DOSSIER – MĂ©decine gĂ©nique
> Dépistage et prévention
> Prédisposition héréditaire au cancer
> La petite histoire de la médecine génique au CHUM
Aussi dans ce numéro :
L’aide mĂ©dicale Ă  mourir, le soutien de toute une Ă©quipe
CENTRE HOSPITALIER DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL VOLUME 7 - NUMÉRO 2 - ÉTÉ 2016
Linda et LoĂŻc
La mĂšre et le ïŹls ont en
commun une maladie
orpheline, toute une équipe
de médecins et spécialistes,
et une vie intense qui les
rapprochent chaque jour.
Leur histoire, page 7
2 CHUMAGAZINE
ÉDITRICE
IrĂšne Marcheterre
RÉDACTRICE EN CHEF
Lucie Poirier
COLLABORATRICES
Mariane Bouvette, Marie-Claude Bray, Isabelle Girard,
JosĂ©e LaïŹ‚amme, Marie-Pierre LaïŹ‚amme, Claudette Lambert
CONCEPTEUR GRAPHIQUE
André Bachand
PHOTOGRAPHES
Luc LauziÚre, Stéphane Lord (page couverture)
RÉVISEURE
Johanne Piché
IMPRIMEUR
Imprimerie JB Deschamps
Sauf pour les inïŹrmiĂšres, le masculin est utilisĂ© dans les textes aïŹn de faciliter
la lecture, et désigne aussi bien les hommes que les femmes.
Les articles du CHUMAGAZINE peuvent ĂȘtre reproduits sans autorisation,
avec mention de la source. Les photos ne peuvent pas ĂȘtre utilisĂ©es
sans autorisation.
ISSN 1923-1822 CHUMAGAZINE (imprimé)
ISSN 1923-1830 CHUMAGAZINE (en ligne)
POUR JOINDRE LA RÉDACTION, COMMENTAIRES ET SUGGESTIONS
DISPONIBLE SUR LE WEB
chumagazine.qc.ca
L’EXCELLENCE AU SERVICE DE NOS PATIENTS ET DE LA POPULATION
Le Centre hospitalier de l’UniversitĂ© de MontrĂ©al est un hĂŽpital innovant au
service des patients. Il offre les meilleurs soins, spécialisés et surspécialisés,
aux patients et à toute la population québécoise. Grùce à ses expertises
uniques et ses innovations, il améliore la santé de la population adulte et
vieillissante. HĂŽpital universitaire afïŹliĂ© Ă  l’UniversitĂ© de MontrĂ©al, le CHUM
a une vocation de soins, de recherche, d’enseignement, de promotion de la
santĂ© ainsi que d’évaluation des technologies et des modes d’intervention
en santĂ©. Dans une perspective d’offrir un continuum de soins et de services
à la communauté, la gouvernance du CHUM est partagée avec celle du CHU
Sainte-Justine, centre hospitalier universitaire mĂšre-enfant.
Le CHUM est afïŹliĂ© Ă  l'UniversitĂ© de MontrĂ©al et membre actif du
Réseau universitaire intégré de santé (RUIS).
umontreal.ca
HÔTEL-DIEU DU CHUM
3840, rue Saint-Urbain, Montréal (Québec) H2W 1T8
HÔPITAL NOTRE-DAME DU CHUM
1560, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 4M1
HÔPITAL SAINT-LUC DU CHUM
1058, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 3J4
CENTRE DE RECHERCHE DU CHUM
Pavillon R, 900, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 0A9
UN SEUL NUMÉRO DE TÉLÉPHONE : 514 890-8000
chumontreal.qc.ca
3 Éditorial
4 L’aide mĂ©dicale Ă  mourir,
le soutien de toute une équipe
6 Recherche — Chasseurs de rĂ©servoirs
7 TĂ©moignage — L’histoire de Linda et LoĂŻc
8 DOSSIER : La médecine génique
15 Enseignement — Une relation de conïŹance
entre patient et stagiaire
16 Une journée dans la vie de Caroline Landry,
perfusionniste
18 Promotion de la santĂ© — Trois minutes pour
favoriser l’arrĂȘt tabagique
19 Actualités
21 La passerelle du nouveau CHUM
22 La Fondation du CHUM
Sommaire
Le CHUMAGAZINE
est publié par la Direction des
communications et de l’accùs
à l’information du CHUM
Pavillon S
850, rue Saint-Denis
Montréal (Québec)
H2X 0A9
Consultez le rapport
d’activitĂ©s 2015-2016
du CHUM
rachum.ca/chum2016
CHUMAGAZINE 3
Dr Fabrice Brunet
Président-directeur général
Éditorial
La mĂ©decine de l’avenir
Ă  nos portes
Détecter les cancers plus tÎt, mieux cibler les traitements pour
chaque patient, diagnostiquer la maladie avec plus de précision et
mĂȘme l’éviter lorsque cela est possible
 N’est-ce pas lĂ  notre objectif
Ă  tous?
