Contexte
Les champs d’analyse de cette étude ont été définis lors des premiers travaux de l’observatoire des industries culturelles et
créatives de Nantes Saint-Nazaire, en 2013/2014 et réalisés par les agences d’urbanisme de Nantes (Auran) et de Saint-Nazaire
(Addrn). L’étude 2014 a donné lieu à la production d’un ouvrage réalisé collectivement par par l’Addrn, l’Auran et la Samoa (Société
d’Aménagement de la Métropole Nantes Atlantique, qui anime le cluster du quartier de la création).
L’étude 2014 avait également été enrichie par les contributions des membres du comité de pilotage de l’observatoire : la Région des
Pays de la Loire, Nantes Métropole, la Carene, le Conseil départemental, la CCI de Nantes-Saint-Nazaire, Pôle emploi, le Pôle de
coopération des acteurs pour les musiques actuelles, et le Granem (Groupe de Recherche ANgevin en Économie et Management).
Les industries culturelles et créatives, qu’est ce que c’est ?
La notion d’industries culturelles apparait dans les années 50, et celle d’industries créatives apparaît dans les années 90 en Grande
Bretagne. Aujourd’hui, les travaux francophones font référence à la définition du gouvernement britannique qui indique que « les
industries créatives trouvent leur origine dans la créativité, les compétences et le talent d’une personne et ont un fort
potentiel de croissance et d’emploi à travers la production et l’exploitation de la propriété intellectuelle ».
Sur la base de cette définition, de nombreux travaux dans les pays européens et anglo-saxons se sont intéressés à cette notion
d’économie créative. Il en ressort un corpus commun de secteurs appartenant aux ICC, et aussi quelques choix d’activités plus
résiduels qui relèvent souvent de spécificités régionales.
Les filières constituant les ICC présentent des caractères différenciés : certaines de ces activités culturelles ne sont pas
reproductibles, destinées soit à être consommées sur place, soit marqué par un caractère éphémère, de création unique ou en
petite série. Il s’agit notamment du spectacle vivant (théâtre, concert, etc.), des activités liées au patrimoine (musée, site
archéologique, etc.) ou des arts plastiques (peinture, sculpture, etc.). Par opposition, les « industries » culturelles du livre, de
l’audiovisuel, du cinéma sont caractérisées par une production en grande série de biens culturels. L’expression « industries
créatives » suscite quant à elle davantage de débats. Elle renvoie à la créativité, c’est à dire la capacité à produire de nouvelles idées,
à développer une certaine inventivité au service de l’ingénierie. Les industries créatives regroupent dans l’étude les activités qui
exploitent l’inventivité artistique, culturelle et esthétique dans une perspective marchande. Il s’agit ici essentiellement des
activités d’architecture, de design, de publicité, de numérique mais aussi de mode et d’ameublement.
Méthode
L’étude s’appuie sur deux approches complémentaires : une analyse « filière » décrivant le tissu économique et les emplois
appartenant aux activités identifiées comme des industries culturelles et créatives, et une approche métier qui identifie les métiers
dits « créatifs » au sens de l’observatoire.
L’approche filière
Cette présente étude privilégie une approche par filière, c’est à dire l’intégration de l’ensemble des activités complémentaires
qui concourent d’amont en aval à la réalisation d’un produit fini. On peut distinguer dans ce processus de réalisation d’un bien
ou service trois étapes : la création/conception du produit, sa mise en production/fabrication, et sa diffusion dans l’économie. La
nomenclature française d’activité ne permettant pas aisément de distinguer ces trois étapes, ce sont donc deux familles qui sont
considérées par l’observatoire : conception/production et distribution. Ainsi, au sein de filières qui composent les ICC, sont
regroupées des activités qui relèvent de la création, du concept et de la mise en production des produits (en amont de la chaine
de valeur), ainsi que ceux qui relèvent de la distribution dans l’économie, notamment par les canaux commerciaux, en aval de
la chaine de valeur.
Les filières retenues par l’observatoire sont les suivantes :
! Les produits culturels non reproductibles, qui sont par nature le cœur des industries culturelles (arts du spectacle,
créations artistiques, musées...), sur un modèle de production et de diffusion en petite série.
! La musique, l’audiovisuel et le cinéma, dans lesquelles ont été regroupées les activités du son et de l’image, qui
bénéficient d’une production et d’une diffusion très large dans l’économie.
! Le livre, qui embrasse uniquement les aspects de production et de distribution dans l’industrie du livre et des périodiques
(imprimerie, édition, librairies, bibliothèques...)!car les producteurs de contenus, c’est-à-dire les auteurs, ne bénéficient pas
d’une entrée dans la nomenclature française d’activité. Ils sont en revanche identifiés dans l’approche métiers
complémentaire.
! Le numérique, pour lequel seuls les aspects de conception et de diffusion ont été retenus : édition de logiciels activités de
programmation, portails internet...). Les activités concourant à la fabrication de matériel informatique (le « hardware ») ont
été écartées du champ de l’observatoire.
! La mode et les accessoires, qui ont été intégrées depuis l’amont (design produit) jusqu’à l’aval (vente de prêt à porter). En
effet, de nombreux petits créateurs de mode sont déclarés dans le secteur de la distribution. En outre, l’enquête réalisée
auprès de 400 chefs d’entreprises de Loire-Atlantique lors de l’étude 2014 témoigne de l’importance des fonctions de
commercialisation dans le processus créatif (modalités de présentation des produits, retour sur les attentes de la clientèle).
En revanche, la fabrication de matières premières, à savoir le textile, a été écartée du champ de l’étude.
! Le meuble, qui a bénéficié des mêmes arbitrages que la filière mode et accessoires (exclusion des activités de production
des matériaux).
! Les services créatifs, qui recouvrent l’ensemble des activités proposant des prestations intellectuelles et manuelles faisant
appel à la créativité et à l’esthétique et qui interviennent de manière transversale dans l’économie : design, architecture,
publicité…