Michel Majerus - CAPC musée d`art contemporain de Bordeaux

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31.05 / 23.09.2012
Document pédagogique
d’accompagnement
Pour sa grande exposition de l’été, le CAPC programme la première
rétrospective en France consacrée à Michel Majerus. Seul musée
français à avoir dans sa collection une œuvre monumentale de
l’artiste luxembourgeois, le CAPC accueille une sélection conséquente
d’installations et de peintures dans sa nef, dont la gigantesque rampe
de skateboard If you are dead… so it is.
Commissariat : Charlotte Laubard
Michel Majerus, Pathfinder, 2002. Courtesy neugerriemschneider, Berlin © michel majerus estate, 2002
Michel
Majerus
Synopsis
Michel Majerus (1967-2002) était considéré comme
l’un des peintres les plus prometteurs de sa génération
avant qu’il ne disparaisse tragiquement dans un crash
aérien. Élève de l’académie des Beaux Arts de Stuttgart,
il suit les cours de Joseph Kosuth, artiste américain
conceptuel. Il fait partie de cette génération d’artistes
travaillant à Berlin juste après la Chute du Mur.
Majerus fonctionne par appropriation, puisant ses
sources d’inspiration dans les grands mouvements
de l’art du vingtième siècle avec une prédilection
marquée pour le Pop Art et les images numériques.
Il glane également des références dans le domaine
technologique, la culture populaire, l’univers télévisuel
et les jeux vidéo : logos, clichés de designers, slogans,
éléments multicolores aux développements visuels
énormes.
Il multiplie styles, motifs et techniques. Il peint
toujours des œuvres de grands formats. Son œuvre
décompose des associations de sens connues et donc
conventionnelles, en étirant leur matérialité dans des
installations de plus en plus grandes.
La virtuosité de ce peintre s’illustre en outre dans la
manière dont il a su jouer, tout au long de sa carrière,
de son nom comme une signature, marque déposée
à l’identité visuelle fluctuante. Le nom, Majerus, n’est
plus seulement le support de la renommée, il acquiert le
statut du logo, de l’image même de l’artiste. L’image de
soi mute vers l’iconique en se réappropriant les codes
visuels du star system et de la publicité. L’esthétique
violente de la consommation et de la stratégie des signes
insiste là encore sur cette prééminence de l’image dans
l’œuvre de Majerus.
Sa carrière prend une ampleur internationale en 1996
lors d’une exposition à la Kunsthalle de Bâle. En 2000,
Majerus s’installe à Los Angeles pour réaliser une
série de trente peintures monumentales intégrant
médium numérique et vidéo, cycle interrompu par le
décès soudain de l’artiste. Neuf de ces tableaux sont
cependant présentés lors de l’exposition posthume Pop
Reloaded, toiles où la confusion visuelle des paysages
urbains côtoie l’omniprésente hégémonie des panneaux
publicitaires des abords d’autoroute et des zones
d’activités commerciales. En 2002, à Berlin, Majerus
expose des tableaux de grands formats où l’on remarque
la source du Pop Art américain : la couleur de James
Rosenquist, les méthodes de travail d’Andy Warhol.
L’artiste transforme souvent l’espace architectural d’une
galerie en dédale dynamique composé de peintures
larges et de bannières, par exemple à la Biennale de
Venise, à la Manifesta 2 de Luxembourg et à la porte
Brandenburg de Berlin.
Le goût pour le gigantisme s’exprime également
dans l’installation If you are dead, so it is, point
d’orgue de l’œuvre de Majerus. Cette rampe de skate
surdimensionnée reprend toutes les thématiques de
l’œuvre de Majerus : couleurs vives, motifs issus de la
publicité, des médias, de l’histoire de l’art, de la culture
populaire, hip-hop et techno. Donnant de l’importance
au temps, à la perception et au mouvement, l’artiste
propose une expérience instantanée aux visiteurs,
qui peuvent rester spectateurs ou devenir acteurs
de l’œuvre en s’appropriant la rampe et en glissant
dessus. Par sa démesure et ses références appuyées
à des problématiques toujours prégnantes dans notre
société actuelle – influence du virtuel, liens marqués
avec l’univers du design, hybridité d’une peinture
vécue comme espace physique et plastique – cette
œuvre monumentale ancre définitivement l’exposition
monographique présentée au CAPC dans la modernité.
artcyclopedia.com/artists/majerus_michel.html
Avant la visite,
quelques rappels…
L’enseignement de l’histoire des arts est
un enseignement de culture artistique
partagée. Il concerne tous les élèves.
Il est porté par tous les enseignants.
