur l’épreuve, fait le point sur la préparation
des équipages et la gestion médicale à distance.
PRENEZ L’AIR
ET LA MER
E
P. 9 DÉCOUVERTE D’UN SPORT
La plongée en apnée
< DOSSIER >
D.R.
n cette fin d’année et de millénaire,
l’équipe rédactionnelle de Médecins
du Sport, a souhaité vous sortir de vos
cabinets médicaux et vous faire prendre
l’air, et la mer, en vous présentant
la course du millénaire qui constitue,
pour la gent maritime, une épreuve
sportive et une aventure humaine
hors du commun.
Sur les courses au large, la technologie
des communications permet le suivi et
le traitement des skippers en mer. Dans
ce domaine, le Dr Jean-Yves Chauve
est le spécialiste de l’assistance médicale
à distance.
Avec les moyens de télécommunication
actuels, l’application à la médecine de
ce type de pratique médicale peut
s’envisager ; elle semble même être
au seuil de nos cabinets !
P. 11-23
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs
2e partie
La deuxième partie de ce dossier sera
consacrée au syndrome de l’artère poplitée
piégée, les moyens de le détecter et
de le traiter ainsi qu’au parent pauvre de la pathologie
vasculaire du sportif qu’est la pathologie veineuse.
Pour ma part, je crois que si l’assistance
médicale constitue un véritable progrès
et une réelle sécurité pour ces marins,
il n’en reste pas moins que dans notre
pratique médicale au cabinet, le contact
direct et physique avec le patient reste
fondamental. Et cette façon de pratiquer
a encore de longues années à vivre.
Même si l’outil informatique permet,
lui aussi, de nous faire progresser, nous
devons cependant rester des praticiens
vigilants afin de ne pas nous transformer
en moniteurs de saisies de données
informatiques.
DR DIDIER ROUSSEAU
Rédacteur en chef
Rhumatologue, médecin du sport
P. 25-29 NUTRITION
Vitamines - 2e partie :
bénéfices au cas par cas
et synergie de groupe
P. 30-31 RÉÉDUCATION : FICHES PRATIQUES
Le massage du sportif :
complice de la performance ?
P. 32 ON EN PARLE
Directeur de la publication : Dr Antoine Lolivier - Rédacteur en chef : Dr Didier Rousseau - Rédacteur en chef adjoint : Odile Mathieu - Secrétaire de rédaction :
Isabelle Ampart - Maquette : Christine Lecomte - Alivanh Chanthavong - Production : Gracia Bejjani - Comité de rédaction : Dr Gilles Bruyère Pr François Carré - Pr Pascal Christel - Dr Jean-Marie Coudreuse - Laurence Ducrot - Dr Hervé de Labareyre - Dr Olivier Fichez - Dr Jacques Gueneron - Dr Eric Joussellin
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Cette publication est éditée par Expressions Santé, 15, rue du Louvre, 75001 Paris. Tél. : 01 40 41 14 40. Fax : 01 40 41 14 49. E-mail : [email protected]é.fr
N° ISSN : 1279-1334. Imprimeur : Imprimerie de Compiègne, 60205 Compiègne.
MÉDECINS DU SPORT
3
N°40-DÉCEMBRE 2000
Sommaire
ÉDITO
Y. Zedda
Evénement : The Race
LA COURSE
DU MILLÉNAIRE
Sans la passion et la détermination du navigateur Bruno
Peyron, The Race, la course du millénaire, serait sans
doute restée un simple projet griffonné sur une feuille de
papier. Tout commence au printemps 1993, lorsqu’à l’issue de sa victoire, lors du premier trophée Jules Verne,
Bruno Peyron décide de mettre en œuvre un grand projet de course au large pour les festivités de l’an 2000.
Après des années de démarches, de recherches de sponsors et de préparation, le dimanche 31 décembre,
marque enfin le coup d’envoi, de Barcelone, site officiel
du départ de la course. Au total, huit navires au moins
s’élancent pour un parcours exceptionnel autour du
globe terrestre, depuis les Détroits de Gibraltar et de
Cook (entre les 2 îles néo-zélandaises), en passant par les
trois grands caps, Bonne Espérance, Leewin et le Cap
Horn, jusqu’à la ligne d’arrivée à Marseille, prévue pour
le mois de mars 2001. Aventure maritime et humaine
hors du commun, cette course sera parfois difficile pour
les hommes qui la disputeront. Le Dr Jean-Yves Chauve,
médecin de l’épreuve et spécialiste de l’assistance médicale en mer fait le point sur les enjeux médicaux et la
préparation des équipages.
■
MÉDECINS DU SPORT
5
N°40-DÉCEMBRE 2000
R. Tomlinson
D.R.
Evénement : The Race
«L
’idée de départ
de la “Course
du millénaire”,
explique-t-on à l’organisation,était de marquer,de façon symbolique,le passage dans
le XXIe siècle en fédérant l’ensemble des
potentiels et des espoirs de l’homme de
demain :défense de l’environnement,mise
en avant de l’éducation et sensibilisation
au patrimoine maritime mondial. Notre
objectif était de parvenir à rassembler,
en une culture maritime planétaire,
les sensibilités anglo-saxonnes et latines
trop souvent distantes et rivales. Placée
sous le signe de l’excellence, la course,
qui se déroulera autour du monde, de
l’Atlantique au Pacifique, mettra donc en
compétition amicale le meilleur de la voile
et les voiliers les plus rapides.Sans jamais
oublier qu’à la très haute qualité sportive
sera toujours associée une dimension culturelle et humaine. »
UNE ÉPREUVE DE RAPIDITÉ
The Race est donc la première course
autour du monde en équipage, sur des
navires très différents,sans escale et sans
assistance. Elle a comme spécificité de
n’être ouverte qu’aux skippers et aux
équipages des voiliers les plus rapides du
monde, sans limite de taille ou de jauge.
Seuls sont admis à participer les bateaux
et les équipages qui auront réalisé les
meilleurs temps de traversée sur l’un des
six parcours de qualification enregistrés
auprès du World sailing speed record
council (WSSRC) (cf. encadré).
Du 13 au 17 décembre, les challengers
sélectionnés étaient invités à participer
au prologue officiel.Constitué d’épreuves
successives, il s’est déroulé à Monaco et
a permis au public de découvrir les voiliers concurrents. Cette régate est suivie
d’une course de ralliement entre Monaco
et Barcelone. Le dimanche 31 décembre
2000,le coup d’envoi solennel est donné
de Barcelone, site officiel du départ de la
course.Le parcours général dessinera une
boucle complète autour du globe terrestre, depuis les Détroit de Gibraltar et
de Cook (entre les 2 îles néo-zélandaises),
en passant par les trois grands caps,Bonne
Espérance,Leewin et le Cap Horn,jusqu’à
ligne d’arrivée à Marseille,prévue pour le
mois de mars 2001.
The Race est la première course autour du monde en équipage, sans escale et sans
assistance. Elle n’est ouverte qu’aux skippers et aux équipages des voiliers les plus
rapides du monde.
DES ARCHITECTES
SUR LE PONT
il faut ajouter certains grands multicoques
à l’image du projet de catamaran de 40 m
du hollandais Henk de Velde.
Parmi la vingtaine de projets déposés
depuis 1997, force est de constater que
l’imagination des architectes navals a été,
une fois de plus, sans limite. Les voiliers
qui ont pris le départ de The Race peuvent être rassemblés en trois grands
groupes distincts.
UN ENTRAÎNEMENT
AU CAS PAR CAS
Les nouveaux géants
Seront donc en compétition les “Nouveaux
Géants”, tels le Playstation de l’Américain
Steve Fossett,le Team Phillips du Britannique
Pete Goss ou encore le Club Med du NéoZélandais Grant Dalton. Ces maxi-multicoques de nouvelle génération sont
principalement des catamarans de plus de
30 mètres et pourraient être 6 au départ.
Les historiques
En face d’eux,les “Historiques”défendront
leurs couleurs, à l’image de l’ex Enza de
Peter Blake transformé par le Britannique
Tony Bullimore en un catamaran de
30 mètres ou de l’ex Explorer de Bruno
Peyron, racheté par le Polonais Roman
Paszke pour The Race. Ces derniers
devraient être au nombre de 2 ou 3 sur la
ligne de départ.
En dépit de sa spécificité, la préparation
d’une épreuve comme The Race est identique à celle de n’importe quelle autre
grande course au large.Selon le Dr Jean-Yves
Chauve, médecin de l’épreuve et
spécialiste de l’assistance médicale en mer,
« les participants suivent, en général, une
mise en forme habituelle à tous sportifs,sans
réelle spécialisation.La vraie différence dans
une course en équipage comme The Race
se trouve dans la répartition des postes.
Concrètement,cela signifie qu’un wincher
devra suivre un entraînement beaucoup plus
athlétique,en raison de la force nécessaire
à sa spécialité, que le navigateur, ou l’acrobate qui doit monter à très grande vitesse à
la tête du mât pendant les manœuvres.»
Les atypiques
PENSER AUX
ÉCHAUFFEMENTS
Enfin, l’appellation “Atypiques” regroupera les quelques projets de maximonocoques encore à l’étude, auxquels
« Le vrai problème, en terme de préparation physique,repose sur le fait qu’à bord
la plupart des activités sont explosives et
MÉDECINS DU SPORT
6
N°40-DÉCEMBRE 2000
Y. Zedda
Les bateaux et les équipages qui
prendront le départ de la course, sont
ceux qui ont réalisé les meilleurs
temps de traversée sur l’un des six
parcours suivants :
● le record de l’Atlantique Ouest/Est
entre New York et le Cap Lizard (GB),
● le record de l’Atlantique Est/Ouest
entre Cadix (Espagne) et San
Salvador (Bahamas),
● le record du Pacifique Est/Ouest
entre Los Angeles (USA) et Honolulu
(Hawaï),
● le record du Pacifique Ouest/Est
entre Yokohama (Japon) et San
Francisco (USA),
● le Trophée Jules Verne et enfin le
Tour des îles britanniques.
soudaines.Il n’est en effet pas rare de passer de l’inactivité à une débauche de mouvements en urgence, le tout sans aucun
échauffement préalable. Les muscles sollicités brutalement et à froid peuvent subir
des lésions avec des processus inflammatoires entraînant douleurs et contractures,particulièrement au niveau du dos,
des épaules et des membres supérieurs.
Des séances d’échauffement et d’étirements, avant et pendant les quarts, sont
particulièrement recommandées,surtout
en zone froide.Contrairement aux monocoques où les déplacements sollicitent
peu les membres inférieurs, l’activité sur
la surface du trampoline de ces grands
catamarans suffit à maintenir une musculature des membres inférieurs efficiente.»
A cet égard, certains équipages embarqueront un kiné à bord afin de les aider
à mieux maîtriser la performance et à
éviter les complications éventuelles.
TROUVER ET OPTIMISER
LE SOMMEIL
Pour bien comprendre les conditions de
vie à bord,il faut savoir que les contraintes
« La vie des marins, en course, oscille
entre des moments de refroidissement
musculaire et des tensions explosives
au niveau des muscles. » Loïc Peyron.
y sont très fortes :stress,bruit,mouvement
permanent et vie en commun pendant une
longue durée. Il faut ajouter à cela le fait
que les marins doivent tout gérer :fatigue,
nutrition et forme physique. Le principal
problème est le sommeil.Dans des conditions extrêmes,quelques périodes de vingt
minutes à une demi-heure d’un sommeil
profond suffisent pour récupérer. Le
rythme de sommeil classique sur une
course au large se répartit le plus souvent
en 3 périodes de sommeil d’une heure et
demie à 2 heures en fin de nuit et en début
d’après-midi. « Mais souvent, explique le
Dr Chauve,le bateau tape dans les vagues,
les chocs sont violents et bousculent.
Parfois, il faut même se tenir pour ne pas
tomber,tandis que les bruits,amplifiés par
la structure du bateau, sont de véritables
déflagrations. Une campagne de mesures
effectuée récemment a mis en évidence
des intensités de bruits supérieures à
120 décibels lors des chocs d’une coque
en carbone contre les vagues.Compte tenu
des difficultés pour s’endormir,même pour
ceux qui sont habitués, la baisse de vigilance consécutive au manque de sommeil
peut devenir un phénomène sournois
entraînant des erreurs de jugement ou de
stratégie, des maladresses, des chutes ou
des accidents plus graves. »
UN RÉGIME ALIMENTAIRE
ADAPTÉ
Autre problème : la dépense énergétique.
« Le seul fait de rester debout sur un bateau
qui bouge sans arrêt implique une dépense
de plus de 800 calories,remarque Jean-Yves
Chauve. Pour tenir le coup, le régime
alimentaire est proche de celui de la terre
avec une proportion de glucides, lipides,
protides équivalente. Les produits lyophilisés apportent la plupart des nutriments
nécessaires. Les plats sont variés et riches
car ce mode de déshydratation, par
le froid,conserve la plupart des propriétés
MÉDECINS DU SPORT
7
FROID ET HUMIDITÉ :
ENNEMIS DES MARINS
Face au froid,les vêtements modernes protègent bien et permettent d’éviter les
déperditions de chaleur.Dans la très grande
majorité des cas,les équipages utilisent des
polaires et des combinaisons de survie
étanches très efficaces pour lutter contre
le froid et l’humidité. Mais elles ont aussi
pour inconvénient d’être étroites et provoquent parfois des furoncles avec risques
d’infection au niveau des poignets, des
fesses et de l’entrecuisse, là où les frottements sont les plus forts et où le sel peut
se concentrer.
