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PRÉCIS DE PHARMACOLOGIE
Du fondamental à la clinique
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PRÉCIS DE PHARMACOLOGIE
Du fondamental à la clinique
Sous la direction de
Pierre Beaulieu et Chantal Lambert
Les Presses de l’Université de Montréal
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre :
Précis de pharmacologie : du fondamental à la clinique
Comprend des réf. bibliogr. et un index.
isbn 978-2-7606-2092-6
eISBN 978-2-7606-2605-8 (Pdf)
1. Pharmacologie - Guides, manuels, etc. 2. Médicaments - Guides, manuels, etc.
I. Beaulieu, Pierre, 1958- .
II. Lambert, Chantal.
rm301.12.p73 2009
615’.1
c2009-941419-8
Dépôt légal : 1er trimestre 2010
Bibliothèque nationale du Québec
© Les Presses de l’Université de Montréal, 2010
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par
l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités
d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts
du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
imprimé au canada en mars 2010
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Table des matières
Avant-propos
9
PHARMACOLOGIE GÉNÉRALE
1 Bases de pharmacologie générale
2 Principes de pharmacocinétique
3 Biotransformation des médicaments
4 Pharmacologie moléculaire
5 Autacoïdes
6 Techniques et méthodes en pharmacologie
7 Pharmacologie du système nerveux autonome
13
41
69
89
117
143
181
PHARMACOLOGIE DU SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE
8 Pharmacologie vasculaire
9 Pharmacologie cardiaque
10 Métabolisme des lipoprotéines et traitement des dyslipidémies
11 Pharmacologie de l’hémostase et de la thrombose
203
235
265
285
NEUROPHARMACOLOGIE
12 Pharmacologie du système nerveux central
13 Pharmacologie en psychiatrie
14 Pharmacologie des analgésiques
15 Toxicomanie : drogues psychotropes
16 Pharmacologie en anesthésiologie
307
345
373
403
425
PHARMACOLOGIE DES AUTRES SYSTÈMES
17 Pharmacologie en pneumologie
18 Pharmacologie en gastroentérologie
19 Pharmacologie en néphrologie
20 Pharmacologie en rhumatologie
21 Pharmacologie en endocrinologie
22 Pharmacologie et appareil reproducteur
23 Pharmacologie en dermatologie
24 Pharmacologie du système hématopoïétique
25 Pharmacologie en cancérologie
461
483
509
523
549
585
611
629
637
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PHARMACOLOGIE EN INFECTIOLOGIE
26 Antibactériens : β-lactamines et dérivés
27 Antibactériens : autres médicaments
28 Antiviraux
29 Antifongiques
30 Antiparasitaires
655
673
703
725
739
PHARMACOLOGIE DANS CERTAINES POPULATIONS
31 Pharmacologie en obstétrique
32 Pharmacologie en pédiatrie
33 Pharmacologie en gériatrie
757
773
789
ASPECTS PHARMACOLOGIQUES DE LA VIE DES MÉDICAMENTS
34 Développement du médicament
35 Pharmacovigilance
36 Pharmaco-épidémiologie
37 Introduction à la pharmaco-économie
801
825
839
849
Index
Auteurs
859
873
Avant-propos
La pharmacologie est la « science des médicaments ». Elle
étudie les mécanismes d’interactions entre une substance
active et l’organisme dans lequel elle évolue, dans le but
d’utiliser les résultats à des fins thérapeutiques. La pharmacologie étudie les effets bénéfiques et recherchés (effets
thérapeutiques) des médicaments ainsi que leurs effets
secondaires et indésirables. Le champ d’expertise de la
pharmacologie est très large, puisqu’elle évalue entre autres
aspects les voies d’administration des médicaments, les
interactions médicamenteuses ainsi que les facteurs physiologiques, pathologiques et environnementaux pouvant
modifier l’action des médicaments. Pour ce faire, la pharmacologie intègre des concepts et des données issus entre
autres champs de la physiologie, la pathologie, la biochimie,
la génétique et la biologie moléculaire.
La pharmacologie est une science fondamentale sur
laquelle repose le développement de la grande majorité
des médicaments futurs. Elle est considérée comme une
discipline à part entière et elle se décline désormais en
plusieurs axes allant de la pharmacologie fondamentale à
la pharmacologie clinique. La pharmacologie est ainsi la
base de la thérapeutique.
Bien que multi-auteurs, ce Précis de pharmacologie est
écrit quasiment en totalité par des enseignants, des chercheurs, des cliniciens et des doctorants appartenant ou
ayant appartenu aux Universités de Montréal et de McGill,
ce qui en fait un ouvrage montréalais, québécois, francophone unique.
Le Précis de pharmacologie est divisé en 37 chapitres
regroupés en 7 sections. Les sept premiers chapitres présentent les bases fondamentales de la pharmacologie tandis
que les sections qui suivent couvrent l’ensemble de la pharmacologie par systèmes. Une section est spécifiquement
dédiée à la pharmacologie à différents stades de la vie. Une
section finale est consacrée aux aspects pharmacologiques
de la vie des médicaments, allant de son développement
à partir de la recherche animale jusqu’à sa mise sur le
marché et sa surveillance postmarketing. Des principes de
pharmaco-épidémiologie et de pharmaco-économie sont
également présentés.
Chaque chapitre de la section pharmacologie par systèmes repose sur des rappels anatomiques et physiologiques,
suivis de la présentation des différents médicaments utilisés
dans le traitement de diverses entités pathologiques. Ainsi,
le lecteur est mieux armé pour appréhender les mécanismes
d’action des médicaments et leurs différents effets.
Tous les acteurs ou professionnels de la santé doivent acquérir des bases de pharmacologie afin de mieux
comprendre, prescrire, évaluer et surveiller les diverses
thérapeutiques administrées aux patients. Ce Précis de
pharmacologie s’adresse ainsi à l’ensemble de la communauté étudiante en sciences de la santé ainsi qu’aux divers
professionnels déjà en activité qui voudraient acquérir des
connaissances dans ce domaine ou bien les réviser. Notre
but est d’offrir un ouvrage en langue française, clair, précis
et didactique de ce qu’est la pharmacologie aujourd’hui.
Nous aimerions remercier chaleureusement l’ensemble
des collaborateurs qui ont participé à cet ouvrage et sans
lesquels rien n’aurait été possible.
De plus, nous remercions plus particulièrement Julie
Desroches pour ses efforts constants et son enthousiasme
à faire progresser le Précis, ainsi que Francine Legault pour
son aide précieuse et son grand professionnalisme dans la
confection des figures du Précis.
Nos remerciements vont également au Vice-décanat aux
études médicales de premier cycle, formation professionnelle continue et développement de l’enseignement de la
faculté de médecine de l’Université de Montréal pour son
aide financière déterminante à la réalisation de cet ouvrage.
