ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
DE
DE
MARCHÉ
MARCHÉ
ET
ET
CAPITALISME
CAPITALISME
INTRODUCTION
•Prépondérance absolue du marché apparaît comme caractéristique de la
période contemporaine (1989 + Fukuyama : « fin de l’histoire »)
•les sociétés contemporaines : capitalisme ou économie de marché ? : analogie
entre les 2 termes :
◦système fondé sur la propriété privée des facteurs de production
◦le rôle central du marché dans la coordination des acteurs / différences
significatives
•termes chargés de contexte : F. PERROUX (Le Capitalisme - 1951) :
« Capitalisme est un mot de combat. », GALBRAITH : le terme « économie de
marché » sert à neutraliser la réalité sociale
1. LE MARCHÉ CRÉATEUR D’ORDRE ET D’EFFICACITÉ
marché :
◦sens premier : la réalité physique de l’échange ;
◦élargissement : un mode de relation entre les acteurs
3 dimensions :
◦i) technique d’échange,
◦ii) un mode de coordination,
◦iii) un objet d’étude
Roger GUESNERIE L’économie de marché, 2006
◦le critère de différenciation des marchés est le produit qui y circule
◦la marchandisation du travail : le capital humain modifiable, les relations
complexes fixées dans les contrats
◦les économies planifiées (à l’image des économies de l’Europe de l’Est) : les
prix ont une utilité seulement comptable, contrainte budgétaire « douce »
(économiste hongrois János KORNAI)
◦les prix reflètent une mécanique d’ajustement
◦l’existence du marché présuppose des institutions (juridiques : le droit de
propriété: école américaine de Public Choice ; ex: la Russie : l’expérience de
retour au marché après la planification : l’action régulatrice des mafias ; la
monnaie) qui cadrent avec la société (passage entre la gestion étatique de
la monnaie à celle d’une banque centrale indépendante)
Jacques GÉNÉREUX : Les vrais lois de l’économie, 2005
◦Loi n°4 : Le marché ne fait pas le bonheur
▪démonstration scientifique de l’efficacité du marché (postulat :
existence de l’équilibre général), efficacité est assimilée dans ce cas à
l'allocation optimale des ressources
▪PARETO (début XXème) : optimum de Pareto : situation où il n’est plus
possible d’améliorer le bien-être d’un individu sans détériorer celui
d’au moins un autre (≠ optimum social) = absence de gaspillage de
ressources (critère d’efficacité) – critique : laisse les choix également
efficaces qui entraînent une répartition différente du bien-être parmi les
individus
▪le passage de l'économie à la politique : le premier tri (efficacité
économique quant aux ressources) politique (distribution→
équitable du bien-être)
▪les 2 théorèmes de l’économie du bien-être
l’équilibre général des marchés parfaitement concurrentiels une→
allocation des ressources optimales au sens de Pareto
une situation optimale au sens de Pareto équilibre général de↔
marchés concurrentiels (garantir l’indépendance des problèmes
d’efficacité et des problèmes de justice sociale – l’efficacité : un
bienfait universel et politiquement neutre – indépendance de
l’économie sur les choix politiques de redistribution)
Les défaillances du marché :
◦les marchés parfaitement concurrentiels n’existent pas (cf. loi n°3), libre
concurrence = la jungle et la guerre économique – nécessité des règles, du
contrôle ; marchés concurrentiels = une institution sociale droit, justice→
Etat→
◦Les entraves à la concurrence qui naissent du marché libre lui-même :
barrières à l’entrée, monopoles naturels, position dominante, etc.)