En cas d’homme à la mer, ces combinaisons permettent de survivre plusieurs
heures dans une eau à 2°, selon
les conditions météo.Faute d’un tel
équipement,un homme ne survivrait qu’une heure dans
le meilleur des cas,car le corps,
sans protection, se refroidit
25 fois plus vite que dans l’air.
Les parties du corps qui se
refroidissent en premier sont
le cou, siège du système
nerveux central, et les aisselles. Par conséquent, il est
recommandé de porter une
cagoule. Mais le plus grand
risque,lorsque l’on se trouve
dans l’eau, reste celui de la
noyade. En effet, quand
le vent est fort,les
gouttelettes d’eau
N°40-DÉCEMBRE 2000
Evénement : The Race
Les plus rapides
sur le départ
organoleptiques des aliments. De plus,
l’équipage dispose, le plus souvent, d’éléments minéraux complémentaires et de
vitamines sous forme de comprimés.
« Sur la première partie du parcours,
du départ en Méditerranée jusqu’aux
Canaries et au niveau de l’Afrique du sud,
précise Jean-Yves Chauve, en raison
de conditions météo en général plus
maniables, la ration moyenne de calories
par jour ne devrait pas dépasser les
3 500 calories. Cependant, dès cette latitude passée, le froid ne cessera pas de
gagner en intensité, au point de nécessiter un apport de 4 500 à 5 000 calories par
jour.Le meilleur moment pour manger est
la fin du quart,avant d’aller se coucher,car
l’énergie est tranquillement assimilée pendant le sommeil pour pouvoir être disponible au début du quart suivant. Pendant
les quarts eux-mêmes,on peut complèter
sa ration par des aliments légers en sachant
que les sucres rapides ont une incidence
négative sur la vigilance. »
© TRE
nature de la blessure et diriger les premiers actes de soin.La pharmacie de bord
contient les produits de première urgence
indispensable :des produits de traumatologie, de dermatologie en cas d’infection
cutanée,souvent fréquentes à bord,et des
éléments destinés à des pathologies plus
larges, tels des attelles, des fils de suture,
une trousse dentaire et des pansements
étanches. Un ensemble auquel il faut
encore ajouter les produits emportés individuellement par les marins.Le stage obligatoire de préparation médicale suivi par
les équipes leur permet de bien savoir s’en
servir et de suivre à la lettre les recommandations du médecin en temps réel.
La plus spectaculaire histoire d’automédication demeure sans conteste celle de
“l’auto-suturation”de la langue de Bertrand
de Broc.Lors du deuxième Vendée Globe,
Bertrand de Broc est en effet parvenu, à
l’aide d’un miroir,à suturer sa langue tout
seul sur les conseils,prodigués par radio,
du Dr Chauve,alors médecin de la course.
Le Playstation est un catamaran
multicoque de plus de 30 m. Les risques
traumatiques y sont nombreux
par gros temps, lors du passage
sur le trampoline.
arrachées à la surface de la mer se mélangent à l’air. Maintenu à la surface par sa
combinaison de survie,le naufragé respire
ce mélange d’air et d’eau qui va inonder
peu à peu ses alvéoles pulmonaires.
FORMATION
ET COMMUNICATION
« Dans le cas de The Race, explique le
Dr Chauve,chaque bateau bénéficie d’une
équipe d’assistance et d’un staff médical
dédié.Mon travail consiste,en fait,à mettre
en place un standard et à jouer un rôle de
coordination pour que chaque équipage ait
le même niveau. La logistique est donc
binaire avec, d’une part, des équipes différentes de médecins et kinés et,d’autre part,
notre structure de coordination. Pendant
toute la durée de l’épreuve,deux équipiers
dans chaque bateau,qui ont été formés ou
qui possèdent des compétences médicales,
sont en relation permanente avec notre PC
médical par l’intermédiaire de lignes sécurisées.Ils sont notre relais à bord et contribuent,avec l’ensemble des médecins et tous
les participants,à faire de la course du millénaire une extraordinaire aventure maritime et humaine.»
■
Cyril Hofstein
Pour en savoir plus :
consultez le site http : //www.therace.org
CHOCS À BÂBORD,
TRAUMATISMES
À TRIBORD
Entretien avec Loïc Peyron
GÉRER L’AUTOMÉDICATION
« En cas de chute moins dramatique avec,
par exemple,une douleur violente et invalidante à la cheville, les équipages ont la
possibilité d’appeler l’assistance médicale
de la course pour les aider à évaluer la
Entraînement, anticipation
et esprit d’équipe !
© TRE
Les chutes et les chocs,lors des mouvements brusques et imprévisibles du
navire, sont très importants sur ce type
d’épreuve.C’est sur les multicoques que
le risque d’accidents traumatiques est le
plus important,en raison notamment du
passage délicat par gros temps sur le “trampoline”qui relie les coques entre elles.Les
entorses de chevilles peuvent être fréquentes,ainsi que les côtes cassées.Le pire
étant le risque de choc à la tête.A titre
d’exemple,en 1992-1993,le Vendée Globe
a connu son premier martyr dans le Golfe
de Gascogne,lorsque Nigel Burgess,tombé
peu après le départ de son bateau, s’est
noyé.Flottant dans la combinaison de survie,la balise Argos accrochée autour du cou,
son corps a été retrouvé quelques jours
après sa disparition. On a découvert que
Burgess avait été grièvement blessé à la tête.
« Bien que je sois un mauvais exemple en matière de préparation physique avant une grande course au large, force
est de reconnaître que la mise en forme et le suivi médical
sont devenus essentiels. Car personne ne sait à quel moment
il devra fournir un effort physique à bord. De fait, la vie d’un
marin en course oscille entre des moments de refroidissement musculaire et
des tensions explosives des muscles », explique Loïc Peyron, le frère de Bruno,
organisateur de The Race et skipper du maxi catamaran Code One. Les douze
équipiers de Code One ont suivi un rythme d’entraînement soutenu en salle de
sport à la Trinité-sur-Mer et sur le site de thalassothérapie à Carnac. En plus de
soulever de la fonte, chacun apprend à développer son équilibre en utilisant une
planche qui reproduit les mouvements d’un navire en mer. Par ailleurs, à bord,
le programme du bateau s’est résumé à un entraînement intensif visant à souder
l’équipage et à optimiser la fiabilité et la sécurité à bord. »
■ Logistique nutritionnelle et médicale
« Mais le plus important, assure Loïc Peyron, reste la question de la nourriture pendant la course et la bonne gestion des apports caloriques. C’est pourquoi nous
avons étudié avec la plus grande attention la répartition des stocks d’aliments
lyophilisés. Nous devrons également être capables de faire face aux accidents
qui peuvent toujours survenir. Nous sommes tous habitués à soigner les inévitables micro-coupures et à gérer l’humidité qui s’infiltre partout. Mais en cas de
problème graves, et surtout pour les prévenir, nous avons un kiné à bord et peutêtre aussi un ostéopathe, tandis que l’un des équipiers, le Suédois, Roger Nilson
est, pour sa part, médecin généraliste. A première vue, nous devrions être parés.
»
MÉDECINS DU SPORT
8
N°40-DÉCEMBRE 2000
Dr Philippe Afriat*
LES RÈGLES
DE LA COMPÉTITION
Les compétitions se déroulent uniquement
par équipes de 3 garçons et 3 filles dans deux
disciplines, l’apnée statique et le poids
constant. Le temps et la profondeur sont
convertis en points (10 m = 10 points et une
minute = 10 points) qui sont additionnés ;
l’équipe gagnante est celle qui a recueilli le
plus grand nombre de points,sans qu’aucun
compétiteur n’ait perdu son intégrité physique ou psychique (syncope ou samba).Un
jury composé de plusieurs membres, dont
un médecin,décide si le sportif doit être disqualifié pour perte de connaissance.
DEUX DISCIPLINES
OFFICIELLES
L’apnée statique consiste à rester
immobile en surface en immergeant les
voies respiratoires le plus longtemps possible :“faire le mort” pendant plusieurs
minutes. Le record est détenu par un
Réunionnais de 55 ans, avec 7’ 35”!
Les contraintes sont autant psychologiques
que physiques, puisque c’est l’aptitude à
se relâcher,à se libérer de tensions internes
qui dicte la performance.Au bout de 2 à
3 minutes d’apnée,on perçoit des spasmes
diaphragmatiques liés à l’hypoxie de ce
muscle respiratoire principal, mais
●
JM. Cottalorda
● L’immersion libre
consiste à se hâler le long
d’un câble, sans palmes, à la
seule force des bras pour la
descente et la remontée
(record : le Monégasque
L’immersion libre. Pierre Frolla avec - 73 m).
Les contraintes physiologiques sont les mêmes que
pour le poids constant, avec
les difficultés de compensation déjà énoncées, dues
aussi à la grande vitesse de
descente (> 2 m/s).
L’équipe
de France,
championne
du Monde.
Dans le poids variable
et le “No Limits”, on atteint
les plus grandes profondeurs
(- 115 m pour Umberto
Pellizari en poids variable et
- 152 m pour Loïc Leferme
en “No limits”). La descente
s’effectue à l’aide d’une gueuse en métal
d’une trentaine de kilos manœuvrée par
l’apnéiste à l’aide d’un frein qui régule la
vitesse et la remontée grâce à un parachute gonflé à l’air comprimé pour le “No
limits”et les bras pour le variable.
Le plongeur n’effectue aucun effort pour
aller à plus de 150 m et les contraintes
sont liées à la pression (> 16 kg/cm2), à
l’élasticité de la cage thoracique et des viscères,aux redistributions vasculaires vers
les organes nobles pour maintenir l’état
de conscience et les fonctions vitales
(cœur, poumons, cerveau).
Ici on entre dans un domaine de
recherche scientifique où des humains
défient les lois de la physique sous-marine,
et où l’on constate des adaptations qui
nous rapprocheraient des mammifères
plongeurs que sont les dauphins ou les
phoques.
■
●
Descente
en “no limits”.
l’entraînement et la
tolérance psychologique à la douleur
vont repousser ces signaux d’alarme pour
ne les enregistrer que comme des informations nociceptives.
● Dans le poids constant, il faut descendre à la seule force des palmes (mono
ou bi-palmes) le long d’un câble le plus
profond possible,en conservant le lest fixé
à la ceinture tout au long de la descente
et de la remontée. Le but à atteindre :
décrocher une plaquette posée sur un
disque en métal à la profondeur désirée
pour attester de la performance.Le record
est détenu par un Américain, Brett Le
Master :- 81 m à la seule force des palmes.
Les contraintes sont liées à la tolérance à
l’hypoxie pendant un effort physique de
1 à 2 minutes, qui génére énormément
d’acide lactique, mais aussi aux possibilités de compensation des pressions de
part et d’autre de la membrane tympanique avec des manœuvres type
“Valsalva”qui deviennent impossibles audelà de certaines profondeurs, en raison
de la compression des voies respiratoires
(loi de Mariotte) empêchant la propulsion de l’air vers les trompes d’Eustache.
LES RECORDS INDIVIDUELS
A côté de ces deux disciplines officielles,
d’autres sont plus liées aux records d’individus exceptionnels qu’à une stricte pratique collective du plus grand nombre.
MÉDECINS DU SPORT
9
JM. Cottalorda
L
a plongée en apnée était encore considérée,il y a peu de temps,comme une
pratique mystique,révélée par le film
de Luc Besson “Le grand bleu”,et réservée
à des ascètes adeptes du yoga.Depuis 1996
et à l’initiative de Claude Chapuis (enseignant à l’université de Nice et apnéiste),
les premières compétitions sont apparues,
pour se développer de façon explosive ces
dernières années,avec en point d’orgue la
coupe du Monde d’apnée par équipes
(1 au 7 octobre 2000, St Jean Cap Ferrat)
avec plus de 35 pays représentés.
JM. Cottalorda
Le point sur les différentes
disciplines de la plongée
en apnée et leurs
contraintes
physiologiques.
Pour en savoir plus :
Dr Philippe Afriat
Tél. : 04 93 18 08 98
Association Internationale pour le
Développement de l’Apnée (AIDA)
Tél. : 06 85 31 07 42
E-mail : [email protected]
Sites Internet :
www.loicleferme.com
www.pierrefrolla.com
*Centre Régional de Biologie et Médecine du Sport de Nice,
Médecin des équipes de France AIDA.
N°40-DÉCEMBRE 2000
Découverte d’un sport
La plongée en apnée
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DOSSIER >
>
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs
2e partie
Sommaire
Dr Hervé de Labareyre*
Dr Michel Kitzis**
Dr Jean-François Kahn***
Drs Philippe Lévy, Yanush Michalik, Philippe Cluzel***
Drs Bruno Guias, Jean-Charles Daniélou, Emmanuel Oger,
Francis Couturaud, Françoise le Gall, Luc Bressolette ****
Introduction
Page 12
Syndrome de l’artère poplitée
piégée
Page 12
A - Historique
B - Anatomie et embryologie
● C - Physiopathologie
● D- Histologie
● E - Classification des pièges poplités
● F - Clinique
● G- Evolution
● H- Traitement
● I - Quelles voies d’abord utiliser ?