Certains partenaires industriels doivent également être
remerciés : AstraZeneca Canada Inc., Axcan Pharma, Bayer
Inc., Pfizer Canada Inc. et Solvay Pharma.
Finalement, un grand merci à Nadine Tremblay, éditrice
aux Presses de l’Université de Montréal, et à Véronique
Giguère, infographiste, pour leur grand professionnalisme.
Merci d’avance aux lectrices et aux lecteurs de nous faire
part de leurs commentaires et remarques qui pourraient
aider à améliorer le Précis lors d’une prochaine édition.
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Pierre Beaulieu et Chantal Lambert
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PHARMACOLOGIE GÉNÉRALE
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CHAPITRE 1
Bases de pharmacologie générale
*OS£E'UINDONs*ULIE$ESROCHESs*OS£E-ICHAUD
6INCENT0ICHETTEs#HANTAL,AMBERTs0IERRE"EAULIEU
1. INTRODUCTION
1.1 Définitions
1.2 Historique
1.3 Origine et catégories de médicaments
1.4 Dénominations des médicaments
2. MÉCANISMES D’ACTION DES MÉDICAMENTS
2.1 Voies d’administration des médicaments
2.2 Distribution des médicaments
dans l’organisme
2.2.1 Barrières externes de l’organisme
2.2.2 Barrières entre le sang et les tissus
2.2.3 Passage à travers les membranes
2.3 Biotransformation et élimination
des médicaments
3. INTERACTIONS MÉDICAMENT-RÉCEPTEUR
3.1 Agonistes et antagonistes
3.2 Interactions ligand-récepteur
3.3 Méthodes de mesure de la liaison
au récepteur
3.3.1 Méthode de saturation
3.3.2 Méthode de déplacement
3.4 Récepteurs de réserve
3.5 Différents types de récepteurs
3.6 Stéréoisomérie en pharmacologie
5. VARIATIONS DE LA RÉPONSE
PHARMACOLOGIQUE
5.1 Désensibilisation des récepteurs
5.2 Tolérance
5.3 Dépendance
5.4 Placebo et effet placebo
6. FACTEURS MODIFIANT L’ACTIVITÉ
DES MÉDICAMENTS
6.1 Âge
6.1.1 Population pédiatrique
6.1.2 Population gériatrique
6.2 Sexe
6.3 Grossesse
6.4 Obésité
6.5 Génétique
6.6 États pathologiques
6.6.1 Insuffisance rénale chronique
6.6.2 Insuffisance hépatique
6.6.3 Insuffisance cardiaque
7. EFFETS INDÉSIRABLES DES MÉDICAMENTS
8. INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
9. IMMUNOPHARMACOLOGIE
10. AVENIR DE LA PHARMACOLOGIE
4. ACTION DES MÉDICAMENTS
4.1 Courbe dose-réponse
4.2 Notions d’efficacité et de puissance
4.3 Index thérapeutique et toxicité
11. RÉFÉRENCES
1. INTRODUCTION
1.1 Définitions
La pharmacologie est la « science des médicaments ». Elle
s’intéresse à l’interaction qui a lieu entre du matériel vivant
(cellules isolées, animal et ultimement homme) et du matériel chimique ou biochimique (principe actif). Il s’agit en
effet d’une interaction puisque le principe actif agit sur le
vivant, définissant ainsi la pharmacodynamie et puisque
le vivant agit sur le principe actif, définissant ainsi la pharmacocinétique. La pharmacologie étudie les effets bénéfiques et recherchés (effets thérapeutiques) des médicaments
ainsi que leurs effets secondaires et indésirables. Le champ
d’expertise de la pharmacologie est dans les faits très large,
puisqu’elle évalue entre autres les voies d’administration
des médicaments, les interactions médicamenteuses ainsi
que les facteurs physiologiques, pathologiques et environnementaux pouvant modifier l’action des médicaments.
Extrait de la publication
14 š p r é c i s d e p h a r m a c o l o g i e
La pharmacologie actuelle se divise en plusieurs branches telles que la pharmacocinétique, qui étudie le devenir
d’une molécule bioactive dans l’organisme, de son absorption à son excrétion en passant par sa biotransformation ;
la pharmacodynamie, qui étudie les mécanismes par lesquels une molécule produit un effet sur un organisme ;
la pharmacogénétique, qui étudie l’influence des gènes
sur l’activité des médicaments dans l’organisme ; la pharmacogénomique qui étudie l’interaction entre l’ensemble
des gènes et un médicament après son administration ; la
pharmaco-épidémiologie et la pharmacovigilance qui ont
pour but la surveillance du risque des effets indésirables
résultant de l’utilisation des médicaments et des produits
pour un usage chez l’humain ; et enfin la toxicologie qui
s’intéresse aux effets toxiques des médicaments (figure 1.1).
vrai point de départ de la pharmacologie. Rudolf Buchheim
est considéré comme le fondateur de la pharmacologie en
tant que discipline indépendante pour son entreprise en
1847 de l’étude expérimentale et systématique du mode
d’action des médicaments. Le XXe siècle a pour sa part été
celui de la découverte de très grandes familles de médicaments tels que les anesthésiques locaux dont la novocaïne
(1901), les antipaludéens de synthèse dont la chloroquine
et l’hydroxychloroquine (1927), les antibiotiques dont les
sulfamides (1935) et la pénicilline (1941), les anticoagulants
coumariniques (1947), les corticostéroïdes dont la cortisone
(1948), les antipsychotiques dont la chlorpromazine et le
dérivé antituberculeux, isoniazide (1952).
1.3 Origine et catégories de médicaments
Santé Canada dans la Loi sur les aliments et drogues définit
une drogue comme « toute substance utilisée pour diagnostiquer, traiter, atténuer ou prévenir une maladie, un
désordre ou un état physique anormal, et pour restaurer,
corriger ou modifier des fonctions organiques chez les
humains ou les animaux ». Elle assimile de plus cette définition à celle d’un médicament.
1.2 Historique
Les vertus thérapeutiques de nombreuses plantes sont
connues depuis la nuit des temps, mais l’identification des
principes actifs responsables de leurs effets pharmacologiques date des XIXe et XXe siècles. En effet, le développement
parallèle de la biologie et de la chimie a fait du XIXe siècle le
figure 1.1
PSYCHOLOGIE
THÉRAPEUTIQUE
MÉDECINE CLINIQUE
MÉDECINE
VÉTÉRINAIRE
PHARMACIE
BIOTECHNOLOGIE
PATHOLOGIE
CHIMIE
Psychopharmacologie
Pharmacologie
clinique
Pharmacologie
vétérinaire
Sciences
pharmaceutiques
Sciences biopharmaceutiques
Toxicologie
Chimie
médicinale
Pharmacocinétique/
Biotransformation des drogues
Pharmacologie
biochimique
Pharmacologie
Pharmacologie
moléculaire
Chimiothérapie
Systèmes pharmacologiques
Neuropharmacologie
Pharmacologie
cardiovasculaire
Immunopharmacologie
Pharmacologie
gastro-intestinale
Pharmacologie
respiratoire
Pharmacogénétique
Pharmacogénomique
Pharmaco-épidémiologie
Pharmaco-économie
GÉNÉTIQUE
GÉNOMIQUE
ÉPIDÉMIOLOGIE CLINIQUE
ÉCONOMIE MÉDICALE
Vue d’ensemble de certains éléments composant la pharmacologie actuelle. Modifiée d’après Rang et al., 2007.
