ts : les chemins de la puissance theme sujet d

publicité
TS : LES CHEMINS DE LA PUISSANCE THEME
SUJET D’ETUDE: LE MOYEN ORIENT
I.
LE MOYEN ORIENT EST UN CARREFOUR
A. Un carrefour de communications terrestres et maritimes
La région met en contact 3 continents : l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Elle fait communiquer les mers Méditerranée,
Rouge et l’Océan Indien grâce à des détroits : celui d’Ormuz entre le Golfe Persique et l’Océan Indien et le Bosphore
entre l’Asie et l’Europe. Le Canal de Suez achevé en 1869 par le français Ferdinand de Lesseps relie la Mer
Méditerranée et la Mer rouge et ouvre un accès aux richesses pétrolières du Golfe Persique.
B. Un carrefour de religions
Le Moyen-Orient est le berceau des trois grandes religions monothéistes, les religions du Livre.
Le judaïsme est la plus ancienne, la première religion monothéiste. C’est la religion du peuple Hébreu
installé en Palestine depuis le XIème siècle avant JC. Les fidèles avaient alors conclu une Alliance avec un
Dieu unique Yahvé. En échange de leur monothéisme, le dieu leur promettait une Terre : le pays de Canaan
divisé au cours de l’Histoire des Hébreux en deux royaumes : celui d’Israël et la Judée que les Romains ont
nommé Palestine. Le judaïsme est une religion complexe qui n’est pas prosélyte. Le livre sacré est l’Ancien
Testament (la Bible Hébraïque) et la Torah. Pour les juifs, Jésus (qui était juif) n’est pas le Messie (envoyé de
Dieu attendu). Certains rites du judaïsme présentent des similitudes avec le Christianisme et l’Islam qui se
sont développés après : pratique du jeûne, interdits alimentaires (porcs), prières etc.. Le lieu de culte est la
synagogue. La Palestine a été maintes fois envahie et occupée : les Perses, les Grecs, les Romains et en
dernier lieu les Arabes musulmans. Cela a donné naissance à une diaspora qui s’est installée sur deux
espaces : les Sépharades en Méditerranée de culture arabe, très présents en Espagne jusqu’au 15ème siècle,
en Algérie, au Maroc en Tunisie ; et les Ashkénazes, juifs d’Europe de l’est.
Le christianisme : est apparu il y a environ 2000 ans avec un juif dénommé Jésus qui est né en Palestine sous
occupation romaine. Il s’est présenté comme le Messie annoncé dans l’Ancien Testament (l’envoyé de Dieu)
dans un contexte de forte attente et de contestation de la domination romaine. Les juifs n’ont pas accepté
de reconnaitre Jésus qui remettait en cause leur pouvoir et leur message religieux pour étendre la foi à tous
et la rendre universelle et non plus liée à un peuple élu. Le christianisme s’est développé après Jésus en
Méditerranée. Après avoir été interdit et combattu par l’Empire romain, il en est devenu la religion officielle
au IVème siècle après JC. Les chrétiens ont deux livres sacrés : l’Ancien et le Nouveau testament qui forment
la Bible. Le Nouveau testament est composé des 4 Evangiles qui retracent la vie et le message de Jésus écrits
par : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Seul ce dernier aurait connu Jésus qui lui-même n’a rien écrit.
L’Islam apparaît au début du 7ème siècle lorsque Mahomet qui est né à la Mecque (actuelle Arabie Saoudite)
aurait reçu de l’ange Gabriel le commandement de prêcher la parole d’Allah, en 612 après JC. Entré en
conflit avec des tribus mecquoises le prophète de l’Islam est contraint de fuir à Médine en 622. C’est l’Hégire
qui marque le début du calendrier musulman. Le croyant respecte les 5 piliers de sa foi : la profession de foi
(shahada), la prière 5 fois par jour en direction de la Mecque après des ablutions de purification et en
commun le vendredi à la Mosquée (salât), le jeûne (saoum ou sawm) pendant le mois de ramadan, le
pèlerinage à la Mecque une fois dans sa vie (hadj) et l’aumône au pauvres (zakât). Le Coran divisé en
sourates est le livre saint.
Jérusalem est une ville 3 fois sainte : pour les juifs pour le Mur des Lamentations, unique vestige du temple, pour les
chrétiens le Saint Sépulcre (le tombeau du Christ), et pour les musulmans la mosquée d’Omar.
Aujourd’hui 95% des habitants de la région sont musulmans qui sont divisés en 2 groupes :
Les Sunnites : 80% qui suivent la Sunna, la tradition
Les Chiites, environ 20%, majoritaires en Iran et en Irak et qui restent fidèles à Ali, gendre du prophète.
