En savoir plus - Continuum de services en traumatologie

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Formation sur les notions de base en transfert de
connaissances
Module 3
Barrières, déterminants, stratégies et outils liés au transfert de connaissances
Dans le cadre du : Plan d’action en transfert des connaissances du comité directeur de la
recherche en traumatologie 2012-2014
23/05/2013
Auteure et collaborateurs
 Formation préparée par :

Anabèle Brière, pht, Ph.D, chargée de projet en transfert des connaissances AERDPQAQESSS
 Révisée par:






Isabelle Gagnon, pht, Ph.D, professeur adjoint, École de physiothérapie et d’ergothérapie,
Université McGill; chercheuse centre universitaire de santé McGill;
Dahlia Kairy, pht, Ph.D, professeur adjoint, programme de physiothérapie, École de
réadaptation, Faculté de Médecine, Université de Montréal; Chercheuse CRIR, site Institut de
réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal;
Marie-Thérèse Laramée, pht, M.Sc, Coordonnatrice de recherche clinique et Spécialiste de
l’application et de la généralisation de l’expertise, Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-deMontréal;
Renée Latulippe, M.A., Professionnelle, Mobilisation et transfert de connaissances, Direction
des communications et transfert de connaissances, Institut national d’excellence en santé et en
services sociaux;
Catherine Truchon, Ph.D, Msc.Adm., Conseillère-cadre en réadaptation spécialisée, Équipe
d'évaluation en traumatologie. Institut national d'excellence en santé et services sociaux;
Diana Zidarov, pht, Ph.D (c), Candidate au doctorat en santé publique, Université de
Montréal.
Rappel des objectifs du module 3
Module 3: Barrières, déterminants et stratégies liés au transfert de
connaissances
 Transmettre les principales notions liées au concept du transfert de
connaissances (suite);
 Barrières et déterminants du transfert de connaissances;
 Stratégies de transfert de connaissances et leur efficacité relative;
 Principaux guides et outils de transfert de connaissances.
L’identification des barrières à l’utilisation des
connaissances
 L’une des étapes importantes d’un processus de transfert de
connaissances est d’identifier les principales barrières à
l’utilisation de la connaissance à implanter dans le milieu.
 Celles-ci peuvent être classées en trois catégories soit celles
liées: aux connaissances, aux utilisateurs ainsi qu’au milieu de
pratique et à l’organisation.
 Diverses techniques peuvent être utilisées pour l’identification de
celles-ci :




Sondages
Groupes de discussion ou focus group
Entrevues
Observations sur le terrain
Les principales barrières liées:
aux connaissances
 L’accès aux connaissances, bien qu’avec l’expansion d’Internet,
celle-ci tend à s’estomper;
 La gestion du volume élevé de connaissances produites. De là
l’importance de publier des revues systématiques et des guides
de pratique résumant et critiquant les connaissances disponibles;
 Le manque de généralisation des résultats de recherche aux
patients traités en clinique.
(David, I. (2012). Perception des professionnels de la santé par rapport à l'introduction d'une plateforme Web
2.0 dans leur pratique. Mémoire de maîtrise. École de réadaptation, Faculté de médecine de l’Université de
Montréal.)
Les principales barrières liées:
aux utilisateurs
 L’appréciation de la littérature scientifique s’avère difficile pour
plusieurs professionnels (David, 2012);
 La charge de travail de plusieurs acteurs en traumatologie
(gestionnaires et cliniciens) laisse peu ou pas de temps :
1)
2)
pour acquérir les habiletés nécessaires pour chercher et critiquer
les résultats de la recherche et utiliser ces habiletés sur une base
régulière;
pour adopter une pratique réflexive, c’est-à-dire sortir des habitudes
et routines de pratique et se placer en mode d’amélioration
continue.
(Noreau et coll. (2010). Rapport du Groupe de travail sur le transfert de connaissances en traumatologie, p. 17).
6
Les principales barrières liées:
aux utilisateurs
 L’attitude des professionnels et leur niveau de motivation face
aux changements (David, 2012):
 Alors que la littérature sur le transfert de connaissances indique clairement
que le jugement professionnel fait partie intégrante de la pratique fondée
sur les données probantes, il y a une perception que la pratique fondée sur
les données probantes diminue l’autonomie professionnelle et
conséquemment, on n’a pas tendance à voir d’emblée qu’elle contribue
plutôt à augmenter les compétences professionnelles et la confiance en
soi (Noreau et coll., 2010, p.15).
 Le manque de confiance des professionnels dans leur capacité à
implanter une nouvelle pratique (Pain et al., 2004);
 L’isolement, le manque de support des collègues de travail pour
mettre en place des initiatives d’implantation de nouvelles
pratiques (Grol, 1992).
7
Les principales barrières liées:
aux utilisateurs
Rogers (2003) soutient que la facilité avec laquelle une
innovation/pratique est adoptée dépend de la perception que
l’utilisateur a de celle-ci sur cinq de ses principaux attributs:





