1 La Suisse affronte un double défi sur le plan économique: à court

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La Suisse affronte un double défi sur le plan économique: à court terme, la crise du franc fort
menace notre économie, en particulier la place industrielle suisse. D’autre part, dès ces pro-
chaines décennies jà, la raréfaction de ressources essentielles constitue une menace. Pour
maintenir notre prospériet notre qualité de vie, les recettes dérégulatrices et passéistes prô-
nées par les partis bourgeois de droite sont sans effet et causent même des problèmes sup-
plémentaires. Les Verts proposent au contraire une politique économique répondant aux défis
de demain en réalisant l’indispensable modernisation écologique de notre économie et en fa-
vorisant l’innovation.
La croyance naïve dans les vertus d’un libre marché sans régulation aucune, la politique iso-
lationniste des nationalistes conservateurs ainsi que la politique de dumping salarial et fiscal
de la droite causent des problèmes majeurs qui menacent notre prospérité. Poursuivre une
telle politique aiguiserait encore ces problèmes au lieu de résoudre les difficultés auxquelles
nous sommes actuellement confrontés:
1. . Le dumping fiscal et le secret bancaire ont affaibli la position de la
Suisse en Europe. L’initiative contre l’immigration de masse, favorisée par les partis de
droite et insuffisamment combattue par les partis centristes remet en cause nos relations
avec les pays voisins. Ceci déstabilise les entreprises et les investisseurs et affaiblit notre
économie. Avec la politique de la droite bourgeoise, la Suisse apparaît comme un pays
« profiteur », qui cherche à accéder à de nouveaux marchés mais n’accepte d’ouvrir ses
frontières qu’aux capitaux étrangers.
2. . Notre économie est trop influencée par la pression aux rendements à
court terme des marchés financiers et toujours moins régulée démocratiquement. Cette
orientation, fondée sur le profit rapide et sans lendemain, renforce sa vulnérabilité. Du fait
des récentes crises financières et économiques en Europe, la Suisse et sa monnaie appa-
raissent comme des havres de sécurité. La surévaluation du franc suisse qui en résulte
met cependant notre place économique sous pression. Les offres de l’industrie d’exporta-
tion, du tourisme, de la gastronomie et du commerce de détail suisses sont devenues net-
tement plus chères en comparaison avec celles de nos voisins. A cause du franc fort, ces
branches se heurtent à la baisse de leur chiffre d’affaires et de leurs marges. Les employés
le ressentent aussi: emploi à temps partiel, augmentations des heures de travail non
payées et licenciements s’accumulent. Nous devons veiller à ce que la force du franc ne
débouche pas sur une crise de l’économie réelle.
3. . De nombreux grands groupes internationaux se soustraient de plus
en plus aux règles démocratiques, ils tentent par tous les moyens d’échaper au finance-
ment des prestations des collectivités publiques et mettent ainsi en péril le fondement de
l’égalité devant la loi. La fortune et les revenus, tout comme les chances de pouvoir mener
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une vie autonome, se concentrent toujours plus entre les mains d’un nombre plus restreint
de personnes. Aujourd’hui, les partis de droite ne trouvent rien de mieux que de miser de
nouveau sur une imposition des entreprises la plus basse possible et des droits spéciaux
pour les détenteurs étrangers de capital. Cela n’a pas grand-chose à voir avec une poli-
tique de développement économique durable si les impôts sont encore plus bas ailleurs.
Ce dumping fiscal prive aussi les autorités de moyens et de possibilités d’investissement.
Cela nuit aux services publics et à la qualité de vie.
4. . Le système économique actuel a fortement ac-
céléré le changement climatique et provoqué des problèmes environnementaux massifs
dans le monde entier. L’extinction des espèces, la désertification, l’acidification des
océans, les événements météorologiques extrêmes: tous ces phénomènes sont dus à une
politique économique non durable et orientée avant tout sur la croissance et le profit à court
terme. Grâce aux Verts, la politique environnementale a progressé en Suisse ces dernières
décennies. Nous sommes cependant encore loin de la durabilité. Au Parlement, les partis
de droite bloquent de nouvelles étapes, pourtant mûrement réfléchies, visant la transition
vers une économie verte et le tournant énergétique.
