Audit des Systèmes d`Information Hospitaliers auprès d

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Audit des Systèmes
d’Information Hospitaliers
auprès d’établissements
représentatifs
Rapport final
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27 mars 2014
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Remerciements
Nous tenons à remercier particulièrement l’ensemble des personnes sollicitées au cours de cet audit
qui nous ont accordé de leur temps, expertises et expérience relative aux Systèmes d’Information de
Santé.
Nous souhaitons remercier particulièrement les membres du comité d’expertise, les établissements
audités, la DGOS/MSIOS, les ambassadeurs Hôpital Numérique de l’ANAP, les représentants des
collèges de DSIO et de DAF pour leur contribution et leur disponibilité.
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Synthèse
Contexte
La Puissance Publique renforce, avec le Programme Hôpital Numérique et dans le cadre de la
Stratégie Nationale de Santé, son action en faveur du développement des systèmes d’information
hospitaliers (SIH) : l’informatisation de l’hôpital est une condition à la mise en œuvre du parcours
coordonné du patient et de l’usager.
Dans un secteur fortement administré, les politiques publiques sont un déterminant majeur du
développement des SIH, si ce n’est le terminant principal. Les établissements sont soumis par
ailleurs à des contraintes locales et dépendent des conditions du marché national de l’informatique
hospitalière.
Le veloppement des systèmes d’information hospitaliers (SIH) est, en France, un sujet de débat
multi-décennal. Au cœur de ce débat, le rapport entre le niveau de dépenses et les résultats obtenus
occupe une place centrale. Souvent jugé comme un poste de dépenses excessives, le SIH n’en est
pas moins un édifice complexe, issu de cinquante ans d’évolutions. Il nécessite donc de mobiliser des
ressources tant financières qu’humaines conséquentes.
Repères et état des lieux global des SIH
Le SIH ne peut se résumer à un logiciel (ou à un éditeur) : il est composé de plusieurs dizaines, voire
de plusieurs centaines de logiciels (de quarante à trois cent cinquante dans les sites audités). Il est
bâti à partir de briques préfabriquées fournies par des éditeurs de progiciels. Mais l’assemblage de
ces briques reste très complexe pour le Maître d’Ouvrage, avec comme résultat une intégration
partielle des briques et donc un système moins performant. Les causes en sont, premièrement, le peu
de compétences d’architecte du SI disponible dans les établissements et, en second lieu, d’une
diffusion insuffisante de l’interopérabilité auprès des acteurs du marché (offre et demande).
Le marché français de l’informatique de santé, dont la taille est estimée entre 1,6 et 2,15 Md€
(troisième marché européen) est particulièrement fragmenté (offre et demande) et structurellement
fragile : près de 350 sociétés sont présentes sur le segment de l’édition des logiciels hospitaliers,
segment estimé à 450 M€. Du côté des établissements, la dynamique d’investissement est forte, en
particulier sous l’impulsion des politiques publiques. Mais, étant donné la rareté des effectifs
consacrés aux projets d’informatisation dans les établissements, ces derniers sont confrontés à des
difficultés majeures de priorisation et de réalisation des projets.
Concernant le développement des SIH eux-mêmes, les établissements sanitaires ont clairement
franchi un cap important :
(1) L’informatisation des fonctions administratives et médicotechniques est totale, depuis
plusieurs années : l’usage et la maturité des utilisateurs sont désormais freinés par une offre
souvent obsolète ou à tout le moins datée, en tout cas pour les logiciels administratifs. Si
l’offre des éditeurs semble en mesure d’évoluer, la migration du parc existant constitue, pour
les établissements et les éditeurs, des chantiers de grande ampleur.
(2) Les établissements sont en phase massive d’informatisation du cœur de métier : 90% des
établissements sanitaires ont engagé l’informatisation de la production des soins, plus de la
moitié ayant terminé la mise en œuvre de dossiers patients informatisés transversaux.
(3) Deux axes restent émergents : l’informatisation des spécialités médicales, basée en partie sur
une informatisation historique, peine à se développer et à s’intégrer aux dossiers médicaux
informatiques transversaux. En second lieu, l’ouverture du SIH sur le territoire est encore
émergente ; ce dernier sujet est particulièrement déterminant pour que les établissements
trouvent leur place dans le parcours de soins du patient.
