chapitre 6 – appareil urinaire et appareil reproducteur de l`homme

Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires Avril 2001
CHAPITRE 6 – APPAREIL URINAIRE ET APPAREIL
REPRODUCTEUR DE L’HOMME
Table des matières
ÉVALUATION DE LA FONCTION URINAIRE ET DE L’APPAREIL
REPRODUCTEUR DE L’HOMME................................................................ 6–1
Anamnèse et examen physique....................................................... 6–1
Examen physique de l’appareil ........................................................ 6–3
AFFECTIONS GÉNITO-URINAIRES COURANTES CHEZ L’HOMME .......... 6–4
Hyperplasie bénigne de la prostate.................................................. 6–4
Épididymite .................................................................................... 6–5
Prostatite (aiguë)............................................................................ 6–7
Balanite.......................................................................................... 6–9
AFFECTIONS URINAIRES COURANTES..................................................6–10
Bactériurie asymptomatique ..........................................................6–10
Cystite.........................................................................................6–11
Pyélonéphrite...............................................................................6–13
Colique néphrétique (calculs) ........................................................6–15
Incontinence urinaire.....................................................................6–16
URGENCES UROLOGIQUES ET GÉNITALES CHEZ L’HOMME................6–18
Torsion testiculaire........................................................................6–18
Rétention urinaire aiguë................................................................6–19
6–1
Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires Avril 2001
ÉVALUATION DE LA FONCTION URINAIRE ET DE L’APPAREIL
REPRODUCTEUR DE L’HOMME
ANAMNÈSE ET EXAMEN PHYSIQUE
GÉNÉRALITÉS
Chaque symptôme doit être noté et examiné en
fonction des caractéristiques suivantes :
– Apparition (soudaine ou graduelle)
– Évolution dans le temps
– Situation actuelle (amélioration ou aggravation)
– Localisation
– Irradiation
– Qualité
– Fréquence et durée
– Sévérité
– Facteurs déclenchants et aggravants
– Facteurs de soulagement
– Symptômes associés
– Répercussions sur les activités quotidiennes
– Épisodes similaires diagnostiqués auparavant
– Traitements antérieurs
– Efficacité des traitements antérieurs
SYMPTÔMES DOMINANTS
En plus des caractéristiques générales décrites ci-
dessus, il faut aussi explorer les symptômes
spécifiques suivants.
Fonction urinaire
– Fréquence des mictions
– Volume d’urine (élevé ou faible)
– Urgence (sensation d’un besoin urgent de vider la
vessie)
– Dysurie et moment de son apparition durant la
miction (au début, à la fin ou pendant)
– Nycturie (première survenue ou exacerbation du
profil habituel)
– Rétention
– Incontinence
– Couleur et odeur de l’urine
– Hématurie
– Coliques
– Douleur à l’angle costo-vertébral, au flanc ou à
l’abdomen
– Douleur sus-pubienne
– Douleur périnéale, génitale, inguinale ou lombaire
Appareil reproducteur masculin
– Difficulté à amorcer ou à interrompre la miction
– Poussée abdominale volontaire (effort) à la
miction
– Nature du jet (vitesse, force, volume)
– Fuite ou sensation de plénitude post-mictionnelle
– Écoulement pénien, démangeaison
– Lésions des organes génitaux externes
– Douleur génitale, inguinale, sus-pubienne ou
lombaire
– Douleur ou œdème des testicules
– Relations sexuelles douloureuses
– Orientation sexuelle
– Nombre de partenaires sexuel(le)s
– Libido
– Pratiques sexuelles, dont comportements à risque
(p. ex. relations orales, anales ou vaginales non
protégées)
– Fécondité (nombre d’enfants)
– Antécédents vénériens (MTS, dont VIH et
hépatite B)
– Auto-examen des testicules (fréquence, régularité)
– Antécédents d’hydrocèle, d’épididymite, de
prostatisme, de varicocèle, de hernie, de
cryptorchidie, de spermatocèle, ou vasectomie
récente
Autres symptômes associés
