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- intégrer l’actif long terme capital humain dans
une stratégie équilibrée coûts et hors coûts : le
capital humain doit faire partie du business plan de
l’entreprise, et prendre une place équitable dans les
arbitrages investissement/financement, notamment
lorsque l’entreprise connaît une croissance forte,
des opérations de fusions-acquisitions, des ruptures
technologiques, des changements de processus
majeurs ou des modications du périmètre d’activité (à
l’occasion de dé/relocalisations ou de restructurations),
- élargir la gouvernance au capital humain, en le
mettant plus systématiquement à l’agenda du conseil
d’administration, auquel devraient être présentés
la stratégie capital humain comme le suivi de ses
résultats avec une sélection limitée mais appropriée
d’indicateurs. Les travaux des comités du Conseil
pourraient s’enrichir de cette dimension : analyse de
la cartographie des risques en élargissant les risques
nanciers aux risques extra nanciers relatifs au capital
humain au sein du Comité d’audit, recommandations
du comité des rémunérations d’intégrer dans la
rémunération variable des dirigeants des critères
long terme relatifs à la valorisation du capital humain,
expression par le comité de nomination d’une exigence
de talents en ce domaine lors de la sélection des
dirigeants actuels ou futurs (plans de succession),
- dynamiser l’innovation9 pour en capter toutes
les sources qui se diversifient fortement, alliant de
façon croissante créativité interne et externe (ex:
co-création de l’offre avec les clients et parties
prenantes), technologique et non technologique (ex:
relation client, procédé de commercialisation, nouveau
concept ou business model), en misant sur l’intelligence
collective (animée par réseaux internes, communautés
professionnelles, tribus d’innovation…), quand le
partage fait la valeur,
- adapter les processus organisationnels et les modes
de management, dépassant un verticalisme désormais
insufsant, en s’appuyant sur les leviers du numérique,
vers une entreprise apprenante10 et collaborative …
mais en sachant gérer certains risques potentiellement
disruptifs de hiérarchie et de culture,
- en complément des indicateurs RSE (où la France
est déjà très avancée), mesurer le capital humain
par quelques critères extra nanciers appropriés (à
sélectionner avec vigilance pour que l’investissement
reste marginal), en vue d’un pilotage enrichi et plus
intégré11 de la performance durable de l’entreprise,
où la contribution du capital humain à la création de
valeur est rendue davantage visible et compréhensible,
- communiquer sur ce capital humain pour une
reconnaissance et une valorisation efciente par les
marchés de cet investissement ainsi que l’obtention
de son nancement équitable (enjeu tout particulier
pour les PME-ETI12). L’objectif est surtout de donner
confiance aux parties prenantes dans un business
model avec de la vision et du sens où les valeurs font la
valeur. Comme perspective positive, la Tribune Sciences
Po souligne les développements de l’analyse et du
rating extra nanciers, ainsi que différentes initiatives
pionnières de prise en compte du capital humain par
certains acteurs des marchés financiers (analystes
nanciers et extra nanciers, investisseurs13, institutions
boursières…).
A un niveau plus macro-économique, la Tribune Sciences
Po propose quelques lignes d’une politique économique,
scale et nancière pour lever certains freins et libérer
le mieux investir dans le capital humain tant au niveau
des acteurs économiques que des territoires et lières.
Les travaux de la Tribune Sciences Po se veulent lanceurs
d’alerte sur l’urgente utilité de cette compétitivité de
nature différente, indispensable à la restauration des
marges des entreprises par une offre innovante à forte
valeur ajoutée, dans une économie des usages, des
fonctionnalités et de l’immatériel.
Sous l’égide de
Intégrer le capital
humain dans
la stratégie et
la gouvernance
de l’entreprise
participe à une
dynamique
différenciante de
conmpétitivité
long terme,
de croissance
durable et
inclusive
1 AFECA (Association des Femmes diplômées d’Expertise Comptable
administrateurs)/www.femmes-experts-comptables.com
2 EWoB (European Women on Boards)/www.
europeanwomenonboards.eu
3 «Capital humain : quelle innovation pour un choc de compétitivité ? »
dans la collection des études institutionnelles du CSOEC, en partenariat
avec le CSOEC, la FFP et Easybourse, à partir d’une combinaison de
recherches académiques, de décryptage de l’actualité des affaires et
d’interviews de dirigeants d’entreprises et d’institutions nationales
ou internationales (www.boutique-experts-comptables.com/capital-
humain-c2x14751014 ou www.easybourse.com)
4 Voir par ailleurs de l’auteur « Economie de l’immatériel : quels enjeux
de compétitivité et de croissance durable ? » Revue Analyse Financière
n°39
5 Malgré le manque de mesures macroéconomiques à cet égard, les
investissements immatériels étant difcilement identiables en tant
que tels parce que le plus souvent considérés comme des charges
intermédiaires, en comptabilité nationale (malgré quelques récentes
améliorations comme l’intégration dans le PIB des bases de données,
des résultats de la R&D…)
6 Source : Standards & Poors
7 Source : Brand Finance - Global Intangible Finance Tracker
8 Nanotechnologie, Biotechnologie, Intelligence collective
9
Voir par ailleurs de l’auteur : « Gouvernance de l’innovation quels
enjeux de compétitivité ? » - Revue DFCG Echanges
10 D’après l’OCDE, les entreprises apprenantes génèrent les meilleures
innovations de pointe.
11 Voir les travaux de l’IIRC (International Integrated Reporting
Committee), où le capital humain est reconnu comme un des 6
capitaux majeurs de l’entreprise.
12 85% de 415 entreprises interrogées par BPI France reconnaissent
rencontrer des difficultés à trouver des financements pour des
investissements immatériels dont en matière de capital humain
13 Ex : le fonds AXA WF Framington Human Capital investit, avec un
package de critères dédiés, dans des entreprises misant sur le capital
humain, observant une tendance de ces entreprises à surperformer
sur le long terme.