Introduction
Alors que les discussions vont bon train sur les différentes marches à suivre
pour la reprise après la crise financière mondiale, tout le monde s’accorde
pour dire que les chiffres sur le chômage, et surtout le chômage des jeunes,
sont toujours alarmants. Même s’il se peut que nous ayons entamé un lent
processus de redressement, les dernières projections varient entre soit aucun
changement soit une nouvelle recrudescence du chômage jusqu’à la fin 2015
dans plusieurs pays européens.1 A l’évidence, « la reprise mondiale pendant
les quatre dernières années a été modeste et irrégulière »2. C’est ainsi qu’à
partir de juillet 2014, le taux de chômage de l’Union européenne affichait
toujours 10,2% et celui du chômage des jeunes 22%3. Il est évident que six
ans après le début de la crise économique, « tant le marché du travail que les
conditions sociales plus larges restent très exigeants, et les chances d’un
aboutissement complet de l’éventuelle reprise sont incertaines »4.
Comme on pouvait s’y attendre, tant pendant la période de crise
qu’aujourd’hui, la situation des jeunes a été et est toujours pire que celle de la
population adulte active. Entre 2007 et 2013, les taux de chômage des jeunes
ont au moins doublé dans 12 pays européens, à savoir : Chypre, l’Espagne,
l’Irlande, la Grèce, la Lettonie, l’Estonie, la Lituanie, la République tchèque, la
Bulgarie, la Croatie, l’Italie, et la Slovénie.5
Les jeunes étaient déjà dans une situation économique délicate avant la crise.
Le taux de chômage des 15-24 ans dans les économies développées a
toujours été de deux à trois fois plus élevé que celui des groupes plus âgés6.
L’emploi des jeunes a été bien plus sensible aux cycles industriels et aux
récessions économiques entraînées par des facteurs politiques que l’emploi
des adultes7. En Espagne par exemple, la moitié des jeunes travailleurs
avaient des contrats temporaires avant la crise et ils ont donc été les premiers
à perdre leurs emplois lorsque les licenciements ont commencé à se
produire.8
Cette publication analyse les conséquences de la crise financière qui a frappé
en 2008 et les programmes d’assainissement budgétaire résultants qui se
sont installés à travers la majorité des pays européens à partir de 2009. En se
basant sur des points de vue et des recherches académiques existants, elle
examinera dans quelle mesure la crise financière et les réponses qui y ont été
apportées ont affecté les jeunes en terme d’emploi mais aussi en terme de
plus grand bien-être social.
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1OCDE (2014), Perspectives de l’Emploi de l’OCDE 2014, Publications OCDE
2!ibid.
3!Eurostat (juin 2014), Le taux de chômage à 11,5% dans la zone euro, Eurostat Communiqué de Presse
2!ibid.
3!Eurostat (juin 2014), Le taux de chômage à 11,5% dans la zone euro, Eurostat Communiqué de Presse
4!European!Commission (2013), Employment and social developments in Europe 2013, Publications, Office of the
EU, Luxembourg
5 Eurofound (2014), Mapping Youth Transitions in Europe, Publications, Office of the European Union, Luxembourg.
6 Morsy, H. (2012), Scarred generation, Finance & Development, Vol. 49, No 1
7!Matsumoto, Hengge and Islam (2012), Tackling the Youth Employment Crisis: a macroeconomic perspective, ILO
Employment Working Paper No. 124, ILO Publications, Geneva
8!Morsy, H. (2012), Scarred generation, Finance & Development, Vol. 49, No 1