Révision 2

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L'Avare : parcours de lecture
LES DEUX PREMIERES SCENES : L’EXPOSITION
I. Comprendre…
A) la double intrigue amoureuse
1. Dans le premier texte, relevez trois expressions employées par Élise dans
lesquelles elle justifie son amour pour Valère. Pourquoi la situation de
Valère dans la maison d'Harpagon est-elle ambiguë?
2. Dans le deuxième texte, relevez les expressions de la première réplique
qui montrent l'intensité des sentiments de Cléante envers Mariane.
3. Qu'apprend le spectateur ou le lecteur sur Mariane dans cet extrait ?
B) les menaces en suspens
4. Que redoutent Élise et Valère pour l'avenir de leur amour?
5. Présentez la situation financière dans laquelle se trouve Cléante et
précisez les dangers qu'elle comporte.
6. Relevez les points communs et les différences dans la situation des deux
couples d'amoureux.
C) l'esquisse du personnage d'Harpagon
7. Élise et Cléante emploient le pronom indéfini « on » pour désigner leur
père. Comment comprenez-vous cet emploi ?
8. Quels sont les effets de l'avarice d'Harpagon sur les membres de la
maisonnée?
9. Quelle image le spectateur ou le lecteur se fait-il du personnage
d'Harpagon avant son entrée en scène?
II. S'exprimer…
... à l'oral.
À trois ou quatre, préparez une présentation orale sur le théâtre à l'époque
de Molière.
Consignes. Utilisez des images (gravures d'époque, plans de scène, etc.)
pour illustrer votre propos. Evitez de lire à tour de rôle un long texte écrit,
mais racontez de façon vivante la vie des comédiens et des théâtres à
l'époque, en vous appuyant sur vos notes, et en créant l'effet d'un exposé à
plusieurs voix.
Vous pouvez trouver des renseignements sur les sites :
www.comedie-francaise.fr (site officiel de la Comédie-Française) ;
www.toutmoliere.net/index.html (site spécialisé dans la vie et l'œuvre de
Molière, le théâtre à son époque, ses relations avec le pouvoir royal, etc.)
... à l'écrit.
Imaginez et rédigez quelques répliques d'une scène d'exposition présentant
un conflit qui constituera le nœud d'une action à venir.
Consignes. Votre scène mettra en présence un père et ses deux enfants qui
lui reprocheront un grave défaut, autre que l'avarice. Veillez à respecter les
conventions d'écriture propres au théâtre.
LECON
Les premières scènes d'une pièce de théâtre, appelées scènes
d'exposition, permettent d'informer le spectateur ou le lecteur sur ce qui
s'est passé auparavant. Elles exposent les sentiments des personnages,
leurs projets, les relations qui les lient les uns aux autres (les scènes 1 et
2 de L’Avare introduisent les deux intrigues amoureuses).
Elles servent également à installer le ou les conflits qui constitueront
le nœud de l'action dramatique (dans L’Avare, les difficultés rencontrées
par la famille d'Harpagon à cause de son avarice).
Parfois, comme dans L’Avare, le personnage principal n'est pas
présent dans les premières scènes, il apparaît seulement à travers les
discours et les jugements des autres personnages.
MAITRE ET VALET : LA SCENE 3 DE L’ACTE I
I. Comprendre…
A) la relation d'Harpagon avec un valet
1. Relevez les mots et les expressions qu'Harpagon emploie pour interpeller
La Flèche : que révèlent-ils sur la façon dont le maître considère le valet ?
2. Quels sont les modes verbaux et les types de phrase souvent utilisés par
Harpagon ? Que cherche-t-il à faire en s'exprimant ainsi ?
3. Par quels autres moyens physiques et psychologiques Harpagon tente-t-il
d'exercer son pouvoir sur La Flèche ? Pourquoi échoue-t-il ?
4. Par rapport aux scènes d'exposition, quel autre trait de caractère
d'Harpagon découvre-t-on dans cette confrontation avec La Flèche ?
