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contre avec l’équipe constitue l’une des difcultés
majeures de la méthodologie du patient traceur car
l’organisation de cette réunion se révèle d’une com-
plexité importante. En effet, il faut réunir un certain
nombre de professionnels de santé du service durant
leur temps de travail, sans entraver le fonctionnement
normal du service. La direction doit être partie pre-
nant de la démarche an de mettre à disposition tous
les moyens permettant le bon déroulement de cette
évaluation collective.
Selon la méthodologie proposée par la has, l’évalua-
tion en équipe du parcours du patient doit durer entre
2 heures et 2 h 30. Le centre a décidé de consacrer
1 h 30 à cette étape, ce qui permettait à tous les par-
ticipants de s’exprimer librement. La richesse de cette
évaluation repose sur sa pluridisciplinarité, il est donc
essentiel de ne pas exclure de professionnels. Pour
chaque étape de la prise en charge (accueil, prise en
charge de la douleur…), les professionnels doivent
dégager les points forts et les points sur lesquels le
parcours du patient a connu des difcultés. L’anima-
teur a pour tâche de faire émerger ces points en res-
pectant un timing court.
Suite à une synthèse immédiate réalisée à partir des
constats de l’analyse, la dernière étape de cette réu-
nion consiste pour l’équipe à élaborer des proposi-
tions d’actions d’amélioration.
Cette phase constitue le temps fort de la méthode du
patient traceur. En effet, il est demandé aux profes-
sionnels d’être force de proposition dans l’améliora-
tion de leur unité et de leur travail au quotidien. L’ap-
propriation de ces actions sera favorisée à la fois pour
eux mais également pour leurs collègues. Les actions
d’amélioration n’émanent pas d’une hiérarchie mais
elles sont le fruit d’une réexion du collectif. Réé-
chir sur des actions simples, concrètes et proches des
réalités du terrain, donne tout son sens à la démarche
qualité. L’annexe I présente un exemple d’analyse de
parcours pour une patiente opérée d’une prothèse de
genou prise en charge en rééducation.
L’analyse critique de la méthode :
les points forts, les points à améliorer
Une évaluation (informelle) à chaud a montré que
100 % des participants conseilleraient cette méthode
à d’autres professionnels. L’ensemble du corps médi-
cal semble s’en être également félicité et a déjà fait
part de son désir de poursuivre cette démarche. Les
patients également se sont montrés satisfaits d’être
acteurs de l’amélioration des soins au sein du centre.
Tous ont d’ailleurs reçu un courrier de remerciement
pour leur participation, accompagné d’une synthèse
des actions d’amélioration prévues à l’issue de la
démarche.
La rédaction d’un document de synthèse, reprenant
les points forts, les points à améliorer et le plan d’ac-
tion, a permis de communiquer les résultats à l’en-
e
xpérience
et
analyse
de
la
mise
en
place
de
la
méthode
du
patient
traceur
dans
un
centre
de
rééducation
semble de la structure. Progressivement, les unités
doivent devenir autonomes dans la réalisation de
cette méthode d’évaluation. Un accompagnement de
la cellule qualité est indispensable, qui s’appuie sur
des supports maintenant existants (grille d’entretien,
note d’information, che de synthèse…).
Bien que la phase test ait été considérée comme satis-
faisante, la méthodologie du patient traceur ne peut
échapper, comme toutes les méthodes d’évaluation, à
une analyse de ses forces et faiblesses. Suite au bilan
réalisé avec l’ensemble des participants, la bonne
appropriation de la méthode par les professionnels
revient rapidement comme point fort. L’évaluation
sur le principe de parcours patient est conforme à la
réalité vécue au quotidien par les soignants. L’aspect
pluridisciplinaire de la méthode permet un échange,
sur un temps déterminé, de leurs pratiques et de leur
organisation. Les actions d’amélioration en découlent
naturellement et proviennent directement des pro-
fessionnels.
Enn, la prise en compte de l’expérience du patient
constitue une véritable richesse dans cette évaluation.
Les informations apportées par les patients ont mis
parfois en lumière certains décalages entre les pra-
tiques professionnelles et le ressenti des soignés. À
titre d’exemple, Madame R, souffrant d’une atteinte
neurologique la rendant paraplégique, a exprimé son
malaise lors de l’utilisation par l’aide-soignant d’un
verticalisateur, se vivant alors « comme une mar-
chandise manipulée par un transpalette ». L’équipe
pluridisciplinaire qui n’avait jamais recueilli ce type
de témoignage, s’en est émue. L’action d’améliora-
tion privilégiée est la suivante : les soignants prennent
désormais davantage de temps pour expliquer le
recours à ce matériel en se souciant de favoriser les
échanges avant d’y installer le patient.
Par ailleurs, cette phase test a permis de mettre en
évidence certains points à améliorer. La première dif-
culté a été d’organiser ces réunions pluridisciplinaires.
Bien que prévues longtemps à l’avance, ces réunions
peuvent subir les conséquences des aléas d’un service
de soins telles qu’une urgence vitale, des absences de
dernière minute, des congés du personnel. Ainsi, une
des évaluations a eu lieu sans la présence du cadre
de l’unité et du médecin qui a suivi la patiente. Cette
absence d’encadrement a affaibli considérablement
la méthode.
Bien qu’issues d’une réexion collective, les actions
d’amélioration proposées par l’équipe peuvent s’avé-
rer en décalage avec les possibilités de l’établissement.
Une validation par le coordonnateur médical, le cadre
de santé et le directeur des soins et de la qualité per-
met de contractualiser les propositions des équipes.
Leur validation est formalisée sur le document de syn-
thèse qui sert d’outil de communication. Puis, comme
le recommande la
has
, les actions les plus signica-
tives sont inscrites dans le Programme d’amélioration
RISQUES & QUALITÉ • 2015 - VOLUME XII - N° 4