les produits alimentaires tels que les céréales etc.), il n’existe pas de marchés correctement établis
pour les « biens et services environnementaux ». Par conséquent, il est difficile de leur
attribuer un « prix » et donc une « valeur ». L’objectif de l’économie de l’environnement est
donc, soit de corriger les prix des biens marchands pour refléter l’intégralité des coûts de
production, soit d’attribuer un prix pour les services rendus par les écosystèmes. Or, comme le
remarque Joan Martinez-Allier (2001), pour des raisons de comparabilité et de
commensurabilité (comme nous l’étudierons), il est impossible de fixer un « juste » prix
écologique. Au contraire, l'économie écologique reconnaît que l'environnement naturel est l’objet
d’un ensemble complexe de considérations éthiques et évaluatives. Se démarquant du
courant néoclassique, l’économie écologique conçoit l’économie comme imbriquée dans
l’écosystème. Cela permet de définir l’activité économique en termes de production jointe
de biens et services économiques concomitante à la reproduction et au renouvellement de
services et supports naturels. En résumé, le courant de l’économie de l’environnement
cherche à intégrer l’environnement naturel dans la sphère économique par l’extension des
mécanismes de marché. Alors qu’à l’inverse, le courant de l’économie écologique, se
propose de définir les conditions d’insertion de l’activité économique dans la biosphère par le
biais de normes socio-environnementales.
Nous verrons d’abord quels sont les concepts centraux et les méthodes de l’économie de
l’environnement. Ensuite nous verrons comment l’économie écologique s’en démarque et quelle
est la critique qu’elle fait de l’économie de l’environnement. Nous traiterons
particulièrement la question de la soutenabilité forte vs faible, la question de l’évaluation de la
nature qui en découle notamment les limites de l’évaluation monétaire et quelles sont les
alternatives qui existent. Enfin, nous discuterons les différences entre l’économie verte et le
développement durable. Le module comprendra trois parties : une théorique qui présentera les
concepts centraux des deux courants, ensuite nous aborderons la question des méthodes
utilisées pour l’évaluation environnementale et l’évaluation de la durabilité. La troisième
partie du module sera dédiée à un travail pratique en groupe permettant d’illustrer ce qui aura été
vu dans les deux premières parties.
L'enjeu des énergies et des ressources
La consommation des sources d'énergie fossile en forte croissance depuis la révolution industrielle
est impossible à tenir sur le long terme. Notre addiction récente aux hydrocarbures est
principalement due à la grande facilité avec laquelle les combustibles gazeux etliquides peuvent
être stockés et utilisés, le tout pour un prix modique. Un peu partout cependant, l'ère post-
pétrolière se prépare.
Le module passera en revue les différentes formes d'énergies utilisables sur Terre. Les
combustibles traditionnels (bois, charbons,pétrole, gaz naturel) que notre planète a accumulé
depuis sa formation étant limités, on se tourne vers des combustibles de substitution(matière
nucléaire fissible, sources géothermales, hydrogène, biocarburants, schistes bitumeux, gaz de
houille et gaz de schistes…). L'alternative durable consiste à capter en temps réel l'énergie sous
toutes ses formes (hydraulique, chaleur, lumière, vent, vagues, marée ...). Capter l'énergie est une
chose, la stocker et la distribuer en est une autre. L'électricité est, et restera longtemps, le meilleur
vecteur de transport d'énergie présentant cet avantage énorme qu'elle peut être utilisée directement
pour le chauffage, la lumière, la locomotion.
Le module comparera aussi les rendements énergétiques des différents combustibles, leur
conversion en électricité ainsi que leurs coûts écologiques qui peuvent être considérables
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