Avantage relatif: la perception que l’innovation/pratique est ou non une
amélioration par rapport aux pratiques en place;
Compatibilité: la perception que l’innovation/pratique s’inscrit ou non dans la
continuité des valeurs et croyances du milieu (culture);
Complexité: la perception du degré de difficulté ou de facilité de
l’innovation/pratique;
Possibilité de faire des essais: la mesure dans laquelle l’innovation/pratique se
prête à l’expérimentation initiale et aux essais;
Observabilité: la mesure dans laquelle des résultats de l’innovation/pratique
sont visibles.
(Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A. Passer à l’action : nous connaissons les pratiques que nous souhaitons
changer. Que faire, maintenant? Guide de mise en œuvre pour les professionnels de la santé. Instituts de
Recherche en Santé du Canada (IRSC), 2012, p.14-15)
8
Les principales barrières liées:
au milieu de pratique et à l’organisation
 L’opinion des pairs face aux changements;
 Une culture organisationnelle non orientée vers la collaboration et
qui n’encourage pas la recherche, l’innovation et l’amélioration
continue des soins et des services;
 Absence de leadership et d’encadrement de la part des
organisations pour implanter le changement;
(David, I. (2012). Perception des professionnels de la santé par rapport à l'introduction d'une plateforme Web
2.0 dans leur pratique. Mémoire de maîtrise. École de réadaptation, Faculté de médecine de l’Université de
Montréal.)
9
Les principales barrières liées:
au milieu de pratique et à l’organisation
 Les préférences du patient et de la famille influencées par la
culture, les croyances et les expériences antérieures du patient
peuvent entraver ou faciliter le processus de changement;
 Les installations, l’espace, les documents, la technologie, la
dotation en personnel et la structuration du travail au sein de
l’organisation;
 L’absence de ressources financières à l’appui.
(Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A. Passer à l’action : nous connaissons les pratiques que nous souhaitons
changer. Que faire, maintenant? Guide de mise en œuvre pour les professionnels de la santé. Instituts de
Recherche en Santé du Canada (IRSC), 2012, p.19, 22-23)
10
Les principales barrières liées:
au milieu de pratique et à l’organisation
 Les niveaux de soutien et d’accès aux ressources dont les
utilisateurs ont besoin pour se documenter sur les résultats de la
recherche varient considérablement d’un établissement à l’autre
(Noreau et coll., 2010, p.18).
 L’absence d’interaction ou faible interaction entre chercheurs et
utilisateurs (Lomas, 1997)
 Les systèmes d’évaluation des chercheurs (universités et organismes
subventionnaires) laissent peu ou pas place à la reconnaissance (donc à des
incitatifs) pour leur implication dans le transfert et l’utilisation des résultats de
leurs recherches chez les utilisateurs des milieux cliniques (au-delà de la
diffusion de leurs publications dans les revues scientifiques traditionnelles.)
(Noreau et coll., 2010, p.18).
11
Principaux déterminants du processus de
transfert des connaissances
Selon la classification proposée par Gervais et Chagnon en 2010 dans leur
rapport sur la Modélisation des déterminants et des retombées de
l’application des connaissances issues de la recherche psychosociale, les
déterminants de l’application des connaissances peuvent être classés en
sept catégories soit ceux concernant :