● J - Qui opérer ?
● K - Résultats
● L - Conclusion
●
●
Intérêt du Doppler artériel
Page 16
A - Douleur due à un trouble circulatoire artériel
B - Examen Doppler
● C - Principales pathologies artérielles du sportif
● D- Conclusion
●
●
Investigations angiographiques
Page 19
A - L’artériographie
B - Le scanner et l’angioscanner
● C - L’IRM
● D- L’angio-IRM dynamique
D.R.
●
a deuxième partie de ce dossier sur
la pathologie vasculaire des membres
inférieurs sera consacrée au syndrome
de l’artère poplitée piégée, aux moyens de
le détecter et de le traiter, ainsi qu’au parent
pauvre de la pathologie vasculaire du sportif
qu’est la pathologie veineuse.
L
Mots clés
Membres inférieurs
Artères et veines
Imagerie
Basket-ball et pathologie veineuse
Page 21
A - Adaptation du système veineux
à l’exercice musculaire
● B - Système veineux et activité sportive
● C - Le réseau veineux superficiel
● D- Les accidents veineux
● E - La maladie veineuse thrombo-embolique
● F - Conclusion
●
* Clinique des Lilas, Les Lilas.
** Hôpital Beaujon, Clichy.
*** CHU Pitié-Salpêtrière, Paris.
**** CHU, Brest.
MÉDECINS DU SPORT
●
Conclusion
11
N°40-DÉCEMBRE 2000
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< DOSSIER >
D.R.
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Introduction
Dans ce deuxième numéro de Médecins du Sport
consacré à la pathologie vasculaire du sportif,
l’accent est particulièrement mis sur
la pathologie artérielle poplitée. Le fameux
syndrome de l’artère poplitée piègée est loin
d’être facile à diagnostiquer.
En effet, les symptômes sont assez peu
caractéristiques et l’utilisation des bons
aiguillages vers les examens susceptibles
d’apporter la preuve du problème n’est pas un
exercice très courant pour un médecin du sport.
Il en résulte une certaine réticence, bien
compréhensible, à s’engager vers des
explorations inhabituelles et parfois agressives.
Cependant, nous sommes authentiquement dans
un cadre de pathologie artérielle avec une
fréquente indication chirurgicale à la clef et un
certain nombre de paramètres sont à connaître.
C’est la raison pour laquelle nous avons choisi
d’exposer ce problème mal connu, complexe et
facilement inquiétant qu’est la pathologie
artérielle de la région poplitée, sous trois angles
différents : celui du clinicien-chirurgien,
celui du doppleriste et enfin celui du radiologue
vasculaire. Certaines informations se recoupent,
elles ont plutôt tendance à se compléter et nous
permettent d’y voir plus clair, tant pour évoquer
le diagnostic que pour engager plus rapidement
les investigations utiles ou nécessaires.
Le dernier chapitre nous donnera également
des notions simples, mais précises et utiles,
sur le parent pauvre de la pathologie vasculaire
du sportif qu’est la pathologie veineuse.
Syndrome de l’artère
poplitée piégée
L
e syndrome de l’artère poplitée piégée (SAPP) correspond à la compression de l’artère poplitée par les
structures musculaires et aponévrotiques
de voisinage (10). Il est responsable
d’une symptomatologie artéritique plus
ou moins sévère du membre inférieur,
survenant, le plus souvent, chez le sujet
jeune. Les aspects cliniques peuvent être
variables, allant de la simple latence à
l’ischémie aiguë de membre, et toute
artériopathie survenant chez le sujet
jeune doit, en priorité, faire rechercher
un piège poplité.
Le diagnostic de piège poplité fait appel à
l’examen clinique et est confirmé par les
examens complémentaires, au premier
rang desquels on place l’écho-Doppler et
l’imagerie par résonance magnétique
(coupes axiales, angiographie par résonance magnétique). Le traitement du
syndrome de l’artère poplitée piégée est
chirurgical. Le pronostic est lié à la gravité
des lésions artérielles au moment du diagnostic.
■A - Historique
C’est T. Stuart qui, en 1879, a décrit le
premier une variation anatomique de
l’artère poplitée sur un membre inférieur
amputé pour gangrène.
La description clinique du syndrome d’artère poplitée piégée a été faite en 1959
par Hamming et Vink, qui ont décrit le
traitement chirurgical (8).
MÉDECINS DU SPORT
12
Dr Michel Kitzis
Depuis, les cas publiés se sont multipliés
et les classifications nosologiques se sont
succédées (14).
■B - Anatomie et
embryologie
L’artère poplitée est située dans la fosse,
ou creux poplité, et fait suite à l’artère fémorale superficielle. Ses limites sont l’anneau
du 3e adducteur en haut et l’arcade du
soléaire en bas. Outre les anneaux fibreux
des deux extrémités, elle est maintenue
fixe au niveau de l’articulation du genou
par les branches artérielles articulaires et
les artères jumelles. Les muscles et tendons
avoisinants limitent le creux poplité, en
particulier les muscles jumeaux.
N°40-DÉCEMBRE 2000
< DOSSIER >
Le syndrome de l’artère poplitée piégée
a vraisemblablement pour origine une
anomalie du développement embryonnaire de l’artère poplitée et des muscles
du creux poplité. Il peut s’agir d’anomalies de formation de l’artère poplitée définitive, ou d’anomalies de migration du
système musculaire, donnant ainsi plusieurs variétés de pièges poplités.
La fréquence réelle du syndrome de
l’artère poplitée piégée est méconnue et
surtout sous-estimée. Les séries rapportant des études Doppler systématiques
chez des cohortes de sujets adultes
normaux se situent entre 0,2 % et 3,5 %
(2, 7). L’anomalie est reconnue, dans
20 % à 50 % des cas, en cas de claudication des membres inférieurs chez
des sujets jeunes, sans facteurs de
risque. Cette anomalie, retrouvée chez
4 hommes pour 1 femme, se rencontre
préférentiellement chez des sujets jeunes
(60 % des patients ont moins de 30 ans)
et sportifs. Ce syndrome est bilatéral dans
30 % des cas.
■C - Physiopathologie
Les anomalies anatomiques peuvent être
musculaires isolées, artérielles isolées ou
associer les deux types. Les anomalies le
plus fréquemment rencontrées sont liées
à une anomalie du chef médial (ou
interne) du gastrocnémien médial (ou
jumeau interne). Des anomalies d’insertion, l’existence de chefs accessoires ou
de bandes fibreuses peuvent aussi se rencontrer. D’autres anomalies musculaires
intéressant les ischio-jambiers, le soléaire,
le plantaire grêle ou le jumeau externe
sont également possibles (15). Le trajet
de l’artère poplitée se trouve alors dévié,
et la mise en tension des muscles ou des
tendons peut provoquer une compression extrinsèque et arrêter, de façon
intermittente, le flux artériel. Cette compression, entre le muscle de trajet anormal et les structures osseuses du creux
poplité, aboutit à des lésions pariétales
artérielles avec sténose intermittente, sténose permanente, dilatation post-sténotique et parfois formation d’un
anévrisme. L’anévrisme peut aussi se
compliquer par une thrombose aiguë,
une embolisation dans le lit d’aval, exceptionnellement une compression des
organes de voisinage, ou aboutir à une
rupture.
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Figure 1 : les différents
aspects de pièges
poplités.
■D - Histologie
L’aspect histologique des lésions artérielles n’a pas de spécificité particulière.
Les zones comprimées sont le siège de
remaniements fibreux non spécifiques.
Les anévrismes poplités n’ont pas
de particularité morphologique ou
histologique.
Aspect normal
■E - Classification
des pièges
poplités (Fig. 1)
Plusieurs classifications des pièges poplités ont été proposées (5, 16). Elles tiennent compte essentiellement des
anomalies musculo-tendineuses. Leur
intérêt est discuté, mais elles permettent de connaître les différentes lésions
susceptibles d’entraîner un piège
poplité. En revanche, elles n’ont pas de
corollaire pour les lésions artérielles et
ne prévoient pas le stade d’évolution
au niveau de l’artère poplitée. La classification la plus utilisée est dérivée de
celle d’Insua (9).
■F - Clinique
La symptomatologie est liée au degré de
sténose et à la permanence des lésions
de l’artère poplitée (Tab. I). La majorité
des pièges poplités diagnostiqués à
l’écho-Doppler est asymptomatique.
Dans le cas des pièges symptomatiques,
la présentation clinique habituelle est
Type 1
Type 2
Type 3
Type 4
celle d’une claudication intermittente de
jambe, uni ou bilatérale, survenant à l’effort chez un sujet jeune, sportif et souvent indemne de facteurs de risque
athéromateux. La claudication intermittente est d’aggravation progressive, parfois remplacée par des douleurs électives,
des paresthésies, ou un œdème du
membre inférieur. Cette claudication
d’effort est souvent plus marquée à la
Tableau I : symptomatologie.
(d’après une revue de la littérature de 374 cas (14))
Asymptomatique
Claudication intermittente
Claudication pendant le sport
Ischémie aiguë
Autre
Non précisé
10,4
54
6,1
5,4
7
17,1
Total
100 %
MÉDECINS DU SPORT
13
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%
%
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DOSSIER
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Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
marche qu’à la course, ou survient dans
le cadre d’efforts bien spécifiques mettant en tension les muscles jumeaux.
Dans d’autres cas plus évolués, des
troubles trophiques digitaux évoquent
des embolies distales. Enfin, dans environ 10 % des cas, le diagnostic n’est fait
qu’au stade d’ischémie aiguë, par thrombose des artères poplitées et jambières.
L’examen clinique est souvent fruste.
Il doit être bilatéral. Cependant, quelques
manœuvres sensibilisent l’examen en mettant en tension les éléments musculoaponévrotiques, responsables du piège
poplité, et entraînent une diminution ou
une abolition des pouls distaux. On peut
donc optimiser l’examen clinique :
- par flexion plantaire active contrariée,
le genou étant en hyperextension,
- par dorsiflexion passive du pied.
Ces manœuvres n’ont d’intérêt que si
l’artère poplitée est perméable. Dans le
cas contraire, il faudra évoquer le piège
poplité du fait même de l’existence de
cette thrombose poplitée chez un sujet
jeune sans facteurs de risques athéromateux. Le diagnostic doit être confirmé
par des examens complémentaires, au
premier rang desquels on place l’échoDoppler et l’IRM.
■ Echo-Doppler
C’est un examen simple, non invasif, peu
coûteux et facilement répétable. Il a pour
inconvénient d’être opérateur-dépendant et de ne pas visualiser les lésions
musculaires (4, 12). Il montre des anomalies du flux poplité au repos ou au
cours des manœuvres de mise en extension musculaire. Il peut aussi affirmer
l’existence d’anomalies évolutives
(sténose poplitée, anévrisme poplité,
thrombose poplitée, lésions des artères
de jambe).
■ Artériographie
L’artériographie des membres inférieurs
n’est plus, à l’heure actuelle, l’examen de
référence pour le diagnostic de piège
poplité. Elle peut, tout au plus, renseigner
sur le trajet de l’artère, l’état de ses parois,
mais ne donne aucun renseignement sur
les lésions musculaires. L’artériographie
n’est envisagée que dans les cas où une
revascularisation est nécessaire et qu’il faut
Tableau II : signes angiographiques.
(d’après une revue de la littérature de 374 cas (14))
Occlusion
Déviation
Sténose
Anévrisme
Sténose dynamique
36,6
24,3
13,9
9,1
32,4
Total
%
%
%
%
%
116,3 %
(pathologies associées)
visualiser l’artère d’amont et le lit d’aval.
Elle permet aussi de suivre l’évolution, au
cours de l’éventuelle thrombolyse, d’un
anévrisme poplité occlus, en préparation
à une revascularisation des artères de
jambe (Tab. II).
■ Scanner
Le scanner peut montrer des signes de
compression artérielle.
■ Imagerie par résonance
magnétique (Fig. 2 et 3)
C’est aujourd’hui l’examen de référence
pour le diagnostic de piège poplité (1,
6, 11). Il permet, d’une part, de préciser
le trajet de l’artère poplitée, ses relations
avec les muscles voisins et, souvent, de
désigner l’agent causal, et d’autre part
d’affirmer le syndrome de l’artère poplitée piégée en effectuant une angio-IRM
en coupe sagittale, sensibilisée par des
épreuves dynamiques de tension des
muscles jumeaux. On peut alors voir une
interruption du flux poplité plus ou moins
complète. L’angio-IRM est suffisante pour
visualiser le lit d’aval dans ce type de
patients pauci-symptomatiques.
■G - Evolution
Le risque évolutif au niveau de l’artère
poplitée piégée est très important, formant des lésions artérielles irréversibles,
pouvant aboutir à la formation d’une
dilatation anévrismale, puis à une thrombose aiguë des artères de jambe. Il est
donc indispensable de proposer un traitement de la lésion avant le stade de
lésions artérielles irréversibles nécessitant,
en plus, une revascularisation.
■H - Traitement
(Tab. III)
Le traitement est toujours chirurgical et
comprend, dans tous les cas, la correction de l’anomalie musculo-tendineuse
responsable du piège poplité (3, 13). En
cas d’anomalie artérielle, il faudra y ajouter un geste de revascularisation poplitée plus ou moins complexe.
