Les mémoires de la seconde guerre mondiale
L'affirmation du mythe résistancialiste
* La reconstruction de la France impose en 1945 un retour rapide à l'unité de la nation. Cette unité se réalise dans l'élaboration du mythe
d'un pays quasi unanimement résistant. Le général de Gaulle présente le régime de Vichy comme une parenthèse.
* Les collaborateurs sont punis au plus vite. L'épuration conduit au jugement des principaux responsables de la collaboration (procès
de Bordeaux...)
* Certaines voix s'élèvent pour dénoncer cette mémoire résistancialiste (réhabilitation de Pétain, La traversée de Paris...)
→ Concurrences et conflits des mémoires
* La mémoire gaullienne devient prépondérante dès la fin de la guerre. Elle se renforce lorsque le général De Gaulle revient au pouvoir
en 1958 (transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon)
* La mémoire communiste s'affirme dans le contexte de la guerre froide. Le parti communiste se proclame « parti des 75 000 fusillés ».
Elle s'oppose à la mémoire gaulliste.
* La mémoire juive de la Shoah s'affirme dans les années 1960, à la faveur du procès Eichmann et de la révélation de la responsabilité
du régime de Vichy dans la déportation des Juifs de France.
→ L'éclatement mémoriel
* Un retour historique sur la France de Vichy permet, à partir des années 1970, de reconstruire la mémoire. Le travail des historiens
remet en question la thèse du glaive et du bouclier et le mythe résistancialiste, lutte contre le négationnisme et porte un éclairage plus
nuancé sur le quotidien des années de guerre (Robert Paxton, La France de Vichy...)
* A partir des années 1980, des procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité ont lieu entre les collaborateurs (Bousquet,
Papon...) ayant jusqu'alors échappé à la justice.
* En 1995, l'Etat reconnaît, après des années de silence, les crimes du régime de Vichy. La politique mémorielle officielle s'oriente
de plus en plus vers la commémoration de la mémoire de la Shoah et de la diversité des formes de résistance. Des lois
mémorielles sont adoptées (Lois Gayssot...)
Des hommes Des Etats Des témoignages Des archives
SECONDE GUERRE MONDIALE
Années
1940-70 Une mémoire résistancialiste
Des publications historiques (Paxton),
Des films (M. Ophuls, Le chagrin et la pitié, 1969,
C. Lanzmann, Shoah, 1985)
Années
1970-
2010
Une mémoire plurielle et
officielle
Peuvent s'opposer
Construisent
Peuvent
contredire
Influencent
Thème 1 : Le rapport des sociétés à leur passé
Chronologie
L'apogée du résistancialisme
1945 : Procès de Pétain et Laval
1961 : Procès Eichmann en Israel
1964 : Transfert des cendres de J. Moulin au Panthéon
L'éclatement mémoriel
1973 : R. Paxton, La France de Vichy
1985 : C. Lanzmann, Shoah
1987 : Procès de K. Barbie
1990 : Loi Gayssot
1995 : J. Chirac reconnaît la responsabilité de l'Etat français dans les crimes de Vichy
2005 : Mémorial de la Shoah
2014 : Transfert de 4 résistants au Panthéon
S1 : Socialisme et mouvement ouvrier en Allemagne depuis 1875
→ Un mouvement ouvrier allemand puissant dès al fin du XIXe siècle
* L''influence du marxisme pousse ouvriers et intellectuels allemands à s'organiser en partis politiques et en syndicats comme au congrès
de Gotha de 1875 et à intégrer l'Internationale ouvrière.
* Dès les années 1890, le mouvement ouvrier allemand se divise entre les partisans du jeu démocratique (les réformistes) et les
partisans de la révolution (les socialistes révolutionnaires ou communistes)
* Premier parti d'Allemagne en 1912, le parti social démocrate (SPD) se scinde entre partisans de la guerre et pacifistes qui fondent la
ligue spartakiste.
Un mouvement ouvrier déchiré par les révolutions et les persécutions entre 1914 et 1945
* L'appui du gouvernement à la répression de l'insurrection spartakiste de 1919 scelle la rivalité entre sociaux-démocrates et communistes.
Leur hostilité empêche toute union contre la montée en puissance d'Hitler.