Le contexte politique;
L’organisation;
Les utilisateurs;
Les chercheurs;
Les échanges entre chercheurs et utilisateurs;
Les attributs des connaissances;
Les patients
(Gervais et Chagnon. Modélisation des déterminants et des retombées de l’application des connaissances issues
de la recherche psychosociale, rapport présenté au Fonds de recherche sur la société et la culture du Québec par
la Chaire d’étude sur l’application des connaissances dans le domaine des jeunes et des familles en difficulté
(Université du Québec à Montréal), mai 2010, p. 20-24)
Les déterminants liés au contexte politique
 Un contexte économique et politique favorable facilitera
l’établissement de structures pour soutenir les processus
d’application des connaissances (Gervais et Chagnon, 2010,
p.20);
 Notamment, la disponibilité de la technologie nécessaire pour
diffuser les connaissances produites et faciliter la communication
entre les différents acteurs représente un élément important
(Gervais et Chagnon, 2010, p.20).
Les déterminants liés aux organisations
 Un contexte favorable qui stimule, encourage et favorise
l’utilisation des données probantes (Noreau et coll., 2010);
 L’établissement d’un leadership fort par :




L’engagement des membres de la direction;
La mise en place d’incitatifs à l’utilisation des connaissances;
L’établissement d’un consensus sur les besoins en matière de connaissances;
L’établissement d’une vision commune et partagée des effets escomptés.
(Gervais et Chagnon, 2010)
 La mise en place de mécanismes de formation continue et
d’évaluation de la performance (Gervais et Chagnon, 2010);
 L’investissement des ressources financières, matérielles et
humaines nécessaires à la réalisation d’activités de transfert de
connaissances (Gervais et Chagnon, 2010)
Les déterminants liés aux organisations
Les déterminants organisationnels suivants peuvent s’avérer
particulièrement aidant à la phase d’implantation d’un processus de
transfert de connaissances:
 La désignation de champions:
•
•
•
•
Personnes désignées pour assurer la promotion du processus de mise en
œuvre en encourageant ou en aidant les autres à adhérer à l’innovation, ou
en les convainquant de le faire;
Les champions peuvent être des éléments facilitateurs issus de divers
échelons de l’organisation : direction, gestion ou, plus souvent, clinique;
Les champions cliniques sont souvent des leaders informels qui ont une
conception réaliste de leur milieu de pratique;
Ils peuvent agir à titre de personnes-ressources et de mentors et participer à
l’adaptation au milieu des stratégies de mise en œuvre.
(Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A., 2012, IRSC, p.19)
Les déterminants liés aux organisations
Les principaux rôles des champions sont les suivants :





sensibiliser leurs pairs à la nouvelle pratique;
défendre l’adoption de la nouvelle pratique;
établir des relations positives avec les utilisateurs;
communiquer avec d’autres professionnels et d’autres milieux de pratique;
participer à des activités d’encadrement, d’évaluation, de rétroaction et de
rappel.
(Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A.,2012, IRSC, p.19)
 La connaissance des utilisateurs potentiels
avant l’implantation d’une
nouvelle pratique peut s’avérer très utile, notamment au niveau de:
 leur connaissance de la pratique à implanter,
 leur expérience dans l’application de connaissances au contexte
professionnel;
 leurs habiletés à apprécier les connaissances;
 leurs attitudes face au changement et à l’utilisation des données probantes.
(Lemire, N., Souffez, K., Laurendeau, M-C., 2009, INSPQ, p.29)
Les déterminants liés aux organisations
 La présence d’un facilitateur (courtier de connaissances, leader
d’opinion, « best practice leader », « knowledge broker », etc.)
dont les principaux rôles sont de:
 Faire des liens entre les chercheurs, les cliniciens et les décideurs;
 Recenser, analyser et synthétiser la littérature pour les utilisateurs;
 Faciliter les interactions entre les utilisateurs et les chercheurs;
 Offrir de la formation aux utilisateurs sur comment apprécier et critiquer la
littérature scientifique;
 Soutenir le développement des pratiques cliniques et organisationnelle;
 Accroître l’utilisation des connaissances issues de la recherche au moyen
d’activités de vulgarisation scientifique, d’animation et de réseautage.
(Zidarov et coll., 2013; Souffez, 2007, RRSPQ, carnet synthèse #3, p.3)
Les déterminants liés aux utilisateurs
 Le fait d’accorder une valeur positive à la recherche et un niveau
de confiance élévé par rapport aux sources des évidences;
 Un niveau d’étude élevée:
 Les études post-graduées augmenteraient la capacité à trouver, à lire et à
critiquer des articles scientifiques et accroîtraient l’utilisation des données de
la recherche dans la prise de décisions cliniques (Zidarov et coll., 2013);
 Le fait d’avoir déjà participé à une démarche scientifique;
 Le fait d’avoir vécu des expériences positives d’utilisation de
nouvelles connaissances;
 Un niveau de motivation élevée pour s’approprier une nouvelle
connaissance.
(Lemire, N., Souffez, K., Laurendeau, M-C., 2009, INSPQ, p.29)
Les déterminants liés aux utilisateurs
 Le poste occupé et le pouvoir d’action de l’utilisateur sur ses
changements de pratiques;
 Le niveau de confiance en soi;
 Le fait d’avoir les habiletés nécessaires pour acquérir et utiliser
les connaissances, c’est-à-dire la capacité :
 de juger de la validité des pratiques;
 d’évaluer la pertinence des connaissances acquises;
 d’identifier ses besoins en matière de connaissances.
(Gervais et Chagnon, 2010, p. 22)
Les déterminants liés aux chercheurs
Sur le plan individuel, voici les principaux déterminants liés aux
producteurs de connaissances :









