Economie L1 Chapitre III L`offre et la demande Si les forces de l`offre

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Economie
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Chapitre III
L’offre et la demande
Si les forces de l’offre et de la demande jouent librement, le prix d’un bien mesure sa rareté. Mais les
prix font plus que mesurer la rareté, ils fournissent à l’économie des incitations à utiliser efficacement
les ressources rares dont elle dispose et les économistes ont pour objectif prioritaire d’étudier les forces
qui déterminent les prix.
Le prix d’un bien ou d’un service est ce qu’il faut donner en échange de ce bien. En général, on
assimile le prix d’une chose à un coût, le prix représente le nombre d’unités monétaires (dollars,
euros) payées pour obtenir le bien ou le service considéré.
Les prix sont un mode de communication entre les divers agents économiques. Dans une économie de
marché, le prix est déterminé par l’offre et la demande et les variations des prix dépendent des
variations de l’offre et de la demande. Adam Smith a appelé ce concept de prix « valeur d’échange ».
I-
La demande
Le concept de demande décrit la quantité d’un bien ou d’un service qu’un ménage ou une entreprise
décident d’acheter à un prix donné.
A- Les courbes de demande individuelle
Cf figure 3.1 : cas d’un individu (Roger) qui souhaite acheter une barre de chocolat
Il est possible qu’au prix de 5 dollars, il n’en achète pas une seule. A 3 dollars, il pourra en acheter une. Si le
prix continue de baisser jusqu’à 1. 25 dollars, il va peut-être en acheter plusieurs et, s’il tombe à 0.50 dollars, il
en achètera une grande quantité. Le tableau résume la demande hebdomadaire de Roger en barres de chocolat
selon ces différents prix. Nous voyons donc que plus le prix est faible, plus la quantité demandée est élevée.
Il est possible de reporter cette information sur un graphique représentant la quantité demandée par Roger pour
chaque prix. Par convention, la quantité demandée est reportée sur l’axe horizontal et le prix sur l’axe vertical.
Les points correspondants apparaissent sur le graphique. Il est possible de relier ces différents points par une
ligne continue appelée courbe de demande. Cette courbe indique la quantité demandée à chaque prix. Donc, pour
savoir quelle est la demande hebdomadaire de Roger en barres de chocolat au prix de 1 dollar, il suffit de repérer
ce prix sur l’axe vertical, de trouver le point A correspondant sur la courbe de demande et de lire la quantité
correspondante au point A sur l’axe horizontal. Au prix de 1 dollar, Roger achète 6 barres de chocolat par
semaine. En sens inverse, si nous souhaitons savoir à quel prix Roger se contente de 3 barres de chocolat, il faut
repérer la quantité 3 sur l’axe horizontal, trouver le point correspondant B sur la courbe de demande et voir à
quel niveau il correspond sur l’axe vertical : Roger achète 3 barres de chocolat au prix de 1.5 dollars. Lorsque le
prix de la barre de chocolat augmente, la quantité demandée diminue d’où la forme décroissante de la courbe de
demande.
Plus le prix est faible, plus la quantité demandée est élevée. La courbe de demande indique la quantité
demandée à chaque prix. La forme de la courbe est décroissante (elle descend de la gauche vers la
droite) : plus un bien est bon marché, plus la demande est forte, à l’inverse, plus un bien est cher,
moins on achète.
 La courbe de demande définit la quantité demandée d’un bien pour chaque niveau de prix de ce
bien.
B- Les courbes de demande du marché
Cf figure 3.3 : le tableau indique la quantité totale de barres de chocolat demandées par chaque agent aux
différents prix envisageables. Si on baisse le prix à 2 dollars, cette demande s’élève à 2 millions. Comme dans la
figure 3.1 le prix est reporté sur l’axe vertical. En revanche, l’axe horizontal mesure maintenant la quantité
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demandée par l’ensemble des agents de l’économie. En reliant les différents points de la figure, on obtient la
courbe de demande de marché. Si l’on souhaite connaitre la demande totale de barres de chocolat au prix de 1.5
dollars, on repère ce prix sur l’axe vertical et on détermine le point A correspondant sur la courbe demandée. La
demande totale, obtenue en se reportant sur l’axe horizontal, est de 4 millions de barres de chocolat. Si l’on
recherche maintenant quel sera le prix de la barre de chocolat quand la demande est égale à 20 millions, on repère
ce chiffre sur l’axe horizontal, on détermine le point B correspondant sur la courbe de demande de marché et l’on
voit à quelle valeur ce point correspond sur l’axe vertical. Le prix auquel la demande est de 20 millions de barres
de chocolat est de 0.75 dollars. On notera que, si le prix de la barre de chocolat augmente, la demande
individuelle baisse. De même, si le prix de la barre de chocolat augmente, la demande du marché décroit ; par
conséquent, la courbe de demande du marché est également décroissante de gauche à droite.
