TDAH - Diagnostic et traitement

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Trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) –
diagnostic et traitement
Diagnostic
Le diagnostic est difficile à poser. Il doit être fait par une équipe pluridisciplinaire (pédiatre,
neuropédiatre, pédopsychiatre, psychologue, logopédiste, psychomotricienne, etc.). Il repose
sur des données cliniques, et non sur des paramètres biologiques.
L'histoire du développement de l'enfant, l'histoire familiale, l'évaluation des répercussions
scolaires, familiales et sociales, l'observation clinique de l'enfant, un bilan somatique,
neuropédiatrique et psychologique sont à la base du diagnostic. Un bilan cognitif,
logopédique ou psychomoteur peut être nécessaire.
Les tests neuropsychologiques et les échelles d'évaluation sont un apport incontestable
dans le diagnostic, mais ils ne sont pas spécifiques, souvent imprécis et insuffisants pour
poser un tel diagnostic. Ils sont par contre très utiles dans l’orientation et les conseils sur la
prise en charge de ces enfants.
Les questionnaires aux parents et aux enseignants sont également utiles, mais ne doivent
pas aboutir à un score et être utilisés dans un but de diagnostic. Ils servent à l’observation et
à l’évaluation de l’enfant et ne remplacent pas une véritable discussion autour de l'enfant
entre les professionnels et les parents.
L’examen des carnets scolaires de l’enfant et de ses cahiers peut aussi être utiles.
Des petits signes cliniques caractéristiques peuvent aider le professionnel pour le
diagnostic :
Ø hypotonie, hyperlaxité ;
Ø troubles de la motricité fine, maladresse ;
Ø poursuite oculaire saccadée, fréquente et typique.
Le TDAH se manifeste rarement seul. En effet, dans plus de 60% des cas, une pathologie
est associée (comorbidité). Il est donc indispensable de la rechercher et de la traiter en
priorité.
Les pathologies associées les plus fréquentes sont les suivantes :
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troubles des apprentissages, en particulier la dyslexie et autres dys- (20%)
troubles oppositionnels
troubles des conduites (40%)
troubles anxieux et dépressifs (34%)
trouble obsessionnel-compulsif (TOC) (10%)
troubles globaux du développement, de la personnalité
troubles de l'humeur
syndrome de Gilles de la Tourette
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Traitement
Le traitement doit également reposer sur une prise en charge pluridisciplinaire. Il doit porter
sur le comportement de l'enfant, son développement affectif et sur son environnement, afin
d'offrir un encadrement cohérent, ferme et chaleureux, propre à accroître sa disponibilité
affective pour les apprentissages.
Il consiste à :
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renforcer les compétences de l’enfant et l’estime de soi ;
favoriser son autonomie ;
renforcer son développement affectif, relationnel et social.
Il associe souvent une prise en charge psychologique (soutien parental, psychothérapie,
psychomotricité ou logopédie éventuelle) et médicamenteuse.
Par le traitement médicamenteux, on fonctionnalise des réseaux inexploités et active des
zones inemployées. Les images du fonctionnement cérébral obtenues sous traitement
médicamenteux ressemblent à celles obtenues chez des sujets contrôle, non porteurs du
trouble.
Parfois, des régimes alimentaires ou des exclusions alimentaires strictes sont recommandés,
mais aucune preuve scientifique n'a été apportée à l’efficacité des traitements de cet ordrelà. Attention à ne pas stigmatiser encore plus l'enfant de par son traitement.
Une bonne collaboration avec l'école ou le milieu professionnel est également indispensable.
S'il existe des troubles associés à l'hyperactivité, la priorité dans le traitement sera donnée
au trouble le plus invalidant pour l'enfant.
Des règles d'hygiène de vie claires, un accompagnement dans son organisation du travail,
dans la planification des tâches, dans ses priorités, dans ses classements et rangements
aident le jeune dans sa vie quotidienne.
Évolution du trouble chez l'adolescent et l'adulte
Le trouble persiste dans environ 50 à 80% des cas pendant l'adolescence et entre 20 et 30%
à l'âge adulte. Le diagnostic peut également se faire à l'âge de l'adolescence ou même à
l'âge adulte.
La composante hyperactivité diminue chez l'enfant et le jeune qui grandit, au profit de
l'inattention et l'impulsivité. Ceci entraîne une augmentation du trouble des fonctions
exécutives.
L’évolution chez les adolescents dépend de la sévérité des troubles présentés pendant
l’enfance et de leur prise en charge.
Le trouble peut occasionner chez le jeune :
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des difficultés relationnelles ;
des difficultés professionnelles ou scolaires ;
des accidents et conduites à risque augmentés ;
une baisse de l'estime de soi et des dépressions ;
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des TOC ;
des troubles des addictions plus fréquents.
L’irritabilité chez le jeune est aussi connue, avec éventuelle explosion de rage et de colère.
Conseils aux parents dans les relations avec l'école
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informer l'enseignant des difficultés de leur enfant, dès le début de l'année scolaire ;
fixer des règles de vie claires, précises et courtes ;
rester disponible, accompagner et guider l'enfant ;
encourager et positiver, tout en sanctionnant de manière ferme, immédiate et
adéquate les comportements non tolérables ;
fractionner le temps de travail des devoirs, donner les consignes l'une après l'autre ;
ne pas discuter avec l'enfant en crise ;
ne pas faire de comparaisons avec d'éventuels autres enfants ;
ne pas hésiter à chercher de l'aide.
Références
Devant un problème de comportement faisant suspecter une hyperactivité ou un trouble de
l'attention, il faut s'adresser :
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au Service de Santé de la Jeunesse (SSJ) ;
à l'Office Médico-Pédagogique (OMP) ;
au pédiatre de l'enfant et/ou à un neuropédiatre ;
à l'Hôpital des Enfants, consultation de neurologie.
Les associations de parents d'enfants porteurs de TDAH peuvent aider, soit par leurs
conseils téléphoniques, soit par leur publications concernant la maladie:
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HYPSOS, avec la section adolescents et adultes (HypadD) : www.hypsos.ch
ASPEDAH : www.aspedah.ch
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