Il convoque tous les arts. Son objectif
est de donner à chacun une conscience
commune : celle d’appartenir à l’histoire
des cultures et des civilisations,
à l’histoire du monde.
→ Voir encart « Organisation de l’enseignement de l’histoire
des arts » / BO n°32 - 28 août 2008
→ Voir site de l’enseignement de l’histoire des arts à l’école,
au collège et au lycée : eduscol.education.fr/cid45674/a-lecole-au-college-et-au-lycee.html
Quelles que soient les conditions de visite, le
professeur est toujours responsable de sa classe
et il est recommandé une vigilance soutenue à
l’égard des élèves et une attention accrue aux
règles de respect du lieu, des œuvres, du public
et du personnel.
Une découverte approfondie
des expositions, (par groupe de 10 enseignants
maximum et sur inscription), afin de préparer des visites
libres avec les classes, de favoriser les échanges, de
répondre à vos questions et d’élaborer un parcours adapté
à vos projets, est régulièrement proposée le mercredi
après-midi.
Pour préparer la visite, un document / aide à la
visite est téléchargeable sur Écolien / site de la DSDEN de
la Gironde tice33.ac-bordeaux.fr/Ecolien/ les ressources /
éducation artistique / partenaires /musées.
CAPC :
acronyme de Centre d’Arts Plastiques Contemporains
- art plastique : art producteur ou reproducteur de
formes, de volumes
- contemporain : qui est du temps présent, actuel
L’origine du lieu, sa destination première :
L’Entrepôt réel des denrées coloniales, construit en 1824
pour assurer un contrôle plus efficace sur la transaction
des marchandises. (documents Proposition de parcours /
L’Entrepôt et Proposition de parcours / Œuvres in situ,
téléchargeables sur capc-bordeaux.fr ou sur tice33.acbordeaux.fr/Ecolien/)
La collection, la collection du CAPC musée d’art
contemporain est accessible en ligne via son site internet
capc-bordeaux.fr/la-collection
La définition du musée
(selon l’ICOM – International Council of Museums / 2007)
Un musée est une institution permanente sans but lucratif
au service de la société et de son développement ouverte
au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et
transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité
et de son environnement à des fins d’études, d’éducation
et de délectation.
Quelques caractéristiques
du style de Michel Majerus
Le colorisme éclatant
En référence à la culture Pop, à la société
de consommation, aux expérimentations de
l’Expressionnisme abstrait, l’œuvre de Majerus explose
de couleurs opposées à la gamme infinie des blancs.
Le gigantisme et la peinture « englobante »
Ces immenses peintures sont conçues comme des
environnements. Certaines, telle la rampe de skate,
présentent un caractère hybride et proposent une
combinaison entre la planéité de la peinture et
tridimensionnalité de son support.
L’effet puzzle
L’étroitesse des premiers ateliers occupés par Majerus
l’a contraint à travailler sur de petits formats qu’il
combinait ensuite comme un puzzle. Néanmoins, c’est
sur son ordinateur que l’artiste envisageait ces fragments
dans leur globalité et leur agencement futurs.
Le sampling
Le sampling (échantillonnage) est une technique de
création musicale obtenue par le biais de supports
technologiques à base d’échantillonnages sonores
préexistants, numérisés puis mis en boucle pour former
un morceau inédit.
Majerus réadapte ce procédé et constitue un répertoire
de motifs piochés dans l’histoire de l’art, la BD, les jeux
vidéo ou la publicité pour créer des boucles visuelles
dans son œuvre. Avec ce système de signes et de
références, toute hiérarchie entre culture haute et culture
plus populaire est annulée.
L’accumulation
À la manière d’une chambre d’adolescent saturée de
posters, Majerus compile, métisse, greffe et superpose
des multitudes d’images, sans souci de hiérarchie
plastique.
Les mots
Majerus use et abuse d’aphorismes en Anglais ou en
Allemand, parfois lieux communs, parfois grossièretés.
Son patronyme devient aussi un élément récurrent,
au même titre qu’un motif ou que le blase d’un taggueur
ou d’un graffeur.
La réappropriation
Au-delà de la simple citation artistique, Majerus rend
hommage à des artistes qu’il admire (Frank Stella, Andy
Warhol, Jean-Michel Basquiat…) en se réappropriant
leurs œuvres et en les incluant dans ces travaux,
parfois rehaussées de sa touche picturale, d’autres fois
manipulées et recomposées, souvent citées in extenso.
