
1. L’auteur et son œuvre.
1.1. Brève biographie.
Présentation de l’auteur
Marcel Mauss est souvent considéré comme le « père de l’anthropologie française ». Il naît
à Epinal le 10 mai 1872. Neveu d’Emile Durkheim, il étudie la philosophie à Bordeaux, sous
la supervision de son oncle, qui fait de lui son collaborateur lors de nombreux projets de
recherche. Reçu à l’agrégation de philosophie en 1893, il s’installe à Paris pour y étudier les
religions comparées et le sanscrit à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Mauss se voit confier
un poste d’enseignant à l’Ecole Pratique des Hautes Etude et en 1901, il recevra le titre de
professeur d’histoire des religions des peuples non civilisés.
En 1898, il fonde avec Durkheim L’Année Sociologique, revue semestrielle dont l’objectif
central est « d’être régulièrement informés des recherches qui se font dans les sciences
spéciales, histoire du droit, des mœurs, des religions… ».
Il milite activement pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus. C’est dans cette
circonstance que Mauss s’est rapproché de Jean Jaurès et, comme lui, a cherché à définir les
fondements d’un socialisme humaniste. Ils fondent ensemble L'Humanité. Il collabore
également avec d’autres journaux de gauche comme Le Populaire, et La Vie socialiste. Il s’est
fortement impliqué dans le mouvement coopératif, et a même créé une boulangerie
coopérative. Il restera toute sa vie un militant socialiste.
La Grande Guerre, que Mauss, engagé volontaire, effectue comme interprète, emporte
Durkheim, son fils André et plusieurs collaborateurs de L'Année sociologique. Après
l'Armistice, Mauss prend la relève, relance la revue et, en collaboration avec Lucien Lévy-
Bruhl et Paul Rivet, fonde en 1925 l'Institut d'ethnologie de Paris, autour duquel se constitue
une véritable école qui organise, en Afrique surtout, les premières grandes expéditions
ethnologiques. Il est élu en 1930 au Collège de France (chaire de sociologie). Il s’est engagé
dans le mouvement antifasciste.
Il meurt le 10 février 1950.
Bikard Marine – Fiche de lecture : « Essai sur le don» – Mars 2011