– Fièvre, frissons, malaise
– Nausées, vomissements
– Diarrhée, constipation
– Perte d’appétit
– Changement dans les habitudes de sommeil
6–2 Appareil urinaire et appareil reproducteur de l’homme
Avril 2001 Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires
ANTÉCÉDENTS MÉDICAUX (APPAREIL
GÉNITO-URINAIRE)
– Cystite, pyélonéphrite
– Néphropathies
– Anomalies anatomiques congénitales des voies
génito-urinaires
– Calculs rénaux
– Début récent ou augmentation de l’activité
sexuelle
– Manœuvres instrumentales récentes dans les voies
génito-urinaires (p. ex. cathéter, dilatation urétrale,
cystoscopie)
– Ménopause (sans hormonothérapie substitutive)
– Utilisation de tampons, douches vaginales
– Diabète sucré
– Immunosuppression
– MTS
– Abus sexuel
– Allergies
– Exposition à des irritants chimiques
– Médication (p. ex. immunosuppresseurs,
contraceptifs oraux, antihypertenseurs,
antipsychotiques)
– Comportements à risque (p. ex. relations sexuelles
non protégées, consommation abusive d’alcool et
de drogues, utilisation de drogues injectables
illicites)
ANTÉCÉDENTS FAMILIAUX (APPAREIL
GÉNITO-URINAIRE)
– Infections urinaires
– Néphropathies (p. ex. cancer du rein, maladies
polykystiques)
– Diabète sucré
– Calculs rénaux
– Sévices sexuels ou physiques
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS ET SOCIAUX
(APPAREIL GÉNITO-URINAIRE)
– Hygiène personnelle, habitudes en matière
d’élimination et de propreté
– Pratiques sexuelles (comportements à risque,
orientation sexuelle)
– Partenaire sexuel(le) symptomatique
– Utilisation de crèmes ou de mousses
contraceptives, de condoms, etc.
– Utilisation de mousse de bain, de douches vaginales
– Port de sous-vêtements ou d’autres vêtements trop
ajustés ou serrés
– Multiples partenaires sexuel(le)s
– Perturbation de la vie sexuelle (à cause de
symptômes génito-urinaires)
– Peur, gêne, anxiété
– Absentéisme au travail ou à l’école, renoncement à
des activités sociales à cause de symptômes
génito-urinaires (p. ex. incontinence)
Appareil urinaire et appareil reproducteur de l’homme 6–3
Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires Avril 2001
EXAMEN PHYSIQUE DE L’APPAREIL
GÉNÉRALITÉS
– État de santé apparent
– Présence ou absence de douleur
– Teint (rouge, pâle)
– Corpulence (maigreur ou obésité)
– Concordance entre l’apparence et l’âge déclaré
SIGNES VITAUX
– Température
– Fréquence cardiaque
– Fréquence respiratoire
– Tension artérielle
APPAREIL URINAIRE (EXAMEN DE
L’ABDOMEN)
Inspection
– Cicatrices abdominales ou lombaires d’une
intervention chirurgicale antérieure
– Œdème (facial, périphérique)
Palpation
– Sensibilité sus-pubienne
– Distension de la vessie
– Sensibilité ou masses abdominales
– Sensibilité de l’angle costo-vertébral
– Hypertrophie des reins (les reins ne sont
généralement pas palpables sauf chez les clients
minces)
– Œdème ou ganglions inguinaux
Percussion
– Sensibilité sus-pubienne ou de l’angle costo-
vertébral
– Distension de la vessie
N’oubliez pas d’examiner les régions suivantes dans
le cadre de l’évaluation :
– Tête, yeux, oreilles, nez, gorge : rechercher la
pharyngite et la conjonctivite (infection à
Chlamydia, gonorrhée)
– Peau : rechercher les lésions, les éruptions, les
polyarthralgies de la gonorrhée disséminée, et
évaluer l’équilibre hydrique.
APPAREIL REPRODUCTEUR DE L’HOMME
Inspection
– Pénis, scrotum et pubis : inflammation,
écoulements, lésions, enflure, asymétrie,
irrégularité de la répartition du système pileux,
lentes, verrues
– Rectum : lésions, écoulements, œdème,
hémorroïdes
– Régions inguinales et fémorales (hernies)
Palpation
– Pénis : sensibilité, induration, nodules, lésions
– Testicules et contenu du scrotum : dimension,
position, atrophie des testicules, sensibilité,
enflure, chaleur, masses, hydrocèle
– Rectum : tonus du sphincter anal, tumeurs de la
paroi rectale, prostate
– Prostate : taille, forme, contour, consistance,
sensibilité ou nodules
– Anneau inguinal superficiel : hernies
– Zones inguinales et fémorales (hernies)
APPAREIL GÉNITAL FÉMININ
Cet examen fait l’objet du chapitre 13, « Santé de la
femme et gynécologie ».