Au printemps dernier, des centaines d’intervenants participaient
au tout premier CongrÚs international sur les soins de santé
personnalisĂ©s qui se tenait Ă  MontrĂ©al. J’ai eu le plaisir d’y animer
une table ronde sur le rĂŽle des administrateurs dans l’intĂ©gration de
cette approche novatrice en santé.
La mĂ©decine Ă©tant, de par sa nature-mĂȘme, personnalisĂ©e, qu’en
est-il donc de cette nouveauté? Les professionnels du Regroupement
en soins de santé personnalisés au Québec vous diront que cette
approche s’appuie non seulement sur une information plus complùte
et une meilleure connaissance des patients, de leur environnement
et de leur mode de vie, mais aussi sur certaines caractéristiques
molĂ©culaires et sur leur proïŹl gĂ©nĂ©tique.
À cet Ă©gard, je suis heureux de vous prĂ©senter en ces pages un
dossier complet sur le Service de médecine génique du CHUM dirigé
par un éminent spécialiste, le Dr Pavel Hamet. Les grandes vedettes
de cette médecine des 4P (préventive, prédictive, personnalisée
et participative) demeurent toutefois nos patients qui doivent
collaborer pleinement avec le personnel mĂ©dical Ă  titre d’experts
de leur santĂ©. Je vous invite Ă  lire l’histoire de Linda et LoĂŻc, des
patients inspirants qui ont en commun une rare maladie génétique
et beaucoup de courage.
Le patient est, bien sĂ»r, au cƓur de toutes nos dĂ©cisions, mĂȘme si
certaines peuvent parfois ĂȘtre dĂ©chirantes. Ce numĂ©ro vous prĂ©sente
aussi un article sur l’aide mĂ©dicale Ă  mourir et vous dĂ©montre
comment les professionnels du CHUM ont mis en place des équipes
et des protocoles pour s’assurer de respecter la volontĂ© du patient
et les rÚgles édictées par la loi.
Il y a un an déjà, je devenais président-directeur général du
CHUM dans le cadre du regroupement avec le Centre hospitalier
Sainte-Justine. Je tiens Ă  rĂ©itĂ©rer Ă  quel point je suis heureux d’ĂȘtre
Ă  la tĂȘte de ces deux Ă©tablissements innovants et je remercie les
équipes formidables qui vont toujours plus loin pour améliorer les
soins et les services Ă  la population.
4 CHUMAGAZINE
Quelles sont les Ă©tapes d’une demande?
Lorsqu’un patient fait une demande, plusieurs Ă©tapes sont
nécessaires. La volonté du patient est toujours respectée,
mais les valeurs du médecin traitant et des professionnels
qui l’entourent sont aussi pris en compte. Notre experte nous
explique qu’un mĂ©decin peut refuser d’offrir l’aide mĂ©dicale
à mourir par objection de conscience. Un autre médecin
désigné prend alors le relais.
Durant la réflexion préalable, une discussion ouverte
s’engage avec le patient. L’échange doit par ailleurs ĂȘtre
engagĂ© par le patient. Ce dernier ofïŹcialise sa demande en
signant un formulaire ministĂ©riel, qui doit aussi ĂȘtre signĂ©
par son médecin traitant ou par un professionnel de la santé
membre d’un ordre professionnel reconnu.
