
© Popi Konidari, Environment & Me/AEE
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Un avenir à faible émission de
carbone est possible dâici 2050
La nĂ©cessitĂ© dâadopter des modĂšles durables
de consommation et de production constitue
le cĆur du problĂšme. Notre rĂ©cent rapport
intitulĂ© «Lâenvironnement en Europe â Ătat et
perspectives 2015», qui se fonde sur les récentes
tendances observĂ©es concernant lâenvironnement
en Europe et sur les mégatendances mondiales,
invite à opérer une transition vers une économie
verte. LâĂ©conomie verte constitue un mode de
vie durable, qui nous permet de bien vivre dans
le respect des limites dĂ©îŽnies par notre planĂšte.
Pour réaliser cette transition, il faut apporter
des modiîŽcations structurelles Ă des systĂšmes
dâimportance clĂ©, tels que ceux de lâĂ©nergie et du
transport, ce qui nĂ©cessite des investissements Ă
long terme en matiĂšre dâinfrastructures.
Les Européens procÚdent déjà à des
investissements dans ces systĂšmes clĂ©s. Le dĂ©îŽ
est de sâassurer que tous les investissements
actuels et futurs nous fassent progresser dans
le dĂ©veloppement dâune Ă©conomie plus verte
et soucieuse de lâenvironnement et ne nous
enferment pas dans la voie dâun dĂ©veloppement
non durable. Faire aujourdâhui les bons
investissements permettra non seulement
de réduire le coût global du changement
climatique, mais aussi de renforcer lâexpertise
de lâEurope dans les Ă©co-industries î”orissantes,
qui constituent lâĂ©conomie du futur. En îŽn de
compte, nous avons tous notre mot Ă dire pour
déterminer à quoi ressemblera notre vie une
fois advenu le changement climatique.
Le dĂ©îŽ peut certes nous sembler de taille. Mais
quelle quâen soit lâampleur, lâobjectif dâune
augmentation de tempĂ©rature limitĂ©e Ă 2îąÂ°C
reste à notre portée. Il nous faut à présent
ĂȘtre suîsamment courageux et ambitieux
pour lâatteindre.
Hans Bruyninckx
Directeur exĂ©cutif de lâAEE
eîet de serre de 19îą% par rapport aux niveaux
de 1990. Lâobjectif dâune rĂ©duction de 20îą% dâici
2020 peut ĂȘtre atteint.
La rĂ©alisation dâune rĂ©duction dâau moins 40îą%
des Ă©missions internes (câest-Ă -dire au sein de
lâUE) dâici 2030 et de 80-95îą% dâici 2050 dĂ©pendra
en partie de la capacitĂ© de lâUE Ă recueillir des
fonds publics et privĂ©s suîsants pour soutenir
le développement de technologies durables
et innovantes. Les prix réels du carbone et les
réglementations sont essentiels pour promouvoir
les investissements dans le domaine des
innovations respectueuses du climat, notamment
en matiĂšre dâĂ©nergies renouvelables et dâeîcacitĂ©
énergétique. Dans certains cas, les décisions de
îŽnancement pourraient Ă©galement comprendre
des mesures visant Ă ne plus investir dans
certains secteurs et Ă en restructurer dâautres.
Mais la rĂ©duction par les Ătats membres de
lâUE de leurs Ă©missions nâapporterait quâune
réponse partielle au problÚme, étant donné que
lâUE ne gĂ©nĂšre que 10îą% environ des Ă©missions
mondiales de gaz Ă eîet de serre. Pour parvenir
Ă lâobjectif de 2îąÂ°C, un eîort mondial, assorti de
réductions substantielles des émissions globales
de gaz Ă eîet de serre, est manifestement
requis. La communautĂ© scientiîŽque estime que,
pour pouvoir atteindre lâobjectif de 2îąÂ°C, seule
une quantité limitée de carbone peut encore
ĂȘtre Ă©mise dans lâatmosphĂšre dâici la îŽn du
siĂšcle. Le monde a, en eîet, dĂ©jĂ consommĂ©
lâessentiel de son «budget carbone». Au rythme
actuel, le budget carbone sera totalement épuisé
bien avant 2100.
Des Ă©tudes scientiîŽques montrent que, pour
accroĂźtre nos chances de limiter lâaugmentation
de la tempĂ©rature moyenne Ă 2îąÂ°C, les
émissions mondiales doivent atteindre leur
pic en 2020 puis commencer à décliner. Dans
ce contexte, les prochaines négociations sur le
climat (COP21) prévues à Paris doivent marquer
un tournant en vue de parvenir Ă un accord
mondial sur la réduction des émissions de gaz
Ă eîet de serre et sur le soutien Ă fournir aux
pays en développement.
Certains projets dâadaptation en cours impliquent
de grands projets de construction de nouvelles
infrastructures (par exemple des digues et des
systĂšmes de drainage anti-inondation), tandis que
dâautres visent Ă restaurer les Ă©cosystĂšmes aîŽn
de permettre Ă la nature dâintĂ©grer des eîets du
changement climatique tels que lâexcĂšs dâeau ou
de chaleur. DiîĂ©rentes initiatives et possibilitĂ©s
de îŽnancement existent aîŽn dâaider les pays,
les villes et les rĂ©gions Ă se prĂ©parer aux eîets
du changement climatique et à réduire leurs
Ă©missions de gaz Ă eîet de serre.
Réduire les émissions
La gravité du changement climatique dépendra de
la façon dont on parviendra, en termes de volume
et de vitesse, Ă rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă
eîet de serre dans lâatmosphĂšre. Le changement
climatique est lâun des plus grands dĂ©îŽs de notre
temps : il pose un problĂšme dâampleur mondiale
qui nous concerne tous. La communauté
scientiîŽque recommande fortement de limiter
lâaugmentation des tempĂ©ratures moyennes
mondiales et de rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă
eîet de serre aîŽn dâĂ©viter les eîets nĂ©gatifs du
changement climatique. Au titre de la convention-
cadre des Nations unies sur les changements
climatiques, la communauté internationale
a convenu de limiter lâaugmentation de la
tempĂ©rature moyenne mondiale Ă 2îąÂ°C au-dessus
de la tempĂ©rature de lâĂšre prĂ©industrielle.
Si la température moyenne mondiale augmente
de plus de 2îąÂ°C, le changement climatique aura des
conséquences encore plus graves sur notre santé,
lâenvironnement naturel et lâĂ©conomie. Une hausse
moyenne de 2îąÂ°C signiîŽe que les tempĂ©ratures
augmenteront en rĂ©alitĂ© de plus de 2îąÂ°C dans
certaines parties du monde, en particulier dans
la région arctique, dont les systÚmes naturels
uniques seront encore plus menacés.
LâUnion europĂ©enne sâest îŽxĂ© des objectifs Ă
long terme ambitieux en matiĂšre dâattĂ©nuation
du changement climatique. En 2013, lâUE avait
dĂ©jĂ rĂ©duit ses Ă©missions internes de gaz Ă