Statut;
Crédibilité;
Réputation;
Expérience;
Implication dans des réseaux;
Intérêt pour les activités de transfert;
Capacité à interagir avec différents publics;
Attitude envers la collaboration avec les milieux cliniques;
Habiletés pour arrimer les connaissances produites avec les
besoins des utilisateurs.
(Lemire, N., Souffez, K., Laurendeau, M-C., 2009, INSPQ, p.29; Gervais et Chagnon, 2010, p. 22)
Les déterminants liés aux chercheurs
Voici les efforts que les chercheurs doivent faire pour augmenter les
chances d’utilisation des connaissances:
 rédiger leurs publications dans un langage accessible pour les
utilisateurs des connaissances ou les vulgariser au besoin
(Graham et coll., 2006);
 adapter leur message en fonction de l’auditoire visée (Graham et
coll., 2006);
 rendre accessible les connaissances qu’ils produisent et adapter
leur format de présentation en fonction des utilisateurs ciblés
(Gervais et Chagnon, 2010);
Les déterminants liés aux chercheurs
Pour encourager les chercheurs à initier et à participer à des
activités de transfert de connaissances:
 Les organismes subventionnaires et les universités doivent augmenter
la valorisation des activités de transfert de connaissances (incitatifs) des
chercheurs car ces activités augmentent leur charge de travail,
diminuent leur temps de production d’articles scientifiques et impliquent
aussi une poursuite des liens avec les utilisateurs après la diffusion et la
formation (Souffez, 2007, RRSPQ, carnet synthèse #3).
 À cet effet, la recommandation #8 du Rapport du Groupe de travail sur
le transfert de connaissances en traumatologie (Noreau et coll., 2010,
p.26) suggère que:
« les organismes subventionnaires doivent développer et adopter des grilles
d’évaluation des demandes de subventions et de bourses qui tiennent compte de
la pleine valeur des réalisations des chercheurs en transfert de connaissances ».
Les déterminants liés aux échanges entre
chercheurs et utilisateurs
 L’établissement d’un climat de confiance entre chercheurs et
utilisateurs;
 La mise en place de mécanismes formels et informels favorisant
les échanges entre chercheurs et utilisateurs;
 L’établissement d’un langage commun et d’une mission partagée;
 La collaboration entre chercheurs et utilisateurs ainsi que la
participation active des utilisateurs dans le développement et
l’adaptation des connaissances favoriseraient leur utilisation au
sein des pratiques quotidiennes étant donné un meilleur arrimage
de celles-ci avec les besoins des utilisateurs.
(Gervais et Chagnon, 2010, p.22-23)
Les déterminants liés aux attributs des
connaissances
Les caractéristiques suivantes liées aux connaissances transférées
peuvent favoriser le processus de transfert et l’utilisation des
connaissances:
 l’adéquation entre les connaissances produites et les besoins des
utilisateurs;
 la qualité des connaissances produites et leur accessibilité;
 leur pertinence, leur utilité et leur applicabilité;
 le format et le langage utilisé lors du transfert.
(Lemire, N., Souffez, K., Laurendeau, M-C., 2009, INSPQ, p.27)
Les déterminants liés aux attributs des
connaissances
RAPPEL: une des étapes primordiale d’un processus de transfert
de connaissances est celle de la contextualisation des
connaissances à transférer au contexte local. Pour ce faire,
l’ensemble des acteurs impliqués doivent collaborer à
l’identification des enjeux et des adaptations nécessaires selon les
objectifs et les résultats visés.
 À cet effet, l’outil ADAPTE (http://www.adapte.org/www/) peut
s’avérer utile.
Les déterminants liés aux patients
 Leurs connaissances et leurs valeurs;
 Leurs attitudes envers les données de la recherche;
 Leurs attentes et leurs préférences quant à l’efficacité des
pratiques basées sur les données probantes.
Les stratégies de transfert de connaissances
et leur efficacité relative
Il est important de choisir des stratégies :
 efficaces;
 qui ciblent l’élimination des obstacles et mettent à profit les
éléments facilitateurs de votre milieu de pratique au
processus d’implantation;
 qui n’excèdent pas les ressources disponibles dans votre
milieu (pour le processus d’implantation et pour la
durabilité).
(Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A., 2012, IRSC p. 28)
Les stratégies de transfert de connaissances
et leur efficacité relative