À la suite des recommandations de la Commission
spéciale sur la question de mourir dans la dignité, la
Loi concernant les soins de ïŹn de vie est entrĂ©e en
vigueur au Québec le 10 décembre 2015. Depuis, les
Ă©tablissements de santĂ© sont tenus d’offrir tous les
soins de ïŹn de vie prĂ©vus par la Loi. De quelle façon ce
changement de pratique se concrétise-t-il au CHUM
et comment les professionnels accompagnent-ils les
patients dans cette étape ultime de leur vie?
Respect, écoute et dignité
Sandra D’Auteuil, adjointe au directeur des services
professionnels et mĂ©canismes d’accĂšs (DSP-MA) du CHUM,
et rĂ©pondante de l’établissement auprĂšs du MinistĂšre, a
Ă©tĂ© au cƓur de cette dĂ©marche. Durant les mois qui ont
prĂ©cĂ©dĂ© l’adoption de la Loi, elle a assistĂ© Ă  des rencontres
avec les reprĂ©sentants d’autres Ă©tablissements de santĂ©
et du MinistÚre. Au CHUM, elle préside un comité formé
de différents spécialistes (médecins, conseillÚres en soins
spécialisés, psychologues, pharmaciens, travailleurs
sociaux, intervenante en Ă©thique), d’une patiente ressource
et d’autres personnes. RĂ©unies autour d’une mĂȘme table
sur cette question fondamentale, ces personnes ont eu le
mandat d’organiser les services.
« Au moment de l’entrĂ©e en vigueur de la Loi, explique
Mme D’Auteuil, nous Ă©tions prĂȘts. La politique de
l’établissement et les deux protocoles cliniques Ă©taient
rédigés : le protocole sur la sédation palliative continue et le
protocole sur l’aide mĂ©dicale Ă  mourir. La sĂ©dation palliative,
qui consiste à apaiser la souffrance, était déjà autorisée et
n’a pas constituĂ© un grand changement de pratique. En ce
qui a trait Ă  l’aide mĂ©dicale Ă  mourir, tout Ă©tait Ă  bĂątir au sein
des équipes. »
L’aide mĂ©dicale Ă  mourir,
le soutien de toute une équipe
Parcours d’une
demande ofïŹcielle
d’aide mĂ©dicale
Ă  mourir (AMM)
Les six conditions autorisant
l’aide mĂ©dicale Ă  mourir au QuĂ©bec
Seule une personne qui satisfait Ă  toutes les conditions
suivantes peut obtenir l’aide mĂ©dicale Ă  mourir :
1. Le patient est assuré au sens de la Loi sur
l’assurance maladie.
2. Il est majeur et apte Ă  consentir aux soins.
3. Il est en ïŹn de vie.
4. Il est atteint d’une maladie grave et incurable.
5. Sa situation médicale se caractérise par un déclin
avancé et irréversible de ses capacités.
6. Il éprouve des souffrances physiques ou psychiques
constantes, insupportables et qui ne peuvent ĂȘtre
apaisĂ©es dans des conditions qu’il juge tolĂ©rables.
MÉDECIN
TRAITANT
ADMINISTRATION
DE L’AMM
FIN DE LA
DÉMARCHE
OBJECTION DE
CONSCIENCE
AUTRE MÉDECIN
DÉSIGNÉ
CONFORMITÉ
AUX 6 CONDITIONS
AVIS D’UN
2e MÉDECIN
OUI
NONOUI
NON
FIN DE LA
DÉMARCHE
Une fois une demande ofïŹcielle formulĂ©e, deux mĂ©decins
doivent s’assurer que la personne satisfait bien aux critùres
prescrits par la Loi pour que l’aide mĂ©dicale Ă  mourir soit
accordée. Si un premier médecin considÚre que la personne
ne satisfait pas aux six critĂšres, la dĂ©marche s’arrĂȘte lĂ . Si le
premier mĂ©decin autorise la demande, l’avis d’un deuxiĂšme
médecin indépendant du premier, et du patient, est alors
exigé.
CHUMAGAZINE 5
Regard privilégié sur la vie
d’une patiente qui a frĂŽlĂ© la mort
Mme Ghislaine Rouly est une patiente ressource au CHUM.
Elle fait partie du comitĂ© de gouvernance de l’aide mĂ©dicale
à mourir soutenu par le ministÚre de la Santé et des Services
sociaux ainsi que du groupe interdisciplinaire de soutien
du CHUM. Parmi les professionnels de la santé et autres
intervenants, elle se démarque en donnant le point de vue
du patient. En raison de son expérience, elle porte un regard
unique sur la vie et la mort.
