LA PROBLEMATIQUE DES PMA
1 ère Année de DESA
Economie & Entreprise
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PLAN
Introduction
I- La situation générale des PMA.
1- Analyse des PMA
1-1 : Définition et évolution
2-1 : Théorie de Nurkse
2- PMA dans le commerce mondial
2-1 : La marginalisation des PMA
2-2 : L’instabilité des recettes des PMA
II- Vaincre la marginalisation en améliorant les capacités productives et
la compétitivité
1 - Commerce au sein des processus de développement
2- Capacités productives et réduction de la pauvreté
Conclusion
Introduction
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L’augmentation globale de la part des pays du Sud dans le commerce international
marque de fortes disparités. Cette augmentation n’étant dû en fait pour l’essentiel qu’à un petit
nombre d’Etats asiatique. Cette situation est due aux limites de la théorie des avantages
comparatifs hérités de Ricardo en même temps que les barrières mises par les pays du Nord à
un véritable libre échange. Le cadre géographique ou macro-économique retenu est celui des
Pays les Moins Avancés « PMA ».
La mauvaise spécialisation de leurs économies au niveau de la Division Internationale du
Travail montre que ces pays n’ont tirés aucun avantage de leur insertion dans l’échange
international, ils ont bloqués leur croissance, aggravé leur état de dépendance. Ce qui traduit
leur marginalisation dans le commerce mondial.
I- La situation générale des PMA.
1- Analyse des PMA
1-1 : Définition et évolution
Qu’entend on par les « Pays les Moins Avancé ?
Les PMA, Pays les Moins Avancés, un sous ensemble de 50 pays parmi 130 pays en
développement ‘PED’ indépendants. Ce sont les pays pauvres qui ont à faire face à des facteurs
structurels particulièrement défavorable. Cette catégorie des PED, née en 1971, est la seule
reconnue par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Les critères appliqués pour établir la
liste des PMA, qui est révisée tout les trois ans, sont les suivants :
Faible revenu, mesuré par le revenu national brut (RNI) par habitant (moyenne su
trois ans, 2002-2004), en appliquant les seuils de 750 dollars pour les ajouts à la liste, et de 900
dollars pour les retraits de la liste;
Insuffisance des ressources humaines, mesurée par un indice composite (indice du
capital humain), qui se fonde sur plusieurs indicateurs: i) nutrition (pourcentage de la
population sous-alimentée); ii) santé (taux de mortalité infantile); iii) éducation (taux de
scolarisation dans l’enseignement primaire et secondaire); et iv) alphabétisation (taux
d’alphabétisation des adultes);
Forte vulnérabilité économique, mesurée par un indice composite (indice de
vulnérabilité économique) fondé sur les indicateurs suivants: i) crises naturelles (indice
d’instabilité de la production agricole; proportion de la population déplacée par des
catastrophes naturelles); ii) crises commerciales (indice d’instabilité des exportations de biens
et services); iii) exposition aux crises (part de l’agriculture, de la foresterie et des pêches dans le
PIB; indice de concentration des exportations de marchandises); iv) petite dimension
économique (logarithme de la population); et v) éloignement économique (indice
d’éloignement).
Pour chacun de ces trois critères, différents seuils sont utilisés pour inclure un pays dans
la liste ou pour l’en retirer. Un pays peut être ajouté à la liste des PMA s’il n’atteint pas les trois
seuils et si sa population ne dépasse pas 75 Millions de personnes. Il peut en sortir s’il atteint
deux seuils sur trois au cours de deux révisions triennales consécutives de la liste.
Depuis la création du groupe des PMA, la communauté internationale a organisée trois
conférences, pour convenir des programmes d’assistance et de développement en faveur de ces
pays. La première, dénommée 1ere Conférence des Nations Unies sur les PMA s’est tenue à
Paris en 1981 et a abouti à l’adoption d’un programme d’aide pour les années 80. La deuxième
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conférence a eu lieu également à Paris en Septembre 1990. elle s’était achevée par l’adoption
d’un programme d’action en faveur des PMA pour les années 90 et dont l’objectif essentiel
était d’empêcher la situation des dits pays de se dégrader davantage, de relancer et d’accélérer
leur croissance et leur développement. La troisième Conférence sur les PMA s’est réunie à
Bruxelles en Mai 2001 et a abouti à l’adoption d’un 3éme programme d’action conçu pour
donner une impulsion réelle et visible au décollage des PMA
2-1 : Théorie de Nurkse
C’est une approche conçue par Gannagé, Hirshman et Nurkse. Selon cette théorie, les PED
sont des pays dont le revenu est faible. Ce revenu faible donne naissance à une épargne
faible. Donc l’offre de capitaux pour l’investissement est faible. Donc la production et le
revenu restent à leur bas niveau initial. Ce qui implique l’existence d’un faisceau circulaire
de forces qui agissent et réagissent les unes sur les autres de telle façon qu’elles
maintiennent un pays dans un état de pauvreté. Par exemple une homme pauvre ne mange
pas suffisamment, étant sous alimenté, sa santé s’en trouve altérée : cette faiblesse physique
réduit sa capacité de travail ce qui signifie qu’il reste pauvre ce qui entraîne qu’il n’aura pas
assez à manger et ainsi de suite. Concernant un pays, on peut résumer cette situation par la
proposition suivante : un pays est pauvre parce qu’il est pauvre.
