Cueilleurs, récoltez avec respect

publicité
Cueilleurs, récoltez avec respect
Matteucie fougère-à-l’autruche
©CRECQ
Malgré l’abondance de certaines espèces indigènes récoltées au Québec, le
cueilleur devra résister à leur beauté ou à leur vertu culinaire, médicinale ou
culturelle, car les pressions sont telles que leur survie est compromise. Sachez
reconnaître et respecter les espèces vulnérables à la récolte.
Les espèces vulnérables à la récolte
Certaines espèces végétales ont vu leur population décimée à certains endroits suite aux pressions de récolte. Afin
de protéger ces espèces, le gouvernement du Québec a identifié dans la Loi sur les espèces menacées et vulnérables
du Québec neuf espèces vulnérables à la récolte. Une espèce est vulnérable à la récolte lorsque s’exerce sur elle une
pression de cueillette en raison de sa valeur commerciale sur les marchés de l’alimentation et de l’horticulture. Les
interdictions touchant ces espèces se limitent à la récolte maximum de cinq spécimens entiers ou parties
souterraines en milieu naturel et à la vente d’un seul de ces spécimens.
Adiante du Canada (Adiantum pedatum)
Fougère des érablières riches et humides du sud du Québec, elle se
caractérise par des frondes (feuilles) en forme d’éventail et très divisées. Elle
pousse en colonies denses en formant des touffes.
Asaret du Canada (Asarum canadense)
Plantes des érablières riches du sud du Québec, elle se caractérise par ses
deux grandes feuilles en forme de cœur satiné. Sa fleur rouge se cache au
niveau du sol. Son ancien nom, gingembre, vient de la saveur du rhizome.
Fleurbec recommande de cueillir seulement 10% des graines pour des fins de
cultures personnelles. .
Cardamine carcajou (Cardamine diphylla)
Plante des forêts riches et humides du sud du Québec, elle se caractérise par
une tige terminée par des fleurs et portant deux feuilles divisées en trois
parties charnues. Fleurbec recommande de ne pas cueillir cette plante à
croissance lente qui ne produit que très peu de graines.
Cardamine géante (Cardamine maxima)
Plante des érablières riches et humides du sud du Québec, elle ressemble aux
autres cardamines, mais son feuillage abondant rendent les colonies denses
et luxuriantes. De par sa stérilité et sa répartition extrêmement restreinte,
Fleurbec recommande de ne pas cueillir cette plante.
Lis du Canada (Lilium canadense)
Grande plante des forêts humides ou des milieux ouverts humides du sud du
Québec, elle se caractérise par ses fleurs jaune-orangé tachetées de brun à
l'intérieur. Ses feuilles sont placées en verticilles le long de la tige.
Sanguinaire du Canada (Sanguinaria canadensis)
Plante des forêts riches et humides du sud du Québec, elle se caractérise par
une feuille en forme de rein et une fleur blanche qui ne s’ouvre que quelques
heures par année. Elle contient un latex de couleur rouge rappelant la
couleur du sang que les Amérindiens utilisaient pour teindre.
Trille blanc (Trillium grandiflorum)
Plante des forêts riches du sud du Québec, elle se caractérise par ses trois
feuilles larges et sa fleur blanche centrale. Elle pousse en larges colonies.
Fleurbec recommande de ne pas cueillir cette espèce, car elle prend près de
17 ans pour produire un plan mature.
Uvulaire à grandes fleurs (Uvularia grandiflora)
Plante des forêts riches du sud du Québec, elle se caractérise par une
floraison hâtive. À ce moment, les feuilles semblent flétries et peu
développées. Elle se reconnaît par sa tige qui traverse la base des feuilles.
Matteuccie fougère-à-l’autruche (Matteuccia struthiopteris)
Fougère de milieux variés, elle se caractérise par ses fameuses têtes de violon au printemps.
Son nom provient de la ressemblance de ses frondes avec les plumes d’autruche. Pour la
récolte des têtes de violon, le Guide Fleurbec recommande un prélèvement de 10 à 20 % pour
préserver la ressource, ce qui équivaut donc à environ 1 à 2 crosses par plant (couronne).
Les espèces qui suivent ne figurent pas sur la liste des espèces vulnérables à la récolte, mais elles sont toutefois
désignées vulnérables et menacées en vertu de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables. Considérant les
pressions de récolte actuelle et antérieure sur ces espèces, il est important de connaître les normes de récolte.
Ail des bois (Allium tricoccum)
Plante des forêts riches du sud du Québec, elle est
surtout visible au printemps par ses feuilles
elliptiques et l’odeur d’ail s’y dégageant. À l’automne,
une hampe florale solitaire est apparente. Fleurbec
croit que tout prélèvement de bulbe devrait être
interdit et que la cueillette de deux ou trois feuilles
pourrait être tolérée en fin de saison.
Réglementation : La cueillette
maximale autorisée à des fins
de consommation personnelle
est de 50 bulbes par an par
personne. Son commerce
sous toutes ses formes est
interdit.
Ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius)
Plante des forêts riches du sud du Québec, elle se
caractérise par ses cinq folioles et la production d’un
fruit rouge à la fin de l’été. Elle est souvent associée
au noyer cendré.
Réglementation : La cueillette
et le commerce sous toutes
ses formes sont interdits et
réglementés
au
niveau
international.
Code d’éthique
Lors de vos activités de cueillette ou récréatives dans un milieu naturel, nous vous invitons à suivre ces
recommandations :
 respectez les normes de récolte prescrites par la loi et cueillez seulement la quantité nécessaire à vos
besoins;
 évitez de récolter une colonie complète d’une espèce vulnérable à la récolte. Dispersez vos récoltes. On
reconnaît généralement qu’un prélèvement de 5 % (donc 1 plant sur 20) est une récolte acceptable pourvu
que la plante soit bien représentée sur le territoire et en respect des normes de récolte. Pour les espèces
plus sensibles, il est fortement conseillé de suivre les recommandations du Guide Fleurbec;
 orientez votre comportement de façon à respecter la nature en général, les plantes et leurs habitats et la
propriété d’autrui;
 demandez la permission avant d’entrer sur une propriété privée;
 ne cueillez aucun plant dans les sites de conservation;
 ne laissez pas de déchets sur les sites visités;
 respectez les règlements existants dans les lieux publics.
Si vous remarquez quelqu’un qui ne semble pas respecter la réglementation, vous pouvez le signaler au ministère
des Forêts, de la Faune et des Parcs en contactant SOS Braconnage : 1 800 463-2191.
Pour aller plus loin
Si vous le désirez, vous pouvez aller plus loin dans la conservation des espèces vulnérables à la récolte. Vous pouvez
collaborer à leur conservation en sensibilisant votre collectivité. De plus, il est possible d’assurer la pérennité de leur
habitat par la création d’une réserve naturelle en terres privées sur votre propriété.
Pour de plus amples renseignements
Réalisé par Andréanne Blais, biol. Chargée de projet au CRECQ | Août 2015
400 rue Heriot, Drummondville (QC) J2B 1B3
Tél. : 819 475-1048 # 213
[email protected]
Crédit photo : Audrey Lachance
Référence :
Lamoureux, G. 2002. Flore printanière. Collaboration à la photographie : R. Larose. Fleurbec
éditeur, Saint-Henri-de-Lévis, Québec.
MDDELCC, 2015. Les espèces menacées et vulnérables. Site internet consulté le 6 août 2015.
Téléchargement