
3) Un clan capitaliste domine le monde dans la mesure où il peut réprimer
tout mouvement violent de lutte de classe. Dans la deuxième période de
l'entre-deux-guerres, l'Allemagne a été déléguée par le capitalisme pour
assurer la police en Europe et permettre le jeu de l'économie bourgeoise, c'est-
à-dire la guerre.
Après trois années de guerre, l'Allemagne et, par là, l'Europe présentent les
premiers signes de faiblesse. Parce que l'Europe - berceau du capitalisme ayant
atteint le plus haut degré de centralisation industrielle et de concentration
prolétarienne - est le lieu où les contradictions ont leur expression maximum,
l'Allemagne - le meilleur agent de répression du capitalisme des dernières
décennies - se trouve actuellement usée.
Si l'on considère, après trois années de centralisation économique de l'Europe,
l'Allemagne comme le chaînon le plus faible de la chaîne capitaliste dont le
talon d'Achille serait l'Italie, on peut dire que les conditions objectives ouvrent
l'ère de la révolution.
Les événements italiens prouvent de quelle façon le capitalisme peut se
débarrasser d'une forme politique de domination qu'est le fascisme et détruire
le mythe de l'antifascisme. La politique anglo-saxonne tend à prévenir les
conséquences révolutionnaires du premier essai de brisure du prolétariat
d'avec l'idéologie bourgeoise.
Par une politique du prolétariat européen, en attribuant des privilèges
économiques à certains secteurs du chaînon par rapport à d'autres secteurs, les
anglo-américains et russes vont essayer de briser la solidarité révolutionnaire
du prolétariat européen. C'est ainsi qu'il faut comprendre la politique de
"libération nationale" dans les pays tels que la France, la Tchécoslovaquie, la
Pologne, la Yougoslavie et la Crète.
Par une politique de "liberté syndicale", le capitalisme va essayer de refaire
entrer le prolétariat dans une organisation qu'il a désertée ou qui a disparu
depuis plusieurs années et qui représentera une soupape de sécurité pour le
régime bourgeois. C'est un essai d'encasernement du prolétariat.
Le jeu des luttes économiques n'est qu'une expression de la loi du
marchandage propre au système capitaliste. Dans l'époque décadente de
l'économie bourgeoise, les organisations syndicales - par leur nature, par leur
structure verticale, par leur bureaucratie et par leurs frontières nationales
étroites - ne peuvent que paralyser l'action insurrectionnelle du prolétariat.
La campagne de presse, en Italie, pour les libertés syndicales dessine déjà
nettement cette manœuvre démagogique du capitalisme, tendant à ligoter le
prolétariat et à restreindre ses objectifs de lutte pour la révolution en une
poussière de revendications étroitement économiques.
Il résulte de tout ceci que l'ennemi le plus redoutable pour la classe ouvrière
est le bloc impérialiste anglo-américano-russe. Nous allons assister, pendant
les mouvements insurrectionnels de liquidation de la guerre, à des
reproductions des gouvernements Kerenski et Noske-Scheidemann. Mais la
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