Les interventions multiples, la formation interactive et les
systèmes de rappels sont les stratégies d’implantation dont
l’efficacité est la plus confirmée par les données probantes;

Toutefois, l’efficacité relative des éléments combinés dans les
interventions multiples et de la formation interactive demeure
incertaine;

L’inefficacité des stratégies de formation classique et de
diffusion passive a été démontrée.
(Beauchamp et Duplantie (2012). Vers une méthode d'élaboration des guides de pratique dans le secteur des
services sociaux. Rapport du comité sur les guides de pratique en services sociaux de l’Institut national
d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), p. 40)
Les stratégies de transfert de connaissances
et leur efficacité relative
Les stratégies reconnues comme étant EFFICACES ET FIABLES :
 Sensibilisation directe: visites dans le milieu de pratique par des personnes
formées pour informer directement le personnel sur l’évolution des pratiques;
 Rappels (sur papier ou électroniques): messages visant à avertir le
professionnel de la santé qu’il doit poser un geste clinique;
 Formation interactive: participation des intervenants à des conférences, des
ateliers ou des stages où ils apprennent activement par des exposés, des
discussions ou des jeux de rôles à résoudre des problèmes en petits groupes. Les
principaux objectifs de ces formations sont d’accroître les connaissances des
participants et de modifier leur comportement.
(Beauchamp et Duplantie, 2012, INESSS, p.37; Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A., 2012, IRSC, p. 29-30; Registered
Nurses Association of Ontario. Toolkit: Implementation of clinical practice guidelines. Registered Nurses Association of
Ontario, 2002, p. 50)
Les stratégies de transfert de connaissances
et leur efficacité relative
Les stratégies
EFFICACES:
reconnues
comme
étant
PLUS
OU
MOINS
 Interventions orientées par le patient: de l’information ou des indications
(dépliants, affiches ou information audiovisuelle dans les salles d’attente) sont fournies aux
patients afin d’influencer les changements de pratique chez les professionnels;
 Vérification (audit) et rétroaction: présentation aux professionnels de données
sur leur rendement pour un intervalle de temps donné dans le but d’influencer les
comportements;
 Mobilisation des leaders d’opinion locaux: recourir à des professionnels
considérés comme importants, dignes de confiance et influents par leurs pairs pour
encourager un changement de pratique;
 Consensus local: discussions sur la pertinence du problème et du changement de
pratique proposé avec les professionnels directement visés par le processus
d’implantation.
(Beauchamp et Duplantie, 2012, INESSS, p.37; Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A., 2012, IRSC, p. 31-32; Registered Nurses
Association of Ontario. Toolkit: Implementation of clinical practice guidelines. Registered Nurses Association of Ontario, 2002, p. 50)
Les stratégies de transfert de connaissances
et leur efficacité relative
Les stratégies reconnues comme étant PEU OU PAS EFFICACES:
 Diffusion passive de matériel éducatif: diffusion des recommandations et
des publications (articles scientifiques) en version papier ou électronique;
 Formation classique: diffusion de l’information sous la forme d’un cours
magistral (formation passive).
(Beauchamp et Duplantie, 2012, INESSS, p.37; Registered Nurses Association of Ontario. Toolkit: Implementation
of clinical practice guidelines. Registered Nurses Association of Ontario, 2002, p. 50)
Principaux guides et outils développés au
Québec et au Canada
Les guides suivants ont été élaborés à partir de la synthèse de
plusieurs modèles dont ceux présentés dans le module de formation
précédent (2ième module). Ils présentent les principales étapes à
suivre et les éléments clés à ne pas oublier dans une démarche
d’implantation d’une nouvelle pratique ou d’un guide de pratique
clinique.
1) Guide produit par l’Association des infirmières et infirmiers
autorisés de l’Ontario:

