I. La croissance est un phénomène instable

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Chapitre 3 : Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?
Notions : Fluctuations économiques, crise économique, désinflation, croissance potentielle,
dépression, déflation.
Acquis de première : inflation, politique monétaire, politique budgétaire, politique
conjoncturelle, chômage, demande globale.
IC : L’observation des fluctuations économiques permettra de mettre l’accent sur la variabilité de la
croissance et sur l’existence de périodes de crise. On présentera les idées directrices des principaux
schémas explicatifs des fluctuations (chocs d’offre et de demande, cycle du crédit), en insistant
notamment sur les liens avec la demande globale. En faisant référence au programme de première,
on rappellera le rôle des politiques macro-économiques (nationales et européennes) dans la gestion
des fluctuations conjoncturelles. On analysera les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer
déflation et dépression économique et leurs conséquences sur le chômage de masse.
Introduction :
Après nous être intéressé à la définition de la croissance et à ses causes, ses origines dans le premier
chapitre, nous avons vu que la croissance pouvait se heurter à la protection de l’environnement dans
un second chapitre. Nous allons maintenant nous intéresser aux fluctuations de la croissance et aux
crises : la croissance est un phénomène instable.
Problématique : à partir de la question centrale : comment expliquer l’instabilité de la croissance ?, on
va se poser plusieurs questions :
1. La croissance est-elle un phénomène instable (ou peut-on identifier une forme de régularité à
travers des cycles) ?
2. Quelles sont les phénomènes à l’origine des fluctuations de la croissance ?
3. Quelles sont les conséquences de ces fluctuations sur le chômage notamment ?
I. La croissance est un phénomène instable ?
Depuis la fin de la 2GM, le PIB français a été multiplié par plus de 6. Il atteint aujourd’hui plus de 2 000
milliards d’€ (2028,5 en 2012 en € courants). L’observation plus attentive de cette évolution montre
cependant que la croissance n’a pas été régulière mais qu’elle a été marquée par une série de périodes
d’expansion et de ralentissement. On peut ainsi observer les fluctuations de la croissance économique.
A. Les fluctuations
Doc 2 p 44 Manuel : Des « Trente Glorieuses » aux « Trente Piteuses » : questions modifiées
(Ou : Doc 2 p 113 du Magnard)
1. Faire deux phrases donnant du sens aux deux données entourées.
2. Identifiez les périodes de baisse du PIB.
Baisse du PIB = baisse de la production : on produit moins que l’année précédente = baisse de l’activité
économique. Le taux de croissance est négatif. = dépression
Ralentissement du PIB = la croissance ralentit cad le taux de croissance est inférieur à l’année
précédente mais le PIB continue de croître : on produit plus que l’année précédente mais cette
augmentation de la production est moins forte que celle de l’année précédente : le taux de croissance
reste positif. = récession. Attention toutefois, l’Insee considère qu’une économie se situe en récession
lorsque son taux de croissance est négatif deux trimestres consécutifs.
La période de baisse du PIB est toujours précédée par une crise. Par exemple, en 1973 : premier choc
pétrolier, en 1979, 2è choc pétrolier, en 1992-1993 : crise du système monétaire européen, en 2001 le
krach boursier de la bulle internet et en 2007 la crise des subprimes.
3. Qu’appelle-t-on les « Trente Glorieuses » et « Trente Piteuses »
Les « Trente glorieuses » (titre d’un ouvrage très célèbre de Jean Fourastié) correspondent à la période
1945-1973/1974 ; quant aux « Trente piteuses » (titre d’un livre de Nicolas Baverez), elles couvrent la
période qui s’ouvre avec le premier choc pétrolier. Pendant les « Trente piteuses », la croissance du
PIB en volume est moins rapide que pendant les « Trente glorieuses » ; de surcroît, le PIB a alors
diminué quatre fois (– 1,1 % en 1975, – 0,7 % en 1993, – 0,1 % en 2008 et – 2,7 % en 2009) alors
qu’aucune occurrence de ce type n’avait été observée de 1945 à 1973/1974.