La courbe de demande de marché indique la quantité totale du bien qui sera demandée à chaque
niveau de prix. Si le prix augmente, la demande individuelle baisse. De même, si le prix augmente, la
demande de marché décroit. La courbe de demande de marché est donc décroissante : si le prix
augmente, certains individus décideront de ne plus acheter.
C- Les déplacements des courbes de demande
Cf figure 3.4 : elle représente deux courbes de demande fictives de barres de chocolat, l’une pour l’année 1960,
l’autre pour l’année 2000. On voit que la demande au prix de 0.75 dollars est passée de 20 millions (point E1960
– équilibre d’origine) à 10 millions (E2000) car les « préférences » des individus en barre de chocolat sont
devenues plus faibles.
Lorsque le prix d’un bien augmente, la quantité demandée pour ce bien baisse. Toute variation autre
que celle du prix du bien en question déplacera la courbe de demande dans son ensemble – c’est-àdire qu’elle modifiera la quantité demandée à chaque niveau de prix.
Cf figure 3.5 : lorsque le revenu d’une personne augmente, celle-ci achète normalement une plus grande
quantité de tous les biens. Un accroissement du revenu déplace la courbe de demande vers la droite. Pour tous les
niveaux de prix, l’individu consomme une plus grande quantité du bien considéré.
Des facteurs économiques sont susceptibles de déplacer la courbe de demande : les variations du
revenu et celles des prix des autres biens. Lorsque le revenu d’une personne augmente, celle-ci achète
normalement une plus grande quantité de tous les biens : un accroissement du revenu déplace la
courbe de demande vers la droite. La variation des prix des autres biens et en particulier ceux
étroitement liés au produit considéré, déplacera également la courbe de demande. Ce sont les biens
substituables (ex. : le beurre et la margarine) : une hausse du prix de l’un accroit la demande de
l’autre. Il arrive cependant que l’accroissement du prix des autres biens ait exactement l’effet inverse :
ce sont les biens complémentaires (ex. : le sucre et le café), l’accroissement du prix de l’un des deux
biens diminue la demande pour l’autre.
Certains facteurs non économiques entrainent également des déplacements des courbes de demande :
les changements dans les préférences (préoccupation de santé), dans les habitudes culturelles (femme
active) et dans la structure de la population (âge, effet démographique) ou encore une modification de
l’information.
Les sources de déplacement des courbes de demande du marché sont des variations du revenu,
du prix d’un bien substituable, du prix d’un bien complémentaire, de la structure de la population,
des changements dans les préférences ou dans les habitudes culturelles, dans l’information
disponible, dans les conditions d’accès au crédit, dans les anticipations.
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 Un déplacement de la courbe de demande correspond, pour un même prix, à un changement
dans la quantité demandée.
II-
L’offre
Le concept d’offre décrit la quantité d’un bien ou d’un service qu’un ménage ou entreprise souhaite
vendre à un prix donné.
Cf figure 3.8 : elle montre le nombre de barres de chocolat qu’une société (la société Chocolat Fondant) souhaite
vendre, ou mettre sur le marché, pour chaque prix. Lorsque le prix est en dessous de 0.75$, l’entreprise considère
qu’il n’est plus rentable de produire. Au prix de 2$, elle souhaite vendre 85000 barres de chocolat. Au prix de 5$,
elle aimerait en vendre 100000. Ces différents points sont reportés sur le graphique. La courbe qui les relie
s’appelle courbe d’offre. Elle montre la quantité offerte par Chocolat fondant à chaque prix, tous les autres
facteurs étant maintenus constants. Comme la courbe de demande, le prix figure sur l’axe vertical et la quantité
sur l’axe horizontal. Le point A indique donc qu’au prix de 1.50 $, l’entreprise aimerait vendre 70000 barres de
chocolat. Contrairement à la courbe de demande, les courbes d’offre types sont croissantes (elles montent de
gauche à droite) : plus le prix est élevé, plus l’entreprise offre une quantité importante. Cela tient à ce que les
prix plus élevés augmentent les profits de l’entreprise, ce qui l’incite à offrir davantage.
