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La suite des choses
Pour passer de l’hiver au printemps, il y a en nos murs
et derrière nos rideaux un immense appel à la tolérance
et à l’éducation. En ces temps des plus inquiets où la
résistance et la peur tentent, avec beaucoup de mal, de
marcher ensemble vers la paix, le théâtre a le devoir de
faire résonner les consciences.
Ce n’est donc pas par hasard s’il y a sur nos scènes, et
dans ce cahier, de jeunes artistes espagnols qui, il y a un
siècle, s’emparaient de leurs rêves pour découvrir la vie
et poursuivre leur lutte contre l’ignorance (Le miel est
plus doux que le sang). Il y a aussi un enfant de la guerre
qui quitte sa terre de chaleur et cherche chez nous, dans
nos hivers, la force de donner une autre chance à l’espoir
(L’orangeraie). Il y a un Innu qui s’installe au cœur de la
cité pour confronter la différence (Muliats). Il y a quatre
garçons qui prennent la parole autrement puisque papa
n’y est pas (Fratrie). Il y a aussi deux personnes âgées
en rupture avec l’avenir qui cherchent impatiemment
la dignité dans leur réalité entêtée (Simone et le whole
shebang). Et il y a la musique qui fait la fête aux mots
(Love is in the birds) et des adolescents qui racontent
leurs histoires sagaces, essentielles pour saisir la suite
des choses (Les Zurbains).
MOT DU DIRECTEUR ARTISTIQUE
Nicolas Gendron a attentivement dirigé ce Cahier d’hiver
pour accompagner les sept spectacles qui font vibrer les
deux scènes du TDP de février à mai 2016. Il a voulu que
l’on connaisse mieux les nombreux auteurs québécois
qui sont les maîtres à penser de cette deuxième moitié
de saison et, par le fait même, que leurs œuvres puissent,
par des chemins imprévus, irradier en nous longtemps.
Pour ce faire, il a convoqué de nombreux collaborateurs
passionnés, demandant autant à notre amie Anne-Marie
Cousineau qui connait bien notre histoire et celle des
Cahiers, qu’à des auteurs pertinents comme Emmanuelle
Jimenez, Guillaume Corbeil, Pascale Rafie, Chloé Sainte-
Marie, Yves Sioui Durand, Zoé Protat, François Gilbert
et d’autres tous aussi engagés dans le plaisir qu’on a
toujours d’en apprendre un peu plus sur ce que l’on voit,
et sur ce que l’on vit.
Nicolas Gendron
Depuis sa formation en interprétation à l’Option-Théâtre
du Collège Lionel-Groulx, d’où il ressort avec une bourse
d’excellence en 2009, Nicolas a pris part à une vingtaine
de productions théâtrales, dont plusieurs créations,
des auteurs Simon Boulerice (Les monstres en dessous),
Anne-Marie Olivier (Un cimetière qui marche), Marie-Lise
Chouinard (Les incroyables aventures de Thierry Ricourt) et
Philippe Boutin (Détruire, nous allons). Avec sa compagnie
ExLibris, il signe sa première mise en scène en 2014
(reprise en tournée en 2015), au théâtre Prospero, avec
l’adaptation du roman Et au pire, on se mariera, de Sophie
Bienvenu.
Sa culture, son sens de l’analyse, sa curiosité, sa plume
belle et précise et son discours éclairé l’entraînent parfois
du côté de la chronique radio et de l’écriture journalistique.
Claude Poissant
© LM Chabot
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