4. Qu’est-ce qu’un trend ?
Notion de trend: tendance de longue durée que l’on peut observer dans l’évolution d’une grandeur
économique (par exemple le PIB), indépendamment de ses fluctuations de court terme.
Tableau récapitulatif :
PIB
↑
ou↓
Récession
Dépression
Phase d’expansion
Reprise
économique
Taux de
croissance
du PIB
+ ou -
=> Les fluctuations économiques correspondent aux variations, aux irrégularités que subit le taux de
croissance de l’économie autour d’une tendance de long terme. Cela correspond aux mouvements de
hausse (expansion) ou de baisse (récession, dépression) de l’activité économique. La croissance
économique n’est pas régulière, elle est soumise à des fluctuations, à des mouvements de hausse et
de baisse de l’activité économique.
Transition : Les fluctuations économiques que nous avons observé rendent-elles la croissance instable
ou peut-on identifier une forme de régularité à travers l’existence de cycles économiques ?
B. Qu’est-ce qu’un cycle ?
Quand les fluctuations de la croissance obéissent à une certaine régularité (périodicité des phases
ascendantes et descendantes), il s’agit alors de cycles économiques.
Définition de cycle proposée par Burns et Mitchell en 1946 : « Les cycles économiques désignent
un type de fluctuations qui affectent l’activité générale des pays dans lesquels la production est
essentiellement le fait d’entreprises privées. Un cycle est constitué de phases d’expansions qui se
produisent à peu près au même moment dans de nombreuses branches de l’activité, expansions qui
sont suivies par des phases de récessions, des contractions et des reprises, qui affectent elles aussi
l’ensemble des activités économiques, les reprises débouchant sur la phase d’expansion du cycle
suivant. »
Question : Faîtes un graphique avec pour abscisse le temps et pour ordonnée le niveau de l’activité
économique et résumez, à l’aide de stylos de couleurs différentes, les 4 phases du cycle à l’aide
d’une courbe.
Doc 3 p 43 Hatier : les différents types de cycles
Rappel : le trend représente la croissance de long terme, au-delà des fluctuations de court terme.
Question 1. En quoi les cycles courts diffèrent-ils des cycles longs ?
On peut distinguer les cycles courts des cycles courts en fonction de leur périodicité : quelques années
et, au maximum, une décennie pour les cycles courts = Kitchin, Juglar alors qu’ils durent plusieurs
décennies pour les cycles longs.
Cycles longs = alternance de phases de croissance associée à une hausse des prix et de phases de
récession voire de dépression associée à une baisse des prix. Ces cycles mis en évidence par Kondratiev
dans les années 1920 durent une cinquantaine d’année.
Précision : selon l’analyse de Schumpeter, les phases de croissance des cycles de Kondratieff (phase A)
sont provoquées par les innovations majeures. Selon cette analyse, les innovations technologiques ont
donné lieu à 3 RI au cours du XIXè siècle : machine à vapeur vers 1760, électricité au début du XXè
siècle, courant des années 1990 pour les NTIC.
Rappel : On peut définir les innovations comme la mise en place des inventions, cad la mise en
application de nouvelles connaissances. On distingue les innovations de produit, de procédé ou
d’organisation. On distingue aussi les innovations majeures ou radicales (électricité, machine à vapeur,
informatique, des innovations incrémentales = mineures. La recherche est la source principale de
l’innovation.
Ces différents cycles s’emboîtent les uns dans les autres (première partie du passage souligné), d’où
des effets contrastés : les crises les plus graves résultent de la superposition de la phase B des différents
cycles.
Question supplémentaire: pensez-vous que les cycles Kondratiev soient toujours présents dans
l’économie française ?
