discours ARF rabat 19 11 14 - Ministère de l`Emploi et des

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Royaume du Maroc
Ministère de l’Emploi
etdes Affaires Sociales
le Ministre
Université Libre de Rabat
Association Ribat Al Fath pour le développement durable
Conférence inaugurale de Monsieur Abdeslam SEDDIKI
Ministre de l’Emploi et des Affaires sociales
THEME :
Les métiers mondiaux du Maroc et l’insertion professionnelle
Rabat, le 19 Novembre 2014
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Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Je suis
particulièrement
heureux
d’être parmi vous,
aujourd’hui, à l’occasion de cette conférence
inaugurale de
l’Université Libre de Rabat dépendant de l’association Ribat
El fath pour débattre des évolutions de l’économie marocaine
et notamment de la stratégie des métiers mondiaux du Maroc.
Je voudrais par la même occasion remercier les organisateurs
de cette manifestation
de
m’avoir donné l’occasion de
partager ce moment d’échange sur un sujet déterminant
pour l’avenir du Maroc et de sa jeunesse.
J’aimerais profiter de
cette occasion pour rendre un
hommage solennel au Président Si Abdelkrim BENNANI qui
est devenu, au-delà de ses hautes responsabilités officielles,
une
personnalité
incontournable
de
la
société
civile
marocaine.
Le
thème de cette conférence traite deux problématiques
interdépendantes à savoir : la place de métiers mondiaux du
Maroc dans le développement de l’économie nationale d’une
part et leur impact sur le plan de l’insertion professionnelle
des chercheurs d’emploi et notamment des jeunes d’autre
part.
2
I- Le Contexte de l’élaboration de la stratégie des MMM :
Depuis plusieurs années, le Maroc a défini une politique générale
qui
repose
sur
trois
piliers
distincts
mais
hautement
complémentaires:
Tout d’abord, une évolution politique progressive mais ferme vers
l’établissement d’un régime démocratique plein et d’un Etat de
droit ;
Ensuite, l’obtention d’une croissance économique forte et durable
qui passe notamment par un arrimage progressif à l'Europe,
croissance seule à même de créer des emplois en nombre et de
qualité ;
Finalement, le renforcement de la cohésion sociale et la lutte
contre la pauvreté, la réduction des déficits sociaux et l’aide aux
personnes les plus démunies ;
Dans ce cadre, le Maroc a engagé
depuis l’accession de SM le
Roi Mohammed VI au Trône de multiples réformes volontaristes
et audacieuses dans les domaines politique et du social: citons à
titre d’exemple, la réforme de la « Moudawana” (2004), l’INDH
(2005),
les
élections
législatives
constitutionnelle
de
(2007)
et
2011
la
réforme
etc.
Parallèlement, en matière économique, le Maroc est passé à la
vitesse supérieure durant
les
Quinze dernières années,
multipliant stratégies sectorielles de développement et politiques
des grands chantiers structurants. Tout au long de cette période
3
charnière, le Royaume a assisté à un renouvellement majeur et
progressif de son état de développement.
L’ouverture de l’économie marocaine vers
l’extérieur et
l’internationalisation des entreprises, notamment au travers de
l’accueil
des investissements directs étrangers (IDE) et
la
stratégie des métiers mondiaux du Maroc impulsée par l’Etat,
constituent une donnée
incontournable et un nouveau cadre
propice à la création d’emplois hautement qualifiés.
L’une des stratégies phare en la matière concerne les métiers
mondiaux du Maroc, appelée aussi « stratégies sectorielles ».
II- Les MMM ce sont Des stratégies sectorielles ambitieuses
visant un développement économique et social rapide
Sous l’impulsion de SM LE ROI que Dieu l’assiste, les pouvoirs
publics ont initié
une série de plans sectoriels ayant pour
objectifs d’améliorer la compétitivité du Royaume, de créer de
l’emploi, de lever les barrières qui entravent l’optimisation des
ressources et, enfin, de promouvoir l’investissement à même
d’assurer une croissance économique forte, durable et créatrice de
richesses. Cette dynamique de développement se distingue par
une approche novatrice de contractualisation et de partenariat
public privé prônant une participation accrue et concertée du
secteur privé dans l’élaboration des stratégies et politiques
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sectorielles et le financement des projets, permettant de recentrer
le rôle de l’Etat sur ses prérogatives de régulation
Ces plans s’inscrivent dans une double logique de modernisation
de secteurs traditionnels à l’instar de l’agriculture, de la pêche et
des mines, et de développement de secteurs innovants tels que les
énergies renouvelables, la logistique, l’industrie automobile,
l'aéronautique et les services à forte valeur ajoutée, où le Maroc
offre de véritables avantages compétitifs.