◦la notion du bien public
▪Adam SMITH (Essai sur la nature et les causes de la richesse des nations):
« les devoirs du prince » : consommation collective, un financement
privé difficile, ex. : les fonctions de l’Etat-gendarme, les infrastructures,
l’enseignement)
▪Paul SAMUELSON (1954) : bien « non-rival » (la consommation de
l’un n’empêche pas la consommation de l’autre) et « non-exclusif »
(impossible ou économiquement non rationnel d’exclure les usagers qui
refusent de payer l’accès au bien)
▪bien public pur / bien public impur (ou mixte) ne seront pas
spontanément produits par des acteurs en quête de profit déficience→
du marché, nécessité d’une autorité publique et des impôts
◦les externalités (ou effets externes)
▪positifs (économie externe) ou négatifs (déséconomie externe)
▪les investissements à effet externe positif nécessitent une incitation
prévue à cet effet (éducation salaire, position dans la société) pour→
que les agents les intègrent dans leurs choix
▪Arthur C. PIGOU (1920) :
choix individuels de production et de consommation en fonction de
l’avantage privé et du coût privé (≠ coût social et avantage social qui
comprennent l’effet privé puis l’effet externe) →sous-production
des biens à externalités positives par rapport à l’optimum collectif
( + sur-production des externalités négatives)
nécessité d’une incitation extérieure pour motiver les choix
individuels le plus utiles ; un choix individuel de produire avec
des externalités positives baisse de la compétitivité → →
élimination sur le marché
nécessité d’une institution capable d’imposer la généralisation des
comportements vertueux Etat→ : règles communes + internaliser
les effets externes (les intégrer dans le calcul économique) →
subventions sur des actions bénéfiques pour la collectivité + taxes
qui augmentent le coût de production à externalités négatives
La généralisation du bien public :
◦« doctrine du domaine réservé » (biens privés X biens publics) économie de
marché + Etat minimal
◦1956 : K. LANCASTER / R. LIPSEY : « théorème de l’optimum de second
rang »
▪si les conditions nécessaires à l’optimum de PARETO ne sont pas
réunies dans un secteur de production, alors ces conditions (ce fait) ne
permettent plus d’atteindre l’optimum dans les autres secteurs
▪ l’intervention publique dans le cas certains biens publics dépenses→
publiques, impôts modification des décisions des acteurs – des→
mécanismes de distorsion qui interdisent aux mécanismes de
concurrence pure et parfaite de garantir une allocation des ressources
◦le marché était plus efficace dans la gestion des biens privés si et seulement
si la justice serait totalement indépendante de la question de l’effi cacité
▪une décision d’efficacité problème de justice→ (modification du bien-
être, l’inégalité dans la modification du bien-être)
▪la théorie néoclassique : des centres abstraits de décision sans relation
humaine non-marchande - le théorème de PARETO défaillant pour les
calculs non-marchands dans l’économie (satisfaction, opinion, etc.)
▪on ne résout pas le problème, on le transfert sur un autre agent →
toutes les situations sont optimales au sens de PARETO une question→
de la juste répartition du bien-être
choix collectifs – le politique→
Un problème de critères : efficacité = efficience = productivité, rentabilité au
détriment d’autres valeurs et préoccupations (paix, justice, environnement,
etc.) ( →Dominique MÉDA : les indicateurs) champ d’intervention→
légitime des choix publics
la nécessité de l’Etat pour la production des biens publics, sans restriction →
pour ces seules domaines
Loi n°5 : L’Etat ne fait pas le bonheur
◦supériorité du marché dans la production et la distribution des biens
privés ?
▪économie planifiée : inefficacité illustrée par les échecs dans les
régimes communistes
un problème d’incitation (à l’innovation et à l’efficacité productive,
la motivation idéologique et la peur de l’autorité ne remplacent pas
la force de l’intérêt privé ; la planification laisse la liberté d’orienter
le plan au détriment de l’intérêt général)
un problème d’information (les planificateurs ne peuvent pas
deviner le prix d’équilibre sur des innombrables marchés)
▪le marché : la production décentralisée + re-négociation permanente
des contrats = circulation de l’information en continu →adaptation
des agents à chaque nouveau signal envoyé par le marché
HAYEK : l’impossibilité d’avoir un marché parfait (au sens de la
théorie néoclassique) qui fait l’éventuelle priorité des marché
concrets : concurrence pure et parfaite planification centrale basée→
sur l’information parfaite qui fixerait les prix d’équilibre et les
bonnes décisions (super-calculateurs)
◦raisonnement : marché défaillant en matière de biens publics l’Etat→
comme l’instrument idéal de gestion et de régulation?