La référence au Pop Art
C’est en Grande-Bretagne au milieu des années 1950,
que le critique d’art anglais Lawrence Alloway a,
le premier, employé le terme de Pop Art pour désigner
une culture de masse disqualifiée (publicité, télévision,
magazines, vedettes, idoles…). Un peu plus tard, au
tout début des années 1960, le Pop Art américain
émerge, avec Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Robert
Rauschenberg ou Jasper Johns. Ces artistes américains
vont populariser ce courant artistique devenu majeur,
en questionnant la consommation de masse de façon
agressive ; l’art devient un simple produit à consommer.
le-pop-art.com/
Les techniques
L’œuvre de Majerus est protéiforme et associe souvent
différentes techniques (peinture acrylique ou murale,
collages, écritures sérigraphiées sur papier ou
impressions digitales) et divers supports (toile, métal,
carton).
Ses travaux naissent d’un assemblage de motifs
collectés dans le quotidien ou glanés sur internet, dont
les contours sont dessinés selon la technique de la
rétroprojection. Le geste est rapide et spontané, sans
gomme ni repentir. Certains travaux peuvent sembler
inachevés ; cependant Majerus travaillait d’une traite,
jusqu’à l’achèvement du travail entrepris.
Des artistes, cibles privilégiées
des réappropriations de Majerus
Marc Rothko (1903-1970) est un peintre américain
représentant de l’Expressionnisme abstrait américain.
En évoluant dans le temps d’un point à l’autre, l’œuvre
d’un peintre progresse vers la clarté, vers l’élimination de
tous les obstacles se dressant entre le peintre et l’idée,
entre l’idée et le spectateur.
M. Rothko
artcyclopedia.com/artists/rothko_mark.html
Willem de Kooning (1904-1997) est un peintre américain
d’origine néerlandaise, initiateur de l’Expressionnisme
abstrait.
Auparavant, il était très audacieux de faire une figure
rouge ou bleue - je pense maintenant qu’il est tout aussi
audacieux de la représenter couleur chair.
W. de Kooning
artcyclopedia.com/artists/de_kooning_willem.html
Roy Fox Lichtenstein (1923-1997) est un des artistes
les plus importants du mouvement Pop Art américain.
Ses œuvres s’inspirent fortement de la publicité et
de l’imagerie populaire de son époque, ainsi que des
comics (bandes-dessinées). Il décrira lui-même son style
comme étant aussi artificiel que possible.
Ce qui marque le pop, c’est avant tout l’usage qu’il fait de
ce qui est méprisé et on insiste sur les moyens les plus
pratiques, les moins esthétiques, les plus beuglants des
aspects de la publicité.
R. Lichtenstein
lichtensteinfoundation.org/
artcyclopedia.com/artists/lichtenstein_roy.html
Ellsworth Kelly est un peintre abstrait américain né en
1923. Son œuvre peut être apparentée au courant du
Minimalisme.
Je pense que si tu peux arrêter de penser et ne regarder
qu’avec tes yeux, finalement tout deviendra abstrait.
E. Kelly
artcyclopedia.com/artists/kelly_ellsworth.html
Andy Warhol (1928-1987) est un artiste américain,
figure centrale du Pop Art, dont il est l’un des pionniers.
À travers ses œuvres et ses films, dans son atelier connu
sous le nom de Factory, Warhol dresse le tableau d’une
société tout entière et met en place une nouvelle forme de
production artistique, sérielle, presque industrielle.
Tous mes portraits doivent avoir le même format pour
qu’ils tiennent tous ensemble et finissent par former un
seul grand tableau intitulé Portrait de la Société.
Bonne idée, non ? Peut-être que le Metropolitan Museum
voudra l’acquérir un jour ?
A. Warhol
www.warhol.org/
artcyclopedia.com/artists/warhol_andy.html
James Rosenquist est un peintre américain né en 1933.
Ses tableaux très colorés et de très grands formats sont
influencés par son métier de peintre publicitaire.
J’utilise d’abord une palette de gris, noir et blanc.
J. Rosenquist
jimrosenquist-artist.com/
artcyclopedia.com/artists/rosenquist_james.html
Frank Stella est un peintre américain né en 1936. Il est
considéré comme un précurseur du Minimalisme ainsi
qu’un des principaux représentants de l’Op Art.
En découpant ses toiles à l’intérieur d’épais châssis et en
leur faisant épouser le motif intérieur de façon à affirmer
la littéralité de l’œuvre et à mettre en cause les
conventions liées au médium pictural (shaped canvas),
Stella flirte entre pictural et sculptural. Dans les années
1960, il emploie un éventail de couleurs, typiquement
disposées en lignes droites ou sur des lignes incurvées.
(voir Protractor Series, 1967).
Tout ce qu’il y a à voir est ce que vous voyez.