Toolkit: Implementation of clinical practice guidelines
(Registered Nurses Association of Ontario, 2002)
http://rnao.ca/sites/rnao-ca/files/BPG_Toolkit_0.pdf
32
Principaux guides et outils développés au
Québec et au Canada
2) Guide et outils produits par l’Institut national de santé publique
du Québec (INSPQ) :

Animer un processus de transfert des connaissances: bilan des
connaissances et outil d’animation (Lemire et coll., 2009);
http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1012_AnimerTransfertConn_Bilan.pdf

Outil pour soutenir l’élaboration d’un plan de transfert des
connaissances (Souffez et Laurendeau, 2011);
http://www.inspq.qc.ca/publications/transfert_connaissances/documents/outil_pour_sout
enir_l_elaboration_d_un_plan_de_transfert_des_connaissances.pdf

Outil d’aide à la décision pour le transfert des connaissances
(2011).
http://www.inspq.qc.ca/publications/transfert_connaissances/documents/outil_aide_a_la
_decision_pour_le_transfert_des_connaissances.pdf
Principaux guides et outils développés au
Québec et au Canada
3) Guide et outils produits par les Instituts de recherche en santé
du Canada (IRSC) :

Passer à l’action : nous connaissons les pratiques que nous
souhaitons changer. Que faire, maintenant? Guide de mise en
œuvre pour les professionnels de la santé (Castiglione et Ritchie,
2012);
http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/documents/lm_moving_into_action-fr.pdf

Modules de formation sur les étapes du modèle « Des
connaissances à la pratique » et autres modules d’apprentissage
disponibles sur le site Web des IRSC.
http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/39128.html
Quelques conseils….

Le transfert de connaissances est un processus complexe qui
nécessite inévitablement des investissements en TEMPS,
RESSOURCES et ÉNERGIE;
 En résumé voici les barrières sur lesquelles vous avez un certain
pouvoir d’action dans vos établissements:




Instaurer un leadership fort et un encadrement par rapport à
l’implantation du changement dans un esprit de collaboration;
Allouer du temps aux intervenants et les outiller pour qu’ils aient
accès à la littérature et qu’ils puissent acquérir les habiletés
nécessaires pour chercher et apprécier les résultats de recherche;
Évaluer la possibilité de créer un poste de courtier de connaissances
(ou S.A.G.E.) (temps partiel ou idéalement temps plein…);
Mettre en place des mécanismes pour encourager et susciter les
échanges et collaborations entre chercheurs et utilisateurs.
Quelques conseils….

Pour l’implantation:

L’adaptation de la pratique ou du guide de pratique à implanter au
contexte clinique est essentielle; ça doit être réaliste;

Il est important de connaître les caractéristiques des utilisateurs potentiels.
À cet effet:

Le questionnaire des typologies de Green et coll. (2002) sur les styles de
pratique peut être utilisé. Il vous permettra d’identifier ceux qui seront enclins
ou plus réticents au changement;
(Green, LA, Go.renflo, DW et Wyszewianski, L. Validating an instrument for selecting interventions to
change physician practice patterns: a Michigan Consortium for Family Practice Research study. J Fam
Pract. 2002 Nov;51(11):938-42.)