Ce faisant, le Maroc a décidé de se lancer dans les nouveaux
métiers, appelés Métiers Mondiaux du Maroc, ayant une haute
valeur ajoutée tout en capitalisant ses atouts dans les métiers
traditionnels (agroalimentaire, textile et cuir, etc.). Cette stratégie
ambitionne également, à travers l’effet d’entrainement ou de
multiplication, d’apporter des améliorations sensibles quant à la
création d’emplois et à la production nationale.
Le Maroc a adopté une politique de modernisation volontariste,
visant à la fois un renforcement de son tissu économique et un
développement social. Cela se traduit par la mise en place de
stratégies sectorielles
s’attaquant à des activités multiples et
notamment: le Plan émergence 2020 et actuellement Stratégie
d’accélération industrielle, les Produits de la mer( plan Halieutis),
l’Aéronautique, le Textile et cuir, l’Agroalimentaire, le plan
Maroc vert pour l’agriculture, la Vision 2020 pour le tourisme, le
Plan Solaire Marocain, Programme Marocain intégré de l'énergie
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éolienne le Maroc Numeric 2013, le Contrat programme
logistique 2015, le Plan Rawaj etc.
Quel a été l’apport de la stratégie des MMM à l’économie
marocaine ?
Quelles
sont
ses
retombées
en
matière
d’exportations et de compétitivité ?
III-Résultats des politiques sectorielles :
III-1 Au plan économique
Sur un plan macro-économique on peut dire que dans l’ensemble,
la performance du Maroc est encourageante, le pays ayant su
profiter de sa stabilité politique et sociale. Le climat des affaires
s’est amélioré et le pays a gagné 8 places dans le classement
annuel Doing Business (2014), passant de la 95e à la 87e place
d’une année sur l’autre. Voici les indicateurs où le Maroc a gagné
le plus grand nombre de points : création d’entreprise (+14
places), transfert de propriété (+10 places), paiements des impôts
(+37 places), règlement de l’insolvabilité (+15 places). En outre,
l’année 2013 a été marquée par l’amélioration des revenus du
tourisme (+2%), des transferts des marocains résidents à
l’étranger, et par une hausse significative des investissements
directs étrangers (+20%).
L’économie marocaine ne dépend plus des secteurs classiques
mais repose désormais sur les nouveaux métiers mondiaux qui
affichent une avancée considérable avec une part de 38,3 pc du
total des exportations du Maroc.
6
La croissance économique nationale ne dépend plus des secteurs
classiques mais elle repose désormais sur les MMM, qui affichent
une avancée considérable et dont les perspectives sont très
prometteuses ;
Le Maroc a su diversifier la structure productive de son économie,
ce qui a contribué à l’atténuation significative de la volatilité de la
croissance du PIB, au renforcement de la résilience face aux
chocs externes et à consolider la confiance des institutions
internationales dans l’économie nationale.
Je dois souligner que les stratégies sectorielles ont permis de
doter le Maroc d’une vision sur le moyen et le long terme et
d’intégrer le Maroc dans les chaînes de valeur mondiale,
notamment dans les secteurs de pointe et de haute valeur ajoutée
tels que le secteur de l’automobile et l’aéronautique.
Ces efforts de diversification menés depuis les années 90 se sont
soldés par l’émergence de nouvelles gammes de produits dont la
position s’affermit de plus en plus. Il s’agit notamment, des
composants électroniques et des fils, câbles électriques et leurs
faisceaux qui contribuent désormais de manière notable à
l’amélioration des exportations.
Les stratégies sectorielles et leurs résultats concrets ont contribué
à la clarification de la vision et au repositionnement de
l’économie nationale sur le plan régional et international.
7
Maintenant, la question de la convergence se pose avec acuité et
le gouvernement a érigé cette question de cohérence entre les
différents plans sectoriels, en tant que « priorité nationale ».
Par ailleurs, Le royaume a signé des accords de libre-échange
avec plus de 54 pays, représentant plus de 1 milliard d'habitants et
beaucoup
de
consommateurs
à
fort
pouvoir
d'achat.
Malheureusement, l'offre Maroc n'a pas été toujours à la hauteur
des défis de la politique d'ouverture commerciale menée depuis
les années 1990.