B) l'inversion des rôles
5. Pourquoi Harpagon a-t-il peur du regard des autres ? Dans quel passage
le comprend-on ?
6. De qui ou de quoi Harpagon est-il la victime et le jouet, finalement ?
Relevez une ou deux expressions qui soulignent les faiblesses du
personnage.
7. En quoi cette scène est-elle caractéristique de la comédie ou de la farce ?
C) les sentiments du spectateur
8. De quel personnage le spectateur est-il le complice ? Pourquoi ?
9. En énumérant les traits de caractère d'Harpagon, précisez l'image que le
spectateur se fait du personnage à la fin de cette scène.
10. Relevez la phrase de La Flèche qu'Harpagon n'entend pas et qui
annonce une suite possible de l'intrigue. Que pourrait-être cette suite ?
II. S' exprimer…
... à l'oral.
Interprétez le passage, depuis « Attends. Ne m'emportes-tu rien ? »
jusqu'à « …que j'aurais de joie à le voler ! », en insistant sur les aspects du
personnage qui peuvent faire naître la pitié du spectateur.
Consignes. Pour guider votre jeu, inspirez-vous de l'image et de cette
réflexion d'un professeur de cours d'art dramatique : « Dans la salle, nous
sommes devant le spectacle du pathétique. Harpagon qui était entré en
maître, déjà esclave de lui-même et de son amour pour l'argent, l'est
devenu de son propre valet. »
Pour jouer Molière, sous la direction de J. Hébert,
LECON
L’entrée en scène d'Harpagon souligne sa difficulté à vivre avec les autres
en raison de sa méfiance maladive. Le spectateur est conduit à constater le
ridicule du personnage, enfermé dans son obsession, mais aussi dans sa
solitude.
Au théâtre, c'est la manière dont le personnage communique avec les
autres qui permet au spectateur de deviner progressivement son caractère,
ses intérêts, ses passions, mais aussi la suite possible de l'intrigue.
PETIT
GUIDE DE LECTURE : FIN DE L’ACTE
I ET ACTE II
ACTE I, scène 4 :
Cette scène présente un premier monologue d'Harpagon : le personnage y
réfléchit au meilleur moyen d'empêcher les voleurs de lui prendre ses dix
mille écus en or.
Lisez le monologue et indiquez sa fonction pour le spectateur à ce
moment de la pièce.
Dans la suite de la scène, alors qu'Élise s'apprête à avouer à son père
qu'elle aime Valère, et que Cléante s'apprête à proclamer son amour pour
Mariane, Harpagon les informe, d'une part, qu'il a le projet d'épouser
Mariane, d'autre part qu'il compte donner sa fille en mariage au seigneur
Anselme, un homme d’âge mûr qui a de l'argent.
Expliquez comment se trouvent réalisées ici les menaces laissées en
suspens à l'issue des scènes 1 et 2 de l'acte 1.
ACTE I, scène 5 :
En présence d'Élise qui ne peut rien dire, Harpagon consulte Valère sur le
bien-fondé du choix qu'il fait pour sa fille : le jeune homme est obligé de
taire ses propres sentiments.
Lisez la scène et dites sur quoi repose son caractère comique. La
situation est-elle comique en elle-même ?
ACTE II, scènes 1 et 2 :
Dans la scène 1, le spectateur apprend que Cléante est lié à un prêteur sur
gages qui le tient « le poignard sur la gorge ».
Lisez la scène 2 et dites en quoi elle constitue « un coup de théâtre
».
ACTE II, scènes 3 et 4 :
Dans ces deux scènes, le spectateur découvre Frosine qui traite des «
affaires » pour le compte d'Harpagon. La Flèche lui assure qu'elle
n'obtiendra aucune récompense pour ses services.
Retrouvez la phrase qui résume ce que La Flèche pense d'Harpagon.
