que la Banque Mondiale, soit 67 milliards de dollars), et si la Chine détenait ainsi en 2013 1277
milliards de dollars, devenant le premier créancier des Etats-Unis, les fonds souverains et les
investisseurs étatiques se dirigent de plus en plus vers l'Europe. La gestion des réserves chinoises
est en effet confiée à des fonds souverains comme le fameux CIC qui a pour but d'investir dans des
sociétés étrangères, et à la State Administration of Foreign Exchange, qui favorise les marchés
américains du fait de sa stratégie d'investissement axée sur la sécurité des placements : les
placements aux Etats-unis sont avantageux car sûrs juridiquement et financièrement, les Etats-Unis
restant encore la première économie. Le déplacement timide vers l'Europe traduit la nécessité de
diversification des avoirs en dollars trop tournés vers les Bon du Trésor américains. La Chine
investit en effet dans les pays les plus secoués par la crise, ceux dits du Sud de l'Europe, par
exemple en souscrivant aux emprunts que l'Espagne ou le Portugal émettent, les montants s'élevant
à des milliards de dollars : aujourd'hui la Chine serait détentrice à hauteur de 7% de la dette
européenne. Là encore les intérêts sont d'ordre financier : la bonne santé de la Chine dépendant
largement de celle su système internationale les investisseurs publics ou privés chinois ont donc tout
intérêts à ceux que l'Europe de sombre pas, entrainés par quelques pays en difficulté. L'intérêt est
par ailleurs stratégique car face aux Etats-Unis l'UE peut constituer un contrepoids.
Les investisseurs chinois sont ainsi présents sur tous les fronts, et le financement des dettes
publiques par les investisseurs chinois révèle aussi qu'à travers ces investissements qui inquiètent
souvent, se dessine une nouvelle carte des relations d'interdépendance entre les pays du monde.
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Les contestations face aux investissements chinois et les effets sur les territoires.
Face au développement des ramifications chinoises dans les économies nationales, des voix
s'élèvent de plus en plus, témoignant parfois des problèmes culturels que peuvent engendrer la
stratégie d'investissements chinois. En France, le domaine viticole, considéré comme un véritable
patrimoine national, fait souvent l'objet de vifs scandales et protestations relégués par la presse suite
aux nombreux rachats de terrains par des investisseurs chinois. C'est ainsi qu'en août 2012, et ce
malgré le mobilisation des syndicats des vignerons le domaine de Gevrey Chambertin a été cédé
pour la modique somme de 8 millions d'euros à un propriétaire de casinos de Macao. Ces rachats
sont souvent critiqués et déplorés, accusés de mutiler le patrimoine français. Il faut cependant
relativiser ces investissements, car les principaux investisseurs restent français à 60%. De plus ces
rachats spectaculaires autant pas leur somme que par leur symbolique permettent souvent de sauver
des châteaux, des domaines, des hôtels particuliers en difficulté et qui ne trouvent pas de repreneurs.
Face à ces rachats retentissants la nuance est donc de rigueur, les aspects négatifs gommant souvent
les points positifs qui en ressortent.
Les entreprises elles-mêmes refusent parfois des projets : on se souvient que General
Motors, bien qu'en difficulté, avait refusé de vendre Opel à Beijing Automotive Industry, du fait du
transfert technologique de pointe que ce rachat sous-entendait. Les autorités ont aussi leur mot à
dire en ce qui concerne les projets de fusion ou d'acquisition : aux Etats-Unis le Comité des
Investissements Etrangers qui étudie les dossiers peut user d'un droit de veto quand les secteurs
stratégiques de l'économie américaine sont en jeux. Ainsi par exemple, l'entreprise Huawei s'est vu
refuser l'acquisition de 3Leaf, firme américaine spécialisée dans le cloud computing, utilisé par les
grands champions de l'informatique comme Microsoft, Apple, Google...Aussi, si l'Europe est très
ouverte à ces investissements du fait de la crise que traversent les pays de l'UE, le Sénat des Etats-
Unis tire la sonnette d'alarme en ce qui concerne les investissements chinois dans les secteurs qui
peuvent mettre en jeu la sécurité nationale comme celui des télécommunications.
Les effets de ces investissements sur les économies nationales sont par ailleurs modestes,
alors que d'ordinaire, les investissements de capitaux étrangers ont pour effet de stimuler les
économies et le tissu productif. Or ce n'est pas forcément le cas aujourd'hui. Dans les pays du Nord
en difficulté, comme la Grèce ou l'Espagne, l'arrivée de capitaux étrangers a certes permis la
diminution de leur dette, le rachat de firmes au bord de la faillite a aussi permis de préserver des