La période 1950-1973 peut s’analyser comme un cycle Kondratieff phase A : un des facteurs de
croissance de cette époque est la diffusion des biens de consommation durable due à des innovations.
Apres 1973, les taux de croissance de l’économie française sont, en moyenne, divises par deux. On
peut interpréter cette période comme un cycle Kondratieff phase B (épuisement des innovations de la
période précédente). Un cycle Kondratieff dure 50 a 60 ans. Vers les années 2000-2010, on aurait dû
assister à l’arrivée d’un nouveau cycle Kondratieff phase A porté par de nouvelles innovations,
notamment tout ce qui concerne les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Ce n’est pas le cas. On peut donc se demander si, à long terme, les cycles Kondratieff sont toujours
présents. De plus, le cycle Kondratiev a du mal à rendre compte de la crise des 70’s caractérisée par
une forte inflation.
Bilan :
 Définition du cycle.
 Les cycles ont été mis en évidence dès la fin du XIXè siècle par des économistes qui leur ont
ensuite donné leur nom. On distingue ainsi différents types de cycles : les courts : Kitchin et
Juglar et les longs : (Kuznets) et Kondratiev. Selon Schumpeter, ces différents cycles
s’emboîtent entre eux et la superposition de ces cycles forme les fluctuations économiques
telles qu’on les observe.
 Les 4 phases du cycle économique :
1. Expansion : hausse de la production de biens et de services cad hausse du PIB sur une courte
période. Se distingue de la croissance qui est un phénomène durable.
2. Crise : c’est le point de retournement du cycle : passage d’une phase d’expansion à une phase de
ralentissement de la croissance, c’est le point de retournement de la conjoncture, ce qui met fin à une
période d’expansion. Elle se caractérise par une baisse brutale de production, une chute des prix, des
faillites d’entreprises, une hausse du chômage, un recul des salaires. C’est donc une période très brève
mais dans le langage courant, on parle de crise pour parler d’une croissance faible voire nulle
(récession voire de dépression) qui s’accompagne d’un chômage élevé.
3. Récession : ralentissement de la croissance du PIB : le taux de croissance du PIB est inférieur à celui
de l’année précédente, il a diminué mais il est toujours positif, le PIB continue de croître. Ou
dépression : phase de réduction de l’activité économique (baisse de la production) se traduisant par
une baisse du PIB: le taux de croissance du PIB est négatif.
4. Reprise : une nouvelle phase d’expansion qui succède à la récession (ou dépression)
C. La crise inhérente au cycle : à voir.
Transition : nous avons vu que la croissance était instable et se heurtait à des périodes de crise. Nous
allons maintenant essayer d’expliquer les phénomènes à l’origine des cycles.
II. Comment expliquer cette instabilité ?
Commencer par un questionnement : d’après-vous qu’est-ce qui est à l’origine des phases de hausse
du PIB (et donc de la production) ? des phases de ralentissement de la croissance du PIB ?
Trier les éléments qui relèvent de l’offre et de la demande.
A. Du côté de la demande
1. Qu’est-ce qu’un choc de la demande ?
Rappel : doc 1 p 48 Hatier « Demande globale » et « chocs de demande » : à faire à la maison
1. Rappel équation emplois=ressources : P+M=C+I+G+X  P=C+I+G+X-M
2. X-M = solde de la balance commerciale. Permet de mesurer l’excédent ou le déficit commercial.
3. DG = C+I+G+X-M soit la quantité totale de biens et de services produits nationalement demandée
sur une période donnée (regroupe la demande intérieure et extérieure)
4. Un choc de demande =tout évènement qui affecte l’évolution de la DG. Entraîne une variation non
anticipée de la demande. Il peut être positif : fait augmenter la demande globale ou négatif : la fait
baisser.
