LE MAROC ENTRE LE DEVELOPPEMENT DURABLE ET L'ECONOMIE
VERTE: QUE DIT LA GEOECONOMIE ?
Abdelhadi BOUSSAS1, Hanane AAMOUM2
1 Observatoire Marocain des Politiques Publiques, Casablanca, 20260, Maroc (abdelhadi.10s@gmail.com -
00212 657 228 092)
2Laboratoire de Recherche en Ingénierie des Systèmes et des Organisations, Ecole Nationale de Commerce &
Gestion, Université Hassan II, Casablanca, 2725 ([email protected].ma - 00212 667 513 693)
AXE DE SOUMISSION : Développement durable de point de vue géoéconomique
INTITULE DU THEME : Le Maroc entre le développement durable et l'économie verte : Que dit la
géoéconomie ?
RESUME
La position du Maroc sur la question du développement durable pose plusieurs points d'interrogation.
Elle n'est pas clairement définie. Il est même exagéré de parler du développement durable dans la
mesure où le focus est souvent mis sur l'aspect écologique, ignorant le dimensionnement de ce type de
développement aux autres piliers, socio-économiques. Au sein même de la dimension écologique, les
énergies s'emparent, d'une manière très concentrée, de plus d'importance. Si les efforts sont fortement
dirigés vers le secteur des énergies renouvelables, le Maroc a bien toutes les raisons pour faire vue la
répercussion de la facture énergétique sur sa balance commerciale. Toutefois, Il convient de parler
plutôt de l'économie verte devant l'appréhension étroite du concept du développement durable par les
acteurs. Si l'entreprise à a pris des années, voire des décennies, pour s'adhérer à la question du
développement durable, étant donné il n'est pas facile de concilier le développement durable et la
compétitivité, valait-il pour l'Etat d'attendre 2011 pour ancrer cette question dans sa Constitution ?
Dans cette communication, nous essayons de faire une lecture, de point de vue géoéconomique, de la
question du développement durable. Seule l'analyse géoéconomique peut nous expliquer comment les
entreprises, notamment des pays en développement, se sont engagées dans le développement durable,
développement qui ne leur semble pas profitant du moment que la compétitivité dans une économie
concurrentielle renvoie à la suprématie dans les prix et la qualité. Mener l'activité selon les critères du
développement durable requiert une exigence en termes de qualité, au delà de la réalisation de la
performance financière.
MOTS CLES
Développement durable - Economie verte - COP - Géoéconomie - Ecoblanchiment - Greenwashing -
Relations internationales - Responsabilité écologique - Compétitivité - Géopolitique - Maroc - Marché
de l'environnement - Société civile - Communication durable - Entreprise - Environnement - Pays
développés - Pays en développement - Technologie - Performance.
« L'économiste ne semble pas mieux placé pour parler du
développement durable vue qu'il ne lui est pas facile de quérir la
compétitivité sur la voie du développement durable, deux notions
difficiles à concilier. Quand il s'agit du développement durable,
c'est plutôt à l'écologiste qu'il faut se référer. C'est lui qui perçoit
l'économie comme partie de l'environnement. L'économiste a
l'ongle de vue inverse, c'est l'environnement qui lui est partie de
l'économie. A lui parler surtout de l'économie verte ».
Abdelhadi BOUSSAS
Version provisoire (non finalisée)
DEVELOPPEMENT DURABLE ?
Le Maroc préconise quatre programmes, avec cinq projets pilotes, en matière de
développement durable à savoir :
Programme Plan Solaire
Programme éolien
Programme Maroc Vert
Charte nationale de l'environnement et du développement durable.
Quand nous voyons les fragilités environnementales baigne le Maroc, nous devons
constater que les préoccupations, d'ordre écologique, auxquelles répondent ces
programmes nationaux doivent sembler secondaires par rapport à d'autres préoccupations
plus inquiétantes et, elles-mêmes aussi, d'ordre écologique.