ANALYSES DE LABORATOIRE
– Urine : couleur, trouble ou claire
– Bandelettes réactives : sang, protéines, globules
blancs, nitrites, pH
– Microscopie sédimentaire : globules blancs et
rouges, bactéries ou cylindres urinaires, cellules
épithéliales
– Culture et antibiogramme de l’écoulement urétral
ou des sécrétions prostatiques
6–4 Appareil urinaire et appareil reproducteur de l’homme
Avril 2001 Guide de pratique clinique du personnel infirmier en soins primaires
AFFECTIONS GÉNITO-URINAIRES COURANTES CHEZ L’HOMME
HYPERPLASIE BÉNIGNE DE LA
PROSTATE
DÉFINITION
Hypertrophie bénigne de la prostate pouvant se
traduire par l’obstruction du col de la vessie.
CAUSES
– Inconnues
– Facteur prédisposant : l’âge (au-delà de 55 ans)
SYMPTOMATOLOGIE
Apparition des symptômes urinaires lorsque la
prostate est suffisamment hypertrophiée pour
entraîner une compression partielle du col de la
vessie.
– Retard de la miction
– Miction par regorgement
– Effort à la miction
– Force du jet atténuée
– Mictions fréquentes et peu abondantes
– Sensation d’urgence mictionnelle
– Fuites post-mictionnelles
– Nycturie
– Sensation constante de plénitude de la vessie,
même après la miction
L’infection des voies urinaires ou la rétention d’urine
constituent parfois le problème énoncé. L’hématurie
peut être un symptôme précoce.
OBSERVATIONS
– Abdomen : dans les cas de rétention urinaire aiguë, il
arrive que la vessie soit distendue; une vessie
distendue est parfois perceptible à la palpation.
– Toucher rectal : hypertrophie de la prostate
– Prostate : consistance normale, haut et bords pas
forcément perceptibles à la palpation, sillon
médian possiblement indistinct
La taille clinique de la prostate n’est pas révélatrice
de la gravité des symptômes. Une légère hypertrophie
clinique peut provoquer des effets très
incommodants.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
– Cystite
– Cancer de la prostate
– Tumeur de la vessie
– Calculs
– Prostatite (chronique)
– Rétrécissement de l’urètre
COMPLICATIONS
– Infections à répétition des voies urinaires
– Rétention urinaire aiguë
– Hémorroïdes ou hernies provoquées par l’effort à
la miction
– Atteinte rénale due à une obstruction chronique
TESTS DIAGNOSTIQUES
– Prélevez un échantillon d’urine pour analyse
(analyse courante et microscopie, culture et
antibiogramme).
– Éliminez la possibilité d’une infection, d’une
hématurie et d’une glycosurie.
– Déterminez le taux de créatinine.
– Antigène prostatique spécifique (PSA) : test
facultatif et controversé, mais généralement
recommandé lorsqu’un diagnostic de cancer de la
prostate amènerait à modifier le traitement chez un
homme sain âgé de 50 à 70 ans.
TRAITEMENT
Objectifs
– Atténuer ou éliminer les symptômes
– Prévenir les complications dues à l’obstruction
prolongée du col de la vessie (p. ex. infections des
voies urinaires, calculs de la vessie,
hydronéphrose)
Consultation
Il faut consulter le médecin si les symptômes du
client sont sévères et assez incommodant pour
l’inciter à se faire traiter immédiatement, ou s’il y a
hématurie, présence de nodules dans la prostate ou
douleur lombaire inattendue.
Il faut éliminer la possibilité d’un carcinome
prostatique avec métastases aux os chez les hommes
de plus de 35 ans présentant des symptômes
d’obstruction du col de la vessie et souffrant d’une
douleur lombaire d’apparition récente.
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