5. . Les êtres humains pillent et surexploitent depuis long-
temps les ressources naturelles et limitées de la planète. La question écologique est ainsi
devenue depuis longtemps également une question sociale, car ceux qui souffrent le plus
de la dégradation de l’environnement sont précisément les êtres humains qui peuvent le
moins se prendre en charge. Si les ressources naturelles, c’est-à-dire des ressources na-
turelles intactes, de l’eau pure ou des aliments sains continuent à se raréfier, les conflits
se multiplieront dans le monde entier et la richesse privée décidera encore plus fortement
de la destinée des individus.
Nous en sommes convaincus: l’économie peut aussi fonctionner sans destruction de l’envi-
ronnement, sans recherche du profit maximum et à court terme et sans exclusion sociale.
Nous pouvons faire autrement. Nous voulons développer une production, des échanges com-
merciaux et une consommation écologique et sociale, car c’est aussi ainsi que notre économie
résistera le mieux aux crises. Pour cela, il faut une politique financière, monétaire et de change
qui soit mise au service de l’économie réelle. La politique des taux d’intérêt négatifs de la
Banque nationale suisse contribue à atténuer quelque peu la force du franc. D’autres mesures,
comme un objectif monétaire, l’introduction d’une taxe sur les transactions financières, la limi-
tations du trading à haute fréquence ainsi que des prescriptions plus élevées sur les fonds
propres des banques sont nécessaires aujourd’hui pour stabiliser le système financier.
Les Verts veulent une économie novatrice et moderne, qui protège l’environnement, investisse
dans les technologies de l’avenir et augmente la qualité de vie. Nous voulons une culture
d’entreprise qui mette l’accent sur la responsabilité sociale et écologique, sur la durabilité et
les stratégies à long terme, plutôt que sur les rendements et les bénéfices à court terme. Nous
voulons une politique économique tournée vers l’avenir, qui tire parti des chances offertes par
la modernisation écologique au lieu de la bloquer. Nous sommes convaincus que la Suisse
peut être une pionnière, un exemple et un partenaire de choix pour une économie verte. Dans
ce but, nous nous attelons à quatre projets centraux:
. . Avec le tournant énergétique et la tran-
sition vers une économie verte, nous utilisons les ressources naturelles avec efficience et
renforçons ainsi la compétitivité de notre économie. Avec nos deux initiatives populaires
l’initiative pour une économie verte et l’initiative pour la sortie programmée du nucléaire
nous voulons promouvoir cette transition. Grâce à des conditions-cadre favorables aux
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méthodes de production économes en ressources, nous aidons les entreprises à réduire
non seulement leur consommation de matérières premières et dénergie, mais aussi leurs
coûts. Avec le développement de la revalorisation des matériaux, de l’économie de par-
tage et des énergies renouvelables, nous sécurisons des emplois dans l’industrie locale
et réduisons la dépendance aux importations. En favorisant l’innovation dans le secteur
des technologies propres, nous contribuons à ouvrir de nouveaux débouchés d’exporta-
tion sur des marchés internationaux en pleine croissance. Par une politique d’incitation à
l’égard des institutions financières, nous ouvrons la voie à des investissements durables,
socialement pertinents et plus sûrs à long terme.
. Il s’agit d’empêcher les licencie-
ments et la dégradation des conditions de travail aux dépens de la qualide vie des
employés. Nous nous engageons pour un État social stable, des salaires équitables, un
bon système de formation, suffisamment de places en garderie ainsi que pour une bonne
intégration des étrangers, plutôt que de leur fermer nos frontières. Compte tenu de la force
du franc, nous voulons développer la promotion de l’innovation de manière ciblée. Les
Verts soutiennent une promotion économique durable et ciblée de la part de la Confédé-
ration et des cantons en faveur de l’industrie du tourisme et de l’exportation, ainsi que de
l’économie régionale. Nous demandons toutefois que cette promotion économique soit
davantage axée sur un développement durable et que des critères de durabilité soient
pris en considération dans la sélection des projets. Pour financer une place économique
de qualité, il faut en outre une imposition équitable des entreprises. Le dumping fiscal
nuisible et le hold up sur les caisses fédérales prévus par le PLR et l’UDC privent la Con-
fédération et les cantons de leurs ressources.
