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Développement historique de l'éthique médicale:
L’insuffisance du matériau normative fourni par le serment d’Hippocrate1
abouti au code de Nuremberg2 fondé suite à une enquête menée contre 23
accuse 3.C’est seulement en 1964, après le scandale de la thalidomide214 et la
réforme de la réglementation américaine qui en découla (1962), que vient la
déclaration initiale d’Helsinki de l’Association médicale mondiale, point de
départ d’un essor normatif continu depuis lors.
1. Le code de Nuremberg:
Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel. Elle
doit avoir une connaissance et une compréhension suffisantes: la nature, la
durée, et le but de l’expérience ; les méthodes et moyens par lesquels elle sera
conduite ; tous les désagréments et risques qui peuvent être raisonnablement
envisagés ; et les conséquences pour sa santé ou sa personne. Il s’agit d’une
obligation et d’une responsabilité personnelle qui ne peuvent pas être déléguées
impunément.
1 Le serment d'Hippocrate est un serment traditionnellement prêté par les médecins en Occident avant
de commencer à exercer. Le texte original de ce serment, probablement rédigé au IVe siècle av. J.-C.,
appartient aux textes de la Collection hippocratique, traditionnellement attribués au médecin
grec Hippocrate. Le serment d'Hippocrate peut être considéré comme le principe de base de
la déontologie médicale.
2 est une liste de dix critères contenue dans le jugement du procès des médecins de Nuremberg (1946-
1947). Ces critères indiquent les conditions que doivent satisfaire les expérimentations pratiquées sur
l'être humain pour être considérées comme « acceptables ». C'est sur ces critères que le tribunal
condamna 16 accusés sur 23, convaincus d'avoir pratiqué ou participé à l'organisation d'expériences
médicales illicites dans des conditions atroces, notamment sur les prisonniers des camps de
concentration nazis.
3 Parmi les accusés, vingt étaient médecins. A l’issue du procès, sept accusés furent acquittés, seize
furent condamnés, dont sept à la peine capitale, cinq à l’emprisonnement à vie, quatre à des peines de
dix à vingt ans d’emprisonnement. Les expérimentations humaines incriminées portaient : sur la haute
altitude, sur la malaria, sur le gaz moutarde, sur la régénération des os, muscles et nerfs, et sur la
transplantation osseuse, sur l’ictère infectieux, sur la stérilisation de masse, sur le typhus et des vaccins,
sur des poisons, sur les bombes incendiaires. Certains accusés étaient prévenus, de surcroît, d’être
impliqués dans les meurtres de juifs pour la constitution de la collection de squelettes de l’Université
allemande de Strasbourg ; dans l’extermination des tuberculeux polonais en Pologne pour protéger de
la contagion les allemands de Pologne ; dans l’extermination massive des « bouches inutiles »
(personnes âgées, aliénés, enfants malformés, incurables, etc.) et dans l’envoi de médecins pour aider à
l’extermination massive des juifs dans les pays occupés.
4 La thalidomide est un médicament qui n’avait pas été suffisamment testé et qui provoqua une
épidémie de phocomélies (atrophie des membres à la naissance).