D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à
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’un prof … à l’autre
La lettre
La lettreLa lettre
La lettre mensuelle
mensuelle mensuelle
mensuelle
Numéro 30 – Janvier 2011
© Michel B
RUNO
Au sommaire ce mois-ci :
p. 2
Editorial
p. 3
Fabrique toi-même ta règle de grammaire
p. 4
Du fond de la classe…
p. 5
Interculturel : Un Grand Saint comblé
p. 6
« Demain, dès l’aube », en français langue étrangère
p. 9
« Au commencement était le Verbe… Et le Verbe s’est fait chair »
p. 15
Formation continuée : rappel
p. 16
Proposition de sujets pour les stages des étudiants de 1
re
année
p. 17
Marathon-photos : les résultats
p. 18
Index des articles parus dans « D’un prof… à l’autre »
p. 20
FLE : deux semaines à Oran – Invitation au souper algérien
N.B. : Ce document est
conçu pour pouvoir être
imprimé : n’hésitez pas à
le montrer à vos
collègues.
D’un prof … à l’autre
D’un prof … à l’autreD’un prof … à l’autre
D’un prof … à l’autre
La lettre du régendat en français de HELMo Sainte-Croix
61, Hors-Château - 4000 Liège
Comité de rédaction :
Sylvie Bougelet, Pierre-Yves Duchâteau,
Morgane Folon, Jean Kattus
Abonnement/courrier : dunprofalautre@yahoo.fr
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Editorial
Nouvelle année qui commence, trentième numéro, 525 pages cumulées, la barre des 500
abonnés franchie et des lecteurs satisfaits, qui nous disent apprécier D’un prof à l’autre et
utiliser ses suggestions d’activités dans leurs classes : autant d’occasions de nous réjouir !
Merci donc pour vos encouragements. Merci à tous ceux qui, par leurs articles, contribuent
activement au partage d’expériences et de connaissances qui est à la base de D’un prof à
l’autre.
Au nom des étudiants en formation, merci aussi aux maitres de stage qui les accueillent, les
guident et les soutiennent. Un merci tout particulier de la part des étudiants FLE qui, depuis
septembre, sont accueillis chaque semaine dans 7 écoles du centre-ville pour y accompagner
des élèves étrangers et ainsi se former par la pratique sur le terrain.
A l’occasion de cette nouvelle année, nous renouvelons notre appel : nous souhaitons ouvrir
davantage nos colonnes à vous qui, au quotidien, encadrez des jeunes en français, FLE ou
religion. Nous savons que vous vivez des expériences d’enseignement qu’il serait passionnant
de partager avec des collègues et des enseignants en formation. Alors, prenez la plume et
suivez notre slogan :
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Une bonne nouvelle enfin : désormais, vous pourrez aller rechercher sur internet, en self-
service, les numéros de la revue perdus ou manqués :
1) www.yahoo.fr Connexion
2) Taper le nom d’utilisateur : dupala1
3) Taper le mot de passe : franrelfle Connexion Mail Boite de réception
Excellente année 2011 !
D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à
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Fabrique toi-même ta « règle » de grammaire !
Tu as certainement déjà vu des règles (= instruments pour tracer des lignes) comme celle-ci.
A toi de fabriquer la tienne, qui expliquera une règle (= une loi, un principe) de grammaire
particulièrement importante pour toi !
1 Tu relèves dans tes travaux écrits une erreur de grammaire (ou d’orthographe grammaticale)
que tu commets très souvent et qui est « grave »
1
.
2 Tu recopies cette erreur dans le tableau ci-dessous, puis tu la corriges et tu formules la règle
que tu as suivie. Travaille avec un camarade, vous y arriverez mieux !
Exemple
Erreur Correction Règle
Il doit travaillé Il doit travailler On remplace le verbe par faire et si ça marche, on
écrit –er, sinon on écrit -é
3 Tu viens devant la classe expliquer la règle que tu as trouvée. Sers-toi du tableau noir pour
y noter ton erreur et sa correction.