Page 1
Les 5% restants se partagent entre Juifs majoritaires en Israël et Chrétiens d’Orient : maronites au Liban, araméens
en Syrie, Coptes en Egypte et aussi présents en Irak .
C. Un carrefour de peuples dont la diversité des langues témoigne : (voir la
carte)
On distingue au MO :
Le groupe indo-européen divisé en 3 sous ensembles :
 Le persan en Iran
 Le Kurde à cheval sur la Turquie, la Syrie et l’Irak
 L’Arménien à cheval sur la Turquie et l’Arménie
Le groupe Turc en Turquie
Le groupe Hébreu en Israël
Le groupe Arabe qui comprend à peu près la moitié de la population du Moyen-Orient
Parmi les Etats arabes, il existe des facteurs d’unité mais aussi de division.
Les principaux éléments d’unité du monde arabe sont : la langue (mais attention il existe de nombreux dialectes
parlés qui sont très différents de l’arabe classique), la référence à l’Islam religion commune.
Cette volonté d’unité s’est concrétisée par :
La création en 1945 au Caire de la Ligue arabe par sept pays et compte aujourd'hui vingt-deux États
membres. Cette union politique a pour but de créer et soutenir des solidarités dans le monde arabe. C’est
elle qui tente aujourd’hui de stopper la répression de Bachar El Assad en Syrie qui en a été exclue.
La référence à des chefs charismatiques au cours de la deuxième moitié du XXème siècle comme Nasser qui
a gouverné l’Egypte entre 1954 en 1970, Saddam Hussein au pouvoir en Irak de 1979 à 2003 et Mouammar
Kadhafi , dirigeant de la Lybie depuis 1969 avant qu’il ne se fasse détester de la plupart des chefs d’Etat et sa
disparation en novembre 2011.
Cependant, les éléments de division l’emportent :
Les frontières héritées de la colonisation sont contestées (exemple de la guerre entre Iran et Irak)
Les modèles politiques des Etats du moyen orient sont divers et parfois en conflits : monarchies absolues
religieuses en Arabie et dans les Emirats, monarchie plus modérée en Jordanie, dictatures en Syrie et
régimes très autoritaire au Yémen et en Egypte jusqu’à la chute de Moubarak en 2011, régimes religieux
(théocraties) en Iran, à Gaza, république parlementaire en Turquie et au Liban. Les tentatives de
démocratisation de l’Irak imposées par la guerre et par les américains sont pour l’instant un échec, le pays
est déchiré par une guerre civile. Le « printemps arabe » a renversé des tyrans mais l’avenir est incertain en
Egypte, en Syrie où le régime ne tient que par la répression sanglante. Israël est un régime démocratique
pour les israéliens mais qui occupe et colonise les terres palestiniennes de Cisjordanie.
Les disparités économiques sont fortes : la région est traversée par des très fortes inégalités : des PNB /
habitant très élevés dans la péninsule arabique : 74423$ au Qatar, 32530$ au Koweit, 19641$ à Bahrein,
2626 $ en Irak, 4484 $ n Iran, 1231 au Yémen, 2771 en Egypte, 2900 à Gaza et 27085 en Israël. (pour
information la France a un PIB /h de 40591$.
II UNE ZONE CONVOITEE PAR LES GRANDES PUISSANCES
A. En raison de sa situation stratégique
La région est riche en détroits dont le contrôle est vital en cas de conflit. Ce sont eux qui permettent
l’approvisionnement en pétrole pour la majeure partie des pays de la planète. En outre des oléoducs traversent la
région et nécessitent un contrôle permanent d’où l’implantation de nombreuses bases militaires.
Page 2
B. En raison de son intérêt économique
65% des réserves mondiales de pétrole se trouvent au Moyen Orient. L’Irak en dispose de 10%, le Koweit de 10% et
l’Arabie Saoudite de 25%. Jusqu’à la première guerre mondiale, la région était sous le contrôle de l’Empire Ottoman
qui s’est effondré après 1918 et a subi la confiscation de ses territoires comme allié de l’Allemagne. C’est la Grande
Bretagne et la France qui ont récupéré des influences sur la région car la SDN (Société des Nations, ancêtre de
l’ONU) leur avait confié des « mandats » sur ces terres. Après la Seconde guerre mondiale ce sont les Etats-Unis et
l’URSS qui renforcent leur influence et efface celle de l’Europe. Le Moyen-Orient était un enjeu dans la guerre
froide.