Les courbes d’offre sont croissantes (elles montent de la gauche vers la droite) : plus le prix est élevé,
plus l’entreprise offre une quantité importante. Cela tient à ce que les prix plus élevés augmentent les
profits de l’entreprise, ce qui l’incite à offrir davantage.
L’offre du marché d’un bien n’est rien d’autre que la quantité totale que toutes les entreprises
présentes dans l’économie sont disposées à offrir à un prix donné. De même, l’offre de travail du
marché est la quantité de travail que tous les ménages présents dans l’économie sont disposés à offrir
pour un salaire donné.
Cf figure 3.9 : ainsi, nous voyons sur la figure que, pour un prix de 2$, les entreprises offrent 70 millions de
barres de chocolat, alors qu’elles n’en offrent que 5 millions pour un prix de 0.5$. Cette figure permet de
représenter graphiquement la même information. La courbe qui relie les points de la figure est la courbe d’offre
du marché. La courbe d’offre du marché indique la quantité totale du bien que les entreprises sont disposées à
produire pour chaque prix. Le point A de la courbe d’offre de marché signifie donc qu’au prix de 0.75$, les
entreprises présentes dans l’économie souhaitent vendre 20 millions de barres de chocolat. A mesure que le prix
des barres de chocolat augmente, la quantité croit toute chose égale par ailleurs.
La courbe d’offre du marché indique la quantité totale du bien que les entreprises sont disposées à
produire pour chaque prix. La pente de la courbe d’offre du marché est croissante de gauche à droite,
et ce pour deux raisons. D’une part, lorsque les prix sont plus élevés, chaque entreprise présente sur le
marché est disposée à produire davantage. D’autre part, un plus grand nombre de nouvelles
entreprises souhaitent entrer sur le marché pour produire ce bien.
 Une courbe d’offre indique la quantité offerte du bien à chaque niveau de prix.
Comme les courbes de demande, les courbes d’offre peuvent se déplacer, avec pour effet de
provoquer des hausses ou des baisses de la quantité offerte à chaque niveau de prix.
Cf figure 3.10 : supposons qu’une région céréalière soit affectée par une période de sécheresse. La courbe d’offre
de blé se déplace vers la gauche, ce qui veut dire que, pour tout prix donné de ce bien, les quantités offertes par les
entreprises sont <.
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Elles peuvent se déplacer pour différentes raisons : la baisse du prix des facteurs qui entrent dans la
production d’un bien, les changements technologiques (les innovations dans l’industrie informatique),
la nature (les conditions météorologiques), la hausse des taux d’intérêt et la modification des
anticipations.
Cf figure 3.11 : on voit que, lorsque le blé devient moins cher, la courbe d’offre du pain se déplace vers la droite.
En effet, la production du pain est moins couteuse et, en conséquence, pour tout prix donné, les entreprises sont
disposées à en offrir davantage. C’est pourquoi, pour un même prix, la quantité offerte sur la courbe S1 est > à la
quantité offerte sur la courbe S0.
Cf figure 3.12 : sur la figure A, le prix des barres de chocolat a augmenté, avec une hausse correspondante de la
quantité offerte. Il s’est donc produit un mouvement le long de la courbe d’offre. Au contraire, sur la figure B, la
courbe d’offre s’est déplacée vers la droite, en raison par exemple d’une nouvelle technologie permettant de
réduire le coût de la production de barres de chocolat. Dans ce cas, la quantité offerte s’accroit bien que le prix
soit inchangé. La quantité offerte sur le marché peut croitre soit parce le prix du bien a augmenté (la quantité
produite est alors plus élevée pour une même courbe d’offre), soit parce que la courbe d’offre s’est déplacée vers la
droit (la quantité offerte est alors plus élevée pour un même prix).
 Les sources de déplacement des courbes d’offre du marché sont des changements dans les prix
des facteurs de production, dans la technologie, dans l’environnement naturel, dans la
disponibilité du crédit et dans les anticipations.