Bases de pharmacologie générale š 15
Les médicaments peuvent être d’origine naturelle et sont
alors désignés par le terme drogues1. Ce sont des produits
qui sont utilisés tels qu’ils existent à l’état naturel (du règne
minéral, animal ou végétal) ou à partir desquels il est possible d’extraire des médicaments. Aujourd’hui, la grande
majorité des médicaments est obtenue par synthèse, par
réplique de substances naturelles ainsi que par préparation de molécules de structure apparentée ou totalement
différente des substances naturelles. Une substance naturelle inactive peut de plus être modifiée et transformée en
laboratoire afin de devenir un médicament tel que certains
dérivés opioïdes qui sont d’origine semi-synthétique.
Les médicaments peuvent être classés en produits officinaux (détenus par les pharmaciens et dont les caractéristiques sont inscrites dans un recueil), préparations
magistrales (préparées pour un patient par le pharmacien
sur ordonnance du médecin qui en indique la composition),
spécialités pharmaceutiques (médicaments autorisés par
chaque pays et qui ont reçu une autorisation de mise sur le
marché), médicaments essentiels (liste de l’Organisation
Mondiale de la Santé, OMS) et médicaments dits orphelins
(médicaments destinés à combattre une maladie rare). Il
y avait ainsi en 2006 au Canada plus de 22 000 produits
pharmaceutiques. Le Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques (CPS, mis à jour annuellement) est
l’ouvrage de référence canadien sur les médicaments pour
les professionnels de la santé et comprend diverses rubriques telles que pharmacologie, indications et contre-indications, effets indésirables, posologies, renseignements pour
les patients et illustration des produits. En France, l’équivalent est le Dictionnaire VIDAL. Avec plus de 5 000 médicaments et 4 900 produits de parapharmacie référencés
pour la 84e édition (2009), ce dernier, tout comme le CPS
au Canada, constitue un ouvrage indispensable pour les
professionnels de la santé dans le cadre de leur pratique
quotidienne.
1.4 Dénominations des médicaments
Tous les médicaments possèdent dans les faits trois dénominations différentes. La première est la dénomination
scientifique (formule chimique) qui doit suivre les règles
fixées par l’Union Internationale de Chimie pure et appliquée. Cette dénomination est généralement d’un usage
trop complexe et trop laborieux pour être utilisée tous les
jours par les professionnels de la santé. La deuxième est la
dénomination commune internationale ou DCI ou nom
générique qui est proposée par l’OMS. Cette dénomination
qui n’appartient à personne permet l’attribution à chaque
1. En France, le mot « drogue » n’est pas utilisé pour désigner un
médicament. En effet, dans le langage courant, une drogue désigne
une substance toxicomanogène.
principe actif d’un nom simple et utilisable dans tous les
pays. Cette dénomination universelle s’écrit avec une lettre
minuscule. Finalement, la troisième est la dénomination
commerciale qui consiste en une marque déposée par un
laboratoire pharmaceutique pour un principe actif unique
ou pour une combinaison de principes actifs plus ou moins
complexe. Cette dernière dénomination appartient au laboratoire qui commercialise le principe actif concerné, elle
est souvent différente d’un pays à l’autre et elle s’écrit avec
une lettre majuscule marquant ainsi le droit de propriété
(voir également chapitre 34). Les professionnels de la santé
utilisent indifféremment dans leurs discussions, et plus
particulièrement pour la prescription, le nom générique
ou le nom commercial en usage dans leur pays.
Par exemple, le chlorhydrate de 2-(2,6-dichlorophénylamino)-2-imidazoline, un agent antihypertenseur,
peut être désigné sous son nom générique reconnu universellement, soit « clonidine », ou sous un de ses nombreux
noms commerciaux, soit « Catapress » où indique un
nom enregistré (« registered »).
®
®
2. MÉCANISMES D’ACTION DES MÉDICAMENTS
Entre le moment où un médicament est administré et
celui où son effet thérapeutique est observé, il existe toute
une série d’événements qui peuvent tous être modulés
par différents facteurs (figure 1.2). Comme mentionné,
la pharmacodynamie est l’étude des effets biologiques
ou physiologiques d’un médicament ou d’une substance
chimique dans l’organisme et des mécanismes moléculaires par lesquels ces effets sont produits. Ainsi, un médicament peut modifier une fonction cellulaire ou la vitesse
de cette fonction, mais il ne peut en aucun cas transmettre
une nouvelle fonction à une cellule ou à un tissu cible. Il
peut altérer la fonction cellulaire cible en modifiant l’environnement de la cellule ou en modifiant sa fonction.
Des changements non spécifiques de l’environnement de
la cellule se font par des substances qui ont des structures
non spécifiques et qui ne s’attachent pas à la cellule. Le
mécanisme d’action se produit alors par un changement
physique (lotion solaire protégeant des rayons ultraviolets
ou lubrifiant agissant dans le cas de constipation légère) ou
chimique (diurétique osmotique agissant par appel d’eau
ou antacide neutralisant le pH gastrique) à l’extérieur ou
à l’intérieur de la cellule. Par ailleurs, des changements
spécifiques de la fonction cellulaire nécessitent une interaction de la substance chimique avec des macromolécules
(protéines ou enzymes) du tissu cible. Ces macromolécules
se comportent alors comme un récepteur. Ce processus,
appelé « interaction médicament-récepteur » se traduit par
une augmentation ou une diminution d’un phénomène
physiologique dépendamment du type et de la fonction du
récepteur impliqué (figure 1.3).