F. Stella
artcyclopedia.com/artists/stella_frank.html
Martin Kippenberger (1953-1977) est un artiste
allemand, peintre, dessinateur, sculpteur, écrivain,
poète, photographe, musicien, professeur à l’Académie,
organisateur d’expositions et collectionneur d’art
contemporain. Il admet se permettre le luxe de produire
des « au-dessus-de-canapé-tableaux » pour clientèle
avec canapé…
Je ne peux pas me couper une oreille tous les jours.
Être Van Gogh ici et Mozart là. C’est déjà bien assez
éprouvant de devoir contrôler continuellement ce qu’on
fait vraiment.
M. Kippenberger
artcyclopedia.com/artists/kippenberger_martin.html
Albert Oehlen est un peintre allemand né en 1954. Il fait
partie du mouvement néo-expressionnisme allemand.
La composition se fait au fur et à mesure. Je tords, je
pousse, je tire. Je ne pourrais pas travailler d’après
un dessin. Donc, je ne commence pas par élaborer la
composition pour poser les couleurs ensuite. Tout se fait
en même temps.
A. Oehlen
artcyclopedia.com/artists/oehlen_albert.html
Jean-Michel Basquiat (1960-1988) est un artiste peintre
américain d’origine haïtienne et portoricaine. Baptisé
Radiant child (Enfant radieux), Basquiat est un des
pionniers de la culture underground. En 1977, il commence
à signer ses graffitis du nom de SAMO© (pour Same Old
Shit) accompagné d’une couronne et du sigle du copyright.
jean-michel-basquiat.net/
artcyclopedia.com/artists/basquiat_jean-michel.html
Des œuvres
mm1, 2001,
acrylique sur coton,
260 x 300 cm
Dès l’entrée du musée, une toile mm, comme michel
majerus, en guise de sésame pour entrer dans l’univers
de Majerus, graphique, multicolore, usant de son nom
comme d’un motif. La vidéo présentée (2000) montre
une même volonté de composition.
It’s cool man, 1998,
peinture laquée et
sérigraphie sur aluminium,
251 x 548 x 15 cm
Une œuvre sur trois niveaux, dans laquelle un Skeletor
vengeur surgit d’un magma coloré. L’immense fleur
semble échappée d’un environnement tropical et
contraste, avec sa plastique douce avec la nervosité
des traces peintes. Le blanc est partout et ses nuances
subtiles résonnent à l’unisson des formes et des couleurs.
Depression, 2002,
acrylique sur coton,
279,5 x 399 cm
Le nom de l’artiste fait figure de logo/signature.
Cette dualité exprime ici toute l’ironie et la distance
prises par Michel Majerus face aux codes du système
de consommation et du star system. Peinture gestuelle,
effacement puis recouvrement situent sa démarche
entre abstraction et figuration.
Liebt euch 2, 1999,
(Aimez-vous),
peinture laquée et sérigraphie
sur aluminium,
280 x 300 x 4 cm
Un pêle-mêle de souvenirs : une banale photo de
vacances de la fiancée de l’artiste ; un décor de cercles
concentriques aux couleurs chaudes et au design très
pop, clin d’œil à un ami DJ et à ses vinyles ; le slogan
utilisé dans les publicités pour la chaîne musicale
allemande Viva. (voir Erwachet!)
What looks good today may not look good tomorrow, 1999,
(Ce qui semble bien aujourd’hui peut ne pas l’être demain),
acrylique sur toile,
303 x 341 cm
3mmT-2, 2001,
impression numérique sur PVC,
280 x 400 cm
3mmT-1, 2001,
acrylique sur toile,
280 x 400 cm
Ces pastilles (ou badges) traversées de mots ou d’extraits
de phrases illustrent la vacuité du sens face à une société
saturée d’images.
Yet sometimes what is read
successfully stops us with
its meaning no.II, 1998,
(Parfois le sens de ce qui est
bien lu nous arrête),
peinture laquée et impression
numérique sur aluminium,
278,5 x 485 x 15,5 cm
Majerus avait insisté sur son désir de pouvoir réaliser un
tableau pour un espace où, à Luxembourg, son art pouvait
se présenter à un public large et non averti. Cette œuvre
fut ainsi conçue pour être présentée «à côté de la machine
à pop corn» dans un complexe de cinémas. La dynamique
des volutes colorées fait écho au mouvement impulsé
par le pied chaussé d’une basket Nike, ainsi qu’aux sons
symbolisés par l’icône renversée d’un haut-parleur.