2. Quelles sont les conséquences d’un choc de la demande négatif ?
Un exemple de choc de demande :
Doc. 7 p 46 Hachette : 2008, un choc de demande
1. Chute de la demande = – 5 points entre 2008 et 2009, aux Etats-Unis.
2. L’endettement est celui de l’Etat (pour financer les dépenses publiques non couvertes par l’impôt),
des entreprises (pour financer les investissements) et des ménages (pour la consommation et pour
financer l’acquisition de logement). Si l’endettement ne progresse plus, cela affecte la demande
intérieure : la consommation des ménages et de l’Etat, l’investissement des entreprises et donc la
croissance économique.
3. Baisse de l’endettement ➞ baisse de la demande intérieure et extérieure ➞ ralentissement de la
production ➞ hausse du chômage ➞ baisse de la demande ➞ crise.
 Choc d’offre négatif conduit à une contraction de la DG et donc à un ralentissement de la
croissance.
3. Quelles sont les conséquences d’un choc de demande positif ?
Question : expliquez en quoi la baisse des PO ou la hausse des dépenses publiques peut constituer un
choc de la demande positif.
= La baisse des PO ou la hausse des dépenses publiques = politique de relance budgétaire : on utilise
le budget de l’Etat pour relancer l’activité économique. Quel est l’économiste qui a théorisé la
politique de relance ?
Les dépenses de l’Etat font partie de la DG donc si elles augmentent, cela augmente la DG et constitue
un choc de la demande positif. Mais les dépenses de l’Etat agissent aussi indirectement sur l’activité
économique : elles relancent la consommation des ménages.
Quel est l’autre type de relance qui existe ? La politique de relance monétaire par la baisse des taux
d’intérêt directeurs de la BCE qui se répercute sur les taux d’intérêt des banques commerciales et qui
permet une hausse de la consommation et de l’investissement.
Complément : Doc 15 p 122 Magnard : L’insuffisance de la demande anticipée : cause fondamentale
des dépressions chez Keynes. A faire à la maison
1. Les entrepreneurs adoptent des comportements mimétiques car l’investissement est une décision
dont le coût est élevé et qui engage l’avenir. Comme l’avenir est incertain, ils ont peur de se tromper
(que les recettes ne soient pas au rendez-vous) et, pour tenter de ne pas prendre une mauvaise
décision, ils imitent les autres entrepreneurs.
2. Pour avoir la certitude de vendre leur production, les entrepreneurs font des anticipations sur la
demande et déterminent leur niveau de production en fonction de ces anticipations.
3. L’intervention de l’Etat est nécessaire pour sortir de la dépression car, quand l’activité économique
est déprimée et que les anticipations sont pessimistes, il n’y a aucune raison pour que la demande
anticipée augmente. L’Etat doit donc intervenir en stimulant l’investissement privé par la baisse des
taux d’intérêt et en augmentant les investissements publics.
 Choc de demande positif conduit à une hausse de la DG et donc à une hausse de la croissance :
reprise ou expansion.
Eventuellement : Pour aller plus loin : A faire à la maison
Document : Contribution des principaux agrégats à la croissance du PIB français
Remplissez le texte à trous suivant : vite, solde, expansion, croissance, déficit, consommation,
crédit, chômage, ralentissement, totalité, baisse, stocks, PIB, investissement (x 2), demande,
administrations, récession, investissent, dépenses, rythme.
Au niveau macroéconomique, le PIB est égal à la …………………globale. La croissance effective du PIB
dépend donc des variations des dépenses de……………………………..des ménages et
des……………………………..., des variations de l’……………………….., des variations des stocks et de
l’évolution du …………….extérieur. Entre 2005 et 2007, l'économie française est
en...................................Le PIB augmente de plus en plus.............. en passant de ............% en 2005 à
.............% en 2007. Cette.............................effective est soutenue principalement par les dépenses de
consommation des ménages qui représentent...........point de croissance en 2007 soit..............% de
l'augmentation du PIB et par la FBCF dont l'augmentation explique la.....................de la croissance.