L’offre de capital est commandée par la capacité et la volonté d’épargne.
La demande de capital est commandée par les incitations à investir.
Du côté de l’offre, la faible épargne est due à la faiblesse du revenu qui lui-même est un
reflet de la faible productivité qui résulte du manque de capital, ce manque de capital résulte de
la faible capacité d’épargne et, ainsi, le cercle est fermé.
Du côté de la demande, l’incitation à investir peut être faible à cause du pouvoir d’achat
réduit des gens qui est dû à la faiblesse de leurs revenus qui est due à la faible productivité qui
est due à la faiblesse de la technologie qui résulte de la faible incitation à investir.
Mais il existe des causes qui tendent à maintenir un pays dans un état de pauvreté par
exemple le manque de ressources minérales, l’insuffisance en eau ou la mauvaise qualité des
sols, mais la pauvreté est aussi pour partie, la conséquence de l’insuffisance de l’équipement en
capitaux qui est plus imputable à la faiblesse de l’indicateur à investir qu’à celle de la capacité
d’épargne. Autrement dit, les PED sont pauvres parce qu’ils sont pauvres, cette explication du
sous développement évite l’analyse historique et met l’accent surtout sur l’indépendance de
quelques facteurs pour déboucher sur un système indépendant fait de différents cercles vicieux.
Dans ces théories le sous-développement est considéré comme un système indépendant de
rapports entre des déficiences et des obstacles. Chaque déficience ou obstacle est expliqué par
un autre qui à son tour, est expliqué par un troisième et ainsi de suite et vice-versa. A titre
d’exemple, posons la question suivante : quelle est la cause du manque de capital en tant qu’un
des obstacles de développement ? C’est l’insuffisance de l’accumulation de capital intérieur qui
résulte du faible taux d’épargne qui résulte du faible niveau de revenu national par tête qui à
son tour ne peut augmenter rapidement par suite du manque de capital.
Dans les pays pauvres, dit J. Viner, l’accumulation intensive du capital est faible. La source de
l’épargne est le revenu. Si le revenu par tête est faible, le taux annuel d’épargne par tête sera
également faible.
Pour G. Meir et E. Baldwin, le retard économique est dû aux imperfections du marché, aux
ressources sous-développées et à la population attardée. Ces affirmations expriment bien les
rapports circulaires qui affectent l’offre et la demande au niveau de la formation du capital dans
les pays économiquement attardées. L’incitation à investir est limitée par la taille du marché, la
taille du marché est déterminée par le niveau de la productivité.
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E. Gannagé présente un certain nombre de cercles vicieux : le rapport entre le développement et
le taux de croissance démographique et met en lumière les rapports entre ces facteurs : faible
niveau de vie, surplus absorbé par la consommation, formation de capital insuffisante, faible
niveau de vie.
Pour B. Knall : l’économie est arriérée par suite de la faible productivité, conséquence du
manque de main-d’œuvre qualifiée. Cette dernière est due au retard du niveau de l’éducation et
de la formation professionnelle qui résulte à son tour du manque d’argent pour développer
l’éducation qui est dû lui-même à la situation arriérée du pays.