■ Le temps musculaire
Le temps musculaire réalise une levée de
l’obstacle musculaire ou musculo-tendineux. Il se fera par section des éléments
bridant l’artère dans son trajet normal,
au niveau du creux poplité. Dans la
majorité des cas, la section du chef
interne du muscle jumeau interne libérera l’artère poplitée. Il sera cependant
nécessaire d’explorer l’artère poplitée sur
tout son trajet dans le creux poplité, afin
d’être sûr d’avoir entièrement libéré l’artère. Même si une revascularisation est
effectuée, il faut traiter le piège musculaire dans tous les cas.
Tableau III : traitement.
(d’après une revue de la littérature de 374 cas (14))
Section isolée
Pontage
Thrombo-endartériectomie
Non opérés
Autre
Non précisé
29,1
27,8
16,8
3,7
3,2
19,4
Total
100 %
MÉDECINS DU SPORT
14
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%
%
%
%
%
%
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Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Figure 3 : ■ Le temps artériel
Le temps artériel est nécessaire lors- angio-IRM
montrant
qu’existent des lésions fixes de l’artère
un piège
poplitée : sténose ou au contraire anépoplité.
vrisme poplité post-sténotique. La technique la plus utilisée est la greffe
veineuse fémoro-poplitée par greffon
veineux saphène autologue. Il est parfois nécessaire d’effectuer une thrombolyse des axes de jambe en cas de
thrombose d’un anévrisme poplité poststrictural avec extension dans les axes de
jambe, suivie d’une revascularisation
fémoro-poplitée utilisant aussi la greffe
veineuse saphène autologue.
■I - Quelles voies
d’abord utiliser ?
Deux voies d’abord peuvent être utilisées
dans le traitement du syndrome de l’artère poplitée piégée.
■ La voie latérale interne
C’est la voie d’abord élective de l’artère
poplitée en chirurgie vasculaire. Elle permet d’exposer l’artère poplitée dans son
ensemble, de faire la cure d’une lésion
artérielle, d’étendre la voie d’abord vers
l’artère fémorale en haut et les artères
de jambe en bas, et de prélever facilement un greffon veineux saphène.
Cependant, cette voie rend parfois difficile le traitement de la lésion musculaire
du piège poplité, qu’il faudra systématiquement rechercher et peut être délabrante par la section des muscles de la
patte d’oie. Elle sera donc utilisée en cas
de réparation artérielle complexe, avec
nécessité de greffe veineuse fémoropoplitée.
■ La voie postérieure
Dans la majorité des cas, on préférera la
voie postérieure, peu délabrante, qui
aborde directement l’artère poplitée et
visualise parfaitement le piège poplité,
en permettant le traitement. Cette voie
d’abord est surtout utilisée en cas de
piège poplité sans lésion artérielle, ou
lorsque la lésion artérielle est très localisée et nécessite un geste vasculaire peu
étendu (résection-anastomose ou courte
greffe veineuse).
■J - Qui opérer ?
Le potentiel évolutif du piège poplité sur
l’artère poplitée piégée rend nécessaire le
traitement pour toute lésion diagnostiquée, même si l’on est à un stade de
claudication simple. Ceci évitera les complications artérielles évolutives. En cas de
lésion bilatérale, la cure du piège poplité
doit être faite des deux côtés, même si
le 2e côté est asymptomatique.
■K - Résultats
Ils sont habituellement bons, surtout en
cas de traitement au stade de claudication,
avec une perméabilité artérielle conservée
dans 98 % des cas. En cas de greffe veineuse, la perméabilité artérielle est conservée dans 60 à 85 % des cas à 5 ans.
■L - Conclusion
Figure 2 :
IRM du genou.
MÉDECINS DU SPORT
15
Le syndrome de l’artère poplitée piégée
est une affection plus méconnue que
rare. Elle survient chez le sujet jeune et
plutôt sportif, et doit être recherchée systématiquement en cas de douleurs chez
ces patients. Le traitement chirurgical doit
être fait dans tous les cas. Il est simple à
un stade peu évolué, mais peut nécessiter un geste de revascularisation poplitée en cas d’évolutivité artérielle.
■
N°40-DÉCEMBRE 2000
< DOSSIER >
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Intérêt
du Doppler artériel
Drs Jean-François Kahn et Hervé de Labareyre
L
a survenue de douleurs des
membres inférieurs au cours de la
pratique de la plupart des disciplines
sportives est un phénomène fréquent.
Dans un certain nombre de cas, la douleur apparaît sans que l’on retrouve une
quelconque notion d’impact, de traumatisme ou de fatigue, car les délais d’apparition sont brefs. La localisation de la
douleur, aussi précise que possible, ainsi
que les circonstances d’apparition et de
disparition constituent, dans ce cas, les
premiers éléments permettant d’orienter
vers une pathologie artérielle.
■A - Douleur due à
un trouble circulatoire artériel
a
■B - Examen Doppler
A l’issue de l’examen clinique et en fonction des éléments recueillis, il est souvent
utile de compléter le bilan artériel standard (statique) par l’exploration dynamique des principaux axes artériels des
membres inférieurs. Cette étape fait appel
I. Ampart
I. Ampart
Dans le cas où un facteur artériel déclenchant est suspecté, l’hypothèse suivante
peut être formulée :
lors d’un exercice physique, les besoins
énergétiques des muscles concernés augmentent, ce qui se traduit, entre autres
adaptations, par une augmentation du
débit sanguin local. S’il existe en amont
ou au niveau du muscle en question un
obstacle limitant l’apport artériel, s’installe
alors une “asphyxie métabolique” du
muscle pendant l’effort. Cette souffrance
musculaire vraie s’accompagne de douleurs intenses (dont l’origine précise reste
à trouver), obligeant le sportif à réduire
l’intensité de l’effort et, parfois même, à
interrompre totalement l’exercice.
L’examen physique comporte notamment :
● la palpation manuelle des pouls artériels périphériques au repos (fémoraux,
poplités, tibiaux postérieurs et pédieux),
● l’auscultation des trajets artériels à la
recherche d’un souffle,
● la mesure de la pression artérielle systolique distale (PASD), et ce de façon bilatérale ; chez un sujet sain, la PASD est
supérieure à la pression artérielle systolique humérale (PASH), de sorte que le
rapport PASD/PASH est supérieur à 1 au
repos. La PASD est mesurée en plaçant
le manchon de contre-pression à mihauteur de la jambe et en détectant l’apparition du flux systolique à l’aide du
stéthoscope ou de la sonde Doppler
maintenue au niveau du tiers inférieur
de la tibiale antérieure.
Figure 4 : test en flexion
dorsale passive (a) et en
flexion plantaire active
b
contre résistance (b).
MÉDECINS DU SPORT
16
à l’utilisation d’un simple appareil Doppler
disposant d’une sonde-crayon à émission
ultrasonore continue (4 MHz), reliée par
l’intermédiaire d’un analyseur et d’un
amplificateur, à une sortie audio (hautparleurs) et vidéo (scope et/ou micro ordinateur et/ou enregistrement sur papier).
Le tracé obtenu représente la vitesse
d’écoulement du sang dans le segment
artériel exploré (d’où le nom de vélocimétrie parfois donné à cet examen) et,
sous certaines conditions (position de la
sonde, géométrie du segment artériel
exploré), la vitesse du flux est représentative du débit sanguin sous-jacent. Il
s’agit incontestablement d’un examen
facile à mettre en œuvre et sans risque
pour le sportif. Il nécessite cependant
une certaine expérience de la part du
praticien, notamment pour assurer le
positionnement correct de la sonde en
tout point d’exploration et lors des différents temps de l’examen (repos,
contraction musculaire).
En premier lieu, l’examen Doppler doit
s’attacher à vérifier, chez tous les sportifs
examinés, que la circulation artérielle des
membres inférieurs est normale au repos,
depuis les fémorales communes, voire
depuis l’aorte abdominale, jusqu’aux
pédieuses. Cette précaution n’est jamais
superflue. Chez un sujet sportif, même
relativement jeune, la recherche systématique d’une artériopathie oblitérante
des membres inférieurs s’impose, a priori,
car l’âge n’est pas le seul facteur de
risque à prendre en considération.
Cependant, et cela constitue une limite
de l’examen Doppler de repos, il faut
savoir qu’une sténose responsable d’une
réduction de la surface de section artérielle de moins de 50 % ne modifie pas
le signal perçu au repos, et n’est donc
pas détectée. En revanche, le retentissement hémodynamique d’une sténose,
même modérée, peut être amplifié et
N°40-DÉCEMBRE 2000
PUB
< DOSSIER
DOSSIER >
>
<
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Figure 5 : tracé Doppler d’une poplitée
piégée bilatérale lors du test en extension
contrariée du pied.
révélé par l’examen Doppler pendant,
ou dès l’arrêt d’une épreuve d’effort d’intensité suffisante pour entraîner une augmentation franche du débit sanguin des
membres inférieurs. En outre, le couplage de l’échographie haute résolution
et du Doppler permet de visualiser des
plaques modérément sténosantes, mais
habituellement étagées le long des axes
fémoro-poplités et responsables d’une
insuffisance du débit sanguin musculaire
d’effort à l’origine des douleurs.
■C - Principales
pathologies artérielles du sportif
■ L’endofibrose iliaque externe
(Cf. Médecins du Sport n° 39)
Dans la plupart des cas, l’examen de repos
est normal. La mise en évidence d’une
légère différence droite/gauche de la vitesse
du flux, au niveau des fémorales communes
ou des iliaques externes est parfois possible.
Cependant, cette seule constatation ne permet pas de poser le diagnostic.
En revanche, au décours immédiat d’une
épreuve de pédalage à puissance progressive (sur “home trainer” ou sur ergocycle) ayant entraîné l’apparition de la
douleur de cuisse motivant la consultation,
l’examen Doppler révèle l’existence de
modifications significatives du flux iliaque
et/ou fémoral du côté pathologique, ainsi
que la présence de fortes turbulences en
rapport avec l’obstacle hémodynamique.
Il en résulte une chute de la PASD du côté
pathologique, alors qu’elle n’est que légèrement diminuée du côté sain.
■ Le syndrome de loge
L’examen Doppler traditionnel, que ce soit
au repos ou à l’issue d’une épreuve provoquant la douleur incriminée, n’a jamais
permis d’apporter un élément positif en
faveur d’un syndrome de loge chronique,
qu’il soit antérieur ou postérieur. Cependant, l’utilisation du laser-Doppler, lors de
la phase de récupération d’une épreuve
d’effort, permettrait de mettre en évidence
un pic d’hyperhémie retardé et prolongé
en cas de syndrome de loge chronique.
Quant à la spectroscopie dans le proche
infra-rouge, technique non invasive mais
délicate à mettre en œuvre et aujourd’hui
encore peu répandue, elle objective un
retard de la réoxygénation musculaire de
récupération en cas de compression musculaire (syndrome de loge chronique) ou
d’obstacle artériel situé en amont (artériopathie périphérique).
■ Le piège poplité
Au repos, l’examen est, habituellement,
strictement normal. C’est la réalisation de
l’examen Doppler au cours d’un test d’effort de sensibilisation spécifique qui permet d’apporter des éléments positifs. Le
protocole d’effort que nous avons l’habitude d’utiliser “se joue à quatre mains” sur
le patient en décubitus dorsal. Il nécessite
la collaboration du sportif et la parfaite
coordination des deux examinateurs.
L’un est chargé d’assurer la totale immobilité du membre inférieur examiné en
extension en plaçant une main sur le
genou, tandis qu’avec l’autre main, tantôt il mobilise le pied en flexion dorsale
passive (Fig. 4a), tantôt il résiste à une
flexion plantaire active progressive (Fig. 4b).
Pendant tout ce temps, le deuxième examinateur doit maintenir la sonde Doppler
de façon aussi précise que possible sur l’artère tibiale antérieure (tiers inférieur), afin
de suivre les variations du flux sanguin en
fonction de la position du pied lors des
différentes manœuvres dynamiques. L’arrêt complet et soudain du flux distal lors
de la flexion dorsale passive du pied et, à
plus forte raison, lors de la flexion plantaire
active contre résistance et non maximale,
constitue un argument fort de suspicion
de piège poplité (Fig. 5). L’existence d’une
hyperhémie réactionnelle franche (se traduisant au Doppler par l’apparition d’un
flux diastolique), dès l’arrêt des manœuvres
positionnelles, renforce cet argument de
suspicion et justifie de compléter le bilan
par une angio-IRM ou une angiographie
(Fig. 6 et 7). Cet examen comporte des
séquences dynamiques similaires à celles
réalisées pendant le Doppler. La compression artérielle peut être quantifiée.
■D - Conclusion
En dépit de son apparente simplicité, mais
aussi grâce à elle, l’utilisation du bon vieux
Doppler à émission continue des années
quatre-vingt conserve tout son intérêt
dans la première phase de l’exploration
des syndromes douloureux, survenant
au niveau des membres inférieurs à l’occasion de la pratique d’une activité physique et dont l’origine vasculaire est
suspectée. Ce n’est que dans un
deuxième temps, que d’autres méthodes
d’investigation vasculaire directes (laserDoppler, angio-IRM, etc) ou indirectes
(spectroscopie dans le proche infrarouge)
pourront être mises en œuvre.