Cependant, le........................du commerce extérieur freine cette expansion de près d'...........point. A
partir de 2007, l'économie française subit un net................................................en 2008 et une
forte..................... en 2009. Le PIB n'augmente pratiquement pas en 2008 et .......................de............%
en 2009. La crise des « subprimes », apparue aux Etats-Unis en 2008, se traduit pour la France par une
diminution des exportations et une diminution du...................des banques. En conséquence, les
entreprises.............................moins et diminuent leurs ............. La chute de la FBCF de.........% en 2009
expliquent plus des......................de la baisse du PIB et le déstockage en est responsable, quant à lui,
de près d’un tiers. Seule la croissance des ...............................publiques empêche la production de
s'effondrer davantage. Cependant, la baisse du................en 2009 se traduit par une montée
du.............................qui va accentuer le ralentissement de la consommation des ménages et prolonger
la crise. En 2011, la croissance de l’économie française se maintient : le PIB en euros constants
progresse de ………..% en moyenne annuelle, au même rythme qu’en 2010. La croissance est soutenue
par la demande des entreprises : leurs dépenses d’………………………. accélèrent et, après deux années
de déstockage, elles reconstituent leurs stocks. Ces deux éléments expliquent la………………….de la
croissance effective. Importations et exportations augmentent au même……………., si bien que les
échanges extérieurs sont neutres sur la croissance. En revanche, les dépenses de consommation des
ménages progressent d’à peine ……...%, après l’accélération de 2010. Le pouvoir d’achat du revenu
disponible brut des ménages croît à un rythme ralenti : l’accélération des prix l’emporte sur celle des
revenus d’activité.
B. Du côté de l’offre
1. Qu’est-ce qu’un choc d’offre ?
Définition de l’offre globale : PIB soit production intérieure + M = production intérieure + production
réalisée à l’étranger.
On appelle choc d’offre tout évènement qui agit sur l’évolution de l’offre globale, de manière positive
ou négative. Il s’agit de tout évènement qui entraîne une variation non anticipée de l’offre. Un choc
d’offre négatif augmente les coûts de production et réduit donc la quantité de biens et de services que
les producteurs sont prêts à fournir pour un niveau de prix donné. En revanche, un choc d’offre positif
réduit les coûts de production et augmente la quantité offerte pour un même niveau de prix.
2. Quelles sont les conséquences d’un choc d’offre négatif ?
Question : selon vous, qu’est-ce qui pourrait être à l’origine de la hausse des coûts de production et
donc d’un choc d’offre négatif ?
Doc 3 p 47 Hatier : L’impact des chocs d’offre négatif : Se concentrer sur le cadre bleu.
Question 1 : expliquez en quoi la dégradation des systèmes d’enseignement et de recherche peuvent
constituer un choc d’offre négatif ?
Question 2 : la hausse des prix des matières premières constitue-t-elle un choc d’offre négatif pour
tous les pays ? Pourquoi ?
 Choc d’offre négatif conduite à une baisse de la production donc récession voire dépression.
3. Quelles sont les conséquences d’un choc d’offre positif ?
Doc 6 p 46 Hachette sur le miracle finlandais
Question 2. L’essor des TIC agit-il du côté de l’offre ou de la demande ?
L’essor des TIC agit du cote de l’offre (industrie électronique, télécoms, services commerciaux), mais
aussi du cote de la demande (hausse de la demande de téléphones portables, d’ordinateurs, de
services commerciaux lies à Internet). Généralement, on classe les innovations technologiques du
côté des chocs d’offre.
 Choc d’offre positif conduit à une hausse de la production donc expansion ou reprise.
