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Résumé
Simon Foucher fait partie des philosophes mineurs du dix-septième siècle qui sont passés
à la trappe de l’histoire de la philosophie. En effet, ses textes n’ont quasiment pas été
republiés après sa mort, et peu de philosophes et d’historiens se sont penchés sur sa pensée,
et s’ils l’ont fait, c’est avant tout pour l’intégrer dans une histoire critique du cartésianisme.
Il semble pourtant que Foucher ait eu une importance réelle à son époque, si l’on en juge
par sa correspondance avec Leibniz ou par ses débats avec Malebranche et certains
cartésiens concernant les difficultés inhérentes au cartésianisme. En outre, Foucher est l’un
des rares auteurs de l’époque à s’être présenté comme un authentique disciple de
l’académisme, dont il voulait ressusciter la méthode et les résultats, pensant du coup
contrecarrer les ambitions de ce nouveau dogmatisme qu’était pour lui le cartésianisme. En
prenant l’œuvre de Foucher au sérieux, cette étude a pour but d’offrir une reconstruction
de sa pensée philosophique. Pour y parvenir, il sera d’abord question de son rapport à
l’académisme, et de la manière dont il interprète et reconstruit l’histoire de ce courant
philosophique. Ensuite, la méthode et les principes philosophiques qu’il propose seront
abordés, afin de voir comment on peut philosopher sans jamais devenir dogmatique. Pour
conclure, les différents thèmes qui ont occupés Foucher dans ses polémiques avec
Malebranche et Desgabets, principalement dans les domaines de l’épistémologie, de la
théologie et de la morale, seront traités afin de proposer une lecture systématique d’une
figure réellement originale de la philosophie moderne, qui méritait qu’on s’y attarde.
Mots clés : Foucher, Malebranche, Desgabets, scepticisme académique, qualités premières
et secondes, vraisemblance, probabilisme, dualisme.