16 š p r é c i s d e p h a r m a c o l o g i e
figure 1.2
ÉTAPES
Pharmaceutique
Pharmacocinétique
Pharmacodynamie
Pharmacothérapie
ACTIVITÉS
MODIFICATIONS
Administration
du médicament
Compliance
Erreurs de prescription
Désintégration
et dissolution
Vitesse et quantité absorbée
Poids et âge
Distribution espace liquidien
Sites de stockage du médicament
Solubilité du médicament
Liaison plasmatique
Vitesse d’élimination
Absorption, distribution,
biotransformation et élimination
Interaction
médicamentrécepteur
Effet ou réponse
Changements physiologiques
Modifications pathologiques
Différences génétiques
Interactions médicamenteuses
Effet placebo
Autres médicaments
Effet idiosyncratique
Effet iatrogénique
Posologie
Paramètres du monitorage
Différentes étapes intervenant entre l’administration et l’effet d’un médicament. À la suite de son absorption, sa distribution, sa biotransformation et son
élimination, le médicament peut agir sur l’organisme. Les paramètres indiqués sur la partie droite de la figure peuvent modifier ce processus au cours des
différentes étapes.
figure 1.3
ACTION SUR
UNE ENZYME
- Aspirine et COX
- IMAO et biotransformation
des catécholamines
ACTION
PHYSICO-CHIMIQUE
MÉDICAMENT
ACTION SUR
LES TRANSPORTS
- Digitaliques
- Diurétiques
- Anesthésiques
- Anti-acides
- Adsorbants
- Surfactants
- Oxydants ou réducteurs
ACTION AU NIVEAU
DES RÉCEPTEURS
ACTION SUR LES SYNTHÈSES
DE MACROMOLÉCULES :
ADN, ARN ET PROTÉINES
- Opioïdes
- -bloquants
- Antibiotiques
- Anticancéreux
- Corticostéroïdes
Cinq mécanismes peuvent être responsables du mode d’action d’un médicament en fonction de sa classe pharmacologique mais la majorité des médicaments
agissent à la suite de leur liaison à un récepteur spécifique. Quelques exemples sont donnés pour chacun des mécanismes. Modifiée d’après Elghozi J-L. et
Duval D., 1992.
Extrait de la publication
Bases de pharmacologie générale š 17
buccale ou sublinguale puisque le système veineux drainant la muqueuse buccale rejoint directement la veine cave
supérieure. De même, lors de l’administration d’un médicament par voie rectale (suppositoire), l’effet de premier
passage est majoritairement évité puisque les veines de
l’extrémité distale du rectum communiquent directement
avec la veine cave inférieure (figure 1.5). L’absorption rectale est par ailleurs souvent irrégulière et incomplète et de
nombreux médicaments peuvent entraîner une irritation
de la muqueuse rectale.
Un effet de premier passage est également décrit aux
niveaux intestinal et pulmonaire, bien qu’il soit moins
important qu’au niveau hépatique. En effet, certaines
enzymes présentes au niveau intestinal (disaccharidases,
dipeptidases, entérokinases, cytochromes), mais dont l’activité est plus faible qu’au niveau hépatique, expliquent cet
effet de premier passage intestinal qui concerne des médicaments tels que la morphine, la pénicilline et l’aspirine.
De plus, un effet de premier passage pulmonaire quant à
lui concerne des réactions d’oxydation, de réduction, de
désalkylation, d’hydrolyse ou de sulfoconjugaison (voir
chapitre 3), impliquant des substances physiologiques
(prostaglandines) et certains médicaments (lidocaïne,
propranolol et nortriptyline par exemple).
L’administration par inhalation des médicaments est par
ailleurs possible sous différentes formes : gazeuse, volatile
ou d’aérosol. L’inhalation permet une action locale (bronchodilatateurs et corticoïdes pour le traitement de maladies
respiratoires – voir chapitre 17) ou une action systémique
(anesthésiques gazeux ou volatils) des médicaments. Dans
ce dernier cas, il y a absorption des substances par l’intermédiaire de l’épithélium pulmonaire et des muqueuses
du tractus respiratoire. L’accès à la circulation systémique
2.1 Voies d’administration des médicaments
Les médicaments atteignent généralement leur cible par
l’intermédiaire de la circulation sanguine. Cela signifie
que les molécules doivent d’abord parvenir jusqu’au sang.
Ce processus se produit au niveau de la circulation veineuse pour laquelle il existe différents sites d’entrée. Le
médicament peut être administré directement dans la
circulation veineuse (voie intraveineuse ; i.v.) ou, encore,
il peut entre autres être injecté par voie sous-cutanée (s.c.)
ou intramusculaire (i.m.). Ces modes d’administration
sont invasifs puisqu’ils impliquent une lésion de la peau
et ils nécessitent des précautions particulières (figure 1.4).
L’administration par la bouche (orale ou per os) est pour
sa part beaucoup plus simple et moins invasive et elle est
donc plus fréquemment employée. Dans ce cas, le passage
de la substance active vers le sang s’effectue au niveau de
la muqueuse stomacale et principalement de la muqueuse
intestinale. Le passage des médicaments à travers la membrane des muqueuses intestinales peut se faire par diffusion
passive si le médicament est liposoluble ou par le biais de
transporteurs membranaires (voir chapitre 2). Cette voie
d’administration présente cependant l’inconvénient physiologique anatomiquement incontournable de faire en
sorte que la substance ingérée doive traverser le foie via le
système porte avant de rejoindre la circulation générale.
Ce phénomène est appelé « effet de premier passage ».
Tous les médicaments administrés par voie orale passent
d’abord par le foie, mais ce phénomène est très important
pour les agents pharmacologiques qui sont fortement biotransformés au niveau hépatique et dont les métabolites
sont peu ou pas actifs. Il s’agit alors d’une élimination
présystémique du médicament. L’effet de premier passage
peut par contre être court-circuité par une administration
figure 1.4
Tissus
Site d’action
Récepteur
Substance
libre
Substance
libre
Substance
liée
Distribution
Compartiment sanguin central
Diverses
voies
d’administration
Absorption
Substance
libre
Substance liée
protéines plasmatiques
Métabolites
Excrétion
(Reins, vésicule,
poumons, etc.)
Biotransformation
(Foie, reins, poumons, etc.)
Représentation schématique des interactions entre l’absorption, la distribution, la biotransformation et l’excrétion d’un médicament dans l’organisme.
18 š p r é c i s d e p h a r m a c o l o g i e
figure 1.5
Inhalation
Muqueuses
nasopharyngées
per os
1er passage
pulmonaire
Sub-linguale
Intraveineuse
1er passage
intestinal
Foie
supérieure
Veine porte
Tube
digestif
Poumons
Veine cave
1er passage
hépatique
Coeur
inférieure
Voies péridurale
et intrathécale
Veine hémorroïdale inférieure
Intra-rectale
Intramusculaire
Circulation
systémique
Sous-cutanée
Intradermique
Transdermique
Distribution
au site d’action
Différentes voies d’administration des médicaments. Modifiée d’après un schéma tiré d’un cours du Pr Germain Bessard de la Faculté de médecine de Grenoble,
Université Joseph Fourier, France.
est rapide en raison de la grande surface d’échanges des
poumons et il y a aussi absence de premier passage hépatique.
