Infections : les bactéries résistent par nature 20.03.2014

Promotion
Santé Valais
Les pages santé déjà parues peuvent
être consultées sur notre site:
http://www.lenouvelliste.ch/fr/
dossiers/detail/pages/
articles-1431-206563
www.promotionsantevalais.ch www.addiction-valais.ch
PARTENARIAT
EN BREF
LE MAG SANTÉ
18 JEUDI 20 MARS 2014 LE NOUVELLISTE
PERSONNES SOUFFRANT DE DÉMENCE
Formation pour mieux les encadrer
Le Réseau entraide Valais
(REVs)organisele4 avril à hôpital
de Malévoz (salle bleue) à
Monthey un cours intitulé «Latti-
tude vis-à-vis des personnes souf-
frants de démence». Il est destiné
en priorité au personnel soignant
dans le secteur de la psychiatrie et
psychothérapie de la personne
âgée. Il est aussi ouvert aux mem-
bresduREVs.Lecourssera donné
par la Dresse Isabella Justiniano,
médecin-cheffe de psychiatrie et
psychothérapie de la personne
âgée pour le Valais romand.
Participation: Fr. 200,
inscription: www.revs.chcpoir.ch
LUTTE CONTRE LOBÉSITÉ
Thérapie remboursée pour les enfants et les adolescents
CHRISTELLE MAGAROTTO
Si l’on réduit les 4,6 milliards
d’années de l’Histoire du mon-
de à 24 heures, les bactéries
sont nées entre 5 h 30 et 7 h 30,
alors que l’homme apparaît à
23 h 59. Depuis des temps im-
mémoriaux donc, ces organis-
mes colonisent les sols, leau,
l’air, les animaux, notre peau et
jusqu’à nos entrailles. Si bien
qu’«il y a dix fois plus de cellules
bactériennes que de cellules hu-
maines dans notre corps», note
le professeur Nicolas Troillet,
médecin-chef du service des
maladies infectieuses de l’Hô-
pital du Valais.
La plupart sont inoffensives.
Certaines sont bénéfiques. «Ni-
chées dans la flore intestinale, elles
aident par exemple à la diges-
tion», observe le médecin. D’au-
tres, au contraire, sont à l’origine
de maladies infectieuses qui
font peur comme la peste, la sy-
philis, le choléra, ou lanthrax.
Jusqu’à la fin du XIXe siècle,
40% des décès étaient dus à une
infection bactérienne.
Sur une affiche publicitaire da-
tant de la Seconde Guerre mon-
diale, un soldat, grâce à la péni-
cilline, peut rentrer du front.
Sans elle, il aurait probablement
péri. «La découverte des antibioti-
ques correspondait à un réel mira-
cle», commente le professeur
Troillet. Dans les années 60, les
autorités de santé publique aux
Etats-Unis pensaient pouvoir
fermer «le grand livre des mala-
dies infectieuses». «Les premiè-
res résistances sont toutefois obser-
vées à la même époque»,expose
le médecin.
Evolution oblige
Depuis quatre milliards d’an-
nées, les bactéries sadaptent
pour survivre. Leurs générations
se succèdent toutes les 20 minu-
tes en moyenne. Elles évoluent
ainsi rapidement et les descen-
dantes qui disposeraient d’un
avantage pour survivre dans un
environnement hostile vont
supplanter celles, plus faibles,
qui n’y sont pas adaptées. «Un
antibiotique est ainsi capable de
sélectionner parmi les milliards de
bactéries qui nous habitent les ra-
res spécimens qui y sont naturel-
lement résistants. Ceux-ci peuvent
ensuite causer une infection contre
laquelle le traitement devient inef-
ficace», explique le Dr Troillet.
Si ces bactéries résistantes se
répandent il faut alors recourir à
de nouvelles substances, mais
lesmédecinssont parfois à cours
de solutions. Il faudrait alors
synthétiser de nouvelles molé-
cules. «Ceci est toutefois très coû-
teux pour une faible rentabilité»,
commente le médecin. «Cela est
également extrêmement com-
plexe», continue le Dr Vera
Jordan-von Gunten, pharma-
cienne-cheffe-adjointe à l’Ins-
titutcentral.«Lobjectif est de pré-
server le plus longtemps possible le
panel d’antibiotiques existant.»
Pour ce faire, les hôpitaux s’orga-
nisent. Ils surveillent l’utilisa-
tiondes antibiotiques etl’appari-
tion de bactéries résistantes et
promeuvent une utilisation ra-
tionnelle de ces médicaments
capables de sauver des vies, mais
parfois utilisés à mauvais es-
cient. Il est en effet prouvé que
plus un antibiotique est utilisé,
plus il y aura de bactéries qui y
sont résistantes. «A l’inverse, si
on bannit l’utilisation de certains
antibiotiques, les bactéries y rede-
viennent sensibles», explique la
pharmacienne.