 Les déplacements des courbes d’offre et de demande induisent un ajustement simultané du prix
et de la quantité
III-
La loi de l’offre et de la demande
A- Définition des concepts
L’offre et la demande interagissent pour déterminer le prix de marché sur les marchés concurrentiels.
Cf figure 3.13 : elle réunit sur un même graphique une courbe d’offre du marché et une courbe de demande du
marché pour montrer comment ce phénomène a lieu. Le prix effectivement payé et perçu sur le marché sera
déterminé par l’intersection des deux courbes, au point appelé Eo (E comme équilibre). La quantité (20 millions)
et le prix (0.75$) correspondants sont respectivement appelés quantité d’équilibre et prix d’équilibre.
L’équilibre est atteint à l’intersection de la courbe d’offre et de la courbe de demande, au point Eo.
Pour tout prix au-dessus de Eo, la quantité offerte est supérieure à la quantité demandée, le marché
sera en déséquilibre et il y aura une offre excédentaire. Pour tout prix inférieur à Eo, la quantité
demandée sera supérieure à la quantité offerte : le marché sera en déséquilibre et il y aura une
demande excédentaire.
L’équilibre décrit une situation dans laquelle aucune force (aucune cause) ne pousse au changement.
Personne n’est incité à modifier le résultat, c’est-à-dire le prix ou la quantité consommée ou produite
dans le cas de l’offre et de la demande. Quand le prix d’un bien correspond à l’équilibre, les
consommateurs obtiennent exactement la quantité qu’ils souhaitent acheter à ce prix et les
producteurs vendent exactement la quantité qu’ils sont disposés à vendre. Le marché est équilibré (ou
compensé). On dit que le prix atteint est le prix d’équilibre de marché. A l’équilibre, ni les
producteurs ni les consommateurs ne sont incités à modifier le prix ou la quantité échangée, aucun
acheteur ni aucun fournisseur n’est incité à modifier le prix ou la quantité.
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Cf figure 3.13 : prenons maintenant le prix de 1$, il ne correspond à aucune quantité d’équilibre. Repérons tout
d’abord le chiffre de 1$ sur l’axe vertical. Cherchons ensuite le point A sur la courbe d’offre et voyons à quoi il
correspond sur l’axe horizontal. Le point A nous indique qu’au prix de 1$, les entreprises veulent offrir 34
millions de barres de chocolat. Examinons maintenant le point B sur la courbe de demande. Ce point indique
qu’au prix de 1$, les consommateurs ne souhaitent acheter que 13 millions de barres de chocolat. Mais, comme
un poids suspendu à un ressort, le marché va osciller pour retrouver progressivement son équilibre. Le
mécanisme est le suivant. Au prix de 1$, l’offre est excédentaire. Lorsque les producteurs se rendent compte
qu’ils ne peuvent pas vende tout ce qu’ils voudraient à ce prix, certains d’entre eux commencent à baisser leurs
prix en espérant récupérer une partie de la clientèle des autres producteurs. Cependant, lorsqu’un producteur
baisse ses prix, ses concurrents sont obligés de réagir, sinon ils risquent de ne plus rien vendre du tout. Mais,
lorsque les prix baissent, les consommateurs achètent davanta.ge. Le processus se poursuivra jusqu’à ce que le
marché atteigne son prix et sa quantité d’équilibre.
De même, supposons que le prix soit < à 0.75$, 0.50 $ par exemple. A ce prix plus faible, la demande est
excédentaire. Les individus veulent acheter 30 millions de barres de chocolat (point C), alors que les entreprises
ne veulent en produire que 5 millions (point D). Certains consommateurs, ne parvenant pas à acheter tout ce
qu’ils souhaitent à ce prix, proposeront de payer un peu plus cher. D’autres consommateurs, craignant de ne
plus pouvoir acheter autant, proposeront un prix équivalent ou >. Dans la mesure où le prix se mettent à
augmenter, les fournisseurs auront également une plus forte incitation à produire davantage. Une fois encore, le
marché aura tendance à rejoindre son point d’équilibre.
Dans les économies de marché concurrentielles, les prix effectifs tendent vers les prix d’équilibre
auxquels l’offre et la demande sont égales. Il s’agit de la loi de l’offre et de la demande. Lorsque le
marché n’est pas en équilibre, on peut prévoit l’apparition de certaines forces de changement.