4 Le professeur vous aide à formuler clairement la règle à suivre.
Exemple
Quand j’entends le son [é] à la fin du verbe, je me pose la question : infinitif –er ou participe
passé ?
- Si je peux remplacer ce verbe par faire ou rôtir, c’est un infinitif
-er
- Si je peux le remplacer par fait ou rôti, c’est un participe passé
5 Tu recopies très proprement la règle de grammaire et un exemple dans la règle vide ci-
dessous. Tu photocopies cette règle sur du papier fort, de couleur, tu plastifies la feuille puis
tu découpes la gle aux ciseaux. Le tour est joué ! Chaque fois que tu écriras, tu n’oublieras
plus de relire ton texte en vérifiant que tu as respecté la règle de ta règle !
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Jean K
ATTUS
1
= dont la sanction sociale est importante. Ce sont ces erreurs-là qu’il convient d’éradiquer de ses écrits en
premier lieu.
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DU FOND DE LA CLASSE
Commentaires « minute »
1. Bonne première question de l’enseignante : il importe avant tout de construire le sens des textes que l’on
soumet à la classe.
2. Bonne démarche de l’élève : il formule une hypothèse en prélevant des indices dans le texte, chaumière et dos
bossu, et en infère que le texte parle d’une femme. En effet, le mot chaumière est terminé par le suffixe –ière qui
indique effectivement une profession féminine, comme ferm-ière, post-ière, crém-ière, etc. En toute logique, une
chaum-ière est donc une femme dont la profession est de *chaumer… ( !)
Voici l’occasion rêvée, en situation, de montrer aux élèves que décomposer un mot en radical + suffixe, comme
l’a fait cet élève, est une excellente démarche pour trouver le sens d’un mot… mais que cette marche à elle
seule ne suffit pas, qu’il faut aussi prendre en compte le contexte.
3. L’élève rencontre probablement deux difficultés :
a) il ne possède pas dans son « encyclopédie personnelle » le mot chaumière, et n’en a donc pas de
représentation mentale. Il ne possède vraisemblablement pas non plus le mot chaume qui constitue le radical de
ce mot
2
.
Fumée
Là-bas, sous les arbres s’abrite
Une chaumière au dos bossu;
Le toit penche, le mur s’effrite,
Le seuil de la porte est moussu.
La fenêtre, un volet la bouche;
Mais du taudis, comme au temps froid
La tiède haleine d’une bouche,
La respiration se voit:
Un tire-bouchon de fumée,
Tournant son mince filet bleu,
De l’âme en ce bouge enfermée
Porte des nouvelles à Dieu.
Théophile G
AUTIER
b) Il ne confronte pas l’hypothèse qu’il a formulée au départ des
seuls mots du 2
e
vers aux éléments présents dans les 3
e
et 4
e
vers
(toit, mur, seuil, porte). Comme beaucoup de « lecteurs faibles », il
n’a pas le réflexe de mettre en relation l’ensemble des éléments du
texte pour en chercher la cohérence.
objectif : l’encourager à continuer à inférer en tenant compte de
la forme du mot ET du contexte.
4. L’objectif de l’enseignante était ici de centrer l’attention des
élèves sur la versification, raison pour laquelle seule la première
strophe a été fournie (les autres n’étant pas « nécessaires »). Il aurait
sans doute mieux valu donner le texte en entier (et le lire à voix
haute pour amener les élèves à le « gouter »). En effet, le mot ne
trouve son sens que dans le vers, qui ne trouve son sens que dans la
strophe, qui ne trouve elle-même son sens que dans le poème tout
entier. Et puis, Théophile Gautier méritait bien qu’on ne
saucissonnât pas son admirable poème…
Jean K
ATTUS
2
Chaumière : petite maison rustique et pauvre couverte de chaume
Chaume : tige des céréales / paille qui couvre le toit des maisons (Le Petit Robert).
D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à l’autre D’un prof … à
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Interculturel : un Grand Saint comblé !
En prolongement de l’article « Lire Tête de Turc de Nicolas Ancion » paru dans le numéro
précédent, le compte rendu de la démarche d’une école vers des enfants réfugiés.
