
Si aujourd'hui, notamment une partie de l'opposition et de la presse prétend que le
gouvernement actuel est responsable de la détérioration de la situation financière, cela
est inexact. C'était le gouvernement précédent. Or ce gouvernement – et je n’ai pas
changé d’avis sur ce point – a fait la bonne politique au bon moment. J'entends dire et
je lis que Juncker et Frieden seraient responsables des problèmes financiers que nous
connaissons actuellement. D’accord, si cela aide tout le monde à se dérober à une
responsabilité partagée à l’époque, je veux et je peux l’admettre. Si Juncker et Frieden,
à eux tous seuls, ont sauvé le pays de la stagnation en permettant à notre économie un
retour à la deuxième plus importante performance économique dans la zone euro, je
suis prêt à accepter ce reproche. Cependant, la réalité – tant pour Juncker que pour
Frieden – est malheureusement tout autre. Le mérite de cette politique adéquate – et,
partant, la responsabilité des déficits actuels – revient également au DP et à tous ceux
qui, en 2001, en 2002, en 2003 et en 2004, ont donné au sein de la Tripartite leur
consentement sans réserve à cette politique volontariste, notamment dans le domaine
des investissements: l’OGB-L, le LCGB, la CGFP, la FEDIL, la Fédération des
artisans, la Chambre des métiers, la Confédération du commerce, l'Horesca, la Chambre
de commerce, la Centrale paysanne. Quant au POSL, il ne s’est pas non plus distingué
à l’époque par des revendications massives pour faire des économies.
Comme je l’ai déjà dit, j’assume la responsabilité de cette politique. Je dois l’assumer
également en ce qui concerne les résultats globaux de la table ronde sur les pensions,
du «Rentendësch», qui ont entraîné en 2002 une augmentation de notre déficit
structurel des finances publiques de l’ordre de 0,8%. Si, en 2001, j'avais dit que cette
table ronde coûterait trop cher et qu’à terme, nous ne serions pas à même de la financer,
je ne me trouverais pas ici maintenant, parce que je me serais fait fusiller et qu’un
grand nombre de ceux qui se trouvent dans cette salle m’auraient également tiré dessus.
Ma solidarité avec l'ancien gouvernement m'a amené à expliquer et à justifier sa
politique. Or notre responsabilité envers le pays et son avenir amène le gouvernement
actuel à modifier cette politique. Nous connaissons actuellement une croissance
économique de plus de 4%. Or avec une croissance de 4% – ce qui est beaucoup –, il ne
faut pas faire de déficits à terme. Au contraire: il faut supprimer les déficits en veillant
à ce que la croissance des finances publiques ne soit pas supérieure, et tout au plus
égale, à la croissance économique nominale.
Si nous laissions tout simplement la politique actuelle – qui était la bonne politique –
continuer à se développer, nous ferions la mauvaise politique.
Si nous laissions tout simplement se développer la politique actuelle au même rythme
galopant, les finances publiques connaîtraient nécessairement une augmentation
supérieure à celle de la croissance économique qui – en comparaison internationale –
est très élevée. Si nous continuions notre politique dans le domaine des
investissements, dans le domaine social, dans le domaine des salaires, de l'indexation
des salaires et traitements, etc., le déficit de l'administration centrale – c'est-à-dire celui
du gouvernement et de la Chambre des députés – passerait de 2,6% en 2003 et de 3,3%
en 2004 à 4,1% en 2007.
Une croissance économique de plus de 4% en moyenne d'ici 2009, avec comme résultat
des déficits massifs: c’est inadmissible et nous ne l’admettrons pas. Nous avons fait –
malgré toutes les erreurs – la bonne politique entre 1999 et 2005. Or pour continuer à