Mme Rouly souffre depuis la naissance d’une maladie
orpheline rare qui lui a causé de nombreuses souffrances et
hospitalisations. Elle a subi un arrĂȘt cardiaque en 1983 et a
été plongée dans un coma pendant presque six mois. Elle a
survĂ©cu Ă  trois cancers et accompagnĂ© sa ïŹlle dans la mort.
Un parcours singulier qui fait en sorte qu’elle a passĂ© sa vie
dans les hĂŽpitaux.
Pendant de nombreuses années, elle a fait de
l’accompagnement de ïŹn de vie dans divers hĂŽpitaux au
Canada, au Japon et aux États-Unis. Le conseil qu’elle donne
aux proches : parler Ă  la personne qui est en soins palliatifs
comme à une personne vivante! « Elle est là, elle est en vie,
proïŹtez-en pour lui parler, la cajoler. Dites-lui tout ce que
vous avez envie. Vous aurez tout le temps pour pleurer
par la suite! » Une présence empreinte de sérénité et de
douceur, Ghislaine Rouly est un ange qui veille sur tous. Elle
est actuellement prĂ©sidente de l’Association des auxiliaires-
bĂ©nĂ©voles du CHUM oĂč elle continue de faire du bien en
organisant des activitĂ©s de ïŹnancement au bĂ©nĂ©ïŹce des
patients.
Des champions de la Loi en renfort
aux équipes de soins
Afin de soutenir et d’appuyer les mĂ©decins et les
professionnels de la santé qui doivent faire face à
une demande d’aide mĂ©dicale Ă  mourir, le MinistĂšre a
recommandĂ© la formation d’un groupe interdisciplinaire de
soutien (GIS). Une dĂ©marche qui s’est concrĂ©tisĂ©e au CHUM.
Ces experts de la loi sont mobilisĂ©s dĂšs qu’une demande
est formulée ou en cours de processus. Ils peuvent alors
répondre aux demandes du personnel, clarifier certains
points techniques de loi et accompagner les équipes dans le
cheminement d’une demande. Depuis la mise en application
de la Loi, les membres du GIS sont tĂ©moins d’une belle
progression au sein des équipes de soins. La crainte initiale
fait place Ă  la conïŹance. Des soins palliatifs empreints de
respect continuent d’ĂȘtre offerts aux personnes souffrant
de maladies incurables, et l’aide mĂ©dicale Ă  mourir demeure
une situation marginale.
Le groupe interdisciplinaire de soutien
pour l’aide mĂ©dicale Ă  mourir
Rangée 1, de gauche à droite : MichÚle Mayer, chef du Service de
la gestion des risques et de la qualité; Ghislaine Rouly, patiente
ressource; Dre Suzanne Leclair, psychiatre et chef du Service de la
consultation liaison; Dre Louise Gagnon, médecin et chef du Service
des soins palliatifs; Ginette David, intervenante en soins spirituels;
Amélie Coutu-Hébert, travailleuse sociale.
Rangée 2, de gauche à droite : Line St-Amour, psychologue; Louise
HandïŹeld, conseillĂšre en soins spĂ©cialisĂ©s; Dre Jacynthe Rivest,
psychiatre; Claudine Tremblay, conseillÚre en soins spécialisés;
Sandra D’Auteuil, adjointe au directeur des services professionnels
et mĂ©canismes d’accĂšs – volet mĂ©dical, et coordonnatrice du GIS;
Lucie Martin, psychologue.
Absents : Dr Louis Blair, intensiviste; Dr Pierre Duquette, neurologue;
Dre Brigitte Migneault, anesthésiologiste; Dre Caroline Ouellet,
intensiviste; Andrée Néron, pharmacienne et Normand Tremblay,
patient ressource.
« La chose la plus importante
que j’ai apprise, c’est de ne pas
avoir peur de la mort, car elle
fait partie de la vie! »
Ghislaine Rouly, patiente ressource
Sandra D’Auteuil, adjointe
au directeur des services
professionnels et mécanismes
d’accĂšs, et rĂ©pondante de
l’établissement sur la question
de l’aide mĂ©dicale Ă  mourir
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