ACTE II, scène 5 :
Cette scène réunit Frosine et Harpagon autour des conditions du mariage
que l'avare veut contracter avec Mariane. Frosine s'emploie à rassurer
Harpagon sur deux points : d'abord, sur le fait que le mariage ne lui
coûtera rien, ensuite sur la différence d'âge entre les deux futurs époux,
puisque, selon elle, Mariane est « pour les nez qui portent des lunettes ».
Lisez cette scène et dites quel intérêt Frosine trouve à flatter ainsi
Harpagon.
ACTE III, scène 1 :
Cette scène réunit une grande partie des personnages autour des
préparatifs de la collation donnée par Harpagon en l'honneur de Mariane.
Pourquoi peut-on dire que Maitre Jacques est lucide, ironique et
courageux ? Quel rôle joue Valère au contraire ?
ACTE III, scènes 3 à 6 :
Mariane découvre son futur mari avec horreur et comprend qu'il est le père
de celui qu'elle aime.
Lisez les quatre scènes et comparez les réactions de Mariane avec
celles qu'avaient prévues Frosine dans la scène 5 de l'acte II.
PERE ET FILS : LA SCENE 7 DE L’ACTE III
I. Comprendre. . .
A) le langage à double sens
1. Au début du passage, Cléante se met à la place de son père : qu'est-ce
que cela lui permet de dire et de faire ?
2. Dans la première réplique de Cléante, relevez les tournures au
superlatif. Pourquoi sont-elles si nombreuses ?
3. En vous appuyant sur le texte, expliquez la manière dont Harpagon
perçoit les compliments adressés par Cléante à Mariane. Comment celle-ci
les comprend-elle ? Et le spectateur ?
4. Pourquoi Mariane se méfie-t-elle lorsque Cléante veut qu'elle conserve la
bague d'Harpagon ?
B) le rôle des apartés
5. À la ligne 23, comment savons-nous qu'Harpagon n'est entendu ni par
Cléante ni par Mariane ? Quelle aide cherche-t-il auprès de Valère ?
6. Harpagon s'adresse à Cléante « à part ». Précisez ce que cette réplique
révèle sur les sentiments de l'avare.
7. À qui, selon vous, Harpagon s'adresse-t-il dans la réplique débutant par «
J'enrage ! » ? Quel est le sens de cet aparté pour le spectateur ?
C) le jeu de Cléante
8. Quel est le but de Cléante dans cette scène ? Parvient-il à ses fins, vis-àvis de son père et de Mariane ?
9. Estimez-vous qu'Harpagon a mérité cette leçon ?
II. S'exprimer...
... à propos de l'image.
Imaginez en quelques phrases ce qui pourrait être dit en aparté par le
personnage de La Flèche.
Mise en scène de S. Buggy, Espace Marais, 2004
LECON
Le langage à double sens, souvent à l'origine de situations qui font
rire le spectateur, est fréquent au théâtre : il consiste à tenir des propos
destinés à être compris différemment par les personnages en scène de
manière à tromper l'un d'eux.
Par le procédé de l'aparté, un personnage s'adresse à un autre en
cachette (à part) et crée ainsi une complicité privilégiée avec un autre
personnage : c'est souvent pour lui un moyen de trouver un allié. Parfois,
l'aparté s'adresse au spectateur qui devient complice presque malgré lui.
L’aparté est précisé par une didascalie : « à part » ou « bas ».
MONOLOGUE : LA SCENE 7 DE L’ACTE IV
I. Comprendre. . .
A) le rôle du monologue
1. Le spectateur s'attendait-il à l'événement qui vient de se produire et à la
réaction d'Harpagon ?
2. Quels sont les deux types de phrase les plus fréquents dans ce passage ?
Précisez quels sentiments ils mettent en évidence.
3. Relevez ce qui révèle la tension extrême du personnage dans ce
monologue (longueur des phrases, gestes et déplacements, intentions...).
B) le double effet comique et pathétique
4. Relevez les paroles et les attitudes d'Harpagon propres à susciter le rire
du spectateur.
5. Quels éléments peuvent cependant susciter la pitié en laissant deviner la
grande souffrance du personnage ?