Les courbes de demande, les courbes d’offre et l’équilibre de marché qui s’établit à leur intersection
sont les éléments de base du modèle d’offre et de demande de l’économiste. Ce modèle s’est révélé
extrêmement utile. Il permet d’expliquer pourquoi le prix d’un bien est élevé et pourquoi le prix d’un
autre bien est faible. Il permet également de prévoir les conséquences de certains changements et de
confronter ces prévisions à la réalité. L’une des raisons pour lesquelles ce modèle est particulièrement
utile tient aux prévisions relativement précises qu’il permet d’effectuer.
Cf figure 3.14 : elle reprend les courbes d’offre et de demande de barres de chocolat. Supposons que le sucre
devienne plus cher. La quantité de barres de chocolat que les entreprises souhaitent produire à chaque niveau de
prix diminue. La courbe d’offre se déplace vers la gauche, comme on peut le voir sur la figure A. Un nouvel
équilibre est atteint à un prix > et pour une quantité moindre de barres de chocolat. Supposons maintenant que
les individus deviennent soucieux de leur santé. A chaque niveau de prix, ils consommeront une plus faible
quantité de barres de chocolat. La courbe de demande se déplace vers la gauche, comme on peut le constater sur la
figure B. On obtient alors un nouvel équilibre, pour un prix < et pour une quantité moindre.
Sur les marchés concurrentiels, les prix sont déterminés par la loi de l’offre et de la demande. Les
déplacements des courbes d’offre et de demande entrainent des variations du prix d’équilibre. Des
principes identiques s’appliquent au marché du travail et au marché du capital. Le prix du travail est
le salaire et le prix du capital est le taux d’intérêt.
B- Les interférences avec la loi de l’offre et de la demande
La loi de l’offre et de la demande, qui détermine le mode de fixation des prix, peut être favorable à
certains individus ou à certains groupes.
Dans tous les cas, ceux qui étaient pénalisés par le fonctionnement des mécanismes de marché ont fait
pression sur les pouvoirs publics pour qu’ils interviennent.
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Le mécanisme des prix-plafonds et celui des prix-planchers sont deux exemples de l’interférence
particulièrement significatifs des pouvoirs publics avec la loi de l’offre et de la demande. Le contrôle
des loyers impose un prix-plafond alors que les lois sur le salaire minimum et les subventions aux
prix agricoles imposent un prix-plancher. Cependant, les prix-plafonds ont pour effet de créer des
pénuries et de la rareté et les prix-plancher ont contraint les Etats à imposer des limites à la production
(les quotas). Ces mécanismes sont rarement des instruments efficaces.
Cf figure 4.10 : le contrôle des loyers a été instauré dans certaines villes (notamment New York et San
Francisco) dans l’espoir de rendre le prix du logement plus abordable. L’effet des lois imposant un contrôle des
loyers –c’est-à-dire établissant le loyer maximal que le propriétaire a le droit de demander pour un studio par
exemple – est représenté sur la figure. Sur la figure A, R* correspond au niveau de loyer d’équilibre sur le
marché, auquel la demande de logements est égale à l’offre. Cependant, les responsables locaux se rendent compte
qu’à ce niveau de loyer R*, les classes sociales défavorisées ne peuvent plus se loger en ville. Ils promulguent
donc une législation plafonnant les loyers au niveau de R1. A ce niveau, la demande d’appartements à louer est
> à l’offre. Bien que les autorités locales aient agi avec des intentions louables, elles ont créé artificiellement de la
rareté.
Les problèmes suscités par le contrôle des loyers risquent d’être plus graves à long terme qu’à court terme, car les
courbes d’offre à long terme sont plus élastiques que les courbes d’offre à court terme. A court terme, la quantité
d’appartements disponibles ne varie pas beaucoup. En revanche, à long terme, la quantité d’appartements peut
baisser pour différentes raisons, à mesure que les propriétaires essaient de minimiser les pertes que le contrôle des
loyers leur fait subir. Les appartements peuvent être abandonnés lorsqu’ils sont en mauvais état ; ils peuvent
être transformés en copropriété et vendus plutôt que loués. Les propriétaires peuvent ne plus vouloir investir
dans l’immobilier locatif s’ils ne sont pas assurés de percevoir des loyers suffisants pour couvrir leurs couts.