Bilan sur les chocs de la demande et les chocs d’offre
Exercice sur les chocs. Cochez :
Choc d’offre
Revalorisation du SMIC au-delà de l’inflation
Réunification allemande
Une innovation de produit créé un nouveau marché
Réduction du temps de travail
Hausse du chômage
Une innovation de procédé permet de réduire les coûts de
production
Réduction des cotisations sociales patronales
Réduction des cotisations sociales salariales
Hausse du prix du pétrole
Réforme des retraites augmentant la durée de cotisation
Organisation des Jeux Olympiques
Hausse de la TVA
Choc de
demande
Positif Négatif Positif Négatif
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Hausse du taux d’intérêt du crédit bancaire
X
Construction d’aéroports et de lignes TGV
X
Une forte récession chez nos « clients » étrangers
X
Un cyclone qui entraîne un accident nucléaire majeur
X
Hausse de l’épargne de précaution
X
Hausse des dépenses de consommation due aux fêtes de
X
fin d’année
 On distingue 3 grands types de chocs d’offre :
-les chocs d’offre causés par des variations du prix des produits de base comme le pétrole qui
conduit à une variation des coûts de production.
-une variation des salaires
-des innovations technologiques qui améliorent la productivité.
 On distingue 3 grands types de chocs de demande :
-la variation de la consommation
-la variation du niveau d’investissement
-la variation des dépenses publiques et de la fiscalité
 Illustrer les chocs d’offre et de demande par un graphique : chocs et déplacements de
courbe.
 Les différents chocs expliquent les fluctuations de la croissance. Les chocs peuvent affecter
la croissance de manière positive ou négative. Un choc positif est à l’origine d’un phénomène
d’expansion ou de reprise alors qu’un choc négatif est à l’origine d’une crise qui conduit à
une récession voire à une dépression.
Transition : nous avons vu que les fluctuations de la croissance pouvaient être expliquées par les
chocs d’offre et de demande. Il nous reste un facteur explicatif à aborder : le cycle du crédit.
C. Le cycle du crédit au cœur de la crise des subprimes
A travers la crise des subprimes, on va voir comment les questions de crédit et d’endettement sont
au cœur des phénomènes de croissance et de crise.
Doc 3 p 45 Hachette sur le rôle des banques.
1. Quand le PIB augmente, les crédits accordés par les banques augmentent également, car les
conditions de rentabilité sont plus fortes et parce qu’elles sont prêtes à prendre plus de risques, leurs
clients étant plus solvables en période d’expansion.
2. L’évolution du crédit est globalement corrélée à celle du PIB, c’est ce qu’on appelle le cycle du crédit.
Cependant, les variations sont plus marquées pour le crédit accordé aux entreprises : ainsi, entre 1998
et 2001, on constate une croissance du PIB, les crédits accordés aux ménages augmentent d’environ 4
points, alors que ceux qui sont accordés aux entreprises progressent d’environ 7 points. On peut parler
de phénomène de resserrement du crédit pour les entreprises, surtout les PME.
3. Rappel : Les conditions d’octroi du crédit sont un élément déterminant des fluctuations
économiques ; d’une part, les crédits alimentent la demande des ménages et des entreprises lors de
phases d’expansion ; d’autre part, ils permettent de financer l’investissement, qui diffuse le progrès
technique et soutient de ce fait la productivité. A l’inverse, quand la croissance ralentit, les banques
rationnent l’offre de crédit, qui est alors réservé aux entreprises les plus rentables ; cela contribue ainsi
à éliminer certaines entreprises du marché, à accroitre le chômage et à alimenter la récession.
Bilan du doc : Définition du cycle du crédit : Le cycle du crédit renvoie donc au comportement des
banques en matière d’octroi de crédit : en période d’expansion, elles accordent plus facilement des
crédits aux ménages et aux entreprises ; au contraire, en période de ralentissement d’activité, elles
ont plus sélectives et prennent moins de risques, du fait des possibilités d’insolvabilité accrues. Le
cycle du crédit est donc lié aux cycles de l’activité économique. Le cycle du crédit amplifie les chocs
d’offre et de demande négatif. Cf encadré p 49 Manuel Hatier.