■
Figure 6 : angiographie numérisée, même patient
que la figure 5, au repos.
Figure 7 : angiographie numérisée, même patient
que la figure 5, lors du test d’extension
contrariée.Rétrécissement à droite,
compression franche à gauche.
MÉDECINS DU SPORT
18
N°40-DÉCEMBRE 2000
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Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Investigations
angiographiques
Drs Philippe Lévy, Yanush Michalik, Philippe Cluzel
L
e syndrome de compression poplitée correspond rarement au vrai syndrome de l’artère poplitée piégée,
classiquement dû à un rapport anatomique anormal entre l’artère poplitée et
les structures musculo-tendineuses du
creux poplité. Chez le sportif, il correspond
au syndrome fonctionnel de compression
poplitée dynamique, dans lequel aucune
anomalie anatomique patente n’est retrouvée. C’est l’hypertrophie du muscle gastrocnémien qui entraîne une compression
de l’artère poplitée.
L’écho-Doppler est utilisé comme technique de première intention pour
évoquer le syndrome. L’imagerie angiographique est obtenue classiquement par
l’artériographie. Plus récemment, Le scanner et surtout l’IRM, notamment grâce au
développement de nouvelles techniques
d’angio-IRM utilisant des séquences avec
injection de produit de contraste, permettent de poser le diagnostic en précisant le mécanisme de la compression.
S’il doit y avoir un geste chirurgical, celuici n’est aujourd’hui envisagé, que sur la
base d’un document de type angiographique.
Figure 8 : syndrome fonctionnel de
compression bilatérale de l’artère poplitée.
a
a : artériographie au repos.
b : artériographie avec flexion plantaire.
Occlusion bilatérale des artères poplitées
au-dessus des interlignes articulaires lors
de la flexion plantaire.
c : angio-IRM avec injection de
gadolinium au repos.
d : angio-IRM avec flexion plantaire
contrariée.Concordance parfaite
avec le résultat de l’artériographie.
b
d
c
à l’aide de deux cathlons qui seront laissés
en place pendant l’examen.
iliaques. Toutefois, la qualité de l’opacification est moindre que lors de la ponction bifémorale, en raison de la perte du
produit de contraste dans les artères
hypogastriques. Par ailleurs, la montée
de la sonde constitue un geste plus invasif, comportant la possibilité, rare mais
classique, de complications telles que la
dissection de la paroi artérielle.
■ Ponction unique
Il est aussi possible de réaliser une ponction unique d’une seule artère fémorale
et de mettre en place, par la technique
de Seldinger, une sonde dans l’aorte
abdominale terminale. Cette technique
permet, de plus, une étude de l’aorte
abdominale et surtout des artères
■ Irradiations
Lors du passage du produit de contraste,
le tube à rayons X réalise la prise de clichés multiples, toutes les 1 à 2 secondes.
L’irradiation est aujourd’hui réduite par
l’utilisation de la numérisation qui
permet l’obtention d’images de meilleure
qualité avec moins de rayons X.
■A - Artériographie
Il s’agissait de l’examen le plus couramment pratiqué dans le cadre du syndrome de compression de l’artère
poplitée (30). Il est réalisé lors d’une
courte hospitalisation de 24 heures, ou
d’une journée, sous stricte surveillance.
Le patient doit se présenter à jeun, en
raison de l’injection d’un produit de
contraste iodé (risque d’allergie et
néphrotoxicité). L’injection du produit
peut se faire selon deux techniques.
■ Ponction bilatérale
Il est possible de réaliser une ponction bilatérale des artères fémorales superficielles
MÉDECINS DU SPORT
19
N°40-DÉCEMBRE 2000
< DOSSIER >
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Le calibre des artères poplitées est étudié lors de la mise en position critique
des pieds en flexion plantaire contrariée
et en flexion dorsale active. La flexion
plantaire contrariée, réalisée par l’opérateur implique son exposition aux
rayons X pendant la prise des clichés.
■ Fiabilité
La fiabilité de l’examen égale celle du
Doppler. Au repos, l’artériographie peut
objectiver un trajet anormal de l’artère
poplitée, le plus souvent se manifestant
par une déviation médiale de son trajet.
Dans les cas évolués, une sténose peut
déjà être visible à ce stade. Lors des
manœuvres dynamiques, elle retrouve,
selon les cas, soit une sténose par compression extrinsèque, soit une occlusion
segmentaire de l’artère se manifestant
par l’interruption nette de la colonne de
produit de contraste (Fig. 8a, 8b et 9a).
Cependant, puisqu’elle ne permet pas
l’analyse des structures musculo-tendineuses de voisinage, le mécanisme d’un
piège éventuel ne peut être précisé. Il
faut cependant noter que près de 20 %
des sujets normaux, sans aucune symptomatologie au repos comme à l’effort,
présentent un test dynamique positif
avec interruption des flux artériels distaux lors des manœuvres posturales.
a
b
■B - Scanner et
■D - Angio-IRM
angioscanner
dynamique
Le scanner et l’angioscanner ont été proposés pour le diagnostic étiologique de
syndrome de compression de l’artère
poplitée (31, 32). Le scanner permet, en
effet, une analyse des rapports entre les
structures musculo-tendineuses et les
vaisseaux. Cette technique ne peut
cependant détecter que les cas comportant un trajet anormal de l’artère,
éventuellement les cas d’insertions
musculaires anormales, et non les cas de
piège fonctionnel. Elle entraîne, comme
l’artériographie, une irradiation non
négligeable.
L’angio-IRM dynamique avec injection de
produit de contraste paramagnétique
(gadolinium) en bolus permet d’obtenir
une imagerie comparable à celle obtenue
par l’artériographie, sans en avoir le caractère invasif (Fig 8c et 8d). En effet, aucune
ponction artérielle n’est nécessaire et l’angio-IRM n’entraîne pas d’irradiation. Les
contre-indications absolues de cet examen
sont celles de tout examen IRM. Les tests
positionnels avec mise en position critique
des pieds sont possibles. En raison de la
contrainte spatiale imposée par le tunnel
de l’IRM, interdisant la présence de l’opérateur aux pieds du patient, celui-ci doit
contrarier lui-même sa flexion plantaire par
l’intermédiaire d’une sangle passée autour
des pieds et qu’il maintient à l’aide de ses
mains. La fiabilité est inférieure à celle du
Doppler. La séquence est lancée trois fois,
permettant une étude : au repos, en flexion
plantaire contrariée et en flexion dorsale.
Le niveau d’une sténose ou d’une occlusion visible au repos ou lors des manœuvres
dynamiques, peut ensuite être corrélé aux
données fournies par les séquences morphologiques, permettant de s’assurer que
l’obstacle éventuel observé est bien à l’origine du piège poplité (Fig. 9a et 9b).
Au total, l’IRM, grâce au développement
de nouvelles techniques d’angio-IRM,
constitue une technique non invasive de
choix dans le diagnostic et le bilan du
syndrome de compression de l’artère
poplitée. Elle permet en outre de réaliser des épreuves positionnelles qui améliorent considérablement la sensibilité du
diagnostic. Son association à l’échoDoppler, examen de première intention
qui fournit des informations sur le flux
artériel, permet, le plus souvent, de poser
le diagnostic et de réaliser un bilan complet du syndrome de compression de
l’artère poplitée.
■
■C - IRM
L’IRM permet d’analyser les aspects
morphologiques et fonctionnels du
syndrome de compression de l’artère
poplitée (33, 34). Une séquence spinécho T1 peut être utilisée pour l’analyse morphologique de l’artère, de sa
paroi et de son environnement musculo-tendineux. L’artère poplitée, dans
laquelle existe un flux circulant, se traduit par un hyposignal franc sur la
séquence pondérée T1, et par un
hypersignal sur la séquence en écho
de gradient sensible aux flux circulants (35).
Cette dernière séquence peut être réalisée au repos et en position critique
(36, 37). L’épreuve dynamique en position critique des pieds objective directement la compression exercée par le
muscle gastrocnémien sur l’artère poplitée et la disparition de l’hypersignal
artériel.
Les contre-indications absolues de l’IRM
doivent être respectées (pacemaker, clip
métallique intracérébral, fragment métallique intra-oculaire, claustrophobie).
Figure 9 : artère poplitée piégée droite.
a : angio-IRM avec injection de gadolinium et flexion plantaire contrariée.
L’examen dynamique objective une sténose de l’artère poplitée droite et une artère poplitée
gauche normale.
b : IRM en séquence pondérée T1.Elle affirme l’anomalie du trajet de l’artère poplitée droite
située en dedans du chef médial du muscle gastrocnémien, au contact de la face
postérieure du condyle interne. Aucune anomalie anatomique n’est décelée à gauche.
MÉDECINS DU SPORT
20
N°40-DÉCEMBRE 2000
< DOSSIER >
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Basket et pathologie
veineuse
Drs Bruno Guias, Jean-Charles Daniélou, Emmanuel Oger, Francis Couturaud, Françoise le Gall, Luc Bressolette
■A - Adaptation
du système
veineux à l’exercice
musculaire
L’adaptation circulatoire à l’exercice physique conduit le système veineux à jouer
un double rôle :
- maintenir la pression de remplissage
cardiaque,
- diminuer d’autre part la pression dans
les veines des membres inférieurs.
C’est ainsi que la pompe valvulo-musculaire
surale entraîne à la fois une augmentation
du débit cardiaque et du débit musculaire
local (38). La nature du retour veineux à l’effort est davantage fonction de la qualité de
la pompe musculaire des membres inférieurs
que de celle du réseau veineux proprement
dit (état des valvules veineuses, dilatation et
tonicité de la paroi veineuse) (39). Par ailleurs,
l’hyperhémie et la vasodilatation cutanées,
induites par les besoins de la thermolyse
lors de l’exercice physique, réduisent la fraction du débit cardiaque disponible pour
les muscles en activité, et constituent donc
un facteur limitant (38).
■B - Système
veineux et
activité sportive
En théorie, toute activité sportive est
bénéfique car elle favorise le retour veineux (accélération du rythme et de l’amplitude des mouvements respiratoires,
sollicitation de la pompe musculaire surale) (40). Cependant, les relations entre
le réseau veineux et le système musculaire des membres inférieurs sont parfois
ambivalentes. L’exercice physique est
favorable au drainage veineux, mais peut
parfois aggraver les varices. Ainsi, certains sports peuvent induire, soit une
hyperpression veineuse globale lors d’efforts intenses en apnée (41), ou régionale par blocage musculaire brutal, soit
des ébranlements de la colonne sanguine lors des sauts (40).
Compte tenu de ses caractéristiques (sauts,
course sur surfaces dures propices aux blocages musculaires), le basket-ball s’inscrit en
principe, sur le plan phlébologique, dans
les sports à pratiquer avec modération. Il
se situe entre la natation, sport recommandé par excellence sur le plan veineux
(retour veineux harmonieux, immersion) et
l’haltérophilie, dont la nocivité est reconnue
maximale sur le plan phlébologique (42).
■C - Le réseau
veineux superficiel
La constatation de grosses veines superficielles, nettement visibles chez un sportif, n’est pas à considérer comme un
phénomène pathologique. Encore fautil bien différencier les turgescences veineuses (veines tubulaires à parois
épaisses sans incontinence valvulaire)
des varices authentiques. La fréquence
MÉDECINS DU SPORT
21
des varices chez le sportif varie considérablement d’un auteur à l’autre (5 à
85 %) (43). Les chiffres les plus anciens,
et aussi les plus élevés, ne prenaient sans
doute pas en compte la distinction entre
turgescence veineuse et varicose vraie.
Si cette distinction est faite (44), cette fréquence oscille entre 5 et 15 % (45).
La question du caractère pré-pathologique des turgescences veineuses du
sportif n’est pas réglée, même si elle est
déjà posée depuis quelques années (46).
En cas d’incontinence ostio-tronculaire
exclusive, l’exercice physique est favorable car il diminue la pression distale.
En cas de reflux superficiel, associé à des
perforantes incontinentes, l’hyperpression veineuse distale est aggravée et
l’exercice physique ne doit pas être considéré comme bénéfique sans le port
d’une contention (38). En pratique, et
quel que soit le type d’incontinence ostiotronculaire, isolée ou associée à des perforantes refluantes, une contention
(minimum classe 2 : 15 à 20 mm Hg) est
souhaitable. En cas de varices importantes, la stase au niveau des membres
inférieurs peut nuire au remplissage cardiaque et entraîner de faibles volumes
d’éjection systolique, avec des conséquences sur le plan des performances.
Certains sports comportent des risques
de traumatismes et de varices, comme
les sports de combat ou de contact. Ce
n’est pas le cas du basket-ball, où le
risque d’hémorragie par choc direct
paraît minime.
D.R.
L
a pathologie veineuse pose, pour
le médecin du sport, des questions
thérapeutiques parfois difficiles à
résoudre, notamment lorsqu’il s’agit d’un
traitement anticoagulant ou de la prise
en charge des veines superficielles bien
développées chez le sportif de haut
niveau. Paradoxalement, peu de travaux
prennent en compte la question “veines
et sport”. Pour tenter d’y apporter
quelques éléments de réponse, nous
envisagerons successivement : l’adaptation du système veineux à l’exercice musculaire, les relations entre système
veineux et activité sportive, en précisant
la place du basket-ball, les modifications
du réseau veineux superficiel, les accidents veineux du sportif et la question
de la pratique sportive chez un patient
porteur d’une thrombose veineuse.