L’administration de médicaments peut également s’effectuer par voie locale ou topique. Ainsi des substances
appliquées sur les muqueuses conjonctivales, nasopharyngées, oropharyngées, vaginales, coliques ou urétrales
auront un effet local. La recherche d’un effet local peut
aussi concerner la peau : traitements dermatologiques (voir
chapitre 23), anesthésie locale (voir chapitre 16), traitement
anti-infectieux (voir chapitres de la section infectiologie)
ou anti-inflammatoire. La voie transdermique quant à elle
constitue une voie d’administration (à travers la peau) de
médicaments qui rejoignent la circulation systémique.
Cela nécessite le plus souvent l’application cutanée d’un
dispositif thérapeutique (timbre ou « patch ») constitué
d’un réservoir contenant la substance active (liposoluble)
et d’un système de fixation à la peau. La substance diffuse
progressivement à travers l’épiderme et elle est absorbée
par des capillaires au niveau du derme avant de rejoindre
la circulation sanguine. L’absorption à travers la peau peut
être favorisée en solubilisant le médicament dans une
suspension huileuse, en utilisant un pansement occlusif
et, tout récemment, par l’utilisation d’un dispositif couplé
à une iontophorèse (utilisation d’un faible courant électrique afin de favoriser le passage des substances à travers
la peau). Seulement un petit nombre de molécules peuvent être délivrées par voie transdermique en raison des
propriétés physicochimiques qui sont requises pour cette
administration. Par exemple, mentionnons les dérivés
nitrés, le dimenhydrinate, le fentanyl, la buprénorphine,
la nicotine, la scopolamine (hyoscine), la testostérone et
les estrogènes.
La biodisponibilité correspond à la fraction ou au pourcentage de la dose d’un médicament qui rejoint la circulation systémique à la suite de son administration. C’est en
fait la « dose efficace » puisque c’est cette quantité de médicament qui est disponible pour rejoindre le site d’action.
Par définition, la biodisponibilité après une administration
par injection intraveineuse est maximale (biodisponibilité
de 1 ou 100 %) (figure 1.6).
2.2 Distribution des médicaments
dans l’organisme
Après son absorption, un médicament rejoint le sang. Il est
ensuite distribué dans tout l’organisme en fonction de ses
caractéristiques physicochimiques et/ou de la présence de
Extrait de la publication
Bases de pharmacologie générale š 19
figure 1.6
figure 1.7
Biodisponibilité =
SSC (oral)
SSC (injecté)
X 100
Médicament
injecté
SSC (injecté)
Médicament donné
oralement
Concentrations plasmatiques
du médicament
Concentrations plasmatiques
du médicament
intraveineuse
intramusculaire
sous-cutanée
orale
SSC (oral)
Temps
Temps
Administration
du médicament
Administration
du médicament
Concept de biodisponibilité d’un médicament. Concentrations plasmatiques
d’un médicament en fonction du temps à la suite de son administration au
temps 0 par voie orale ou intraveineuse. SSC : Surface sous la courbe.
Représentation graphique de la cinétique plasmatique selon la voie d’administration du médicament.
transporteurs membranaires. La distribution d’un médicament est représentée par la notion du volume apparent de
distribution qui est un volume virtuel n’ayant pas de bases
physiologiques ou physiques réelles. Le volume apparent
de distribution est en fait un artéfact mathématique qui
met en relation une dose administrée d’un médicament et
les concentrations sanguines retrouvées. C’est le volume
d’eau dans lequel le médicament se dissout et le volume de
tissus auquel il se fixe (voir chapitre 2). Il peut être utile de
mettre en parallèle le volume apparent de distribution et les
volumes des compartiments composant le liquide corporel
total. Par exemple, chez un adulte, l’eau représente environ
60 % du poids corporel, soit environ 42 L pour un humain de
70 kg. Ce volume total est divisé principalement en deux
compartiments : le liquide intracellulaire (2/3) et le liquide
extracellulaire (1/3), ce dernier étant subdivisé en liquide
interstitiel et en plasma. Pour sa part, le volume apparent
de distribution qui est rapporté dans la littérature pour
les différents médicaments varie de 0,06 L/kg à 20 L/kg de
poids corporel, marquant ainsi la non-correspondance avec
une réalité physiologique.
L’arrivée du pic des concentrations sanguines d’un
médicament varie en fonction de nombreux facteurs (voir
chapitre 2), mais tout particulièrement en fonction du site
d’administration (figure 1.7). Ainsi, la concentration sanguine d’une substance administrée par voie intraveineuse
est d’emblée maximale et l’effet recherché est donc plus
rapide qu’après une injection intramusculaire, l’effet de
cette dernière étant à son tour plus rapide que celui d’une
administration par voie sous-cutanée. De même, après
une administration au niveau de la muqueuse buccale
ou par voie sublinguale, le passage dans le sang est plus
rapide que lors d’une administration classique sous forme
de comprimé per os. En effet, l’administration buccale ou
sublinguale fait en sorte qu’après la dissolution dans la
salive, des concentrations locales très élevées sont obtenues. Ces dernières étant en contact presque direct avec le
réseau veineux, cela favorise une absorption au niveau de
l’épithélium de la cavité buccale presque immédiate. Ce
mode d’administration ne convient cependant pas pour
les substances peu solubles dans l’eau dont l’absorption
est plus difficile.
2.2.1 Barrières externes de l’organisme
Avant d’entrer dans la circulation sanguine, un médicament doit franchir les barrières, peau et muqueuses, qui
séparent l’organisme de son environnement pour atteindre
le milieu intérieur. Au niveau de l’intestin, la barrière est
constituée de l’épithélium intestinal qui est formé d’une
couche unicellulaire d’entérocytes et de cellules à mucus.
Du côté de la lumière intestinale, ces cellules sont liées les
unes aux autres en formant des zonulae occludens. Ces
jonctions serrées s’établissent entre les cellules épithéliales
où elles déterminent une barrière physiologique entre les
compartiments extérieur et intérieur de l’organisme. Au
niveau de l’arbre respiratoire, les cellules ciliées de l’épithélium sont également liées du côté luminal par des zonulae
occludens, de façon que la cavité bronchique soit séparée
20 š p r é c i s d e p h a r m a c o l o g i e
du tissu pulmonaire par une barrière continue. Après une
administration buccale ou sublinguale, la barrière rencontrée est la muqueuse buccale qui est constituée d’un
épithélium stratifié non kératinisé. Ce type de barrière est
également présent dans l’épithélium stratifié kératinisé de
la peau, où la pénétration des médicaments s’effectue par
le passage à travers les membranes des différentes couches
cellulaires : la couche cornée, l’épiderme et le derme (voir
chapitre 23).