Point sur le rationnement du crédit (au cas où) :
« Credit crunch » est une expression anglaise communément utilisée en dehors de cette zone
linguistique pour désigner une réduction drastique de l’offre de crédit consécutive à une crise
bancaire. Une situation de « credit crunch » correspond à un rationnement du crédit offert par les
banques, plus grave qu’une simple hausse des taux même accompagnée d’un resserrement des
conditions du crédit.
La difficulté est de savoir quand on passe d’une situation de resserrement de crédit à une situation
de « credit crunch ». En fait dans ce dernier cas, l’offre de prêt bancaire est raréfiée sans être
nécessairement accompagnée d’une forte hausse des taux d’intérêt réels (c'est-à-dire déduction faite
de l’inflation). Des emprunteurs potentiels qui jusqu’ici pouvaient trouver des emprunts et dont le
risque est inchangé n’en trouvent plus. L’offre disponible de crédit bancaire apparaît délibérément
rationnée et ce, par d’autres moyens que les prix.
Dans la crise financière actuelle, la menace d’un véritable « credit crunch » pour l’offre bancaire de
crédit aux entreprises, et en premier lieu aux PME est apparue progressivement à partir de
septembre 2008. Elle fait suite à l’accumulation des pertes enregistrées par les banques sur toutes
sortes d’actifs, au refus des banques de se prêter de l’argent entre elles, et à la chasse aux liquidités à
laquelle elles se livrent. Les plans d’action décidés par les dirigeants des Etats-Unis, du Japon et de
l’Europe visent à éviter le crédit crunch en augmentant les facilités de refinancement des banques
centrales, en accordant des garanties publiques aux nouveaux crédits interbancaires et en
recapitalisant les banques par des prises de participation publiques.
Le cycle du crédit est au cœur de la crise des subprimes : trop de crédits ont été accordés dans une
période de bulle immobilière puis après l’éclatement de la bulle : phénomène de resserrement du
crédit a été observé.
Document Vidéo 1. Portrait d’une victime des subprimes aux USA (extrait vidéo)
Question 1. Rappel : qu’est-ce qu’un taux d’intérêt variable ?
Un taux d’intérêt variable est un taux d’intérêt qui peut être modifié chaque année, à la date
anniversaire du prêt. Les taux d’intérêt variables sont encadrés en France et leur variation ne peut pas
dépasser un point. Dans le reportage, le crédit de Joyce est passé de 8 à 10% suite à l’effondrement
des prix de l’immobilier. Relève du phénomène de resserrement du crédit.
Question 2. Analyser l’enchainement qui conduit à l’expulsion des résidents de leur maison.
Dans le reportage, les ménages ne sont plus en capacité de remboursement car les taux d’intérêts
variables ont augmenté. Les différentes étapes :
1/Endettement à taux variable gagé sur la valeur de la maison
2/Hausse des taux (le taux passe de 8 à 10%) => hausse des remboursements (les remboursements
passent de 500 à 700 dollars par mois alors qu’elle ne perçoit qu’une pension d’invalidité) =>
impossibilité de rembourser => mise en vente de la maison (qui ne couvrira pas le montant du prêt
puisque le marché immobilier s’est effondré. Dans l’exemple ce que doit la propriétaire correspond à
deux fois l’équivalent de la maison). Ce fut la situation de 2 millions d’américains.
Document Vidéo 2. Les mécanismes de la crise immobilière (extrait vidéo)
Question 1. Pourquoi peut-on avancer l’idée que « le crédit c’est génial » ?
Parce que ça permet de financer des projets (aux USA les études par exemple « sans la dette pas
d’étude et pas de travail »), de réaliser aujourd’hui des achats en biens d’équipements ménagers (dans
l’exemple, Cynthia dispose de multiples cartes de crédit). Dans les années 80 les banquiers inventent
toutes sortes de nouvelles formules de crédit et l’endettement devient un signe d’ingéniosité et
d’esprit d’entreprise. « L’endettement c’est génial, ça rapporte même de l’argent ».