. Les accords bilatéraux avec l’UE
sont une condition essentielle pour une économie qui préserve notre qualité de vie. Un
franc sur trois, environ, est gagné dans le commerce avec nos pays voisins. Nous nous
engageons par conséquent pour le développement de bonnes relations avec l’UE, et en
particulier pour une libre circulation équitable des personnes. Le commerce international
est important, mais il doit aussi être encadré par des normes écologiques et sociales, afin
d’améliorer la qualité de vie chez nous et chez nos partenaires. Les Verts combattent le
dumping social et environnemental. Le TTIP et TISA vont dans la fausse direction. Notre
initiative pour des aliments équitables ainsi que celle pour une économie verte et son
contre-projet sont urgemment nécessaires. Les entreprises aussi doivent respecter des
obligations de diligence et de transparence claires afin que les droits humains soient pré-
servés et l’environnement protégé.
La numérisation offre de
grands potentiels dans l’utilisation économe des ressources. Dans ce domaine, nous de-
vons aussi être attentifs à l’utilisation efficiente des matériaux et des ressources, du ma-
tériel informatique comme des logiciels. L’«Industrie 4.0» décrit la fusion entre l’informa-
tique et la production industrielle moderne. C’est une évolution que la place économique
suisse n’a pas le droit de manquer. Des technologies comme l’impression en 3D, les ro-
bots intelligents et le lien avec Internet en sont les moteurs. Les Verts demandent au
Conseil fédéral de mettre en place une « Plateforme industrie 4.0 » qui permettra d’ana-
lyser les opportunités et les risques de cette évolution avec des représentants des asso-
ciations économiques, des syndicats et du monde scientifique, afin d’en promouvoir les
développements positifs. Cette plateforme devrait aussi permettre deceler à temps les
défis sociétaux que l’ »Industrie 4.0 » pose pour notre vie professionnelle et privée et d’en
débattre.
DIE WIRTSCHAFT ÖKOLOGISCH
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La transition écologique est un vaste programme d’innovation et d’investissement, qui
crée de nouvelles bases solides pour notre économie. L’objectif est de faire mieux avec
moins et de passer à des sources d’énergie et à des matières premières renouvelables.
Dans le même temps, nous faisons des économies, nous créons des places de travail
dans l’industrie locale et nous renforçons nos exportations grâce à des produits inno-
vants. Précisément en raison du franc fort, il faut aller de l’avant dans la modernisation
écologique de notre économie.
Les innovations d’aujourd’hui déterminent l’approvisionnement en matières premières et les
émissions de demain. L’économie verte mise sur les technologies économes en ressources,
les énergies renouvelables, les réseaux électriques intelligents, les nouveaux matériaux et leur
revalorisation. Elle conduit par exemple à la modernisation des transports de proximité et à
longue distance, aux voitures à 3 litres de consommation ou à la mobilité électrique. Elle favo-
rise les villes et les quartiers écologiques ainsi que l’agriculture biologique. Une protection
conséquente de l’environnement et du climat accélère ce changement de structures, dirige les
investissements vers les technologies favorables à l’environnement et crée des places de tra-
vail durables, notamment dans les PME.
La transition écologique est un catalyseur pour les emplois d’avenir. Selon les évaluations
d’Ernst Basler + Partner, le taux d’occupation dans le secteur des technologies propres croît
chaque année de 6.7% en Suisse et a déjà atteint quelque 530'000 emplois à temps plein. Le
potentiel est de beaucoup supérieur si nous continuons à promouvoir de manière conséquente
la transition écologique de notre économie. De nouveaux emplois apparaissent dans des
branches très diverses, notamment dans le secteur des machines, dans l’artisanat, le bâtiment
ou l’ingénierie. Selon la Fondation suisse pour l’énergie, rien qu’avec le tournant énergétique,
quelque 85'000 nouveaux emplois peuvent être créés d’ici à 2035.
Les investissements dans l’utilisation efficiente des ressources aident les entreprises à faire
des économies. Selon le Réseau suisse pour l’efficacité des ressources (Reffnet), chaque
franc investi par la Confédération et les entreprises dans l’efficacité des ressources entraîne
une économie d’environ dix francs, grâce à la baisse de la consommation d’énergie et de
matériaux. En un an seulement, l’offre de Reffnet a permis aux entreprises qui participent au
projet d’économiser 2,5 millions de francs et de réduire leur empreinte écologique de l’équiva-
lent de la consommation de quelque 2500 habitants. Le potentiel est encore énorme, précisé-
ment dans la conception de produits respectueux pour l’environnement éco-conception»)
et offre en particulier une chance aux PME suisses.