Les courses de stock-cars sont des épreuves de
course automobile, originaires des États-Unis, dont la
particularité originelle était d’utiliser des voitures dites
«de série». Sur la toile de droite, Majerus a procédé
à une mise au carreau et commencé la reproduction
peinte. Le procédé de mise au carreau permet de
reproduire à la même échelle ou à une échelle différente
un modèle original peint ou dessiné. Pour ce faire, on
trace des lignes verticales et horizontales, régulièrement
espacées et se coupant à angle droit, sur toute la surface
du modèle et on reproduit les divisions ainsi obtenues, ou
carreaux, sur le support destiné à la copie. Cette œuvre
peut évoquer les séries des Disasters qu’Andy Warhol
peignit dès les années 60. Ces séries de désastres
quotidiens (accidents de voitures, ambulances, chaises
électriques…) mettent l’accent sur notre besoin de
pathos exacerbé.
Reminder, 2002,
(Aide-mémoire)
15 panneaux,
acrylique sur toile
Cette installation appartient à la collection du CAPC.
Elle doit être présentée sur une cimaise précédée d’une
marche. Elle est composée d’un grand panneau
(480 x 700 cm) lui-même constitué par 15 panneaux
(acrylique sur toile), d’une peinture laquée sur aluminium
(250 x 250 x 50 cm), de 20 peintures (sérigraphie sur
toile, 60 x 60 cm chaque) et d’un texte peint sur le mur.
- Sur le grand panneau sont compilés plusieurs
éléments : une série de machines à laver ; un
appareil électrique ; une dent extraite d’une publicité
Colgate ; Skeletor (Skeletor est un héros du dessin
animé Les Maîtres de l’Univers ; il est le Seigneur
de la destruction, la véritable incarnation du mal
sur la planète et cherche à s’emparer du pouvoir
du Château des ombres, grâce auquel il pourra
contrôler l’univers.) ; des personnages porteurs de
sémaphores ; 4 «balles» porteuses de slogans ; une
consigne, Warning: do not stretch over 4 feet or he
will break (Attention : n’étirez pas au-delà de quatre
pieds ou il va casser) ; des graduations de règle ;
une ligne de caractères en morse, etc…
-
-
-
-
-
10 toiles identiques représentent un extrait d’une
publicité pour Ferrari.
10 autres toiles similaires montrent le visage d’un
DJ des années 90 (rappelant la production sérielle
d’Andy Warhol).
La peinture laquée sur aluminium est un hommage à
une œuvre de la période «baroque» de Frank Stella
(Gobba, Zoppa e Collotorto, 1985, œuvre en 3D
constituée de panneaux émaillés d’aluminium et de
fibre de verre).
if paranoia is a trait in fine arts over the last thirty
years, maybe it’s because history has repeated itself
three times in three decades there is no uniform path
of development in what tricks you learn
(Si la paranoïa est une caractéristique des beaux-
arts durant les trente dernières années c’est peut être à cause de l’histoire qui s’est répétée pendant ces trois décennies)
There is no uniform path of development in what
tricks you learn
(Il n’y a aucun chemin uniforme de développement quelles que soient les astuces que vous appreniez)
Tron 10, 1999,
sérigraphie sur toile et
miroir en polystyrène,
300 x 300 cm
Cette œuvre (déclinée par Majerus en de nombreux
exemplaires, les miroirs étant remplacés par des aplats
monochromes) se réfère au film américain Tron de Walt
Disney mettant en scène des hackers (réalisé
par Steven Lisberger en 1982) ; ce film est le premier
à utiliser l’imagerie informatique de manière intensive,
non seulement comme un élément d’effets spéciaux
mais pour concevoir un monde virtuel.
Boris Floricic (1972-1998) était un hacker allemand
d’origine croate, dont le pseudonyme était Tron. Ce jeune
homme fut retrouvé pendu dans un parc berlinois et la
thèse de son suicide fut controversée, de nombreuses
théories de complot gravitant autour de ce drame.
Un hacker (littéralement, «bidouilleur») sait comment
«bidouiller» un programme pour en faire ce qu’il veut.
Gewinn, 2000,
(Profit),
acrylique sur toile,
480 x 700 cm,
15 toiles 160 x 140 cm chacune
Lakitu (tortue vivant sur un nuage de l’univers du jeu
vidéo Super Mario), les quatre Teletubbies et leur
aspirateur Noo-Noo (série britannique pour la jeunesse),
un tigre et un éléphant bleu issus de l’univers de la
bande dessinée pour enfants, se rencontrent dans une
immense toile ponctuée de trois disques fluo et de traces
de peinture rapides et nerveuses.