Mesures d’hygiène
Prévenir l’apparition de
résistances en utilisant
les antibiotiques à bon
escient est essentiel. Em-
pêcher la propagation de
bactéries résistantes consti-
tue le deuxième pilier de cette
lutte. Christel Brière Aymon, in-
firmière en hygiène au service
desmaladies infectieuses,entou-
rée de ses collègues, veille à la sé-
curité infectieuse des différents
établissements de l’Hôpital du
Valais. Elle se soucie de la mise
en place de mesures aptes à bar-
rer la route à la transmission de
bactéries résistantes, que cela
survienne via l’environnement
inerte ou le personnel médico-
soignant.
«Nousformonslepersonnelàla
désinfection des mains, à l’emploi
de matériel jetable, au port de
gants, de masque, notamment»,
décrit-elle. Elle reçoit un bulle-
tin quotidien du laboratoire fai-
sant état des différents micro-
organismes mis en évidence
chez les patients hospitalisés.
«Face à une bactérie résistante,
nous pouvons décider et définir un
isolement en chambre, par exem-
ple», explique-t-elle encore.
Aujourd’hui, une partie impor-
tante des bactéries résistantes
se transmettent hors des hôpi-
taux, par exemple à partir de la
viande et de la volaille non cui-
tes. «Dans la communauté, pour
éviter leur propagation, les gens
doivent se laver les mains en sor-
tant des toilettes, avant de toucher
des aliments ou de passer à table,
ou encore, éviter le contact physi-
que en cas de refroidissement»,
conclut l’infirmière. Des gestes
basiques en somme, pour af-
fronterdes organismesquipour-
tant ont bien des chances, à
terme, de survivre à l’homme.
www.vs.ch/sante
DSSC Service cantonal
de la santé publique
Près de 20% des enfants et adolescents
souffrent de surpoids ou d’obésité en
Suisse. La thérapie individuelle ou de
groupe est désormais remboursée par
l’assurance obligatoire des soins aux en-
fants et adolescents obèses, ou à ceux
souffrant d’un trouble secondaire, (dia-
bète de type II ou de l’hypertension). La
thérapie de groupe était déjà rembour-
sée depuis six ans dans la cadre d’un pro-
jet pilote. Lévaluation a montré que sur
deux ans, la thérapie apportait des effets
positifs au niveau du poids, mais aussi de
la santé physique et psychique du pa-
tient. Sa qualité de vie en est ainsi amé-
liorée. Elle a aussi montré que la famille
et les proches bénéficient également de
cette approche multidisciplinaire ré-
unissant pédiatre, diététicien, psycholo-
gue, etc., l’enfant étant installé dans un
système favorisant des comportements
sains. En Valais, une consultation pédia-
trique a été mise en place dans le cadre
du programme Contrepoids de l’Hôpital
du Valais. Des consultations individuel-
les et un programme de groupe sont pro-
posés. WWW.HOPITALVS.CH/CONTREPOIDS
sp - jh
INFECTIONS Elles s’arment très vite contre les antibiotiques, alors que ceux-ci peinent
à se diversifier. Exemple dans la médecine humaine.
Les bactéries résistent
par nature
CIBLER L’UTILISATION DES ANTIBIOTIQUES
Un objectif essentiel de santé publique vise donc une utilisation ciblée des an-
tibiotiques, afin de prévenir l’apparition de résistances qui pourraient ensuite se
répandre dans la population. Cet objectif concerne les hôpitaux, mais aussi la mé-
decine ambulatoire, sans parler de l’utilisation des antibiotiques chez les animaux
d’élevage. «Dans le cas d’une cystite,», témoigne le Dr Georges Perraudin, mé-
decin de famille à Martigny, «on prescrit des antibiotiques de la classe de la pé-
nicilline, par exemple. Dans le cas d’une pharyngite virale, on ne prescrira pas
d’antibiotiques du tout.» Plusieurs études démontrent que la plupart des molé-
cules prescrites inutilement viennent de la pression du patient. Le médecin con-
firme. Certains confondent virus et bactéries, et insistent pour obtenir des anti-
biotiques lors d’un refroidissement. Pour Vera Jordan-von Gunten, «tout
traitement médicamenteux doit être analysé en termes de balance bénéfices et
risques. Dès lors, l’utilisation d’antibiotiques pour une infection virale n’engen-
dre clairement que des risques, ces substances étant inefficaces contre les vi-
rus». «Ceci d’autant plus que la majorité des infections bénignes rencontrées en
médecine ambulatoire sont dues à des virus», précise Nicolas Troillet.
PHOTOS DR, INFO NF
«Utiliser
un antibiotique
contre un virus
est inutile. Il y
a alors plus
de risques que
de bénéfices
DR VERA JORDAN-VON GUNTERN
PHARMACIENNE À L’INSTITUT CENTRAL
1 / 1 100%