2.2.2 Barrières entre le sang et les tissus
Après leur absorption, les substances actives sont transportées par le sang vers les différents tissus de l’organisme
et l’échange se déroule alors principalement au niveau des
capillaires. C’est en effet dans le lit capillaire très ramifié
que la surface de contact est importante et que la durée des
échanges est la plus longue. La paroi capillaire constitue
donc une barrière entre le sang et les tissus et elle a une
structure variable selon les régions du corps. La perméabilité capillaire aux médicaments dépend des fonctions propres de chaque cellule endothéliale. Dans le foie, il n’existe
aucun obstacle au passage des substances entre le sang et
l’espace interstitiel. Par contre, dans le cerveau et la moelle
épinière, les cellules endothéliales ont une activité d’endocytose très faible et elles ne possèdent aucun pore. Cela
explique que, pour franchir la barrière hémato-encéphalique, un médicament doit traverser la cellule endothéliale
ainsi que les membranes luminale et basale, impliquant
qu’il doit posséder des propriétés physico-chimiques ou
un mécanisme de transport adapté (voir chapitre 12). Le
placenta constitue quant à lui une barrière au travers de
laquelle les substances liposolubles peuvent facilement
passer. Il existe par ailleurs d’autres barrières de diffusion
telles que celles de la prostate, des testicules et du globe
oculaire, qui préviennent la pénétration des médicaments
et qui donc limitent les concentrations de la substance
active dans ces tissus.
2.2.3 Passage à travers les membranes
Afin de pénétrer dans une cellule, un médicament doit
traverser une double couche phospholipidique. De même,
le passage d’une substance à travers divers organites subcellulaires ainsi qu’à travers la barrière hémato-encéphalique
nécessite de franchir une bicouche phospholipidique. En
règle générale, un médicament lipophile passe plus facilement à travers ces membranes qu’un médicament qui ne
l’est pas et il est donc plus largement distribué.
Trois mécanismes de passage à travers les membranes
sont décrits : la diffusion, le transport et l’endocytose/
exocytose (voir chapitre 2).
La diffusion simple ou libre consiste dans le passage des
substances de l’espace extracellulaire vers le cytosol. La
direction (forte concentration vers faible concentration)
et la rapidité du transport dépendent de la différence des
concentrations entre les milieux extracellulaire et intracellulaire. Une substance lipophile peut diffuser directement à
travers la bicouche phospholipidique tandis que des substances non lipophiles peuvent diffuser par l’intermédiaire
de pores aqueux (structures protéiques enchassées dans la
membrane). Il existe également une diffusion facilitée qui
s’effectue dans le sens du gradient de concentration sans
apport énergétique et qui est due à la présence de protéines
« canal » sélectives qui permettent à la molécule de traverser
la membrane.
Le transport consiste dans le passage des molécules à travers les membranes par l’intermédiaire de transporteurs.
La molécule doit alors posséder une forte affinité pour un
système de transport. Le transport actif permet le mouvement des molécules des régions à faible concentration vers
les régions à concentration élevée (contre le gradient de
concentration) et il nécessite de l’énergie.
Certaines substances (médicaments ainsi que le fer et
la vitamine B12) sont tellement volumineuses que seul le
phénomène d’endocytose leur permet d’entrer dans une
cellule. Il s’agit du processus au cours duquel la membrane
d’une cellule enveloppe et absorbe la substance qui est
alors transportée à l’intérieur. Par la suite, la substance est
libérée dans le cytosol. Le processus inverse, l’exocytose, est
responsable de la sécrétion de nombreuses substances par
les cellules, en particulier des neurotransmetteurs.
2.3 Biotransformation et élimination
des médicaments
Le principal organe responsable de la biotransformation
des médicaments est le foie, mais les poumons, les reins et
l’épithélium gastro-intestinal entre autres jouent également
un rôle, bien qu’il soit moins important (voir chapitre 3).
3. INTERACTIONS MÉDICAMENT-RÉCEPTEUR
Un récepteur est principalement constitué de protéines
dont la structure moléculaire confère à chaque récepteur
une conformation spécifique (voir chapitre 4). Cette dernière supporte la théorie de la « relation structure-spécificité » qui montre la tendance pour un récepteur d’interagir
seulement avec les médicaments ou les substances chimiques qui ont une structure compatible.
Un ligand désigne toute substance capable de se lier à un
récepteur, qu’il s’agisse des neuromédiateurs, des hormones
(ligands naturels) ou des médicaments. Il existe deux types
de liaison entre un ligand et son récepteur :
t liaison irréversible : c’est le cas d’une liaison covalente pour laquelle deux atomes mettent en commun
deux électrons. La réaction libère ou absorbe alors une
énergie considérable. Par exemple, mentionnons la
Bases de pharmacologie générale š 21
t liaisons réversibles :
– liaison ionique : attraction entre deux ions de charge
opposée (anion et cation) ;
– liaison hydrogène : un proton H+ accepte deux électrons venant chacun de deux atomes donneurs différents ;
– liaison de van der Waals : interaction de dipôles de
charges opposées entre des régions électropositives
et électronégatives ;
– interactions hydrophobes : impliquant la portion non
polaire des molécules.
Le degré et la durée de fixation du médicament sur son
récepteur dépendent du type de liaison réversible qui est
en cause.
3.1 Agonistes et antagonistes
Un médicament ou une substance chimique attiré par un
récepteur montre une affinité pour ce récepteur. Quand il
ou elle augmente ou stimule les propriétés fonctionnelles
d’un récepteur en mimant les effets des composés endogènes, il ou elle agit comme un agoniste. La capacité d’un
médicament ou d’une substance chimique d’initier une
réponse après s’être lié à un récepteur est appelée activité
intrinsèque. L’effet biologique des agonistes qui correspond
à la modification des fonctions cellulaires dépend de la
performance du couplage entre l’activation du récepteur et
les étapes suivantes de la transduction du signal ou cascade
de signalisation. L’effet maximal d’un agoniste peut être
observé pour une faible occupation des récepteurs (agoniste A) tandis qu’un autre agoniste (agoniste B) possédant
la même affinité pour le récepteur mais une capacité d’activation de ce dernier moindre (activité intrinsèque plus
faible) peut présenter un effet maximal plus faible même
pour une occupation de la totalité des sites récepteurs. Son
efficacité est alors plus faible. Dans un tel cas, l’agoniste B
est désigné agoniste partiel (figure 1.8).
D’autres médicaments ou substances chimiques se
lient à un récepteur et ils ou elles interfèrent ainsi avec
la liaison des agonistes endogènes sans toutefois mimer
figure 1.8
Agoniste
100
Réponse biologique (%)
fixation irréversible des organophosphorés sur les cholinestérases. En particulier, l’écothiopate a été utilisé en
thérapeutique sous forme de collyre dans le traitement
du glaucome. Bien que le malathion soit le produit actif
contenu dans des préparations destinées au traitement
des pédiculoses du cuir chevelu (poux) chez l’homme, la
plupart des inhibiteurs irréversibles des cholinestérases
sont largement utilisés en agriculture comme insecticides (tétra-éthyl-pyrophosphate ou T.E.P.P., parathion,
etc.) et certains d’entre eux, en raison de leur très grande
toxicité, ont même été utilisés comme gaz de guerre (ex.
le sarin).