Cool white, 2000,
impression numérique
sur aluminium,
450 x 640 x 6 cm
Une reproduction du livret contenu dans le single
Never be the same again, un des titres du premier
CD de Melanie C. des Spice Girls paru en 1999
(titre indiqué sur le code barre) barré d’une étiquette
de boîte d’ampoules, basse consommation
36W Cool white. Une allégorie aux différents états
du blanc qui «ne se ressemblent jamais» ?
Erwachet!, 1999,
(Réveillez-vous !),
peinture laquée sur aluminium,
277 x 420 cm
Cette peinture rend hommage à un ami de Majerus,
Christian Boros, célèbre publicitaire d’origine polonaise de
la chaîne musicale allemande Viva Zwei (créée en 1995).
Le logo originel de la chaîne, une croix noire orthonormée,
est revisité en deux coups de pinceau évoquant une
calligraphie. Boros, collectionneur d’art, a acheté le
Reichsbahnbunker situé près de la gare Friedrichstrasse
à Berlin. Ce bunker fut élaboré par Albert Speer, architecte
favori d’Hitler et ministre de l’Allemagne nazie. Construit
en 1942, l’abri protégeait les voyageurs de la gare
pendant les bombardements. Depuis 2008, ses 3000 m²
accueillent des œuvres d’art contemporain.
Ohne Titel
(Collaboration Nr.6),
série Mom Block, 1999,
(Sans titre) acrylique
sur toile et sérigraphie,
200 x 180 cm
Cette œuvre est une sérigraphie réalisée à partir
d’une peinture conjointement produite par Jean-Michel
Basquiat et Andy Warhol dans les années 80. Dialoguesymbole de deux générations, deux origines construites
sur un référent commun : l’Amérique dont la toute
puissance se retrouve au sein de cette œuvre avec le
logo de la General Electric Company, entreprise de haute
technologie la plus importante du monde. Michel Majerus
y appose sa trace, coup de pinceau en apparence
dérisoire ayant pourtant valeur d’impertinence face
à l’héritage des monstres sacrés de l’histoire de l’art.
Majerus a commencé cette série en 1996 lorsqu’il intégra
son nouvel atelier berlinois, situé dans un vaste ensemble
d’immeubles vides, le Modezentrum Mitte (MoM).
Pathfinder, 2002,
(Guide),
impression numérique sur vinyl,
380 x 290 x 3,5 cm
Majerus se saisit de la une de Pardon, journal satirique
allemand des années 70 et la souligne verticalement de
bandes colorées. Cette couverture date de décembre
1976 ; le titre principal annonce Le Pape affirme : King
Kong est le Père Noël ; dans le coin inférieur droit, sont
citées diverses personnalités allemandes (Günter Grass,
artiste et écrivain ; Werner Herzog, auteur, acteur et
réalisateur ; Udo Lindenberg, musicien de rock, écrivain
et peintre ; Rosa von Praumheim, producteur de cinéma ;
Chlodwig Poth, satiriste) ; Kink Kong est juché sur
l’immeuble du Kaufhof, grand magasin allemand.
If you are dead, so it is, 2000,
(Si vous êtes mort, c’est ainsi),
bois, impression numérique,
multiplex, peinture acrylique, peinture laquée,
300 x 960 x 4300 cm
Réalisée en 2000 pour le Kölnischer Kunstverein de
Cologne, cette rampe de skateboard de 43 mètres de
longueur, par son caractère praticable, questionne la
matérialité de la peinture et la possibilité d’un art vecteur
d’expériences à la fois corporelles et mentales où le
spectateur peut s’impliquer physiquement.
Cette installation célèbre en outre le mouvement et la
jeunesse, son intitulé rappelant l’éphémère de notre
condition humaine et la fragilité de la vie.
La construction de cette rampe s’inscrit dans le projet social
et environnemental de Bordeaux. Le CAPC a fait appel
aux Chantiers Tramasset dont la mission est d’aider à la
réinsertion de personnes en situation d’exclusion par la
réalisation de chantiers de charpenterie maritime.
A la fin de l’exposition, la rampe sera démontée et rejoindra
un skatepark indoor implanté sur le site de l’ancienne
Caserne Niel à Bordeaux Bastide.
Sur la rampe, ellipses et cercles s’entremêlent au milieu
d’images et d’aphorismes pompeux ou d’irrévérences
assumées, en Anglais et en Allemand. Quelques images
surgissent : un sachet du magasin de bricolage allemand
Bauhaus, un ours en peluche, un robot transformer, un tube
de Smarties, des badges…
Voir… l’espace central du nouveau Palais de Tokyo qui
accueille l’installation d’Ulla von Brandenburg Death of
a King, réalisée spécifiquement pour ce cadre. Il s’agit
d’une œuvre semi-pérenne, qui devrait rester au Palais
de Tokyo douze à dix-huit mois. Elle reçoit la lumière
zénithale depuis une verrière. Reprenant la structure
d’une double rampe de skate, l’artiste y appose le motif
d’un rideau, symbolisant un début de narration dont
fait partie le visiteur comme sur une scène de théâtre.