La figure B montre comment la pénurie de logements due au contrôle des loyers s’aggrave avec le temps. Ce
contrôle fait que tous les locataires existants sont dans une situation favorable, du moins aussi longtemps que les
propriétaires continuent à leur louer leur logement. Mais la quantité d’appartements mis en location diminue, ce
qui empêche un grand nombre de locataires potentiels de trouver un logement sur le marché. Dans la mesure où
les locataires sont en général moins riches que ceux qui peuvent acheter leur habitation, la pénurie de logements
locatifs frappera davantage les plus pauvres.
Cf figure 4. 11 : dans beaucoup de pays, les agriculteurs, en raison de leur capacité d’influencer les décisions
politiques, sont parvenues à persuader l’Etat d’imposer un seuil plancher sur les prix de nombreux produits
agricoles – un prix > à l’équilibre du marché, comme on peut le voir sur la figure. Une conséquence évidente
s’impose : l’offre est > à la demande. Pour maintenir ce prix, l’Etat a dû acheter et stocker des quantités
considérables de produits agricoles. Le soutien des prix au-dessus des prix d’équilibre de marché a couté
plusieurs milliards d’euros.
IV-
L’élasticité-prix
A- L’élasticité-prix de la demande
On peut trouver des substituts à la plupart des biens et services. Cependant, la substitution sera plus
difficile dans certains cas que dans d’autres. Si la substitution est difficile, la quantité demandée
diminue peu quand le prix d’un bien augmente (et elle augmente peu quand le prix de ce bien baisse).
En terme technique, la courbe de la demande d’un bien ayant peu de substitut aura une pente
relativement forte : des changements dans les prix ne provoqueront que de faibles variations dans les
quantités demandées.
Au contraire, lorsque la substitution est facile, une augmentation de prix peut provoquer une baisse
très importante de la quantité demandée.
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La courbe de demande d’un bien ayant beaucoup de substituts aura une pente relativement faible :
des changements dans les prix provoqueront de fortes variations dans les quantités demandées.
Pour de nombreuses raisons, les économistes doivent être attentifs à l’inclinaison exacte de la pente
de la demande. Pour calculer cette pente avec précision, ils utilisent la notion d’élasticité-prix de la
demande. L’élasticité–prix de la demande se définit comme la variation en pourcentage de la quantité
demandée divisée par la variation en pourcentage du prix :
Elasticité-prix de la demande = variation en pourcentage de la quantité demandée
variation en pourcentage du prix
Lorsque l’élasticité de la demande est > à 1, la variation de quantité fait plus que compenser la
variation du prix. On dit que la demande de ce bien est relativement élastique, ou sensible aux
variations de prix ; les recettes baissent avec la hausse des prix et elles augmentent avec la baisse des
prix (ex. : les micro-ordinateurs).
Lorsque l’élasticité-prix est = à 1, la baisse de la quantité demandée compense exactement
l’accroissement du prix. Celui-ci n’a donc aucune influence sur les recettes. On dit que l’élasticité est
unitaire. Lorsque l’élasticité-prix est < à 1, une hausse de 1% du prix induit une baisse de la quantité
demandée de moins de 1%. Puisque la réduction de la demande est faible, les élasticités comprises
entre 0 et 1 impliquent que la hausse des prix entraine une hausse des recettes (et que la baisse des
prix entraine une baisse des recettes). On dit alors que la demande du bien est relativement
inélastique ou insensible aux variations de prix (ex. : l’essence).
B- L’élasticité-prix de l’offre
Les courbes d’offre sont normalement croissantes, mais, comme dans le cas des courbes de demande,
leur pente peut être plus ou moins forte. Le degré d’inclinaison d’une courbe reflète sa sensibilité aux
variations de prix. Une courbe d’offre fortement inclinée signifie qu’une forte variation du prix
n’entraine qu’une modification limitée de la quantité que les entreprises souhaitent produire. A
l’inverse, lorsque la courbe est plate, cela signifie qu’une variation minime du prix entraine une forte
variation de l’offre.