S'il avait valu pour d'autres pays, notamment les pays développés qui boostent
aujourd'hui et mobilisent le monde autour de la question du développement durable,
d'attendre jusqu'au passé - très - récent pour agir fort, valait-il pour le Maroc d'attendre
2011 pour ancrer cette question dans sa Constitution ? Nous posons cette question pour les
raisons suivantes :
Primo : Le Maroc avait déjà souffert de l'impact de la nuisance à l'environnement
surtout dans les années 1980 et 1990 à cause des périodes de sécheresse, sachant que
son PIB reposent quasi-entièrement, en ces périodes-là, sur l'agriculture, elle-même
dépendante des aléas climatiques.
Secundo : Mis à part la nuisance à l'environnement, pour ne pas l'instrumentaliser et
guider les idées, sa position géographique dans la globe le met sous l'influence d'un
climat subhumide au nord, semi aride et aride au milieu, saharien au sud. Une telle
géographie soumet plus de 80% de sa superficie cultivable sous la fréquence excessive
de la sécheresse.
Tertio : Si on ajoute à ces deux constats que le Maroc est le deuxième pays le plus
riche en diversité biologique dans le bassin méditerranéen avec plus de 24 530 espèces
dans la faune et plus de 7000 espèces dans la flore, le Royaume est censé être plus
engagé que d'autres pays, au moins de la méditerranée car il est le pays la
biodiversité est la plus alarmante
1
. des milliers d'espèces y sont menacées d'extinction,
animales et végétales.
Quarto : C'est vrai que l'engagement du Maroc n'est plus à prouver quand il s'agit de
réduire les émissions des gazes à effet de serre et qu'il a fait sa juste part des efforts
mondiaux qui ciblent la maîtrise du réchauffement climatique en dessous de 2° Celsius.
Néanmoins, le développement durable est-il résumé ainsi? D'autres questions ont le
mérite de nous inquiéter le plus et d'attirer plus notre attention. Les urgences d'action,
en matière d'écologie même, doivent concerner, au moins au même degré
1
La région méditerranéenne : un haut lieu de biodiversité. Environnement et énergie - Statistiques en bref.
EUROSTAT, Luxembourg, 2008.
Version provisoire (non finalisée)
d'importance que l'énergie, la surpêche, la dégradations des sols et du littoral, les
déchets solides mal gérés et peu recyclés, la surexploitation des algues et des coraux,
la déforestation, la pollution des eaux, la désertification. Ce sont autant de causes qui
dégradent le plus la biodiversité au Royaume.
Quinto : Devant une telle situation, jamais n'a été conçu une stratégie/politique, pas
programme, nationale relative au développement durable. Il a fallu attendre l'année
dernière (2016) pour assister, pour la première fois, à une stratégie nationale de
développement durable sachant que la conscience écologique a émergé depuis :
1972 avec l'ajout du mot "environnement" pour la première fois au Ministère
de l'Urbanisme, nommé désormais, alors, Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat
et de la Protection de l’Environnement
1992 avec la participation du Royaume au Sommet de la terre de Rio
1997 avec la participation à Rio + 5 à New York
2001 avec la tenue de COP7 à Marrakech
2002 avec la participation au Sommet mondial sur le développement durable à
Johannesburg
2010 avec la Charte Nationale de l’Environnement et du Développement
Durable
2011 avec l'ancrage de la question du développement durable dans la
Constitution
Sexto : Encore, il a fallu attendre 2017 pour avoir un Ministère chargé du
développement durable (Ministre de l'Energie, des Mines et du Développement
durable) et, ainsi, pour comprendre que la question dépasse le seul aspect de
"l'Environnement".
Septimo : La loi de finance est la colonne vertébrale de toutes les politiques publiques
(économiques ou autres). Aucune des lois de finances n'a jamais incorporé le
développement durable comme une des priorités ni orientations. Le projet de loi de
finances 2017 non plus.