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L’audit et les résultats
La mission confiée à l’ANAP, objet de ce rapport, est une opportunité de porter un regard factuel sur
l’état du développement des SIH et d’en identifier les déterminants de succès ou d’échec.
Les établissements audités, sélectionnés par un comité d’experts indépendants, illustrent la diversité
de complexité de SIH des établissements. L’audit, basé sur un référentiel construit par l’ANAP, s’est
déroulé de janvier à mars 2014. Les résultats ont été validés avec chacune des directions, puis deux
ateliers collectifs ont permis de partager les principaux constats et d’identifier plusieurs pistes de
travail.
Principaux constats
Le SIH trouve progressivement sa place dans la stratégie des établissements. Si les principes de la
gouvernance du SIH sont acquis, les audits ont permis de constater le faible usage des méthodes et
outils de pilotage du SIH par les directions hospitalières, en particulier concernant la priorisation des
projets (gestion de portefeuille de projets) et, dans une moindre mesure, les schémas d’évolution du
système d’information.
Du côté des directions des systèmes d’information, un premier palier de maturité a été atteint,
concernant en particulier la maîtrise technologique. La culture du service aux utilisateurs et la capacité
à intégrer la vision métier sont néanmoins encore relativement rares.
Du fait d’une informatisation massive de la production de soins, l’utilisation du SIH connait une
généralisation rapide au sein de l’hôpital. L’ensemble des professionnels des établissements sont
désormais des utilisateurs quotidiens de l’informatique : dans les discours et dans les faits, un point de
non-retour a été atteint.
Sur leur versant informatique, les processus métier audités sont diversement maîtrisés par les
établissements :
- le circuit du médicament et les processus logistiques associés sont globalement bien
maîtrisés. Seuls les processus relatifs aux dispositifs médicaux souffrent encore d’une
automatisation non aboutie ;
- concernant le processus de facturation-recouvrement, si aujourd’hui tous les établissements
facturent, les efforts développés et les délais pour y parvenir au plus vite sont variables ;
- enfin, le développement des systèmes d’information en support du pilotage médico-
économique sont en rapport avec la maturité organisationnelle constatée : le dialogue de
gestion au sein des établissements en est encore à ses prémisses.
Déterminants du succès ou de l’échec de l’usage des SIH
Les éléments liés au contexte extérieur aux établissements déterminent fortement leur évolution,
comme cela a été dit précédemment. En outre, quatre déterminants relevant de la gestion des
établissements ont été identifiés :
- l’intégration du SIH dans la stratégie de l’établissement ;
- les hommes et les organisations : compétences, effectifs, capacité de l’organisation à se
connaître, puis à se transformer ;
- les logiciels et l’interopérabilité : les outils et leur capacité à s’intégrer constituent un des
paramètres importants ;
- les méthodes : adaptées à la complexité de la situation, leur existence et maîtrise sont
indispensables.
C’est l’activation simultanée de ces quatre leviers qui permet un développement massif des usages du
SIH et, partant, de faire réellement du SIH un élément contributif à la performance de l’établissement.
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Nombre de pages
40
Contacts
Résumé
L’audit des SIH de treize établissements, mené par l’ANAP au premier
trimestre 2014, complété par une étude des bases de données disponibles, a
permis de constater : (1) que le marché français de l’informatique
hospitalière, troisième par la taille en Europe, est excessivement fragmenté
tant du côté de l’offre que du côté de la demande et, par conséquent, est
structurellement fragile ; (2) que l’informatisation de la production des soins
est très largement engagée dans les hôpitaux français et que l’usage de
l’informatique est généralisé à l’hôpital, dans tous les secteurs ; (3) que les
spécialités médicales et l’ouverture des SIH sur leur territoire sont des
thèmes émergents.
Les déterminants du succès du ploiement des SIH sont très largement
externes, en particulier par les politiques publiques. En interne, les SIH
doivent s’appuyer sur la stratégie, les hommes et les organisations, les
méthodes et les outils et leur interopérabilité.
Le rapport propose trois axes de travail pour accélérer le déploiement et
l’usage des SIH : (1) les actions visant à renforcer les capacités des
établissements en maîtrise d’ouvrage des SI et à les préparer à intégrer leur
système dans le parcours coordonné du patient ; (2) les actions de
structuration de l’offre de SIH ; (3) les actions visant à renforcer l’action
publique et à accroitre la lisibilité des actions.
Mots-clés
Système d’Information Hospitalier SIH Audit
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