
3
UN PREALABLE ESSSENTIEL : ELIMINER LA TAXE EUROPENNE SUR LES
TRANSACTIONS FINANCIERES (EFTT) QUI, DANS SON FORMAT ACTUEL,
DETRUIRAIT L’ACTIVITE FINANCIERE DANS LES 11 PAYS CONCERNES
Le projet de taxe européenne sur les transactions financières (EFTT) cherche à tirer les leçons
de la crise financière et à limiter les activités de finance dites « spéculatives », tout en visant
la recherche de sources nouvelles de financements pour les Etats européens.
Or la construction de cette taxe, dans le projet actuellement à l’étude, présente tant sur ses
objectifs que sur ses modalités (assiette, taux, etc.), des anomalies structurelles telles qu’elle
détruira une partie significative de l’activité financière dans les pays concernés, avec pour
conséquence une fragilisation de leurs économies domestiques respectives, sans atteindre par
ailleurs les objectifs attendus en matière de finances publiques.
Cette taxe pâtit d'erreurs de conception majeures :
* Un déséquilibre immédiat dans l’Union Européenne : seuls 11 Etats sur les 27 de l'UE
sont concernées par cette taxe, créant immédiatement un déséquilibre de compétitivité et
économique entre les pays de l’Union Européenne, et de fragilité supplémentaire pour la zone
euro ;
* Un nouvel impôt sur l’épargne au lieu d’une taxe sur la « spéculation » : le champ
d’application est tellement large qu’il englobe toute une série de transactions et d’activités
financières utilisées pour financer les entreprises, les particuliers, les collectivités locales et
les Etats ;
* Un nouveau frein à la croissance européenne : ce projet va à l’encontre du changement
de modèle de financement des entreprises européennes, qui nécessite un recours accru aux
marchés financiers, pour faire face la désintermédiation du fait des contraintes de Bâle III et
Solvabilité II.
En outre, cette taxe représenterait un coût insupportable pour plusieurs filières de
financement ou refinancement de l’économie (repo, fonds de trésorerie…) et massif
pour l’ensemble des entreprises et de l’économie. Elle risque donc d’entraîner
rapidement une destruction significative d’activités et d’emplois :
* Un impôt qui frapperait la compétitivité de l’ensemble des entreprises en supprimant
des instruments nécessaires à leur bon financement, la couverture de leurs risques et
alourdissant leur charge fiscale et leurs coûts de financement ;
* Une destruction massive d’activité et d’assiette taxable : les activités concernées
deviendraient ipso facto non viables économiquement et devront être immédiatement arrêtées
ou transférées dans les pays hors zone EFTT. La taxe n’aura par conséquent pas du tout le
rendement attendu ;
* Un impôt destructeur d’emplois : l’activité de gestion qui, par exemple en France,
s’appuie sur 80 000 emplois directs et indirects devrait délocaliser a minima 15% des actifs
(i.e. ceux investis par les non-résidents), et supprimer la totalité de la gestion monétaire.
L’impact en emplois pourrait être de l’ordre de 15 000 à 20 000 personnes.
A l’évidence, dans sa forme actuelle, le projet d’EFTT est entaché de vices de
construction rédhibitoires, susceptibles de détruire une part importante de l’industrie
financière des 11 pays concernés et, en conséquence, de pénaliser lourdement nos
économies.