Agoniste partiel
50
Activité basale
0
Antagoniste neutre
Agoniste inverse
Log de la concentration
Représentation graphique de courbes semi-logarithmiques (Log de la
concentration du médicament/réponse en pourcentage de l’effet maximum)
d’un agoniste entier, partiel ou inverse et d’un antagoniste neutre.
leurs effets. Ces substances qui ne possèdent pas d’activité
intrinsèque sont appelées des antagonistes. Ils produisent
leurs effets par compétition pour la liaison des agonistes
à leur récepteur en inhibant leurs actions. Il existe deux
types d’antagonistes :
t VO antagoniste compétitif (ou surmontable) est en
compétition avec un agoniste pour la liaison au niveau
d’un récepteur. Lors de l’administration simultanée d’un
agoniste et d’un antagoniste compétitif, ce sont l’affinité
et la concentration des deux partenaires qui déterminent celui qui se liera au récepteur. Si la concentration
de l’antagoniste compétitif augmente sans changement
dans la quantité de l’agoniste, le premier déplacera
l’agoniste. Éventuellement, un antagoniste compétitif
inhibera complètement l’activité du récepteur, tel que
la naloxone et les récepteurs opioïdes. En dépit de la
présence d’un antagoniste compétitif, il est quand même
possible d’atteindre un effet maximal en augmentant la
concentration de l’agoniste. La courbe dose-réponse (ou
concentration-effet) (voir section 4.1) est alors déplacée
vers la droite, c’est-à-dire vers les concentrations plus
élevées (figure 1.9) .
Au niveau des interactions ligand-récepteur, deux
sous-types d’interaction doivent être distingués : une
interaction compétitive, c’est-à-dire lorsque deux substances se lient compétitivement à un même site sur un
récepteur unique, et une liaison allostérique, c’est-à-dire
lorsque deux substances se lient au même récepteur mais
sur deux sites différents et qu’elles modulent leur action
de façon allostérique (figure 1.10). Les interactions compétitives et allostériques provoquent des changements
dans la relation dose-réponse (voir section 4.1), mais
elles ne modifient jamais l’effet maximal. En d’autres
Extrait de la publication
Auteurs
Aubin, Marie-Claude, PhD
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 8
Ayoub, Christian, MD, BPharm, FRCPC
Professeur adjoint de clinique
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 9
Baroudi, Ghayath, PhD
Chercheur adjoint
Départements de médecine et de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 4
Beauchesne, Marie-France, PharmD
Professeure agrégée de clinique et pharmacienne
Département de pharmacie
Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
Faculté de pharmacie – Université de Montréal
Chapitre 17
Beaulieu, Pierre, MD, PhD
Professeur agrégé
Centre hospitalier de l’Université de Montréal
Départements de pharmacologie et d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitres 1, 8, 9, 14, 16 et 18
Bélisle, Serge, MD, MSc
Professeur titulaire
Département d’obstétrique-gynécologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 22
Bélisle, Sylvain, MD, FRCPC
Professeur agrégé de clinique
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 11
Benaliouad, Faïza
Étudiante au doctorat
Département de physiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitres 13 et 15
Blanchet, Pierre, MD, FRCPC, PhD
Professeur agrégé
Département de stomatologie
Faculté de médecine dentaire – Université de Montréal
Département de médecine – Centre hospitalier
de l’Université de Montréal
Chapitre 12
Bolduc, Chantal, MD, FRCPC
Chargée d’enseignement clinique
Département de médecine, service de dermatologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 23
Boucher, Andrée, MD, FRCPC
Professeur agrégé – Vice-Doyenne
Départements de médecine et de pédagogie
et développement professionnel continu
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 21
Boulanger, Aline, MD, FRPCP, MPH
Professeur agrégé de clinique
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 14
Bourdeau, Isabelle, MD
Professeure agrégée de clinique
Département de médecine, service d’endocrinologie
Centre hospitalier de l’Université de Montréal
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 21
Cardinal, Héloïse, MD, MSc
Étudiante au doctorat
Chargée d’enseignement clinique
Département de médecine
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 36
Carle, Sylvie, BPharm, MSc
Pharmacienne – Adjointe aux soins pharmaceutiques
Centre universitaire de santé McGill
Clinicienne associée, Faculté de pharmacie
Université de Montréal
Chapitres 26, 27 et 29
874 š p r é c i s d e p h a r m a c o l o g i e
Champagne, Josette, MD
Professeure agrégée de clinique
Département de pédiatrie - service d’hématologie-oncologie
Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitres 24 et 25
Chorvatova, Alzbeta, PhD
Directeur de recherche
Centre International des Lasers - Bratislava, Slovaquie
Chercheur accrédité
Département de physiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 7
Claing, Audrey, PhD
Professeur agrégé
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 4
Couture, Réjean, PhD
Professeur titulaire
Département de physiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 7
Dubé, Johanne, MD
Professeure adjointe de clinique
Département d’obstétrique et de gynécologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 22
du Souich, Patrick, MD, PhD
Professeur titulaire – Directeur
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitres 2 et 10
Ferreira, Ema , BPharm, M Sc, PharmD, FSCPH
Professeur agrégé de clinique
Département de pharmacie
Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine
et Faculté de pharmacie – Université de Montréal
Chapitre 31
Fortier, Joanne, MD, FRCPC
Professeur adjoint de clinique
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 16
deBlois, Denis, PhD
Professeur titulaire
Faculté de pharmacie – Université de Montréal
Chapitre 5
Fortin, Claude, MD
Professeur adjoint de clinique
Département de microbiologie médicale et infectiologie
Centre hospitalier de l’Université de Montréal
et Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 28
De Léan, André, MD, PhD
Chercheur titulaire et professeur émérite
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 4
Francœur, Caroline, MD
Résidente en médecine
Département de médecine familiale et médecine d’urgence
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 18
Denault, André, MD
Professeur agrégé
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitres 8 et 11
Friedmann, Dominique, MD, FRCP
Dermatologiste
Département de médecine, service de dermatologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 23
Desroches, Julie
Étudiante au doctorat
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitres 1, 18 et 34
Grant, Jennifer M., MDCM
Clinical assistant professor
Department of Pathology and Laboratory Medicine
Faculty of Medicine – University of British Columbia
Chapitre 30
Donati, François, MD, PhD
Professeur titulaire
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 16
Guindon, Josée, DMV, PhD
Stagiaire postdoctorale
Département de psychologie
University of Georgia – USA
Chapitre 1
Extrait de la publication
Auteurs š 875
Hamel, Édith, PhD
Professeur titulaire
Département de neurologie et neurochirurgie
Faculté de médecine – Université McGill
Chapitre 12
