Section 2

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Section 2
Aux sources du classicisme
Il est d’usage de situer au moment du retour de Vouet de Rome en 1627 les débuts d'une ère nouvelle de la
peinture française. Les œuvres de cette salle illustrent cette époque de régénération et de renouveau qui va faire
de Paris la nouvelle capitale des arts même si cette évolution se produit à la faveur d'un constant dialogue
avec l'Italie. Ainsi Vignon a médité l'art direct et efficace du Caravage et Blanchard fut marqué par le chromatisme
et la lumière de Titien. De son côté, Bourdon traite Laban cherchant ses idoles comme une scène de genre
animalière à la manière du Gênois Castiglione.
Chaque tableau par son style, son sujet, son format, est représentatif d'un courant ou d'un genre riche d'avenir.
La Vierge à l’Enfant attribuée à Claude Deruet est un tableau de dévotion privée. Enée présente son fils
Ascagne à Didon de Michel Corneille l’Aîné constitue un carton de tapisserie, alors un art majeur et un élément
fondamental du décor des châteaux et des hôtels particuliers. L’Offrande à Cérés, proche de la manière de
Jacques Stella, illustre la persistance de thèmes romanesques traités dans l’esprit de Fontainebleau au milieu du
XVIIe siècle. La vision du Grand Siècle proposée par le collectionneur Jean-Pierre Changeux en montre toute la
richesse et la complexité.
Offrande à Cérès ( ?), Anonyme français Milieu du XVIIe siècle
Cette scène romanesque dans l’esprit du peintre Jacques Stella reste énigmatique. Sous l’invocation
de la statue antique de la Flore Farnèse, une jeune fille dépose une couronne de fleurs sur un autel.
Néanmoins, sa robe blanche évoque davantage Cérès, déesse de la terre que Flore, divinité des
fleurs aux mille couleurs. Le décor à l’antique et les couleurs froides sont caractéristiques de la
peinture parisienne autour de 1650.
Laban cherchant ses idoles, Sébastien BOURDON Montpellier, 1616 – Paris, 1671
Jacob s’était enfui de chez son oncle Laban avec ses deux femmes, Rachel et Léa en emportant les
teraphim (idoles) du foyer. Laban et ses fils ayant rattrapé les fuyards, ils les fouillent
méticuleusement. Rachel, assise sur le bât du chameau, cache les idoles sous son corps et prend
prétexte de ses règles pour refuser de se lever. Jacob reste ainsi en possession de ces idoles qui lui
permettront de revendiquer le droit d’aînesse. Le sujet est l’occasion d’une représentation
spectaculaire d’une caravane dans un paysage. Le peintre génois Castiglione s’est illustré dans ce
genre que Bourdon reprend avec bonheur.
Énée présente son fils Ascagne à Didon, Michel CORNEILLE Orléans, 1603 ? – Paris, 1664
Enée arrive à Carthage après la chute de Troie. Il envoie son fils Ascagne vers les navires chercher
les cadeaux pour la reine Didon. Vénus demande alors à l’Amour de se substituer à Ascagne. Dès
lors, le piège se referme et l’Amour va inspirer une passion fatale à Didon pour Énée. Au-dessus des
deux futurs amants, deux putti (petits amours) soulèvent le dais, l’un brandit la torche de l’amour,
l’autre le masque de la tromperie.
Dans le décor somptueux du palais de Carthage, les trésors ayant survécu au pillage de Troie sont
déployés. Le tableau est un modello pour une tapisserie qui faisait partie d’un cycle de l’histoire de
Didon et Enée.
Moïse sauvé des eaux, Thomas BLANCHET Paris, 1614 – Lyon, 1689
Le pharaon avait donné l’ordre de noyer dans le Nil tous les enfants mâles des Hébreux. La mère de
Moïse avait placé son fils dans un panier et l’avait laissé dériver. L’épisode représenté (la fille du
pharaon découvre la corbeille et recueille Moïse) est l’un des plus célèbres de la peinture
européenne. Cette importante composition d’esprit très italien résulte d’un long travail préparatoire et
a été copiée par le peintre italien Pier Francesco Mola.
