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L’évaluation des aspects sociaux - Une contribution sociologique à l’évaluation en santé
HAS / Service évaluation économique et santé publique
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Introduction
En octobre 2007, le service d’évaluation médico-économique et de santé publique de
la Haute Autorité de Santé a sollicité l’organisation d’un groupe de travail pour
envisager la manière dont la sociologie pourrait contribuer à ses travaux d’évaluation.
Les réflexions et les propositions de ce groupe de travail s’inscrivent dans le
prolongement d’un groupe de travail plus largement consacré à la définition de la
notion de Service rendu à la collectivité (SERC). Du point de fonctionnement, il en
reprend le mode de travail et de délibération interne, ainsi que la forme de la
production finale, sous la forme d’une grille de questionnements spécifiques.
Ce groupe de travail s’est réuni entre novembre 2007 et novembre 2008. Composé de
sociologues et d’autres experts en sciences sociales (sciences politiques,
anthropologie, économie) et en santé publique, il s’est attaché à cerner les dimensions
pertinentes pour prendre compte les aspects sociaux dans les travaux d’évaluation de
la HAS.
À partir d’un travail sur des cas concrets, ayant fait l’objet d’évaluations passées ou en
cours à la HAS, six dimensions sociologiques ont été identifiées. Des savoir-faire et
des connaissances leur ont été associés. Ces éléments ont fait l’objet de délibérations
et de contributions écrites de la part des membres du groupe de travail. Les modalités
de recours de la HAS à des compétences sociologiques ont enfin été explorées à des
fins pragmatiques : il s’agissait d’examiner les modalités, à travers lesquelles des
éléments sociologiques pourraient être intégrés aux travaux d’évaluation
accompagnant l’élaboration de recommandations de santé publique.
S’inscrivant dans un contexte de rapprochement entre le monde de l’évaluation
médicale et celui de la sociologie, auquel le groupe de travail a donné un visage, le
groupe de travail a souhaité engager une réflexion exploratoire. Elle visait à baliser le
territoire d’une possible collaboration entre deux mondes aujourd’hui peu familiers l’un
à l’autre, plutôt qu’à en définir d’emblée les formes précises, qui se dessineront à
l’usage. Au-delà de son agenda explicite, le groupe de travail constituait déjà lui-même
une première étape du rapprochement entre ces deux mondes.
Ce rapport rend compte d’une réflexion collective de manière aussi complète et fidèle
que possible. Il traduit avant tout l’état des délibérations, auxquelles il est formellement
fait référence dans le document sous forme de verbatim. Ce rapport va aussi au-delà.
En amont, il situe les échanges du groupe de travail dans des évolutions plus globales,
relatives aux transformations qui ont favorisé l’intérêt de la Haute Autorité de Santé,
pour les sciences sociales en général et pour la sociologie en particulier. En aval, il
propose des perspectives d’action. Au-delà de son contenu intrinsèque et de ses
éventuels effets, il vise surtout à accompagner des évolutions en cours.
Ce rapport ne prétend pas avoir, en tant que tel, un fondement scientifique, malgré son
caractère méthodologique. Il entend mettre à la disposition de la HAS les éléments de
connaissance sociologiques utiles à l’évaluation des aspects sociaux. C’est donc cette
évaluation qui pourra, une fois mise en œuvre, bénéficier d’éventuelles contributions
scientifiques.