L’élasticité-prix de l’offre est la variation en pourcentage de la quantité offerte divisée par la variation
en pourcentage du prix (indiquant ainsi la modification en pourcentage de la quantité offerte lorsque
le prix varie de 1%) :
Elasticité-prix de l’offre = variation en pourcentage de la quantité offerte
variation en pourcentage du prix
Comme pour la demande, si un accroissement de prix de 1% donne lieu à un accroissement de l’offre
> à 1%, nous disons que la courbe d’offre est élastique (ex. : les produits agricoles comme les
épinards). Elle est inélastique si le même accroissement de 1% du prix se traduit par une hausse de
l’offre de moins de 1% (ex. : le travail). Dans le cas extrême d’une courbe d’offre verticale – où la
quantité offerte ne dépend pas du tout du prix - on dit que la courbe est parfaitement inélastique– ou
que son élasticité est nulle (ex. : un tableau de Rembrandt, les compositions de John Lennon) ; dans
l’autre cas extrême, celui d’une courbe d’offre horizontale, on dit que la courbe est parfaitement
élastique – ou que son élasticité est infinie (ex. : l’enregistrement d’un CD).
Elasticité-prix de la demande : égale au pourcentage de variation de la quantité demandée d’un
bien quand le prix payé varie de 1 %. Quand l’élasticité est faible, les changements de prix ont peu
d’effet sur la demande. Et inversement, quand l’élasticité est élevée, les changements de prix ont
des effets importants sur la demande.
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Elasticité-prix de l’offre : égale au pourcentage de variation de la quantité offerte d’un bien
quand le prix obtenu varie de 1 %. Quand l’élasticité est faible, les changements de prix ont peu
d’effet sur l’offre. Et inversement, quand l’élasticité est élevée, les changements de prix ont des
effets importants sur l’offre.
Cf figure 4.7 : elle montre l’éventail type des conséquences possibles. Si la courbe d’offre est très élastique
(proche de l’horizontale, comme la figure A), tout déplacement de la courbe de demande se traduira par des
modifications plus fortes de la quantité que du prix. Si la courbe d’offre est relativement inélastique (proche de la
verticale comme dans la figure B), tout déplacement de la courbe de demande se traduira par des modifications
portant davantage que le prix que sur la quantité. Si la courbe de demande d’un bien est très élastique (proche
de l’horizontale comme sur la figure C), tout déplacement de la courbe d’offre se traduira par des modifications
portant davantage sur la quantité que sur le prix. Enfin, si la courbe de demande est relativement inélastique
(proche de la verticale comme sur la figure D), tout déplacement de la courbe d’offre se traduira par une
variation plus forte du prix que de la quantité.
On peut facilement avoir une idée des cas extrêmes en s ‘appuyant sur les graphiques de la figure. Si l’on incline
la courbe d’offre de la figure A jusqu’à la rendre complétement horizontale (parfaitement élastique), les
déplacements de la courbe de demande n’auront aucun effet sur le prix. Si l’on relève la courbe d’offre de la
figure B jusqu’à la rendre complétement verticale (parfaitement inélastique), les déplacements de la courbe de
demande n’auront aucun effet sur la quantité.
Exemple d’application des concepts d’élasticité de demande et d’élasticité d’offre : la politique fiscale.
La compréhension de la loi de l’offre et de la demande est essentielle pour étudier de nombreuses
questions de politique publique. L’une des principales utilisations de cette loi consiste à simuler les
effets des impôts.
Cf figure 4.8 : supposons par exemple que soit instauré un impôt sur les cigarettes de 10 c d’euros par paquet,
qu’il soit directement prélève auprès des fabricants de cigarettes et que tous ces fabricants tentent de répercuter
l’augmentation de leurs couts sur les consommateurs, par une hausse de 10 c d’euros du prix de vente. A ce prix
plus élevé, la consommation de cigarettes va diminuer, l’importance de la baisse de la demande dépendant de son
élasticité-prix. Cette baisse contraint les entreprises à diminuer leur prix, afin que la demande soit égale à l’offre.
Cette diminution dépendra de l’élasticité-prix de l’offre. Le nouvel équilibre est représenté sur la figure A.
Pour que les entreprises acceptent de produire la même quantité qu’auparavant, elles doivent recevoir 10 c
d’euros de plus par paquet (qu’elles devront ensuite restituer à l’Etat). La courbe d’offre se déplace donc vers la
haut d’un montant de 10 c d’euros. Etant donné que la demande de cigarettes est relativement inélastique, ce
changement provoque un fort accroissement du prix et une baisse relativement faible de la quantité demandée.