Litalien, Catherine, MD
Professeur adjoint de clinique
Départements de pédiatrie et de pharmacologie
Hôpital Sainte-Justine
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 32
Huot-Marchand, Julie-Émilie
Étudiante au doctorat
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitres 5, 8 et 9
Lonergan, Marc, MD, FRCP
Professeur adjoint
Département de psychiatrie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 13
Jacqz-Aigrain, Évelyne, MD
Professeur
Département de pharmacologie pédiatrique
et pharmacogénétique, CIC 9202 INSERM
Hôpital Robert Debré - Paris
Chapitre 32
Lussier, David, MD, FRCPC
Professeur adjoint de clinique
Institut universitaire de gériatrie de Montréal
Université de Montréal
et Division of Geriatric Medicine – Université McGill
Chapitre 33
Lafrance, Jean-Philippe, MD, MSc
Professeur adjoint de clinique
Département de médecine
Faculté de médecine, Université de Montréal
Chapitres 19 et 24
Mak, Anton, MD, FRCPC
Professeur d’enseignement clinique
Département de microbiologie et d’infectiologie
Hôpital Charles LeMoyne
Faculté de médecine et des sciences de la santé
Université de Sherbrooke
Chapitre 27
Lambert, Chantal, BPharm, PhD
Professeur titulaire
Département de pharmacologie
Faculté de médecine - Université de Montréal
Chapitres 1, 8, 9, 18 et 34
Mallet, Louise, BPharm, PharmD
Professeure titulaire de clinique
Faculté de pharmacie – Université de Montréal
Pharmacienne en gériatrie
Centre universitaire de santé McGill
Chapitre 33
Larochelle, Pierre, MD, PhD, FRCPC
Professeur titulaire – Directeur
Recherche Clinique à l’Institut de recherches cliniques
de Montréal
Chef, Service de médecine interne
Centre hospitalier de l’Université de Montréal
Département de pharmacologie
Faculté de médecine - Université de Montréal
Chapitres 8, 9 et 34
Michaud, Josée, MSc
Étudiante au doctorat
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 1
Leblond, Francois, PhD
Assistant de Recherche
Laboratoire de néphro-pharmacologie
Centre de recherche de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 6
Lemière, Catherine, MD, MSc
Professeur titulaire
Département de médecine et Département de santé
environnementale et santé au travail
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 17
Mircescu, Hortensia, MD
Professeur adjoint de clinique
Département de médecine
Centre hospitalier de l’Université de Montréal
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 21
Moride, Yola, PhD, FISPE
Professeur agrégée
Faculté de pharmacie – Université de Montréal
Chapitre 35
Naud, Judith, MSc
Étudiante au doctorat
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Centre de recherche de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont
Chapitre 3
Extrait de la publication
876 š p r é c i s d e p h a r m a c o l o g i e
Papenburg, Jesse, MD, FRCPC
Départements de pédiatrie et de microbiologie
Hôpital de Montréal pour enfants
Centre universitaire de santé McGill
Chapitre 28
Papillon-Ferland, Louise, BPharm, MSc
Pharmacienne
Département de gériatrie
Centre universitaire de santé McGill
Faculté de médecine – Université McGill
Chapitre 33
Pariente, Antoine, MD, PhD
Professeur assistant
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université Bordeaux 2
Chapitre 35
Perrault, Louis P., MD, PhD, FRCSC, FACS, FAH
Professeur titulaire
Départements de chirurgie et de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 8
Pham-Huy, Anne, MD
Professeure assistante
Département de pédiatrie
Section des maladies infectieuses
Faculté de médecine – Université d’Ottawa
Chapitre 26
Pichette, Vincent, MD, PhD
Professeur titulaire
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Centre de recherche de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont
Chapitres 1, 3 et 19
Piñeyro, Graciela, MD, PhD
Chercheure agrégée
Départements de psychiatrie et de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 13
Poitras, Pierre, MD
Professeur titulaire
Départements de médecine et physiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 18
Potvin, Stéphane, PhD
Chercheur adjoint
Département de psychiatrie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 15
Quach, Caroline, MD, MSc
Professeur adjoint
Départements de pédiatrie, microbiologie médicale
et épidémiologie et biostatistiques
Faculté de médecine – Université McGill
Chapitres 26, 27, 28, 29 et 30
Rabasa-Lhoret, Rémi, MD, PhD
Professeur adjoint
Département de nutrition
Faculté de médecine – Université de Montréal
Institut de recherche clinique de Montréal
Chapitre 21
Rakel, Agnès, MD, MSc, FRCPC
Professeur adjoint de clinique
Département de médecine Centre hospitalier de l’Université de Montréal
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 21
Rey, Évelyne, MD, MSc
Professeur agrégé
Département de médecine
Professeur accrédité
Département d’obstétrique et gynécologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 31
Rich, Éric, MD
Professeur adjoint
Département de médecine
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 20
Rinfret, Stéphane, MD, SM, FRCPC
Professeur sous octroi
Département multidisciplinaire de cardiologie
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie
de Québec (IUCPQ) – Université Laval
Chapitre 37
Rochon, Antoine, MD
Professeur adjoint de clinique
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 11
Rompré, Pierre-Paul, PhD
Professeur titulaire
Département de psychiatrie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 15
Auteurs š 877
Rousseau, Guy, PhD
Professeur agrégé
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 4
Tremblay-Coutu, Éléonore, MD
Résidente en anesthésiologie
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 18
Rouzier, Vanessa, MD
Pédiatre
Département des maladies infectieuses
Centre GHESKIO, Port-au-Prince - Haïti
Chapitre 26
Trudeau, Louis-Eric, PhD
Professeur titulaire
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 12
Roy, Geneviève, MD, MPH, FRCSC
Professeur adjoint de clinique
Département d’obstétrique et de gynécologie – Centre
hospitalier de l’Université de Montréal
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 22
Truong, Jessika, BPharm, MSc
Pharmacienne clinicienne
Département d’hématologie-oncologie
Centre universitaire de santé McGill
Chapitre 26
Serri, Omar, MD, PhD
Professeur titulaire
Département de médecine
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 21
Sourdaine, Gaétan
Docteur en pharmacie
Université d’Angers – France
Chapitre 26
Ste-Marie, Louis-Georges, MD
Professeur titulaire de clinique
Département de médecine
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 21
Théorêt, Yves, PhD
Chercheur agrégé
Département de pharmacologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 32
Vinet, Évelyne, MD
Département de rhumatologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 20
Walczak, Jean-Sébastien, PhD
Stagiaire postdoctoral
Anesthesia Research Unit
Faculté de médecine – Université McGill
Chapitre 6
Williams, Stephan, MD, PhD
Professeur adjoint de clinique
Département d’anesthésiologie
Faculté de médecine – Université de Montréal
Chapitre 16
Yansouni, Cédric, MD, FRCPC
Médecin infectiologue
Départements de médecine et de microbiologie
Centre universitaire de santé McGill
Chapitre 26
Extrait de la publication
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