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Le Chine
continuera à être
championne du
monde de la
croissance, mais à
vitesse réduite.
Les exportations
enregistrent une
« baisse dans la
hausse ».
L’activité
industrielle
ralentit.
Les
investissements
fixes se
maintiennent.
La consommation
est encouragée.
CHINE
Il est trop tôt pour estimer la croissance chinoise en 2009. On sait
deux choses : la Chine continuera à être championne du monde de la
croissance, mais à une vitesse moitié moindre que le record de 2007 (chiffre
un peu surréaliste de +13%... après une réévaluation technico-politique toute
récente). La croissance chinoise a molli en 2008, passant au cours des quatre
trimestres de +10,6% à +10,1%, puis +9% et enfin +6,5% (selon nos
estimations). En 2009, la croissance chinoise devrait se situer pour l’année
entre +6% et +8%. Mais la réalité trimestrielle sera sans doute beaucoup plus
contrastée, baissant jusqu’à +4,8% entre avril et juin pour remonter à +8% au
dernier trimestre. De là à dire que l’on rentre dans une zone de turbulences
sociales graves ouvrant une zone de bouleversements politiques, il y a un pas
que certains commentateurs franchissent allègrement. Ce n’est pas notre cas.
Que faire lorsque vos grands clients entrent en récession ? Les
exportations chinoises représentent 40% de son PIB en valeur brute, et un
quart en valeur ajoutée. En 2008, elles enregistrent une « baisse dans la
hausse » de (tout de même) +17% contre +27% en 2007. La morosité des
clients n’est pas seule en cause. L’augmentation des coûts de production, en
particulier dans les provinces du Sud et de la côte Est, a rendu l’industrie
chinoise moins attractive. L’inflation des salaires, la hausse constante des
matières premières jusqu’à l’été 2008 et l’appréciation progressive du Yuan
(de 7,47 Yuan/$ au début 2008 à 6,84 aujourd’hui) ont gonflé les coûts.
Outre des mesures ici et là de soutien aux exportateurs (réduction des
taxes à l’exportation), ou encore l’encouragement aux crédits pour les petites
entreprises, l’Etat est plus ennuyé par la situation générale de l’industrie, qui
n’a progressé « que » de 13% en valeur ajoutée en 2008 contre +18% en 2007.
Prises en étau, beaucoup d’entreprises n’ont eu d’autre choix que de réduire
leur production ou, pour les plus petites d’entre elles, de mettre la clé sous la
porte. Jusqu’à présent, les secteurs les plus touchés ont été ceux du textile, de
l’acier, ou encore des jouets. Au total une dizaine de millions de migrants de
l’intérieur seraient déjà retournés dans leurs villages (sur une population
migrante estimée de 120 millions).
Parmi les trois grands moteurs de la croissance chinoise, les
investissements fixes, avec ou sans engagement public, restent à un niveau
exceptionnellement élevé (+27% en 2008), bien que ce chiffre global et
officiel recouvre aussi des pratiques immobilières sujettes à caution. Les
réserves budgétaires sont telles que l’Etat chinois peut parfaitement
entreprendre de renforcer massivement des grands travaux pour soutenir
l’activité, si besoin est.
La divine surprise vient du troisième moteur, la consommation,
laquelle bondit de +12% en 2007 à +21,9% en 2008. Les autorités politiques
encouragent les entreprises à réorienter leur production vers le marché
intérieur, et incitent aussi les ménages chinois à consommer davantage.
Actuellement, un ménage chinois épargne près du quart de son revenu
disponible, argent mis de côté pour faire face aux aléas de la vie (maladie,
chômage, retraite, éducation). Les diverses réformes en cours (sécurité sociale,
éducation, retraites) engagées par le gouvernement visent donc à une
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