Chaque année à la même époque, à
Louveigné, et ce depuis 60 ans, le Grand Saint-
Nicolas rend visite, avec l’aide du comité de
parents, à tous les enfants de l’école
fondamentale. C’est une tradition villageoise et
celle-ci perdure grâce aux nombreux bénévoles
qui, chaque soir, durant les deux dernières
semaines de novembre, se relaient pour se
présenter dans les 250 foyers des écoliers, mais
aussi dans toutes les maisons qui ouvrent leur
porte au Grand Saint.
Depuis plusieurs années, j’ai la chance
d’endosser mitre, barbe et crosse et d’aller à la
rencontre de nos chères « têtes blondes ». Lire
l’émerveillement, l’émotion ou parfois la
crainte dans leurs yeux est un réel plaisir. Les
entendre chanter ou expliquer timidement leurs
souhaits ludiques est tout aussi amusant, même
si on sent poindre parfois chez de très jeunes
enfants une certaine lassitude face à tous ces
cadeaux ! Seraient-ils déjà blasés par tant de
jeux ? N’auraient-ils déjà plus de joie
spontanée ? Il faut dire que Saint-Nicolas qui
pénètre chez eux peut voir combien ils sont
déjà largement nantis.
Et pourtant, cette année, j’ai vécu une
expérience inoubliable : des yeux pétillants de
bonheur, des rires enfantins, des sourires
sincères, des exclamations de joie et des mots,
beaucoup de mots… que je ne comprenais pas.
Saint-Nicolas a beau être âgé (tiens, au fait,
quel âge a-t-il ?), il ne souffrait pas de
déficience auditive ! Non, ces dizaines de
regards amusés, ces saluts joyeux venaient
d’Afghanistan, d’Irak, de Tchétchénie, de
Bosnie, du Kosovo mais aussi d’Erythrée, du
Congo ou du Rwanda.
Dans le centre de réfugiés de Banneux, plus
d’une quinzaine de nationalités se côtoient. Les
enfants en âge d’être scolarisés le sont dans la
classe-passerelle ouverte au sein de l’école de
Louveigné. Ecoliers à part entière, il nous
semblait logique que Saint-Nicolas leur rende
aussi visite.
Un premier contact avec la direction du
centre a apaisé nos craintes liées à la référence
religieuse. Même si, pour nous, Saint-Nicolas
n’est plus qu’un saint de pacotille, nous ne
voulions pas heurter nos hôtes dans leurs
cultures.
Puis, l’institutrice titulaire de la classe-
passerelle s’est jointe à nous et a préparé en
classe notre visite. Joignant l’utile à l’agréable,
elle raconta l’histoire, chanta les chansons et fit
même écrire des ébauches de poèmes…
Prestations remarquables pour des enfants
présents sur notre sol depuis seulement
quelques mois, semaines voire jours pour les
derniers arrivés !
C’est ainsi que le Grand Saint fut accueilli
par de grands cris de joie. L’effervescence était
à son comble dans le hall du bâtiment
principal. Les enfants, les adolescents mais
aussi les parents étaient heureux de nous
accueillir. Des sourires, vrais et sincères, des
remerciements pour les bonbons, pour notre
passage, pour cette petite éclaircie dans leur
grisaille administrative.
Et cette maman qui me tend ce poupon, à la
peau sombre et aux yeux bridés. « Tiens,
prends-le… pour la chance ! » me dit-elle en
souriant en en lançant un furtif regard vers le
ciel.
En un éclair, je vois au fond de ses yeux que
sa vie n’a pas été aussi tranquille que la
mienne. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Qu’a-t-
elle vécu ? Je n’en saurai jamais rien, mais je
tiens dans mes bras, sous ma fausse barbe, la
chair de sa chair…. A cet instant, je réalise que
le Saint-Nicolas que je suis aujourd’hui est
plus qu’une potiche commerciale ou un
argument de chantage parental… : je suis un
peu de bonheur, d’espoir au milieu de vies
détruites.
La visite de Saint-Nicolas fut une réussite,
pour eux et… pour lui !
Christophe G
UISSART
– maitre de stage
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