Après la chute de l’URSS en 1991, les Etats-Unis sont restés seuls maîtres du jeu. Sous GW Bush la guerre en Irak
cherche à mettre en œuvre un plan de contrôle de la région. Cet impérialisme a exaspéré les populations moyen
orientales et a poussé certaines d’entre elles à se tourner vers les courants les plus radicaux de l’islamisme :
salafisme et wahhabisme. Ainsi des organisations islamistes intégristes se sont enracinées dans les couches
populaires à la fois contre la présence américaine et occidentale (notamment en Arabie Saoudite normalement terre
de pèlerinage qui doit se protéger des non musulmans) mais aussi contre des régimes autoritaires et corrompus qui
ne satisfaisaient pas les populations. Ainsi :
Page 3




Le Hezbollah chiite libanais, soutenu par l’Iran et la Syrie est un mouvement islamiste radical qui a gagné les
élections au Liban,
le Hamas non chiite mais soutenu par les précédents est au pouvoir à Gaza,
les frères musulmans représentent 30% de la population égyptienne, et vont peser dans la réorganisation
du pays
Enfin AQPI (Al Qaïda en Péninsule Arabique) s’est implanté en Irak et au Yémen Surtout.
III LE MOYEN ORIENT EST UN ESPACE DE CONFLITS PERMANENT DEPUIS 1945
A l’origine de ces conflits et tensions, on trouve plusieurs causes :
Une opposition majeure entre Israël et ses voisins arabes qui dure depuis le plan de partage de la Palestine
en 1947 et qui a produit 4 guerres israélo-arabes : en 1948, en 1956, en 1967 et en 1973, plus des
interventions israéliennes au Liban. Israël bénéficie d’un soutien sans faille des Etats-Unis. Les Palestiniens
n’ont plus aujourd’hui que 22% du territoire prévu par le plan de partage, intégralement émietté par la
présence d’un mur construit par Israël pour se protéger, qui isole des villages et par l’implantation de
colonies juives sur les terres palestiniennes. L’autorité palestinienne de Cis-Jordanie présidée par Mahmoud
Abbas souhaite être reconnu comme un Etat par l’ONU et a déposé une demande en ce sens en septembre
2011. Pour l’heure seule l’UNESCO (organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture)
a accepté (voir cours suivant).
Des tensions politiques qui concernent des minorités nationales et/ou religieuses qui veulent une
reconnaissance de leur droit
 Les Kurdes en Irak, Syrie, Turquie et même en Iran.
 Des tensions entre chiites et Sunnites : ex la guerre entre Iran et Irak entre 1980 et 1988 la guerre
civile actuelle en Irak.
 Les agressions contre les chrétiens d’Orient en Irak, les coptes en Egypte
Des tensions entre des musulmans modérés majoritaires et des islamistes radicaux recourant parfois, pour
certains au terrorisme. Précisons que les djihadistes d’Al Qaïda ont fait plus de victimes musulmanes que
non musulmanes comme le montre cette carte à laquelle il faudrait rajouter notamment l’attentat de
Marrakech en 2011.
Page 4
Des tensions économiques liées aux inégalités de développement d’un pays à l’autre, aux différences de
potentiel touristique qui permet l’arrivée de devises, mais aussi au pétrole. L’implantation des réserves a
provoqué des rivalités entre Etats : Irak/Koweit, Iran/Irak
Des tensions liées aux autres ressources et surtout : « l’or bleu » l’eau. La région est marquée par l’aridité
et le stress hydrique (tension entre la disponibilité en eau d’un espace et la pression démographique qui
s’exerce sur ce même espace ). Il n’y a que trois fleuves qui alimentent cette région : le Tigre, l’Euphrate et
le Jourdain. Israël veut contrôler les nappes phréatiques majoritairement situées en territoires palestiniens
de Cis-Jordanie, la Turquie située en amont du Tigre et de l’Euphrate a fait construire des barrages (22) dans
le cadre du GAP (grand projet anatolien) qui diminuent le débit dont disposent la Syrie et l’Irak situés en
aval. Pour faire pression sur Bachar el Assad, la Turquie a menacé de fermer l’approvisionnement en eau de
la Syrie !
Page 5
Des tensions générées par les interventions étrangères : soutien américain à Israël et à des dictateurs
jusqu’au printemps arabe. Intervention militaire anglo-américaine en Irak depuis 2003 mais aussi
provocations iraniennes dans la volonté de ce pays de développer des armes nucléaires et de s’imposer dans
la région.
Page 6
Téléchargement