Les cercles vicieux de Nurkse
La faiblesse du revenu est à l’origine de blocage qui entretient la situation de sous
développement. Il existe trois canaux de transmission qui sont en liaison avec le régime de
l’accumulation. Le premier concerne la faible capacité de l’épargne qui résulte d’un bas niveau
de revenu. Cette insuffisance de l’offre de capital conduit à une sous accumulation par manque
de financement disponible. Le second canal passe par la demande de capital. La faiblesse du
revenu implique une demande solvable réduite autrement dit peu de perspectives de débouchés
pour les producteurs. L’étroitesse du marché intérieur n’incite pas les entrepreneurs à
développer les projets. Nous voyons ainsi les comportements d’offre et demande de capital
contribuent à définir un équilibre de bas niveau en matière d’investissement. Le processus de
croissance s’en trouve ralenti, voire bloqué. La faiblesse de l’investissement ne permet pas un
accroissement de la productivité de capital humain. Le pays se trouve piégé dans succession de
cercles vicieux. Briser ces cercles nécessite alternativement d’accroître les capacités de
financement de l’économie (capitaux étrangers, réforme financier), d’élargir le marché intérieur
Epargne faible
(Offre de capital)
Revenu faible
Faible incitation à investir
(Demande de capital)
Investissement
faible
Faible Capital humain
Faible productivité du
travail
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(programme d’investissement se soutenant mutuellement) d’améliorer les infrastructures du
capital humain (santé, éducation)
2 : Les PMA dans le commerce mondial
En 2002, à la conférence des PMA de Cotonou (Bénin), le Directeur Général de l’OMC
considérait que « la plus grande menace pour les PMA n’est pas la mondialisation mais la
marginalisation » (CNUCED, les PMA, rapport 2002). Le succès remarquable de quelques pays
« entraîne » les pays du Sud vers le haut et marque non seulement la concentration
géographique du succès –l’Asie du Sud-Est- mais également la dégradation de la position des
pays pauvres. Ainsi la part des PMA, déjà dérisoire en 1980 ‘0.9% des exportations mondiales’
n’était plus que de 0.5% en 2000 (CNUCED). Cette marginalisation est forte pour les services
et les investissements directs qui lorsqu’ils concernent les PED, préfèrent la Chine et le Sud-est
asiatique aux pays africains. Les pays qui sont parvenus à s’intégrer aux marchés mondiaux ont
restructuré leurs exportations en les industrialisant et diversifié leurs marchés. Au contraire, les
pays pauvres sont restés très spécialisés dans la production de produits peu transformés. La part
des produits primaires dans le commerce mondial n’a pas cessé de diminuer. Si le volume de
produits agricoles a été multiplié par six entre 1950 et 200 et celui des produits miniers par huit,
les pays échangent aujourd’hui 40 fois plus de produits manufacturés. En outre, la demande de
produits primaires a augmenté moins vite que l’offre, confirmant une tendance à la baisse de
leurs prix, mouvement amorcé, sans doute, dés le 19e siècle. Sur une période plus courte, entre
1990 et 1999, les termes de l’échange des PMA se sont ainsi dégradés de 20% (CNUCED).
Cette baisse tendancielle est due à une forte instabilité conjoncturelle. La demande et l’offre
étant à la fois fluctuantes et inélastiques, les prix restent très instables. Cette caractéristique du
marché mondial des matières premières soumet les pays producteurs à des chocs
insupportables.
2-1 : La marginalisation des PMA
Le commerce mondial est avant tout une affaire de pays à revenu élevé. Moins du quart
des exportations de marchandises est réalisé par les pays à revenu faible te intermédiaire. Il est
convenu d’employer le concept de tripolarisation pour décrire la réalité actuelle du commerce
international. En effet, hors des pôles Europe Occidentale (centré sur l’UE), Nord-américain
(Zone ALENA) et Asie de l’Est (Japon et quelques NPI satellites), les flux commerciaux
apparaissent comme particulièrement faibles. On peut évoquer l’idée d’une marginalisation de
sous-continents voire de continents entiers, concernant généralement des PED. Ainsi, si on
excepte les NPI asiatiques et les économies dites en transition, les autres PED réalisent loin de
10% des exportations mondiales.
Ce constat d’une faible part de marché de l’ensemble des PED est renforcé par l’analyse
dynamique. Globalement, les PED sont passés d’environ 30% des exportations mondiales dans
les années 50 à environ 20% aujourd’hui. La chute semble s’être enrayée depuis vingt ans et le
chiffre s’est même légèrement redressé an cours de la décennie 90. Dans l’ensemble, les
derniers donnés disponibles permettent de conclure à un redressement : 5,5% de croissance
annuelle moyenne des exportations des PED contre 6,8% pour les pays industrialisés.
Cependant, cette moyenne est peu représentative de la situation puisque les dynamiques
régionales sont particulièrement dispersées. Toutes les régions du monde en développement
n’ont pas bénéficié de la même manière de l’accélération du commerce international pendant
les années 90. La croissance des exportations a été vive en Amérique centrale et du Sud et en
Asie spécialement la Chine. Il convient d’observer que la croissance des exportations
africaines, de celles du Moyen-orient et des pays d’Europe centrale et orientale a été inférieure
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