Ce sont là autant de raisons pour travailler davantage et non pour
abandonner les stratégies sectorielles !
En termes de résultats concrets :
Dans le contexte de ralentissement de la croissance mondiale, le
Maroc connaît un bon niveau de
croissance économique,
conjuguée à une activité financière dynamique et une industrie
manufacturière en pleine expansion. L’économie marocaine a
consolidé sa croissance en 2013, avec un PIB en progression de
4.7% contre 2.7% en 2012.
Par ailleurs, on constate une remarquable transformation
économique et sociale du pays durant la dernière décennie.
Ainsi, depuis 2004, le taux de bancarisation du royaume est passé
de 34 % à 58 %, le réseau autoroutier est passé de 600 à 1 500
kilomètres et le taux d’analphabétisme a chuté de 13 points à 30
% .
8
Le Maroc a enregistré une croissance annuelle moyenne
supérieure à 4,5 % au cours de la décennie passée. Elle devrait
atteindre 4,4 % en 2015. Les efforts visant à corriger les
déséquilibres budgétaires du pays, ajoutés aux nombreux
éléments attractifs du pays, notamment son emplacement
géographique, laissent penser que les perspectives continueront
d’être prometteuses.
Les politiques et les stratégies sectorielles ainsi que les vastes
réformes initiées par le Maroc prennent en considération le
développement humain en vue d'accompagner les mutations
sociales, d'améliorer les services publics, la productivité des
entreprises, et de développer l'industrie des technologies de
l'information.
III-2 Au niveau de l’emploi et de l’insertion professionnelle
Cette stratégie aurait-elle eu des effets positifs sur l’emploi et
l’insertion professionnelle des jeunes?
Accroissement du taux d’emploi et réduction du taux de
chômage :
Le taux de chômage a baissé de façon significative passant
de 13,4 % en 2000 à 9,3 % en 2013 même si celui des
jeunes diplômés en milieu urbain reste très préoccupant. En
effet, le taux de chômage des jeunes se situe à 14,9 % (un
peu plus du triple de celui des 35-44 ans (5,2 %) proche de
9
la tendance mondiale) et la structure du chômage montre un
poids prépondérant des moins de 35 ans (81 %) et des actifs avec
des niveaux d’éducation du collège (29 %).
Cette situation, bien qu’elle ne nous satisfait pas, est tout de
même meilleure que beaucoup de pays comparateurs et résulte à
la fois de l’accélération de la croissance, des efforts sur
l’employabilité, sur l’intermédiation du marché du travail avec la
mise en place de l’ANAPEC, et plus récemment la libéralisation
de l’activité de placement, mais aussi de la conduite de politiques
actives de création d’emploi (avec les programmes d’appui à la
création d’ activités et de petites entreprises , d’insertion des
diplômés (Idmaj) et de requalification pour l’adaptation des
compétences
des
demandeurs
aux besoins des employeurs
(Taehil), qui ont enregistré des résultats positifs. Il est important
de saluer la résistance des autorités aux mesures de politique
passive d’emploi dans la période de
printemps
arabe
contrairement à d’autres pays, et leur réponse consistant
plutôt à renforcer les instruments actuels de placement et de
requalification.
Les actions de formation entreprises ont facilité l’insertion
des jeunes tout en répondant aux besoins des entreprises :
-
Programme de formation du gouvernement pour le secteur
automobile
10
Sous le PNEI, le gouvernement marocain a mis en place la
formation de 70 000 personnes dans le secteur automobile
entre 2009 et 2015 :
-
Instituts de Formation aux Métiers de l’Industrie Automobile
(IFMIA)
En complément du programme de formation, quatre instituts
de formation spécialisés dans l’industrie automobile (Institut
de Formation aux Métiers de l’Industrie Automobile: IFMIA)
fonctionnent déjà ou sont en cours de création dans le cœur
des P2I dédiées au secteur -Casablanca, Kénitra Tanger Med,
et Tanger Free Zone. Les IFMIA sont conçus pour augmenter
la capacité technique des ressources humaines, principalement
dans le domaine de la technologie de production de base
requise dans le secteur automobile, avec une formation sur les
techniques de gestion telles que 5S et Kaizen.
-
Programme de formation du gouvernement pour le secteur
aéronautique (2009-2015) : 15 000 emplois

pour le secteur de l’électronique (2009-2015) : 9000
 Dans le cadre du programme TAEHIL, le gouvernement
marocain, à travers l’ANAPEC, offre aux entreprises
privées dans quatre secteurs (automobile, aéronautique,
électronique et offshoring) un
formation.