Les losanges, motifs récurrents dans le travail de
l’artiste, se font ici multicolores, évoquant un costume
d’arlequin. Adepte de trompe-l’œil, d’illusions et de
mystères, Ulla von Brandenburg développe une imagerie
chorégraphique inspirée tout autant par le romantisme
allemand que par la Commedia dell’Arte, la magie ou la
psychanalyse. Avec cette œuvre, l’artiste a voulu créer
un lieu zen, pour apaiser les gens.
Ulla von Brandenburg est une artiste plasticienne
allemande née en 1974.
edit-revue.com/?Article=141
Au fil des œuvres, on trouvera le logo de la Surf Ride
Foundation, traité en négatif et le logo de Jack in the box,
chaîne de restauration rapide (Fries, 2001) ; la présence
récurrente de divers animaux issus de la BD
(MoM Block Nr5, 1996 ; Enough, 1999 ; No more, 1999)
Des pistes
Se documenter
plastiques Majerus Sampleur
Imaginer un thème. Prendre des photos, collecter des
images sur internet ; faire un choix. Changer leur échelle.
Projeter les images choisies ou les travailler avec une
mise au carreau ; retracer et peindre sur un assemblage
de supports sur différents niveaux.
Tenter la monumentalité !
Collectionner des messages (sms, onomatopées,
citations, paroles de chansons…). À l’aide d’un logiciel
(type Photoshop) et à l’aide de la palette graphique, les
insérer dans une image. Réaliser des séries en variant
les relations images/textes.
Majerus Collectionneur
Collectionner des images pour se définir sans se
représenter directement. Donner une forme plastique
à cet atlas visuel personnel : album, carnet, collage…
En se basant sur les œuvres de Majerus, noter les
références directes ou allusives à l’histoire de l’art.
Collectionner des images en relation avec son œuvre
dans la publicité, les jeux vidéo…
Majerus Coloriste
Observer, étudier, comparer, produire, assembler,
opposer, justifier… des couleurs.
Se référer à deux dossiers pédagogiques très exhaustifs :
pedagogie.ac-toulouse.fr/daac/IMG/pdf/couleur.pdf
Et pour vous, c’est quoi la couleur ? Musée des Abattoirs
à Toulouse
pedagogie.ac toulouse.fr/lotec/EspaceCahors2/spip/IMG/
LA_COULEUR_DOSSIER_PEDAGOGIQUE_MISE_EN_
UVRE_D.doc
Dossier pédagogique / mise en œuvre d’activités
(Académie de Toulouse)
Des livres
- Une histoire de l’art de la préhistoire à nos jours, Claudio Merlo /
Éditions de La Martinière
- L’art : une histoire, Catherine Lobstein / Autrement Jeunesse
- L’art par quatre chemins, Sophie Curtil & Milos Cvach /
Milan Éditions
- L’art à travers les âges, Stani Chaine / Flammarion-Père Castor
- L’art pour comprendre le monde, Véronique Andersen /
Actes Sud Junior
- Comment parler d’art aux enfants ?, Françoise Barbe Gall /
Le Baron Perché
- Comment parler de l’art du XXème siècle aux enfants,
Françoise Barbe-Gall / Le Baron Perché
- Comprendre l’art moderne, Françoise Barbe-Gall / Chêne
Histoire de l’art, Paul Cox / Seuil
- Rencontres avec l’art contemporain, collectif / PEMF
- Art contemporain, Cécile Delavaux, Christian Demilly / Palette
- L’art contemporain, Véronique Bouruet-Aubertot /
Autrement jeunesse
- L’art contemporain, Jean-Marc Provost / Les Essentiels Milan Éditions
- L’art contemporain mode d’emploi, Élisabeth Couturier /
Éditions Filipacchi
- Qu’est-ce que l’art aujourd’hui ?, Beaux-Arts éditions,
n° spécial 1999
- Qu’est-ce que la sculpture aujourd’hui ?, Beaux-Arts éditions,
n° spécial 2008
- L’art contemporain, DADA n°150 / Éditions Mango,
- Qu’est-ce qu’un chef d’œuvre ?, DADA n°156 / Éditions Mango
- Basquiat, DADA n°159 / Éditions Mango
- Graffiti, DADA n°148 / Éditions Mango
- Warhol étire le portrait, DADA n°145 / Éditions Mango
- Made in America, DADA n°114 / Éditions Mango
revuedada.fr
Des ressources pédagogiques
- Trois temps, trois mouvements, art moderne et contemporain à
l’école maternelle, Rolande Guimbertière & Vincent Rousseau /