■D - Les accidents
veineux
Ils sont rares, moins de 0,5 % pour
Jenoure (46) dans un collectif portant
sur 2 000 cas répertoriés au décours de
la pratique d’une activité sportive. Il s’agit,
dans la très grande majorité des cas, de
traumatismes de la grande saphène dans
N°40-DÉCEMBRE 2000
< DOSSIER >
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 2e partie
Figure 10 : kyste poplité hétérogène en
rapport avec un contenu intrakystique
de type colloïdal présentant
une individualisation bien nette
de la communication entre le kyste et
l’articulation du genou.
Coupe échographique longitudinale.
Figure 11 : désinsertion sousaponévrotique du muscle jumeau interne
avec rétraction musculaire franche.
Coupe échographique longitudinale.
Figure 12 : hématome du muscle
jumeau interne exerçant un effet de masse
sur les fibres musculaires de voisinage.
Coupe échographique transversale.
■E - La maladie
veineuse thromboembolique
son trajet jambier sur veines turgescentes mais non variqueuses. Concernant le basket-ball, les accidents veineux
y semblent aussi rares que dans les
autres sports (47, 48). Le basket-ball
expose au risque de rupture du tendon
d’Achille, ou de kyste poplité et de désinsertion ou d’hématome du muscle
jumeau interne (45, 49, 50), qui sont
autant de diagnostics différentiels de
thrombose veineuse ou de rupture variqueuse (Fig. 10, 11, 12). En pratique
ces différentes pathologies ayant des
thérapeutiques opposées, il est encore
plus légitime chez le sportif de n’envisager une mise sous anticoagulants,
pour une douleur surale, qu’après la
réalisation d’un écho-Doppler veineux
des membres inférieurs.
Dans le cadre d’un syndrome post-thrombotique, l’existence d’une insuffisance
veineuse profonde, isolée ou associée à
une incontinence superficielle et/ou de
perforantes, est à l’origine d’une très forte
hyperpression veineuse distale (38). Dans
ces conditions, l’exercice physique n’apparaît pas, là encore, bénéfique, en
dehors du port d’une contention adaptée au moins de classe 2. Un syndrome
obstructif peut éventuellement nuire à
la performance par le biais d’une claudication veineuse d’effort. D’un point de
vue thérapeutique, les anticoagulants sont,
à notre sens, une contre-indication à la
pratique du basket-ball en raison du risque
d’hématomes post-traumatiques.
■F - Conclusion
Chez le sportif, du fait de l’absence de
panicule adipeux et de l’augmentation
du retour veineux, le réseau veineux
superficiel est dilaté et bien visible. Ces
veines turgescentes sont un phénomène
quasi physiologique et sont donc à respecter. Les effets d’un entraînement sportif intensif et au long cours sont mal
connus sur le réseau veineux : quels
effets peuvent avoir sur les parois et les
valvules des contraintes mécaniques
répétées ? L’hypertrophie des réseaux
saphéniens, souvent retrouvée chez les
sportifs, est-elle bénéfique, ou favoriset-elle d’éventuels reflux ?
Concernant le basket-ball, aux restrictions
précédemment évoquées, sa nocivité sur
le plan veineux est principalement liée
au surentraînement, à la compétition
intensive et aux conditions d’exercice (terrain dur, sauts, blocages répétés). C’est
pourquoi, même en cas d’insuffisance
veineuse et notamment superficielle variqueuse, il sera sans doute toujours préférable de pratiquer ce sport en amateur
éclairé, sous réserve du port d’une
contention élastique, plutôt que d’exclure toute activité sportive.
■
Conclusion
Les pièges poplités sont à l’origine de nombreux syndromes douloureux de jambe
chez le sportif et sont d’une fréquence sous-estimée. Si les pièges purement veineux
ont des conséquences actuellement mal définies (pathologies veineuses en amont ?
apparition de certains syndromes de loges ?), les pièges artériels sont beaucoup mieux
identifiés.
Leur suspicion impose des examens complémentaires au premier rang desquels vient
le simple Doppler artériel avec tests dynamiques. Un examen correct ne peut être
effectué qu’avec deux opérateurs.
Le caractère peu traumatisant de l’angio-IRM morphologique puis avec tests dynamiques permet actuellement à celle-ci de venir supplanter l’artériographie qui garde
ses indications dans les cas douteux. L’obstacle anatomique ou purement fonctionnel peut être mis en évidence.
La seule solution thérapeutique est alors la libération poplitée chirurgicale.
L’analyse de la pathologie veineuse au cours de la pratique sportive en est actuellement à un stade de début, les notions risques/bénéfices sont discutées. Il est certain
que l’utilisation de simples contentions apporte une amélioration du confort de certains
sportifs dont la symptomatologie douloureuse de jambe est mal élucidée.
■
MÉDECINS DU SPORT
22
N°40-DÉCEMBRE 2000
< DOSSIER >
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MÉDECINS DU SPORT
23
N°40-DÉCEMBRE 2000
Rééduccation des lésions musculaires
< DOSSIER >
MÉDECINS DU SPORT
24
Pathologie vasculaire
des membres inférieurs - 1re partie
N°40-DÉCEMBRE 2000
Profession
On en parle...
oui au sport,
non au tabac
Du 13 au 26 novembre
dernier se déroulait la 70e campagne du
Comité national contre les maladies
respiratoires (CNMR*),sur le thème “Libère
ton souffle et fais du sport”.Quelque 140 000
affiches et brochures pédagogiques ont été
distribuées dans les écoles,collèges et lycées.
Sous couverts des différents comités
départementaux du CNMR,des forums de
discussion et débats se sont également tenus
sur les lieux d’enseignement,et la vente d’un
“timbre du souffle”à 5 francs,a permis de
financer une multitude de manifestations
sportives (Cross,tournois de volley…). ■
* CNMR :Tél. : 01 46 34 58 80
Vécu
SPORT EXTRÊME/
TransMauritanienne :
le désert à portée
de foulées
W. Pillas
Endurance,douleur,fatigue,
patience et calme.Tels sont
les maîtres mots de la
Tra n s M a u r i t a n i e n n e ,
qui a lieu chaque année
du 29 novembre au
6 décembre, pour cinq
jours de course d’endurance en plein désert.
Un défi personnel
Pour rythmer l’épreuve qui
s’étend sur 333 km non
333 km de course, non
stop, des commissaires de
stop, en plein désert.
course accueillent les
quelque 60 participants tous les 20 km aux
postes de contrôle, leur proposant un ravitaillement et de quoi reprendre quelques
forces.Une équipe médicale,composée de
3 médecins et 3 infirmières,suit également
la course et intervient en cas de problème,
à la demande des coureurs.
A 42 ans,William Pillas est un habitué des
courses de l’extrême.Juriste de profession,
depuis 6 ans,il enchaîne les défis et taquine
ses limites sur ce type d’épreuves (courses
dans l’Atlas marocain,Marathon des sables…).
L’an dernier,il a bouclé la TransMauritanienne
en 96 heures, dont la moitié d’heures
Avec l’ouverture des
jeux de Sydney,le web a
vu naître un nouveau
site consacré au sport.
En ligne depuis le
11 septembre 2000,
sous l’égide de son
concepteur Patrick
Chêne,le site Internet
Sporever.fr propose un
“accès illimité au sport”.
Outre les actualités
sportives et conseils
balayant toutes les
disciplines,les
journalistes tirent tous
de sommeil et de récupération.Cette année
il compte bien gérer son temps autrement,
et courir plus ! « C’est toujours sur les temps
de repos que l’on “grignote”! Même si nous
sommes conscients de nos limites,chaque
minute compte » explique-t-il.
Optimiser ses chances
Mais l’optimisation du temps de course
se gère aussi sur le plan nutritionnel.
Accrochés à son sac à dos, ses deux
bidons (1,5 l) ne désemplissent pas de
substituts de repas énergétiques dont il
se nourrit en course. Il a choisi Hydralixir
(poudre diluée dans l’eau des bidons) et
Elixir (tube de gel), d’Overstim®. Une gorgée toutes les 6 minutes en course et un
tube à avaler toutes les heures, « pour ne
pas dépenser d’énergie à mâcher et ne
s’arrêter que pour remplir les bidons !
toutes les trois heures » précise-t-il.
Quatre cachets de sel par jour lui évitent
également la déshydratation, principal
risque sur ce type d’épreuve,avec les problèmes cardiaques, les tendinites et les
“coups de chaleur”.
Ménager ses pieds
Quant à l’équipement, chacun y va de ses
préférences et surtout de son expérience.
« Mon sac à dos est très léger (450 g), en
nylon et sans ossature, cela évite les problèmes en cas de frottement.Il contient ma
trousse de survie (couteau suisse, bougie,
miroir…) et une petite pharmacie
MÉDECINS DU SPORT
34
D.R.
Sporever.fr
et le livre
d’or des JO
Disponible en
librairie
textes, le lancement de
l’aventure Sporever,
fête les médaillés
et rend hommage
au sport.
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Pour en savoir plus :
Http://www.sporever.fr
(Aspivenin®,compresses anti- Sable et frottements, les
septiques et Elastoplast®). pieds en souffrent.
L’Elastoplast® me sert surtout
pour les pieds,qui souffrent
énormément en course.
Trois semaines avant le
départ,j’ai pour habitude de
les badigeonner d’une solution aqueuse au formol
(20 %), conseillée par un
podologue de l’Insep qui
suivait le Paris-Strasbourg.
Je cours ensuite avec des
baskets traditionnelles et je
prends trois pointures de plus que la normale (en largeur et en longueur), car sur
le terrain,les pieds doublent de volume et
le sable rentre systématiquement à l’intérieur.Avec les frottements, on se retrouve
vite les pieds en sang. L’Elastoplast® permet de s’en protéger.L’idéal étant de s’équiper de chaussettes japonaises,qui sont des
“chaussettes-gants”, ou chaque doigt est
vraiment protégé.Sans arriver au stade où
certains coureurs découpent leurs chaussures au couteau, pour ne garder que la
semelle avec un modèle de lassage à la
romaine, car leurs pieds ont trop gonflé,
l’entretien des pieds reste pour moi la
chose la plus importante sur cette course,
car les problèmes, qui peuvent être nombreux, réduisent considérablement nos
chances d’arriver “au bout !”».
■
N°40-DÉCEMBRE 2000
W. Pillas
Le timbre
du souffle :
les avantages des
nouvelles technologies
et proposent
3 émissions de télé
hebdomadaires,
3 flashs radio
quotidiens,
la consultation des sites
des champions et la
possibilité de création
de pages personnelles,
notamment pour les
clubs sportifs désireux
de se faire connaître.
Aujourd’hui,l’équipe
de Sporever passe des
câbles au papier glacé
en publiant un livre
souvenir sur les jeux de
Sydney.“Sydney 2000”,
le livre d’or des JO,
célèbre en images et en
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INTERNET
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EN BREF
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1er site francophone consacré à la médecine du sport
sur Nutrition.
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L’un de vos patients souhaite participer à un marathon.
Si physiquement vous ne décelez aucune contre-indication,
vous vous posez des questions quant à l’aspect
nutritionnel sur ce type de course.
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Vous pourrez vous informer sur les
spécificités de l’alimentation chez
le marathonien.
Votre patient est âgé de 45 ans. Vous souhaitez vous informer
sur les spécificités de la pratique du sport à cet âge.
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Dans la rubrique Traumatologie,
Pour en savoir plus sur le marathon.
sur Généralités
Parmi les articles qui vous sont proposés,
vous pourrez consulter, par pathologie, les
spécificités du sportif après 40 ans.
sur Bibliographie
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2 partie :
bénéfices au cas
par cas et synergie
de groupe
e
R.
D.
R.
D.
Mots clés
Nutrition
Vitamines
Métabolisme
Dr Paule Nathan*
Après avoir étudié
l’importance des vitamines
chez le sportif (Médecins
du Sport 38), voyons leurs
rôles au cas par cas, leurs
sources alimentaires et
comment éviter les
carences.
L
e rôle des glucides,protides et
lipides dans la pratique du sport est
bien étudié et documenté, mais la
connaissance de l’implication des vitamines est restreinte, du fait de la découverte relativement récente de leur rôle à
tous les niveaux de l’organisme. Cette
revue montre l’importance qu’elles
jouent dans le cadre du métabolisme
énergétique au cours de l’effort.
Nous nous attacherons plus particulièrement aux vitamines hydrosolubles (du
groupe B et C) qui jouent un rôle très
important dans le métabolisme du
sportif.
Les vitamines du groupe B jouent un rôle
essentiel dans le métabolisme énergétique
et l’utilisation des lipides, des glucides et
des protéines. Leur action porte aussi sur
le fonctionnement des cellules musculaires, cérébrales et nerveuses. Elles assurent une bonne trophicité de la peau et
des muqueuses et participent à un bon
équilibre psychique.
B1
VITAMINE B1
OU THIAMINE
C’est la vitamine antibéribéri. En 1887, il
fut montré que le béribéri était lié à la
consommation de riz poli dépourvu de
cette vitamine lors du polissage. C’est la
première vitamine à avoir été isolée.
