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regrette que la Commission n'ait ni repris ni suivi sa recommandation d'envisager par exemple, à la
place d'un paiement à l'exploitation, une aide de base à laquelle viendraient s'ajouter des suppléments
liés au produit.
Le CESE estime que les présentes propositions de découplage et de conditionnalité n'apportent
malheureusement toujours aucune réponse satisfaisante à la question de savoir comment répondre aux
attentes élevées de la société à l'égard de l'agriculture (par le biais de normes européennes strictes)
dans un contexte de libéralisation parallèle des marchés agricoles (objectif des négociations de l'OMC).
La préoccupation subsiste de voir se poursuivre, dans de nombreuses régions d'Europe, la tendance
continue des jeunes à abandonner l'agriculture. Le Comité émet également des réserves quant à une
adhésion durable de l'opinion publique aux présentes propositions.
De l'avis du CESE, la proposition du nouvel instrument qu'est la conditionnalité peut contribuer à une
application uniforme au niveau de l'Union européenne des dispositions en matière de sécurité
alimentaire, de sécurité au travail, de protection de l'environnement et du bien-être des animaux.
Toutefois, les règles de la conditionnalité doivent également répondre à un critère pratique et les
dépenses administratives être maîtrisables.
Le CESE estime qu'il convient que les mesures volontaires ou les incitations apparaissent plus
clairement dans les propositions de réforme. Il convient par conséquent que tout système de conseil
aux exploitations soit mis en place sur une base volontaire. De la même manière, la réforme ne devrait
pas porter sur un gel des terres obligatoire pendant dix ans mais plutôt sur le maintien du principe de
gel rotationnel à titre volontaire d'autant que cette dernière option rencontre un large écho tant auprès
des agriculteurs que de la société.
Le CESE soutient sans réserve le développement du deuxième pilier de la politique agricole
commune en vue du développement des espaces ruraux. Par rapport à la communication de
juillet 2002 sur la révision à mi-parcours, les propositions législatives relatives à la réforme de la
politique agricole commune restent à cet égard nettement en retrait. L’addition du second pilier
par la seule modulation affaiblirait également la complémentarité entre les deux piliers de la
politique agricole commune. Concernant l'amélioration qualitative de la production et de la
sécurité alimentaire et environnementale, les propositions vont dans la bonne direction.
Révision à moyen terme PAC (céréales, riz, fourrages séchés, lait – quatre avis
séparés)
Rapporteurs: M. Sandro Mascia (Groupe 1, Employeurs, Italie); Mme Maria Santiago
(Groupe 1, Employeurs, Portugal); M. Hans-Joachim Wilms (Groupe 2, Employés,
Allemagne); M. Bernd Voss (Groupe 3, Intérêts divers, Allemagne)
Pêche/Conséquences restructuration secteur (Communication)
Rapporteur: M. Eduardo Chagas (Groupe 2, Employés, Portugal)
Bien que le Comité soit de l'avis que la décision du Conseil de décembre 2002 concernant les
plans de gestion pluriannuels laissent entrevoir une réduction de l'impact sur l'emploi, il invite la
Commission à assurer la mise à disposition des moyens adéquats pour faire face à ces difficultés
et pallier les carences avérées en termes de moyens techniques, d'infrastructures et de
formation. Le CESE a demandé à plusieurs reprises que la présentation des politiques et des
mesures de restructuration pour le secteur de la pêche s'accompagne des mesures sociales et
économiques correspondantes à même de contribuer à réduire l'impact prévisible sur les
professionnels et les entreprises.
Citoyenneté européenne (avis d'initiative)
Rapporteur: M. Pariza Castanos (Groupe 2, Employés, Espagne)
L'avis souligne que le concept de la citoyenneté européenne qui est complémentaire de la
citoyenneté nationale a fait du chemin. Dans cette perspective le Comité souhaite réitérer sa
suggestion à la Convention européenne de considérer l'offre de la citoyenneté européenne aux
ressortissants des pays tiers, résidant à l'intérieur de l'Union européenne qui, autrement,
seraient mis à l'écart du concept en évolution d'une Europe des citoyens. Le droit à la
citoyenneté européenne, selon le Comité, doit impérativement dépasser les limites de la
nationalité et s'ouvrir au concept de résidence stable. Si l'on base les droits politiques et sociaux
sur l'appartenance à une communauté de caractère national ou à un groupe ethnicoculturel, il
est impossible d'instaurer une citoyenneté européenne. La base de l'UE n'est pas la "nation
européenne". La citoyenneté européenne ne peut pas être basée uniquement sur la nationalité.
La citoyenneté européenne doit dépasser la simple somme des ressortissants des États
membres pour constituer une citoyenneté politique, plurielle, intégratrice et participative. Cette
citoyenneté participative, qui fait partie de l'identité commune des citoyens européens, ne
suppose pas uniquement l'instauration d'une relation démocratique entre les citoyens et l'État,