* Face au nazisme, le mouvement ouvrier voit ses partis et ses syndicats interdits, et l'Etat se substituer à l'organisation syndicale.
La réforme des piliers idéologiques depuis 1945
* En RFA, dans le contexte de la guerre froide, le Parti social-démocrate abandonne les références marxistes lors du congrès de Bad
Godesberg en 1959. Les syndicats adhèrent au principe de la cogestion. Willy Brandt, chancelier en 1969, initie une politique de
reconnaissance mutuelle de la RDA et de la RFA, l'ostpolitik.
* En RDA, le mouvement ouvrier s'identifie à l'Etat communiste. Un parti unique et un syndicat communiste unique encadrent le monde
ouvrier.
* Les tendances réformistes et révolutionnaires des syndicats et partis ouvriers s'affrontent depuis 1990 en Allemagne autour des inégalités
persistantes en ex-RDA. La politique libérale du social-démocrate Gerhard Schröder provoque, au début du XXIe s., des tensions au sein
du mouvement ouvrier allemand. Depuis la réunification de 1990, le SPD s'est plusieurs fois retrouvé dans des coalitions de gouvernement
avec la CDU, comme depuis 2013 sous la direction de la chancelière CDU Angela Merkel.
Thème 2 : Idéologies et opinion en Europe de la fin du XIXe s. à nos jours
1875-1890
Création du SPD
Parti social-démocrate
1915
La ligue spartakiste
Rosa Luxemburg
1915
SPD
Réformiste dans l'Union sacrée
1918
KPD
Parti communiste
Réprime
De 1933 à 1945
Interdiction par les nazis du SPD et KPD
Réseaux de résistance du SPD
depuis Londres notamment
Réseaux de résistance du KPD
depuis Moscou notamment
Entre 1945 et 1989
En RFA En RDA
SPD renonce au marxisme
(Bad Godesberg 1959)
SPD fusionne avec KPD et donne le
SED = parti socialiste unifié, parti
unique
Depuis 1989/90
Réunification allemande
SPD
Gerhard Schröder
(1998-2005)
1989
PDS
2005-2009 et depuis 2013
Coalition avec la CDU
2007
Die Linke
NE PAS CONFONDRE
→ On appelle socialisme le marxisme réformiste.
→ On appelle communisme le marxisme révolutionnaire
Attention
Les pays communistes utilisent le mot socialisme comme synonyme de communisme
S2 : Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l'affaire Dreyfus
→ La IIIe république, âge d'or de la presse (fin XIXe-1940)
* En lui accordant une grande liberté par la loi de 1881, la IIIe république favorise l'essor de la presse. Dès lors, celle-ci joue un rôle majeur
dans la formation de l'opinion publique,
* Au cours des crises politiques majeures, la presse prend parti, comme lors de l'affaire Dreyfus ou de la crise de 1934.
* Durant la première guerre mondiale, l'Etat pratique la censure, tandis que certains journaux participent au bourrage de crâne.
→ Radio et télévision face aux crises (1940-1970)
* Dès le début de la 2GM, des journaux sont interdits. La radio devient un outil majeur de propagande pour les camps qui s'affrontent. :
Allemands, collaborateurs, résistants... on assiste à une vraie guerre des ondes,
* En 1945, la presse française renait, surtout celle née dans la Résistance (le républicain lorrain par ex.), tandis que la radio, puis la télé à
partir des années 1960, connaissent un véritable essor.
* La radio et la télé sont soumises à un monopole d'Etat, auquel seules échappent les radios périphériques. De plus en plus présents dans
les foyers, les médias audiovisuels jouent un rôle majeur lors des crises de 1958 et 1968.
→ L'ère de la communication depuis les années 1970
* Après mai 1968, le contrôle des médias par l'Etat est fortement critiqué. L'ORTF est démantelé en 1974. En 1982, la radio et la télé sont
libéralisées.
* Dans les années 1980, l'essor des télévisions privées accompagne l’avènement de la société de communication. Les politiques en font un
outil de communication essentiel.
* Dans les années 1990, l'essor d'internet et, dans les années 2000, des réseaux sociaux contraignent les médias traditionnels à se
renouveler face aux critiques. L'expression directe des citoyens par les sondages ou sur le web favorise la démocratie d'opinion.