Son rôle
Elle intervient dans le métabolisme énergétique, plus particulièrement dans l’utilisation des glucides. La digestion des
glucides est liée à l’action d’enzymes dont
l’efficacité dépend de la vitamine B1.
C’est pourquoi elle agit sur l’équilibre de
la glycémie et le niveau de vigilance,
puisque le glucose est le principal carburant des cellules cérébrales.
Elle agit sur le fonctionnement des cellules musculaires, y compris celles du
cœur, et des cellules nerveuses en améliorant la transmission de l’influx nerveux. Elle possède des propriétés
antalgiques et est facilement préconisée
en cas de douleurs nerveuses.
Par son effet tonifiant, elle stimule l’appétit et joue un rôle essentiel à tous les
moments de vie du sportif (entraînement,
tournoi, récupération) puisqu’elle limite
la formation d’acide lactique lors de l’effort et facilite son élimination, améliorant,
par ce biais, la récupération après
l’exercice.
Les signes de carence
Ils se manifestent essentiellement sous
forme de fatigue psychique et/ou musculaire, d’un manque d’appétit, de
troubles de la mémoire. Des fourmillements ou des douleurs nerveuses peuvent aussi témoigner d’une carence en
vitamine B1. Le manque agit surtout sur
un défaut d’assimilation des glucides qui
se répercute sur le fonctionnement du
système nerveux.
MÉDECINS DU SPORT
25
Les risques de carence chez le
sportif
Ils se rencontrent surtout chez les gros
consommateurs de produits sucrés, de
pain blanc et surtout d’alcool (vin, bière,
alcools forts).Une grossesse,une mauvaise
nutrition, un défaut d’absorption intestinale peuvent aussi être à l’origine de
carences.
Aliments riches
en vitamine B1
Extrait de levure, levure de bière,
levure de boulanger
Teneur
en mg/100 g
30 à 10
Germes de blé, graines de tournesol
séchées, noix du Brésil, graines de sésames 3 à 1,5
Petit-déjeuner avec céréales, poudre maltée,
châtaignes, soja vert entier, porc,
viande maigre rôtie, cacahuètes, jambon cru,
pistaches, crabe, rôti de porc, jambon cuit,
noix, noisettes
1,1 à 0,6
Bacon, saucisson sec, foie, rognons,
légumes secs, haricots rouges cuits,
pâté de campagne, flocons d’avoine, müesli,
lard, farine de blé complet, céréales
0,6 à 0,4
Fragilité
La vitamine B1 est très fragile, facilement
soluble dans l’eau et tout aussi facilement
détruite à haute température. C’est pourquoi on conseille de cuisiner les viandes
et les légumes secs dans la quantité d’eau
juste nécessaire.
Mon conseil
Pour une bonne couverture en vitamine
B1, consommez régulièrement de la
levure de bière, des graines oléagineuses
(noix, pistaches) du rôti de porc et du
jambon. Légumes secs et céréales complèteront la ration.
*Endocrinologue, nutritionniste, Paris.
N°40-DÉCEMBRE 2000
Nutrition
Vitamines
Nutrition
B2
LA VITAMINE B2 OU
RIBOFLAVINE
Son rôle
Constitutive d’enzymes indispensables,
elle est essentielle pour l’ensemble des
réactions intervenant dans la production
d’énergie par les cellules à partir des glucides, des lipides et des protéines.
Elle participe également au maintien en
bon état de la peau, des muqueuses et de
la vue.
Les signes de carence
Ils sont surtout présents au niveau de la
peau et des cheveux,réalisant une dermite
séborrhéique, des cheveux fragilisés, des
troubles oculaires à la lumière.On retrouve
une perlèche au niveau des lèvres et de la
langue.
La vitamine B3, ou acide nicotinique, est présente dans la plupart des aliments, dont les
champignons. Les signes de carence se manifestent surtout sous forme de troubles cutanés.
Fragilité
Les risques de carence chez le
sportif
La carence en vitamine B2 est rare,car elle
est très répandue dans les aliments, les
apports couvrent en général largement les
besoins. Une carence peut-être notée en
cas d’apports alimentaires insuffisants
(maladies, régime amaigrissant excessif) ;
en cas de troubles digestifs gênants l’absorption de la vitamine au niveau des intestins, ou si la consommation en alcool est
très élevée.
Aliments riches
en vitamine B2
Teneur
en mg/100 g
Levure alimentaire
Foie cuit, rognon cuit, poudre maltée,
levure de boulanger, germes de blé
5 à 1,9
Poudre de lait, petit déjeuner malté,
fromage de chèvre, cœur cuit
1,8 à 1
Pâté de foie, pâté de campagne, amandes,
germes de blé, müesli, fromage, foie gras,
canard, jaune d’œuf, pâte d’amande,
champignons
10 à 5
La vitamine B2 est très sensible à la
lumière.Par exemple,le lait perd 80 % de
sa teneur en vitamine B2 après une exposition de 2 heures au soleil.La viande cuite
en bouillon perd 30 % de sa teneur en vitamine B2.
Mon conseil
Comme pour toutes les vitamines du
groupe B, évitez les trempages, la cuisson dans beaucoup d’eau et consommez si possible le jus des viandes.
B3
LA VITAMINE B3, PP
OU ACIDE NICOTINIQUE
C’est la vitamine connue pour lutter
contre la pellagre (pelle agro = peau
rugueuse).
Son rôle
1 à 0,
Elle participe à la fourniture de l’énergie
du fait de son implication dans la synthèse
et la dégradation des protéines, des glucides et des lipides.
Elle est également impliquée dans le fonctionnement du système nerveux.
Les signes de carence
Ils se présentent surtout sous la forme de
troubles cutanés:peau sèche,dermatite,glossite (inflammation de la langue), stomatite
(inflammation des gencives). Les troubles
du système nerveux peuvent être bénins et
se révéler par une fatigue intense avec insomnie, perte d’appétit et possibilité d’état
dépressif.Plus profonde,la carence en vitamine B3 peut entraîner des troubles psychiques avec délire ou confusion mentale.
MÉDECINS DU SPORT
26
Les risques de carence chez le
sportif
Seuls les régimes amaigrissants, les situations d’anorexie prolongée et les alimentations très déséquilibrées avec abus
d’alcool peuvent être à l’origine d’une
carence. En général, les apports alimentaires permettent de couvrir les besoins
car elle est présente dans la plupart des
aliments.
Aliments riches
en vitamine B3
Levure
Teneur
en mg/100 g
60 à 30
Foie, petit déjeuner céréalier, son de blé,
beurre d’arachide, cacahuète,
poudre maltée, foie, thon, escalope de veau,
maquereau, lapin
25 à 8
Saumon cru et fumé, poisson gras, volaille,
rognons, jambon cru, boulghour, canard,
champignons, müesli, hareng fumé, poulet 8 à 5,5
Amandes, noisettes, flocons de blé,
germes de blé, pignons, farine de blé complète,
pain complet, graines de céréales
5,5 à 4
Fragilité
Peu fragile, elle résiste à la chaleur, la
lumière et à l’exposition à l’air. Mais
comme toutes les vitamines du groupe
B, elle peut subir une importante déperdition à la cuisson, en moyenne 20 %,
pouvant atteindre 50 % en cas de cuisson en grande eau ou en conditionnement dans des conserves ménagères
surtout.
Mon conseil
Consommez régulièrement de la viande
et du poisson. Si besoin, ajoutez de la
levure diététique pour optimiser les
apports.
N°40-DÉCEMBRE 2000
D.R.
D.R.
D.R.
Nutrition
Deux à trois
plats de poissons
par semaine
évitent les déficits en
vitamines B6 et améliorent
le métabolisme musculaire.
B5
La carence est rare chez le sportif et
concerne surtout les sportifs dénutris.
a un lien étroit avec le métabolisme des
acides aminés et des protéines qui régissent la construction des tissus.C’est pourquoi les aliments de l’effort riches en
protéines ont des teneurs en vitamines
B6 imposées.
Elle participe à l’utilisation des glucides
car elle fait partie intégrante d’une enzyme
permettant la dégradation du glycogène.
Elle participe au bon fonctionnement du
système nerveux, car elle permet la synthèse des neurotransmetteurs, elle maintient l’intégrité des cellules nerveuses et
des gaines des nerfs.
Elle est impliquée dans la fabrication des
globules rouges et dans l’assimilation du
magnésium.
Elle intervient dans les processus de
détoxication essentiels pour libérer l’organisme des toxines après un effort prolongé.
Aliments riches en vitamine B5
Les signes de carence
La vitamine B5 est très largement répandue dans la nature.
Ce sont essentiellement des lésions de
la peau, avec détérioration des
muqueuses et de la langue. S’y associent
des troubles digestifs, des troubles neurologiques accompagnés, ou non, d’un
état dépressif.
LA VITAMINE B5 OU ACIDE
PANTOTHÉNIQUE
Son rôle
Elle intervient dans le métabolisme énergétique,au niveau de la production d’énergie à partir des lipides et des glucides.
Elle aide aussi à la cicatrisation en favorisant l’activité tissulaire au niveau de la
peau, des muqueuses et des cheveux.
Les signes de carence
Fatigabilité avec troubles digestifs, maux
de tête, perte de cheveux avec dépigmentation et troubles cutanés.
Les risques de carence chez le
sportif
B6
LA VITAMINE B6
OU PYRIDOXINE
Son rôle
C’est une vitamine très importante pour
le sportif, car elle améliore le métabolisme musculaire, surtout celui du cœur.
Elle augmente la résistance à l’effort. Elle
Les risques de carence chez le
sportif
Il n’existe pas, dans nos pays développés,
de déficit profond en vitamine B6, mais
des déficits légers, fréquents chez le
MÉDECINS DU SPORT
27
sportif et le non sportif. On évoque la responsabilité d’une alimentation déstructurée type “fast-food”, pauvre en levure,
en aliments complets et en fruits oléagineux.
Aliments riches
en vitamine B6
Teneur
en mg/100 g
Levure
10 à 4
Germes de blé, son de blé, foie de veau,
camembert, céréales à petit-déjeuner,
petit-déjeuner céréaliers, müesli
5 à 1,6
Saumon, avocat, pissenlit,
flocons d’avoine, soja, noix,
foie de bœuf, lapin,
poissons gras (saumon, thon, hareng,
maquereau, sardine)
céréales complètes, riz complet,
bigorneau, farine de soja,
lentilles, noisettes, fromages frais,
1 à 0,5
Fragilité
C’est une vitamine stable à la chaleur, à
la lumière et au contact de l’air. Elle est
très soluble dans l’eau, où les pertes peuvent atteindre 50 %. On recommande de
cuire les aliments dans peu d’eau.
Mon conseil
Introduisez dans vos repas de la levure,
des germes de blé, 2 à 3 plats de poisson par semaine, des graines oléagineuses, par exemple au petit-déjeuner
ou au goûter.
N°40-DÉCEMBRE 2000
Nutrition
B8 B9
LA VITAMINE B8,
BIOTINE OU VITAMINE H
LA VITAMINE B9
OU ACIDE FOLIQUE
Son Rôle
Son rôle
Elle est nécessaire à la production d’énergie et à de multiples réactions cellulaires,
dont la synthèse du glucose et des acides
gras.Elle participe à une bonne trophicité
de la peau et des cheveux.
Elle est nécessaire au métabolisme de certains acides aminés et à la formation des
composants du noyau cellulaire.
Elle prévient également certaines anémies,
car elle intervient dans la formation des
globules rouges.
Cette vitamine est la clé du renouvellement de toutes les cellules de l’organisme.
Les signes de carence
Ils se manifestent sous forme de fatigue et
d’amaigrissement avec perte d’appétit.
Une perte de cheveux et une fragilité de la
peau peuvent s’y associer.
Les risques de carence chez le
sportif
Ils sont rares en dehors des grands
malades. On rencontre parfois des
carences chez les sportifs ayant une
consommation régulière d’œufs crus, car
ils sont riches en avidine qui lutte contre
les effets de la vitamine B8 (effet antagoniste).
Les signes de carence
Le principal signe de la carence en acide
folique est le développement d’une anémie à bas bruit, dite anémie pernicieuse.
S’y associent une fatigue avec des maux
de tête et une tendance dépressive avec
fatigue intellectuelle et perte de mémoire.
Le risque le plus important est lié à la
femme sportive qui peut,lors d’une grossesse, accoucher prématurément et/ou
provoquer chez son enfant des anomalies
du système nerveux.
Fragilité
Stable à la lumière et à la chaleur,elle peut
être oxydée au contact de l’air.Les pertes
les plus importantes (30 %) sont liées à la
cuisson à l’eau.C’est pourquoi on recommande de laver les aliments sans les laisser tremper et de les cuire dans un
minimum d’eau.
Aliments riches
en vitamines B8
Levure
Foie, rognons
Œufs (jaune)
Champignons
Haricots secs, lentilles
Viandes, poissons
Pain complet, laitages, fromages
Mon conseil
Teneur
en µg/100 g
400 à 150
130 à 20
25 à 20
16 à 11
9à3
10 à 0,1
6à2
Les carences sont rares, les apports couvrent le plus souvent les besoins. En cas
de perte de cheveux ou de troubles de la
peau, essayez de prendre un apport en
vitamine B8. Si la fatigue disparaît
conjointement à la repousse des cheveux, c’est qu’il existait une carence
occulte en vitamine B8.