▪TINBERGEN et MUSGRAVE : les outils de l’analyse économique
permettent de construire une théorie normative des politiques
publiques
3 postulats implicites :
◦a) l’Etat est capable de déterminer des choix collectifs précis et
cohérents qui correspondent au bien-être collectif,
◦b) là où le marché ne produit pas une allocation optimale des
ressources, l’Etat est nécessairement plus performant que le
marché,
◦c) les décideurs publiques recherchent toujours et uniquement
l’intérêt collectif
ad. a) les « théorèmes d’impossibilité » : des méthodes parfaitement
démocratiques ne permettent pas de déterminer à partir de
préférences individuelles des citoyens des préférences collectives
dont on pourrait affirmer qu’elles constituent un optimum social →
TINBERGEN (1952) : conception du bien-être social capable d’être
réalisée = la conception personnelle des décideurs
ad. b) Ronald COASE (1931, 1960) : il n’existe pas de domaine
réservé a priori à un mode particulier de gestion des ressources ; des
individus rationnels ne se contenteront pas d’une situation où une
amélioration du bien-être collectif est encore possible, à l’issue de
leurs choix spontanés et non coordonnés : si l'écart entre le résultat
spontané et l’optimum collectif se produit alors il y aura une
négociation sur des accords mutuellement avantageux pour
s’approcher de l’optimum (si les coûts de transaction – coûts de
négociation et contrôle de leurs accords – sont inférieurs au bénéfi ce
attendu). coûts élevés recours à une institution qui impose des→
choix par l’autorité (ex. : entreprise = institution qui remplace des
transactions entre des facteurs de production indépendants par une
relation hiérarchique qui permet de les mobiliser plus effi cacement:
les associations ; l’Etat) : sélection des institutions qui présentent le
rapport coût/avantage le plus favorable nécessité d’institutions→
adaptées une vision pragmatique et évolutive du rapport entre→
l’Etat, l’entreprise, le marché, etc. (gestion publique = charges
fiscales ou sociales, gaspillages favorisés par la disparition de la
concurrence ; gestion privée = gaspillages et injustices provoqués
par la négligences des effets externes et de l’intérêt général) →
analyse coûts/avantages qui comporte nécessairement des
éléments subjectifs (valeurs, finalités de la communauté, etc.) qui
exigent un processus démocratique de choix politique
ad. c)
◦SCHUMPETER (1942) : la démocratie est un processus dans
lequel le peuple choisit un gouvernement à l’issue d’une libre
compétition pour des bulletins de vote une →pression
permanente de la concurrence sur le marché politique contraint
à un comportement comme si l’objectif prioritaire était le succès
électoral
◦les citoyens ne sont pas parfaitement informés et en mesure
d’évaluer l’ensemble des politique publiques (une forme
d’irrationalité pour Schumpeter un comportement rationnel→
pour Anthony DOWNS (Analyse économique de la démocratie,
1957) : acquérir une information de qualité présente une
investissement colossal avec une rentabilité infi me (une voix) –
une ignorance intrinsèque qui peut préférer n’importe quelle
politique + manipulation par la propagande)
◦Mancur OLSON (La Logique de l’action collective ,1965) : rôle des
groupes de pression dans le détournement de l’action publique
nécessité d’une vraie démocratie de citoyens qui n’aurait pas grand-chose à→
voir avec la démocratie de marché aux voix que nous connaissons en réalité
(« des mesquineries suicidaires du marketing politique »)
Loi 7 : La mauvaise concurrence chasse la bonne
Les aspects positifs de la concurrence:
•incitation à l'effort et à la productivité
•élimination des gaspillages et des rentes de situation
•adaptation des productions aux besoins des usagers
•production au moindre coût
Mais quel type de concurrence?
•la concurrence en état pure:
◦une rivalité entre des individus qui veulent tous faire ou obtenir la même
chose, faire mieux ou posséder davantage que les autres
◦priver l'autre, expression d'un instinct premier (manger avant d'être
mangé) ou de domination
◦comportements en-dehors de la loi et de la vertu
Civiliser la rivalité naturelle (substituer les échanges à la prédation) par des marchés
organisés
Qu'est-ce qu'une « bonne » concurrence?
•le dernier tiers du XIXe siècle
•concurrence pure et parfaite pour un usage optimal des ressources
•1921 Franck Knight (Risk, Uncertainty and Profit) - atomicité, homogénéité des
biens, libre accès au marché, mobilité des facteurs de production,
transparence; l'auteur en apporte très tôt une critique
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