C) les destinataires du monologue
6. Citez deux passages du monologue où Harpagon s'adresse à des
interlocuteurs imaginaires.
7. Dans la phrase: « N'est-il pas caché là parmi vous ? Ils me regardent
tous et se mettent à rire », à qui s'adresse Harpagon ? Quel est le
sentiment du spectateur à ce moment de la scène ?
8. Cette scène est très connue par de nombreux spectateurs : quelles
difficultés le comédien rencontre-t-il pour interpréter un tel monologue ?
II. S'exprimer…
... à l'oral.
Jouez ce monologue en choisissant d'en accentuer le côté comique ou
pathétique.
Consignes. Après avoir lu très attentivement le texte, préparez sa
représentation à plusieurs, les uns prenant le relais des autres, en
choisissant une interprétation comique ou pathétique. Vous pouvez vous
filmer et regarder la représentation obtenue avant de jouer devant vos
camarades.
... à propos de l'image.
Dans quel passage du monologue le comédien a-t-il pu adopter cette
position (image ci-dessus) ? Est-ce une interprétation comique ou
pathétique du personnage ?
Michel BOUQUET, 2006
LECON
Le monologue est artificiel : on se met rarement à parler tout seul « à
voix haute ». Rare au théâtre, il n'est justifié que par des moments de
tension extrême : celui d'Harpagon arrive à un tournant essentiel de la
pièce et expose au spectateur l'intensité des sentiments éprouvés par le
personnage.
Le spectateur est le destinataire réel du monologue mais, souvent,
dans son discours, le personnage feint de s'adresser à d'autres
interlocuteurs : à lui-même ou à des êtres imaginaires par exemple.
C'est un exercice difficile pour le comédien. Seul en scène face au
public, il doit donner une interprétation personnelle d'un texte souvent très
connu des spectateurs.
VERS LE DENOUEMENT : LA SCENE 5 DE L’ACTE V
I. Comprendre. . .
A) les liens entre personnages
1. Dressez la liste des révélations énoncées au fil de cette scène par Valère,
par Anselme et par Mariane.
2. Comment les difficultés engendrées par les deux mariages prévus par
Harpagon se résolvent-elles grâce à ces révélations ?
3. Quel contraste peut-on remarquer entre Harpagon et Anselme en tant
que pères ?
B) les moyens du dénouement
4. Relevez les termes et expressions qui appartiennent au champ lexical de
la vérité et du mensonge. Quelle expression d'Anselme Valère reprend-il
mot à mot ?
5. Qu'est-ce qui prouve la vérité des affirmations de Valère ? Que
déclenche la révélation de ces preuves ?
6. En entendant Valère et Mariane, Anselme invoque le Ciel et parle de «
miracle » : quel moyen Molière a-t-il choisi pour mettre un terme à
l'intrigue ? Pourquoi a-t-il été critiqué pour ce choix ?
C) la nécessité d'une dernière scène
7. Quel problème n'est pas encore résolu après ces retrouvailles ?
8. Pourquoi Cléante doit-il entrer en scène à présent et se trouver face à
son père ?
9. Lisez la dernière scène de la pièce. Que voit enfin le spectateur dont il a
tant entendu parler au cours de la pièce ?
II. S'exprimer. ..
... à l'écrit.
Écrivez le monologue que pourrait prononcer Harpagon après avoir
retrouvé sa « chère cassette ».
Consignes. Harpagon s'adressera directement à la cassette ou aux
méchants qui la lui avaient volée.
LECON
Dans L’Avare, Molière a choisi de faire intervenir un hasard
extraordinaire pour dénouer l'intrigue de sa pièce. Harpagon a le dernier
mot et la cassette est enfin sur scène.
Généralement, le dénouement apporte une solution aux difficultés
dans lesquelles se trouvaient les personnages qui sont tous réunis sur la
scène avant le dernier tomber de rideau. Il arrive, comme ici, que le
dénouement repose sur le récit d'événements très antérieurs à l'action et
totalement invraisemblables.
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