Chronologie
Essor des médias
1881 : Lois sur la liberté de la presse
1945 : Monopole d'Etat sur la radio
1949 : Monopole d'Etat sur la télé
1964 : Création de l'ORTF
1982 : Libéralisation des médias audiovisuels
1993 : 1er navigateur internet
2000's : Développement des réseaux sociaux
Crises politiques
1894-1906 : Affaire Dreyfus
1898 : Emile Zola, J'accuse
1934 : Crise du 6 février
1940 : Appel du 18 juin sur la BBC
1958 : Retour de DG au pouvoir dans le contexte de la guerre d'Algérie
1968 : Grèves et crise de mai
2002 : Le front national au 2nd tour de l'élection présidentielle
Thème 3 : Puissances et tensions dans le Monde depuis 1918
S1 : Les Etats-Unis et le Monde depuis 1918
→ Les EU, une puissance hésitante (1918-1945)
* Grand gagnant du premier conflit mondial, les EU sont à l'origine de la fondation de la SDN. L'idéal wilsonien du droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes se diffuse, même si les EU refusent finalement d'intégrer la SDN.
* Entre les deux guerres, la politique étrangère américaine oscille entre interventionnisme et isolationnisme.
* Vainqueurs de la 2GM en 1945, les EU imposent, au lendemain du conflit, un nouvel ordre politique et économique mondial. Ils fondent les
principales institution multilatérales d'après-guerre, quelles soient politiques (ONU) ou économiques (FMI).
→ Les EU, une superpuissance qui s'assume, leader du monde libre pendant la guerre froide
* Face à la constitution progressive d'un bloc communiste à l'Est, les EU aident à la reconstruction économique de l'Europe par le plan
Marshall (1947). Ils développent un réseau d'alliances (OTAN) et poussent à une association européenne entre les alliés de l'Ouest.
* De 1947 à 1991, les EU prennent la tête du bloc occidental et combattent l'expansion du communisme partout dans le monde (containment).
Les guerres de Corée et du Vietnam ainsi que l'aide aux groupes et Etats hostiles à l'influence soviétique (moujjahidin d'Afghanistan) et la
déstabilisation de régimes politiques considérés comme des ennemis (Allende/Pinochet au Chili en 1973), font des EU les « leaders du monde
libre ».
* La capacité d'influence américaine connait des remises en question, en particulier dans les années 1970 (Vietnam). Elle se réaffirme avec
force sous les mandats de R. Reagan (« America in back »).
→ Depuis 1991, la difficile construction d'un nouvel ordre mondial : vers une redéfinition de la puissance
* Les EU sortent vainqueurs de la GF et semblent sans rival. G. Bush se prononce pour la création d'un nouvel ordre mondial garanti par une
action multilatérale des pays épris de justice et liberté (guerre du Golfe en 1991) Les EU entendent promouvoir la démocratie et
l'économie de marché dans le monde (enlargement ou doctrine Clinton). La superpuissance américaine se mue en hyperpuissance dans les
1990's et deviennent les « gendarmes du monde ».
* Après les attentats du 11 septembre 2001, les EU déclarent « la guerre au terrorisme » et interviennent contre les Etats qu'ils associent à
« l'axe du mal ». Ils privilégient alors l'unilatéralisme.
* A partir de 2008, les EU sont affaiblis par la crise économique et la montée en puissance de rivaux sur la scène internationale (Chine). A la
faveur de l'élection de B. Obama, ils renouent avec le multilatéralisme et s'oriente vers le smart power qui prend en compte l'émergence de
ces nouvelles puissances.
1918-1945 : Un internationalisme qui s'affirme progressivement
Victoires dans les deux
Guerres mondiales
Assurer la sécurité collective (14 points de Wilson/Yalta)
Maintenir la paix (SDN/ONU)
Une tradition isolationniste encore très présente (lois de neutralité)
1947-1991 : Une superpuissance assumée
Guerre froide
(monde bipolaire)
Etre leader du bloc de l'ouest
Développement du hard power et soft power
Endiguer le communisme (containment)
Depuis 1991 : de l'hyperpuissance à la contestation de la puissance américaine
Un « nouvel ordre mondial »
Assurer la sécurité politique et économique
Lutter contre de nouvelles menaces
Redéfinir la puissance (smart power)
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