Lorsqu’un impôt sur les producteurs se traduit par un relèvement du prix payé par les consommateurs les
économistes disent que l’impôt est répercuté ou reporté sur les consommateurs. Le fait que ces derniers
supportent l’impôt (même si ce sont les producteurs qui le versent) ne signifie pas que les producteurs sont « en
position de force » ou qu’ils ont agi de façon concertée pour obtenir ce résultat. Il s’agit de la simple conséquence
du mécanisme de l’offre et de la demande. On notera cependant que le prix n’a pas augmenté de la totalité des 10
c d’euros. Les producteurs reçoivent après reversement de l’impôt un prix légèrement < au prix initial. Ils
supportent donc une petite part de l’impôt.
Les résultats auraient été très différents si l’impôt avait concerné un bien à fort élasticité de demande. Supposons
par exemple que l’Etat décide de prélever un impôt sur le gouda (mais pas sur les autres fromages). Comme il
existe un grand nombre de fromages proches du gouda, la courbe de demande de ce fromage est très élastique.
Dans ce cas, comme on le voit sur la figure B, non seulement l’impôt est supporté en majeur partie par le
producteur, qui reçoit un prix net (après taxe) beaucoup plus faible, mais il provoque aussi une forte réduction
des ventes.
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V-
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Pénuries et excédents
Le plus souvent, dans les économies développées modernes, la loi de l’offre et de la demande
fonctionne si bien qu’elle semble aller de soi pour tout le monde. Si vous êtes disposé à payer « le prix
du marché » - le prix que l’on trouve partout et qui est déterminé par l’intersection de l’offre et de la
demande -, vous pouvez obtenir pratiquement n’importe quel bien ou service. De même, si le
vendeur d’un bien ou d’un service accepte de s’aligner sur le prix du marché, il peut vendre tout ce
qu’il veut.
Lorsque le prix s’établit à un niveau tel que la demande est égale à l’offre – de sorte que chaque
acquéreur peut acheter à ce prix autant qu’il le désire, et chaque fournisseur vendre autant qu’il le
souhaite – les économistes disent que le marché est en équilibre. Lorsque ce n’est pas le cas, on verra
apparaitre des pénuries ou des excédents. Pour un économiste, il y a pénurie lorsque les individus
désirent acheter un produit au prix courant (l’évaluation à prix courant désigne l’évolution en valeur
d’une variable : les prix retenus sont alors ceux de la période d’observation alors que l’évaluation à
prix constant désigne l’évaluation en volume d’une variable : on retient comme prix celui de l’année
de référence ou année de base, et on considère ensuite qu’il ne varie plus sur la période pour pouvoir
ne considérer que l’effet quantité) mais ne parviennent pas à le trouver. Inversement, il y a excédent
lorsque les vendeurs n’arrivent pas à vendre les quantités des produits qu’ils souhaitent au prix
courant (le prix courant n’est pas le prix d’équilibre).
Ex. : en 1973, le monde entier a dû faire face à une pénurie de pétrole ; le chômage est une forme
d’excédent.
Quand le marché ne s’oriente pas rapidement vers l’équilibre, les économistes disent que les prix sont
rigides.
Cf figure 4.9 : elle permet de comprendre, à partir d’un graphique type d’offre et de demande, les phénomènes de
pénurie et d’excédent. Le prix d’équilibre sur le marché est p*, aussi bien dans la partie A que dans la partie B de
la figure. Dans la figure A, le prix courant, p1, est < à p*. A ce prix, la demande est > à l’offre, comme on peut le
voir en reportant les points correspondants sur l’axe horizontal. La demande est Qd et l’offre Qs. L’espace entre
les deux points mesure la pénurie. Dans une telle situation, les consommateurs vont se battre pour acquérir au
prix en vigueur la part qu’ils souhaitent de l’offre disponible.
Sur la figure B, le prix courant, p1, est > à p*. A ce prix plus élevé, la demande est < à l’offre. Ici encore, on
notera Qd la demande et Qs l’offre. On constate un excédent sur le marché de Qs-Qd. Ce sont maintenant les
vendeurs qui se battent pour trouver des acheteurs.
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