Les risques de carence
La carence en acide folique est relativement fréquente. Les réserves sont faibles
dans l’organisme et s’épuisent en 4 mois.
La carence peut être liée :
- à des apports alimentaires insuffisants,
tels qu’on peut les voir chez la jeune sportive qui souhaite contrôler son poids ;
- à des pertes, lors de la préparation des
aliments (trempages prolongés et réchauffages itératifs peuvent être responsables
de la perte de 50 % en vitamine B9) ;
- à une insuffisance de consommation de
crudités.
Fragilité
C’est une vitamine très sensible à l’air,à la
lumière et à la chaleur. Les préparations
culinaires peuvent être responsables de
60 % de pertes.
Mon conseil
Maintenez les légumes à l’abri de la
lumière, de la chaleur, gardez-les au frais
dans le noir. Ne les faites pas tremper
et cuisez-les avec peu d’eau, en quantité juste nécessaire pour ne pas avoir
de restes à réchauffer.
Aliments riches
en vitamines B9
Teneur
en µg/100 g
Levure alimentaire,
levure de boulanger
5 000 à 1 000
Foie gras, germe de blé, jaune d’œuf,
céréales à petit-déjeuner
560 à 300
Endive, noisette, foie, farine de soja,
mâche, cresson, épinard, chicorée,
persil, cacahuètes, asperges
300 à 150
Noix, amandes, avocat, châtaigne, brie,
ciboulette, haricot rouge, laitue, poireau,
légumes secs, fromage de chèvre
150 à 120
B12
LA VITAMINE B12,
CYANOCOBALAMINE
OU COBALAMINE
Son rôle
Elle est anti-anémique, car elle est nécessaire à la formation des globules rouges.
Elle participe à la synthèse des protéines
nouvelles,des éléments du noyau de la cellule et au maintien de l’intégrité du système nerveux.
Elle est indispensable à la croissance et au
maintien du poids. Son apport doit être
augmenté lorsqu’on veut accroître la
masse musculaire.
Les signes de carence
Ils impliquent essentiellement une fatigue
générale sur le plan physique,psychique,
intellectuel. S’y associent une anémie et
un amaigrissement.
Les risques de carence
Son absence des produits végétaux et des
produits laitiers explique le développement de carences graves chez les végétariens stricts qui excluent la viande, les
MÉDECINS DU SPORT
28
N°40-DÉCEMBRE 2000
D.R.
œufs, le poisson et chez les végétaliens
qui excluent toute consommation de protéines animales.
Aliments riches
en vitamine B12
Teneur
en µg/100 g
Foie
Rognons
Poissons, maquereau, huître,
cœur de bœuf
Hareng, sardine, thon, cervelle
Pâté de foie, saumon, langue de bœuf,
lieu, jaune d’œuf, saumon fumé
60
30
20
12 à 7
6,3 à 4,1
Fragilité
C’est une vitamine peu fragile qui subit
une déperdition moyenne à la cuisson.
Mon conseil
Si vous êtes végétarien, interrogez-vous
sur l’origine de ce choix : croyance
religieuse, dégoût de la viande suite
au spectacle d’une corrida, ou simplement tendance à abandonner progressivement la consommation des
produits animaux. Lorsqu’on évoque
les motivations de ce choix alimentaire,
rares sont ceux qui refusent d’introduire progressivement des œufs, du
fromage, un peu de poisson et de la
viande 3 fois par semaine.
Sources alimentaires
en vitamine C
Teneur
en mg/100 g
Cynorhodon (baies d’églantie)
3 000 à 1250
Son rôle
Blettes, pommes de terre nouvelles,
choux fleur cuit, groseilles, framboises,
brocolis cuits, bananes, mangues, mandarines,
clémentines, petit pois, poireaux, épinards,
haricots verts, pissenlits, myrtilles,
tomates, brugnons, foie de poulet, veau,
bœuf, agneau
40 à 30
Elle a un rôle antioxydant, antitoxique et
intervient dans de nombreux métabolismes (cellulaires, hormonal, cérébral,
musculaire). Son rôle est capital dans le
métabolisme musculaire et cérébral.
C’est la vitamine anti-fatigue, qui stimule
les défenses de l’organisme pour lutter
contre les infections bactériennes et virales.
Elle participe à la synthèse du collagène
et donc, à de nombreux tissus.
Elle est nécessaire à l’absorption du fer
et à la formation des globules rouges.
Elle participe à la lutte contre le stress en
stimulant le fonctionnement des glandes
surrénales.
Elle agit sur les systèmes hormonaux thyroïdiens et gynécologiques en :
- facilitant la récupération après l’effort
et retardant l’apparition de crampes pendant celui-ci ;
- facilitant l’acclimatation au froid ;
- piégeant les radicaux libres et protégeant ainsi la cellule grâce à son action
anti-oxydante ;
- intervenant dans de nombreuses réactions lors de l’effort musculaire ;
- stimulant des fonctions cérébrales ; elle
augmente le tonus général et la résistance
à la fatigue et protège le sportif conte les
infections et l’aide à s’acclimater.
Les signes de carence
Ce sont surtout une fatigue, une fatigabilité à l’effort, un manque d’appétit et
une moindre résistance aux infections.
Les risques de carence
LA VITAMINE C
OU ACIDE ASCORBIQUE
C’est la vitamine antiscorbique.
Jusqu’au XVIIIe siècle,beaucoup de marins
au long court ne revenaient pas vivants de
leurs explorations, surtout du fait d’une
Les apports sont fréquemment insuffisants du fait d’une consommation pauvre
en fruits et en légumes,et de réchauffages
répétés des aliments.Un stress important,
une infection traînante et la consommation de tabac sont aussi responsables de
carences en vitamines C.
MÉDECINS DU SPORT
29
Baies d’argousier
Persil, feuilles de chou, kiwi, cassis frais,
goyave, navets crus, poivron, radis noir
choux de Bruxelles brocolis, oseille,
estragon, fenouil, cresson,
poivron vert, estragon, choux vert cru
450
200 à 120
Raifort râpé, fenouil, piment, poivrons cuits,
papaye, choux de Bruxelles crus, ciboulette,
pousses de soja, choux rouge cru,
choux fleur cru, fraises, papayes,
citron frais, cresson, oranges fraîches,
pamplemousses, épinards crus,
ris de veau , choux, choux fleur,
cerfeuil, cresson
100 à 50
Cervelle, choux vert cuit, épinards cuits,
melon, foie cuit, pommes, poires, pêches,
raisin, carottes, salsifis
25 à 20
Fragilité
C’est la plus fragile des vitamines. Elle est
sensible à la lumière, à la chaleur et à
l’oxydation. On observe fréquemment
une perte de 80 à 100 % lors de la cuisson prolongée ou au réchauffage des aliments.
CONCLUSION
Les vitamines jouent un rôle important
au court de l’effort. Les carences et surtout les subcarences sont fréquentes
chez le sportif, par défaut d’apport et surtout par perte lors de l’élaboration des
plats (cuisson dans trop d’eau, cuisson
prolongée, réchauffage). L’aliment le plus
riche en vitamine peut donc s’avérer en
être le plus pauvre selon son utilisation.
Alors que faire pour nos champions ?
Donner des règles simples. L’idéal serait
d’amener les produits sur les sites des
compétitions (et éviter les Fast-Food)
avec un cuisinier averti. En pratique, on
peut conseiller un apport en polyvitamines à doses usuelles lors de compétitions.
Rappelons également que, contrairement
aux vitamines liposolubles (A, D, E, K),
les vitamines hydrosolubles (B et C),
essentielles comme nous l’avons vu, ne
sont pas stockées et doivent donc être
apportées de façon quasi-journalière par
l’alimentation.
■
N°40-DECÉMBRE 2000
Nutrition
La cuisson des légumes dans très
peu d’eau évite la déperdition de
vitamines.
maladie appelée le scorbut. Lors de leurs
voyages lointains,ils ne se nourrissaient que
de conserves,sans jamais consommer d’aliments frais contenant de la vitamine C. La
vertu de la vitamine C a été découverte
lorsque, lors d’un débarquement sur une
île, les marins rescapés atteints de scorbut
ont été miraculeusement guéris grâce à l’ingestion de fruits locaux.Ainsi James Lind,
médecin de la flotte Britannique,commença
à distribuer des agrumes avant et au cours
du voyage.Les cas de scorbut disparurent.
Ce ne sont pas les conserves qui donnaient
le scorbut mais le manque d’apport de
légumes et de fruits riches en vitamines C.
Rééducation : Fiches pratiques
Le massage :
Le massage peut être
utilisé à des fins
thérapeutiques,
esthétiques, hygiéniques
et sportives.Chez les
sportifs, il a pour
fonction de préparer le
muscle à l’effort, de
permettre une meilleure
récupération et de
conditionner l’athlète
pour sa performance.
Les effets du massage sont nombreux.
Il agit notamment :
● sur le système circulatoire (veineux et
artériel) ;
● sur le système lymphatique ;
● sur le système musculo-tendineux ;
● sur le système neuro-musculaire (rôle
sédatif ou stimulant).
LES MANŒUVRES
FONDAMENTALES
Elles consistent en :
● des pressions glissées superficielles ou
effleurages ;
● des pressions glissées profondes ;
● des pressions locales ;
● des pétrissages ;
● des frictions ;
● des vibrations ;
● des percussions.
LES TECHNIQUES
Les différentes techniques de massage
découlent des combinaisons de différentes
manœuvres fondamentales et sont fonction des buts recherchés. Elles peuvent
être directes ou indirectes.
Quelques exemples de techniques
directes :
Cyriax, qui utilise la mobilisation transversale profonde (MTP) ;
● Knap,qui sollicite le massage de points
douloureux ;
● Vogler,qui utilise des pressions locales ;
● le drainage lymphatique...
complice de la performance ?
Rémi Roulland*
Mots clés
Rééducation
Massage
Fiche n°1
LE MASSAGE DU SPORTIF
Il a pour but d’aider à améliorer la performance du sportif par :
● un meilleur rendement musculaire ;
● la prévention des accidents musculo-tendineux ;
● le traitement des lésions générées par l’effort.
Avant l’effort
Avant l’effort, les massages auront pour but de :
● stimuler la musculature ;
● stimuler les systèmes circulatoires, nerveux et respiratoires ;
● préparer la disponibilité articulaire en facilitant l’assouplissement des
tissus.
La technique utilisée pour ce massage sera stimulante, tonifiante, courte
et énergique.
Après l’effort (Fig. 1)
1
Après l’effort, les massages auront
pour but de :
● réduire la fatigue musculaire ;
● faciliter la récupération ;
● soigner les diverses lésions.
Concernant la technique, le massage
est lent, à visée de drainage.
Superficiel pour chasser l’œdème lié
à l’effort et redonner une tonicité au
système lymphatique (Fig. 2).
Profond et centripète pour faciliter
la circulation de retour et la
“vidange” des différents groupes
musculaires.
Figure 1 : massage après effort :
détente et retour au calme.
2
●
Quelques exemples de techniques
indirectes :
la massopuncture ;
● le massage réflexe du tissu conjonctif.
●
A paraître dans
un prochain numéro :
Les techniques de
gain d’amplitude
Figure 2 : drainage lymphatique manuel.
*Kinésithérapeute, CERS, Capbreton.
MÉDECINS DU SPORT
30
N°40-DÉCEMBRE 2000
3
LE MASSAGE TRANSVERSAL PROFOND
Le massage transversal profond ou mobilisation transversale profonde (MTP) est
utilisé dans le traitement des accidents musculaires, tendineux et ligamentaires.
Le MTP consiste à mobiliser transversalement un tissu par rapport à un autre,
dans le but de lui redonner une mobilité normale et d’améliorer l’indolence. Il
s’applique après la phase aiguë sur les lésions musculaires, tendineuses et
ligamentaires.
Figure 4 :
massage
transversal
profond sur
une lésion
tendineuse.
Les lésions musculaires (Fig. 3)
Claquage
Rupture partielle
● Fibrose
●
●
4
Figure 3 : massage
transversal profond sur
une lésion musculaire.
Les lésions tendineuses (Fig. 4)
●
●
Tendinite
Ténosynovite
Figure 5 : massage
transversal profond sur
une lésion ligamentaire.
Les lésions ligamentaires (Fig. 5)
●
Entorses bénignes pour lesquelles il sera utilisé afin de limiter
les adhérences, et les fibroses, et d’améliorer l’indolence.
5
Durée, fréquence
Le traitement s’effectue à l’aide de 1 ou 2 doigts, avec une
forte pression sur le site douloureux. Le mouvement est effectué pendant 10 minutes. Les séances se réalisent au rythme de 3 par semaine.
Une amélioration doit être ressentie par le sujet au bout de 3 à 5 séances.
Le traitement doit être poursuivi jusqu’à guérison.
B
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*Radiologue, clinique Nollet, Paris
8 numéros par an :
Prix au numéro : 35 F
Abonnement : 250 F *
Etudiant : 180 F * (joindre photocopie de la carte d’étudiant)
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Spécialité
❏ Rhumatologue
❏ Rééducateur fonctionnel
❏ Autre ............................................................................................................
Prénom : .............................................................
❏ Médecin du sport
❏ Médecin généraliste
❏ Étudiant Année : ........................
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Rééducation : Fiches pratiques
Fiche n°2
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