11
soutien financier à la
-
Hors Taehil : un Dispositif d’aide à la formation des secteurs
émergents a été mis en place et impliquant les universités
nationales , l’OFPPT et les d’ autres départements formateurs:
Offchoring Automobile Aéronautique Electronique
Total
2013
7 961
3 573
172
57
11 763
oct2014
5 869
1 365
394
1
7 629
(b) dans le cadre du programme
Offchoring Automobile
TAEHIL :
Total
2013
462
132
594
oct2014
518
30
548
CONLUSION : Quelques Perspectives d’avenir :
-
Le modèle marocain de développement a atteint un niveau
de maturité pour faire une entrée définitive dans le concert des
pays émergents.
-
Le discours adressé à la Nation à l’occasion du 61è
anniversaire de la révolution du Roi et du peuple,
SM le Roi
Mohammed VI a indiqué que « le Royaume a pu, au cours des
quinze
dernières
années,
conforter
son
cheminement
démocratique, tout en consolidant les fondements d’un modèle de
12
développement intégré et durable, porté par l’impératif de lancer
des projets structurants, allié à la volonté de promouvoir le
développement humain et durable ».
Mais, si la dynamique est là, les résultats ne sont pas toujours à
la hauteur des ambitions du Maroc. Plusieurs actions sont déjà
mises en place pour renforcer l’efficacité et l’effet d'entraînement
global des stratégies MMM et notamment leur composante
emploi :
-
Faire face à l'insuffisante coordination de ces politiques et
si ces stratégies n'atteignent pas leur plein potentiel, c'est aussi à
cause de leur déconnexion par rapport à notre stratégie
commerciale au niveau international qu’il convient de renforcer.
-
La
nouvelle
stratégie
d’accélération
industrielle :
multiplier par 7 le nombre d'emplois créés dans l'industrie pour
les porter à 500 000 emplois d'ici 2020, et augmenter la part de
l'industrie dans le PIB à 23% contre 14% aujourd'hui.
-
Créer
groupement
des
écosystèmes
d'intérêts
industriels :
économiques
Une
entre
sorte
de
industriels,
administrations- structures de formation et de recherche pour
monter en compétitivité.
-
Ne pas négliger les secteurs traditionnels comme le textile
ou le cuir car ils ont encore un rôle à jouer dans la création de
valeur et d'emplois
13
-
Etre plus proactif sur l'attractivité des IDE en redynamisant
l’accueil et la prospection des investisseurs
-
La nouvelle stratégie nationale de l’emploi en cours
d’élaboration :
La création d'emplois est indéniablement corrélée à la
consolidation
de
la
dynamique
de
croissance
nationale,
actuellement tirée par la demande intérieure. Elle peut être
renforcée par l'amélioration de la propension à investir du secteur
privé, ainsi que l'amélioration de la performance en termes
d'exportations. En effet, la compétitivité des entreprises
marocaines reste actuellement fortement en dessous de son
potentiel et ne permet pas au pays de répondre à son défi
démographique et aux exigences de l'économie mondiale.
-
Au niveau du capital humain, l'inadéquation entre les
compétences demandées par les entreprises et celles offertes par
les demandeurs d'emplois représente une des principales
contraintes à l'essor des activités productives, dans les secteurs
manufacturiers tout comme dans les services et a des
conséquences importantes sur la stabilité sociale. Par ailleurs, un
élargissement des droits fondamentaux et de la protection sociale
des travailleurs est une exigence majeure
pour améliorer la
productivité du travail.
-
Le Maroc se doit de poursuivre les réformes structurelles
visant à améliorer la compétitivité de l’économie et à élever le
14
niveau de la croissance potentielle tout en préservant la stabilité
macroéconomique.
-
Ces réformes, qui ont déjà commencé à porter leurs fruits et
seront poursuivies à travers, notamment, le lancement d’une
nouvelle génération de
stratégies sectorielles qui visent
l’accélération, l’élargissement et le renforcement de la cohérence
des politiques sectorielles, la promotion du rôle du secteur privé
comme moteur de la croissance et
réformes structurelles touchant,
en
l’approfondissement des
particulier,
la justice,
l’éducation, la formation professionnelle et la gouvernance.
Merci de votre attention et je reste à votre disposition pour
répondre à vos questions ou partager vos idées.
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