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mais «laprivationdes capacités et libertés de
base »7,lePnud la définit comme un ensemble de
manques:impossibilité de vivre longtempseten
bonne santé,des’instruire, d’avoir des conditions
de viedécentes,departiciper àlavie collective8.
L’indicateur de pauvreté humaine est publié depuis
1997. Pour cela, le Pnud distingue la pauvreté
humaine dans les pays en développement (IPH-
1) et dans les pays développés (IPH-2). S’agissant
des pays en développement, l’IPH-1 repose sur la
mesurededéficits en matièredelongévité (probabilité àlanaissance de ne pas
atteindrel’âgede40ans), d’instruction(taux d’analphabétisme chez les adultes)
et de niveau de vie (pourcentagedelapopulationprivéed’accès àunpoint d’eau
et pourcentagedes enfants de moins de 5ans souffrant d’une insuffisance de
poids). Pour ce qui concerne les pays développés, l’IPH-2 est établi àpartir de
critères plus exigeants:probabilité àlanaissance de ne pas atteindrel’âgede
60 ans;pourcentaged’adultesnesachant ni lire ni écrire; pourcentagedela
populationvivant au-dessous du seuil de pauvreté (50%du revenu médian9);
taux de chômagedelongue durée (un an et plus).
Même si les indicateurs de pauvreté et de développement humains sont perfecti-
bles10,ils présentent d’immenses mérites. Fruits d’un important travail de réflexion,
inspiré des travaux d’A. Sen sur la nature du développement, ils soulignent bien les
différents aspects et finalités de celui-ci. En outre, leur comparabilité dans le temps
et entre pays peut (et devrait) constituer une incitation pour les dirigeants politiques
àfaireprogresser leur pays en prenant pourmodèle les pratiques des «meilleurs
élèves».Il est donc important que des indicateurs de ce type soient davantage mis
en avant pour éviter que l’appréciation des performances des pays ne soit limitée à
des indicateurs purement économiques comme le taux de croissance ou le PIB par
habitant. En outre, la prise en considération de ces critères et de la philosophie sur
7. A. Sen, op.cit.,p.21.
8. Pnud, « Rapport mondial sur le développement humain 2000 », De Boec, Bruxelles, Paris.
9. Le revenu médian est celui qui correspond au partage de la population en deux parties égales;50%ont des reve-
nus supérieurs au revenu médian et 50 % ont des revenus inférieurs. Pour déterminer le seuil de pauvreté,lerevenu
médian est préféré au revenu moyen, car ce dernier est trop influencé par les revenus très élevés. Dans certains pays
le seuil officiel de pauvreté est calculé selon d’autres critères, mais pour les besoins de ses comparaisons internatio-
nales, le Pnud se réfère à cette définition.
10. D’autres indicateurs synthétiques comprenant plus d’éléments ont été créés:indice de santé sociale du Fordham
Institute auxÉtats-Unis, et indice de bien-êtreéconomiqued’Osberg et Scharpe au Canada, notamment. Leur
application à divers pays de l’OCDE sur les années 1980-1990 fait état d’un écart croissant, à partir du début des
années 1990, entre progrès économique (PIB par habitant) et bien-être social. Sur cette question, voir notamment
J. Gadrey, Les nouveaux indicateurs de richesse,coll. «Repères», La Découverte,Paris, 2005.
Protection sociale et développement humain
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