Les investissements nécessaires pour une économie verte ne viennent pas seulement du sec-
teur public, mais de plus en plus du secteur privé. Les investissements durables ont augmenté
constamment depuis 2005 en Suisse, pour atteindre en 2013 un volume de 56.7 milliards de
francs. Comparés au volume global du marché suisse des fonds, ils ne représentent cepen-
dant qu’environ 3.8%. Mais il est possible de changer les choses: le canton des Grisons a
ouvert la voie en juin 2015. Par une votation populaire, il a été décidé que le canton et les
entreprises détenant des participations du canton ne pouvaient plus investir dans les centrales
à charbon. D’autres pays sont également actifs sur ce plan: la Norvège a décidé en juin de
retirer ses investissements dans le charbon. Et la France a lancé en mai un projet qui exige
des institutions financières de publier le bilan CO2 de leurs investissements. La Suisse aussi
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doit s’y mettre. L’Office fédéral de l’environnement, en commun avec le programme environ-
nement des Nations unies, a réalisé un rapport sur les moyens d’orienter le système financier
sur une économie verte. Dans une série d’interventions parlementaires, les Verts demandent
au Conseil fédéral de faire des propositions d’incitations pour une plus grande transparence
et une réduction du bilan carbone des investissements.
Les Verts veulent encourager les entreprises progressistes et innovantes à saisir les opportu-
nités qu’offre la transition écologique de notre économie et à conquérir les marchés du futur.
Dans ce but, nous collaborons étroitement avec les cercles économiques directement concer-
nés. Notre initiative populaire pour une économie verte a suscité, en guise de contre-projet,
une révision de la Loi sur la protection de l’environnement, qui reprend des éléments essentiels
de l’initiative. Ce projet rencontre un soutien actif dans le secteur des technologies propres,
avec Swisscleantech et dÖBU, dans celui du recyclage, avec Swissrecycling et l’ASED, dans
le commerce de détail, avec Migros et Coop, dans le secteur du bois, auprès des associations
de consommateurs ainsi que à une exception près dans tous les cantons.
Avec l’initiative pour la sortie du nucléaire, les Verts posent les jalons d’une sortie programmée
de l’énergie nucléaire, ce qui faisait largement consensus jusque dans les partis du centre
avant les élections de 2011. Un calendrier contraignant pour la sortie du nucléaire est une
condition essentielle à la mise en œuvre de la stratégie énergétique 2050. Car sans sécurité
des investissements, les incitations pour le développement des énergies renouvelables et l’ef-
ficacité énergétique ne peuvent être correctement exploitées. Il faut aussi des règles claires
pour l’industrie alimentaire. L’initiative pour des aliments équitables doit renforcer le marché
des aliments sains, produits dans le respect de l’environnement et des conditions de travail.
Ici comme ailleurs, nous regardons au-delà de nos frontières et nous soutenons autant les
agricultrices et les agriculteurs de Suisse que ceux des autres pays d’Europe et de l’hémis-
phère sud.
Concrètement, nous prônons en particulier les mesures et les conditions-cadre suivantes:
Ancrer dans la loi l’objectif de la préservation des ressources en tenant compte égale-
ment de l’impact sur l’environnement induit par nos importations;
Créer une plateforme pour l’économie verte avec des représentants du monde politique,
des associations économiques, du monde scientifique et des ONG;
Introduire des incitations pour favoriser des critères de durabilité pour les matières pre-
mières et les produits importés (entre autres le bois, l’huile de palme, le soja, la tourbe,
le coton, les textiles, le cacao, le café, le poisson, les fruits de mer);
Développer la revalorisation des matériaux (entre autres du plastic, des métaux, du
phosphore, des matériaux de terrassement, des déchets organiques);
Optimiser la durée de vie et d’utilisation des produits et des appareils, notamment par
de meilleures possibilités de réparation, des garanties plus longues, ainsi que par des
plateformes d’échange;
Instaurer des critères écologiques et sociaux contraignants dans les marchés publics;
Retirer les investissements dans le pétrole, le charbon et le gaz et faire de la place fi-
nancière suisse une pionnière des investissements dans le développement durable;
Développer le soutien aux énergies renouvelables et l’efficience énergétique et encou-
rager une sortie rapide du nucléaire;
Adapter la fiscalide manière à ce que les investissements dans les technologies res-
pectueuses de l’environnement soient récompensés.
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