CRDP des Pays-de-la-Loire
- 10 clefs pour s’ouvrir à l’art contemporain, Isabelle de Maison
Rouge / Éditions Archibooks-Sautereau
- L’art contemporain pour tous ?, revue TDC n° 864 / CNDP
- L’art et l’objet au XXème siècle : un dialogue fécond, revue TDC
n° 767 / CNDP Champagne-Ardenne
- Itinéraire bis vers l’art d’aujourd’hui, cédérom / SCERENCRDP de Champagne-Ardenne / Le Collège éditions / FRAC
Champagne-Ardenne
- Actualité des arts plastiques, collection consacrée à la
découverte du patrimoine culturel et aux démarches des arts
contemporains / CNDP
- L’art, le livre et les enfants, La revue des livres pour enfants
n° 246
Le CAPC
Des dossiers pédagogiques
Dossier pédagogique du Musée d’Art moderne de la Ville de
Paris Jean-Michel Basquiat
mam.paris.fr/sites/default/files/editeur/dossier-pedagogique_
basquiat.pdf
Dossier pédagogique du Centre Pompidou Le Pop Art
centrepompidou.fr/education/ressources/ens-pop_art/ens-pop_
art.htm
Des sites @
art
capc-bordeaux.fr CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux
cnac-gp.fr Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou
ina.fr/ Institut national de l’audiovisuel
expositions.education.fr/video.php Un site pour visiter de grandes
expositions avec sa classe (en partenariat avec le Ministère de
l’Éducation Nationale). Seule contrainte : s’inscrire avec son
adresse mail professionnelle, au préalable, pour pouvoir entrer
dans le site.
- Voir Le grand monde d’Andy Warhol, Grand Palais - Galeries
nationales
- Voir l’atelier rmn.fr/Clic-clac-dans-la-boite-ateliers
pédagogie
cnap.fr Centre national des arts plastiques
sceren.fr Ressources pédagogiques
histoiredesarts.culture.fr/ Enseignement de l’histoire des arts
education.arts.culture.fr/ Portail interministériel de l’éducation
artistique et culturelle
Des Boîtes/exposition
à emprunter au CAPC musée d’art contemporain.
Le terme Boîtes/exposition désigne l’ensemble du matériel
éducatif produit par le CAPC. Ce matériel est un outil original
de communication et d’exploitation des diverses formes de la
création contemporaine. Chaque Boîte comporte un classeur
réunissant diverses propositions d’exploitation pour permettre
à ses utilisateurs de l’adapter à l’âge et à la sensibilité de leurs
élèves.
Emprunter :
- les boîtes/couleur :
Bleue, Jaune, Rouge, Violette, Verte, Blanche
- les boîtes/matériaux de l’art :
Gestes de peintres, De la couleur, La couleur, Signes peints,
Une histoire de boîte, Réflexion sur le tableau
- la boîte/histoire de l’art : Le Pop Art
CAPC
musée d’art contemporain
Entrepôt Lainé. 7, rue Ferrère
F-33000 Bordeaux
Tél. +33 (0)5 56 00 81 50
Fax. +33 (0)5 56 44 12 07
[email protected]
www.capc-bordeaux.fr
Accès tram
Ligne B, arrêt CAPC
Ligne C, arrêt Jardin Public
Horaires
11h -18h / 20h les mercredis
Fermé les lundis et jours fériés
Visites
16h les samedis et dimanches,
sur rdv pour les groupes
Tél. +33 (0)5 56 00 81 78
Bibliothèque
14h – 18h du mardi au vendredi
T. +33 (0)5 56 00 81 59
arc en rêve
centre d’architecture
T. +33 (0)5 56 52 78 36
[email protected]
Café Andrée Putman
Restaurant
11h – 18h du mardi au dimanche
T. + 33 (0)5 56 44 71 61
Les Boîtes/exposition sont prêtées gratuitement (sur réservation)
aux enseignants, tous les mercredis, sauf pendant les vacances
scolaires, de 13 heures à 17 heures. [email protected]
Véronique Darmanté
Je reste à votre disposition pour toute information
complémentaire ou préparation de visite.
[email protected]ordeaux.fr
LD : 05 56 00 64 19.
Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère
de la Culture et de la Communication / Direction générale des
patrimoines / Service des musées de France. Elle bénéficie à ce
titre d’un soutien financier exceptionnel de l’Etat.
capc-bordeaux.fr
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