Octavo : Il aurait été même exagéré de parler du développement durable dans la
mesure où le focus a été souvent fait sur l'aspect écologique, ignorant plus ou moins le
dimensionnement de ce type de développement aux autres piliers, socio-économiques.
Au sein même de la dimension écologique, les énergies s'emparent, d'une manière très
concentrée, de plus d'importance.
Nono : Au Maroc, l'énergie, en l'occurrence du déficit commercial, a été l'argument qui
est mis le plus en avant par rapport aux arguments écologiques. Si les efforts sont
dirigés avec concentration vers le secteur des énergies renouvelables, le Maroc a bien
toutes les raisons pour faire. «Nous ne sommes plus un producteur de pétrole. Nous
Version provisoire (non finalisée)
importons 94% de notre énergie comme des combustibles fossiles provenant de
l’étranger et cela a de lourdes conséquences sur notre budget»
2
.
Decimo : La position du Maroc sur la question du développement durable pose
plusieurs points d'interrogation. Comme pour tous les secteurs, le problème de
gouvernance, la nouvelle restructuration gouvernementale confirme plus
l'appréhension étroit du concept en le liant au ministère de l'Energie (Ministère de
l'Energie, des Mines et du Développement durable). Ne faudrait-il pas préconiser un
ministère à part pour ledit développement durable ? Le développement sociale est
isolément intégré dans un autre ministère, le développement rural dans un autre
ministère et l'économie sociale encore dans un autre ministère, sachant que les
facteurs socio-économiques sont intimement liés au comportement néfaste des
citoyens vis à vis de la nature (surpêche, surexploitation des ressources, déboisement,
rejets en eaux...etc).
Undecimo: En fait, Peu importe le comportement des personnes (en tant que citoyens),
leur responsabilité reste très minime
3
, de loin, par rapport à celles des entreprises, des
industries plus particulièrement. Mais, comment faire adhérer les entreprises au
développement durable ?
Ne serait-ce que parce que le monde des affaires a tardivement adhéré ?
LES ENTREPRISES DEFAVORABLES AU DEVELOPPEMENT DURABLE
Pour les entreprises marocaines, comme pour celles du reste des pays en
développement, le développement durable est un coût et sa conciliation avec la recherche
de la compétitivité n'est pas aussi simple comme en parle les rumeurs communs. Sinon elles
s'y seraient déjà engagées. Le problème se pose moins pour les entreprises dans les pays
développés. Elles sont exportatrices et vendeurs des technologies et des produits lié à
l'environnement. Les pays en voie de développement sont principalement des importateurs
purs des ces produits et services à moins que l'on excepte la Chine dont les exportations
mondiales des technologies et équipements solaires représentaient 20% du total de ses
exportations en 2005. En cette même année, les Etats Unis, l'Europe et le Japon
s'emparaient de 80% du marché des industries relative à l'environnement.
Un marché moins profitant pour les pays importateurs en termes de compétitivité à
court terme, mais bien sûr profitant en termes de performance sur le long terme.
C'est vrai que nous assistons de nos jours à une implication du monde des affaires dans
les questions de l'environnement, pour ne pas dire du développement durable, et qu'à
chaque fois une COP se tient, leurs voix s'entend via tous les supports médias et hors médias.
Nonobstant, qui se rappellent des 20 premiers COP déjà organisées à travers le monde ? Qui
s'en rappelle même du contenu ou des participants ? Pourquoi n'étaient-elles pas
2
Propos de la ministère déléguée chargée de l'environnement, Hakima El-Haité.
3
Quoique ce ne soit pas à prouver, nous citons l'exemple du secteur oléicole au Maroc : la pollution générée
par un litre de margine équivaut celle de 500 litres d'eau usée domestique).
1 / 14 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans linterface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer linterface utilisateur de StudyLib ? Nhésitez pas à envoyer vos suggestions. Cest très important pour nous !