Dans l’Amérique de Barack Obama, le 9 août 2014, un fait divers : à Ferguson au Missouri, un
policier blanc abat de six coups de feu un jeune Afro-Américain non armé. L’histoire aurait dû s’arrêter là,
aucune caméra n’a capté la scène, et ils sont environ 400 citoyens par année à périr sous les balles des
policiers dans les villes américaines.3 Et encore. Le chiffre avancé par le FBI est mis en doute, personne
ne peut affirmer avec exactitude le nombre annuel de décès relatifs à une intervention policière aux États-
Unis,4 ni déterminer le ratio des victimes selon la couleur de leur peau. On peut seulement constater que
dans l’indifférence générale, cela arrive tous les jours. Et que personne n’en fait une émeute.
Mais, la mort de Michael Brown aura la particularité de jeter un pavé dans cette mare
d’indifférence. Soudain, ce qui normalement aurait dû faire l’objet d’un entrefilet dans le journal local
soulève d’emblée les passions dans tout le pays et provoque des soulèvements dont l’ampleur, aussi
surprenante qu’inédite, attire l’attention de la presse internationale. À la grande surprise du peuple
américain, 150 ans après l’abolition de l’esclavage, le grand dilemme de la question raciale reprend le
devant de la scène et impose son ordre du jour.
Le policier Darren Wilson, exonéré le 24 novembre par un Grand Jury (à majorité blanche) de toute responsabilité
criminelle dans la mort de Michael Brown. De nouvelles émeutes embraseront la ville, justifiant de nouveau l’état
d’urgence et l’intervention de la Garde nationale. Source photo : Dave Schwartz, « Darren Wilson Will Not Be
Charged in Ferguson Case », Viral Global News, 24 novembre 2014, http://www.viralglobalnews.com/u-s-
stories/darren-wilson-will-not-charged-ferguson-case/24262/.
Trois jours seulement après les événements, le président Obama promet une enquête fédérale,
deux jours plus tard il critique les interventions violentes de la police du comté de Saint-Louis ; le 16 août,
après des jours et des nuits d’émeutes et de pillage, le gouverneur du Missouri annonce l’état d’urgence,
impose le couvre-feu et obtient l’intervention de la Garde nationale. Les Américains sont alors confrontés
à des enjeux non pas nouveaux, mais qui soudain sont propulsés à la une des médias nationaux : la
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