Vierge à l’Enfant, Attribué à Claude DERUET Nancy, vers 1588 – 1660
Cet exemple de petit tableau de dévotion privée produit dans le cercle d’un artiste de cour peut se lire
de deux façons. On peut y voir simplement une image intimiste où les riches atours de la Vierge, la
fraîcheur du bouquet et la douceur des regards sont propices à une expression de la foi naïve et
directe. On peut aussi interpréter le bouquet comme une préfiguration de la Passion. En effet, le vase
peut évoquer l’Eucharistie, les roses la douleur et les anémones la Résurrection.
Saint Sébastien, Attribué à Jacques BLANCHARD Paris, 1600 – 1638
Sébastien, officier de l’armée romaine et martyr chrétien est souvent représenté soigné par Irène et
sa suivante après avoir été criblé de flèches. L’iconographie du saint soigné par un ange est
relativement rare et tardive. L’attitude du corps de saint Sébastien rappelle un antique célèbre, le
Gladiateur mourant, découvert avant 1623 à Rome. L’attribution à Blanchard est une hypothèse pour
ce tableau où le paysage et le goût antiquisant jouent un grand rôle.
Vierge à l’Enfant, Jacques BLANCHARD Paris, 1600-1638
Jacques Blanchard, surnommé le Titien français en raison de sa conception sensuelle de la peinture,
était admiré pour ses nus et pour ses petits tableaux de dévotion privée représentant la Vierge à
l’Enfant. En voici un très bel exemple tout en grâce et en spontanéité.
« Pasce oves meas » ou La Vocation de saint Pierre, Claude VIGNON1593-1670
Cette scène représente une étape fondamentale de la vocation de l’apôtre. Après sa résurrection et
la pêche miraculeuse du lac de Tibériade, Jésus demande par trois fois à Pierre : « M’aimes-tu ? ». Il
lui demande ensuite de « paître ses brebis », c’est-à-dire ses fidèles. Cette injonction « Pasce oves
meas » est inscrite sur la feuille que Jésus désigne. Deux clefs sont posées sur cette feuille, ce sont
les clefs de l’église que Jésus confie à Pierre. Vignon a concentré deux scènes en une, la remise
étant souvent figurée seule. Il s’agit d’une œuvre de jeunesse du peintre à son retour d’Italie.
Saint Martin ressuscitant un jeune homme, Sébastien BOURDON Montpellier, 1616 – Paris, 1671
Le banquier originaire de Cologne, Jabach, l’un des plus grands collectionneurs du XVIIe siècle en
France, avait commandé à Bourdon un tableau pour sa ville natale, dont voici l’une des esquisses. La
scène représente un miracle de saint Martin qui ressuscite un jeune homme décédé à la demande de
sa mère éplorée. La statue monumentale de Jupiter qui domine la scène indique bien que la foule est
d’obédience païenne. Saint Martin, évêque de Tours, était également vénéré à Cologne.
La Vierge recevant les insignes du patronage de la ville de Gênes dit aussi l’Annonciation,
Anton Maria VASSALO Gênes, 1617-1618 – Milan, 1660
L’iconographie de l’Annonciation est d’ordinaire immuable à quelques détails près. Dans ce tableau,
si l’on retrouve la plupart des éléments traditionnels comme le lutrin, la corbeille à ouvrage, l’attitude
de surprise de la Vierge, on constate que l’ange tient un sceptre et une couronne. Cette
représentation s’inscrit dans le contexte de la mise de la république de Gênes sous le patronage de
la Vierge décidée par le sénat en 1637. Cette protection solennelle sera immortalisée par une
production abondante d’œuvres d’art. Le peintre génois Vassallo, représenté dans les collections du
musée des Augustins par une Sainte Rosalie en gloire, démontre par ce tableau son assimilation du
grand style baroque de Van Dyck qui séjourna à Gênes, longtemps après son maître Rubens, entre
1621 et 1627.
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