Le questionnaire « Evidence-Based Practice Attitude Scale » (EBPAS) de
Aarons (2004) vous permettra d’évaluer les attitudes des utilisateurs potentiels
par rapport à l’utilisation des pratiques basées sur les données probantes.
(Aarons, G.A. (2004) Mental Health Provider Attitudes Toward Adoption of Evidence-Based Practice: The
Evidence-Based Practice Attitude Scale (EBPAS). Ment Health Serv Res. 2004 June ; 6(2): 61–74.)
Quelques conseils….

Il est important de connaître le contexte organisationnel:

À cet effet, le questionnaire « Organizational readiness to change assessment »
(ORCA) peut être utilisé.
(Helfrich et al. (2011). Predicting implementation from organizational readiness for change: a study protocol.
Implementation Science, 6:76, 1-12.)

Il faut choisir la bonne stratégie d’implantation soit celle qui cible le plus
l’élimination des barrières identifiées préalablement;

La pratique à implanter doit faire le plus possible consensus chez les
utilisateurs. L’aide d’un « champion » pour obtenir ce consensus peut
s’avérer très utile.

Maintenant que vous avez les notions de base en transfert de
connaissances, c’est maintenant le temps de les mettre en pratique!
Bonne implantation et n’oubliez-pas de remplir le formulaire
d’évaluation des modules de formation en ligne !
Références






Aarons, G.A. (2004) Mental Health Provider Attitudes Toward Adoption of
Evidence-Based Practice: The Evidence-Based Practice Attitude Scale (EBPAS).
Mental Health Services Resources. 2004 June ; 6(2): 61–74.
Beauchamp et Duplantie (2012). Vers une méthode d'élaboration des guides de
pratique dans le secteur des services sociaux. Rapport du comité sur les guides de
pratique en services sociaux de l’Institut national d’excellence en santé et en
services sociaux (INESSS).
Castiglione, S. A. et Ritchie, J. A. Passer à l’action : nous connaissons les pratiques
que nous souhaitons changer. Que faire, maintenant? Guide de mise en œuvre
pour les professionnels de la santé. Instituts de Recherche en Santé du Canada
(IRSC), 2012.
David, I. (2012). Perception des professionnels de la santé par rapport à
l'introduction d'une plateforme Web 2.0 dans leur pratique. Mémoire de maîtrise.
École de réadaptation, Faculté de médecine de l’Université de Montréal.
Gervais et Chagnon. Modélisation des déterminants et des retombées de
l’application des connaissances issues de la recherche psychosociale, rapport
présenté au Fonds de recherche sur la société et la culture du Québec par la
Chaire d’étude sur l’application des connaissances dans le domaine des jeunes et
des familles en difficulté (Université du Québec à Montréal), mai 2010.
Graham et al. (2006). Lost in Knowledge Translation: Time for a Map? The Journal
of Continuing Education in Health Professions, 26, 13-24.
Références




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



Green, LA, Go.renflo, DW et Wyszewianski, L. (2002). Validating an instrument for
selecting interventions to change physician practice patterns: a Michigan Consortium for
Family Practice Research study. Journal of Family Practice, Nov. 51(11), 938-42.
Grol, R., (1992). Implementing guidelines in general practice care. Quality in Health
Care, 1,184-191.
Helfrich et al. (2011). Predicting implementation from organizational readiness for
change: a study protocol. Implementation Science, 6:76, 1-12.
Lomas J. (1997). Research and evidence-based decision making. Aust NZ, Journal of
Public Health, 21, 439-41.
Noreau et coll. (2010). Rapport du Groupe de travail sur le transfert de connaissances
en traumatologie.
Pain, K. Magill-Evans, J., Darrah, J. et al. (2004). Effects of profession and facility type
on research utilization by rehabilitation professionals. Journal of Allied Health, 33, 3-9.
Registered Nurses Association of Ontario. Toolkit: Implementation of clinical practice
guidelines. Registered Nurses Association of Ontario, 2002.
Souffez, K. (2007). Des pistes pour une réflexion éthique en partage des
connaissances, Réseau de recherche en santé des populations du Québec, Carnetsynthèse #3, novembre 2007, rédaction: Karine Souffez, coordination: Marie-Claire
Laurendeau.
Zidarov, D., Thomas, A., Poissant, L. (2013). Knowledge translation in physical therapy;
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