
instantanément 800 points avec l’attentat du World Trade Center. Depuis, il y a eu une
correction et la bourse a commencé à remonter la pente : on était monté trop haut ; on était
descendu trop bas. La hausse a été de 10,1% en 2003 et de 6,2% en 2004, ce qui est bien
modeste, et il n’y a guère qu’en 2005 que le redressement a été plus sensible. Pour autant, on
est loin d’avoir refait tout le chemin perdu et le CAC 40 a terminé l’année à 4 715 points :
encore loin des 6 000 de décembre 2000.
La hausse en 2005 s’explique largement par des phénomènes conjoncturels : le marché de
l’immobilier est largement saturé : il n’y a guère d’appartements disponibles et les prix sont
très élevés. Les liquidités sont donc nombreuses et cherchent à se placer. Or c’est là que joue
un autre phénomène : les taux d’intérêt sont au plus bas et donc les placements liquides
(banque, caisse d’épargne, obligations) sont moins intéressants : c’est tout naturellement que
l’on s’est tourné vers les actions. Et la hausse de la demande a fait monter les cours. La baisse
de l’euro face au dollar a pu également jouer en faveur des marchés européens, en favorisant
les groupes exportateurs. Quant aux OPA, elles ont réveillé la bourse.
Le bourse ne fluctue pas au hasard
Une analyse plus fine montre que la hausse de 2005 s’explique par un nombre limité de
secteurs, tous au profil particulier : par exemple les profits ont beaucoup augmenté (40%) dans
le secteur de l’énergie et des matières premières, dont les prix (voir le pétrole) ont beaucoup
progressé. Mais ce n’est pas nécessairement un signe de bonne santé économique générale. De
même, les profits ont augmenté de plus de 22% dans la chimie, l’automobile, la santé et les
banques, dont les cours ont progressé, mais ce sont des secteurs souvent très cycliques (en
particulier l’automobile), dans lesquels les retournements peuvent être rapides.
Le reste de la cote a moins progressé et il faut regarder les choses à long terme. Et là, le verre
est nettement à moitié vide. On est très en dessous des cours de l’an 2000 et il reste beaucoup
à faire simplement pour rattraper le terrain perdu. En clair, un investisseur qui aurait placé son
argent dans des titres correspondants au CAC 40 (mais l’analyse est la même avec les autres
indices) aurait vu son portefeuille perdre beaucoup de valeur entre 2000 et 2003 et ne
rattraper depuis qu’une faible partie du terrain.
Pourquoi ? La bourse n’est pas le loto et ne fluctue pas au hasard. Elle reflète ce que les
opérateurs pensent de la situation économique, de la situation des entreprises, et surtout ce
qu’ils en anticipent pour les périodes à venir. Si la bourse n’a pas rattrapé son retard, c’est que
les opérateurs n’ont pas une excellente opinion de la santé présente et future de notre
économie et de nos entreprises. Certes, les profits ont progressé (d’où la hausse de 2005),
mais les taux de marge restent encore assez faibles, même s’ils ont bien résisté à la flambée
des cours du pétrole. Et les perspectives pour 2006 font état d’une croissance économique
médiocre. Si les investissements ont un peu repris, c’est après des trimestres de baisse. Bref,
à long terme la bourse est encore faible parce que notre économie est encore faible.
Le rôle essentiel de la bourse dans la mobilité des droits de propriété
Si la bourse reflète la situation économique, il ne faudrait pas oublier qu’elle n’a pas seulement
un rôle de thermomètre. Elle est aussi un « marché du neuf », c'est-à-dire un marché sur lequel
on émet des titres nouveaux (actions et obligations). C’est l’un des moyens essentiels de
financement des entreprises. Et c’est d’ailleurs pour cela que les entreprises publiques, elles,
ont toujours des problèmes de financement : leurs actionnaires (l’Etat en fait) ne sont pas là
pour apporter des capitaux frais. Voilà pourquoi la bourse va bien quand les entreprises vont