Rappel sur le rôle de l’endettement pour la croissance : endettement => hausse de la DG=> croissance.
Question 2. Expliquez le mécanisme de gonflement puis d’éclatement de la « bulle immobilière ».
Cynthia achète un appartement dont la valeur est multipliée par deux en quelques années. Elle le
revend, fait une confortable plus-value, rembourse son premier emprunt et réemprunte une plus
grosse somme pour acheter un plus grand appartement d’autant plus que les taux d’intérêt sont bas.
Et peu après, sur le papier la valeur de son appartement a triplé. Tout le monde étant persuadé que
les prix vont monter, les prix montent (= bulle spéculative). Entre 1997 et 2007, la hausse des prix des
logements avoisine 100% aux Etats-Unis, 150% en France et 200% au RU et en Espagne. Partout, cette
envolée des prix a été attisée par une forte hausse de l’endettement des ménages qui accroit la
demande. En une décennie, leur dette rapportée à leur RD est passée de 50% à 83% en France, de 53%
à 118% aux Etats-Unis.
Mais ensuite les remboursements augmentent du fait des taux variables, entre 2004 et 2007 le taux
est multiplié par 4. Elle ne peut donc plus rembourser. Le banquier lui demande de vendre mais des
milliers d’autres ménages sont dans la même situation, et comme tout le monde veut vendre : O>D
donc les prix baissent. La bulle éclate et les prix s’effondrent.
Pourquoi les taux d’intérêt variables ont-ils augmenté ? Les taux d’intérêt variables sont déterminés
par l’évolution des taux d’intérêt à court terme, prix auquel les banques se procurent la monnaie
qu’elles prêtent. Ces taux d’intérêt à court terme sont donc eux même fixés sur les taux directeur des
BC. Entre 2004 et 2007 les BC ont décidé d’augmenter les taux d’intérêt directeur soit les taux auquel
les banques commerciales se procurent l’argent qu’elles prêtent. Pourquoi ? Par peur de l’inflation.
L’éclatement de la bulle immobilière a aggravé le phénomène.
Question 3. Les principales victimes de la crise des subprimes sont-elles des « Joyce » ou des « Cynthia
»?
Les principales victimes de la crise des subprimes sont des Joyce. En effet, un crédit subprime est un
crédit à risque, à opposer à un crédit classique (prime) = crédit avec une prime de risque. Il est dit "à
risque" parce que consenti à des ménages dont la solvabilité est très faible. Tellement, en fait, qu'ils
ne peuvent résolument pas accéder à un crédit classique. Pour compenser ce risque, les organismes
prêteurs, souvent spécialisés dans ce créneau, posent donc deux conditions aux souscripteurs de
subprimes : des taux d’intérêt élevés et évolutifs et une garantie sur le bien immobilier acquis par ce
crédit. Ces prêts sont consentis avec des mensualités abaissées les premières années.
Question 4. Expliquer - Pourquoi l’Etat accepte-t-il de renflouer la banque ?
La banque ne sera pas remboursée par les emprunteurs immobiliers. La banque risque donc la faillite
et entrainera toutes les autres avec elle donc pour éviter un effondrement de l’économie toute entière,
il faut trouver l’argent. Donc l’Etat emprunte pour refinancer la banque.
Après avoir refusé de sauver Lehman Brothers 2008 l’Etat américain a dépensé 2000 milliards de
dollars pour sauver les banques de la faillite mais l’Etat américain n’a pas sauvé Lehman Brothers pour
limiter l’aléa moral (faillite en septembre 2008).
Bilan documents sur la crise des subprimes :
 La crise américaine des subprimes est la conséquence de deux événements :
1/ La crise actuelle trouve son origine dans une bulle immobilière associée à une bulle du crédit.
Bulle du crédit avec les crédits subprimes : prêt à taux variable gagé sur la valeur de la maison accordés
à des ménages insolvables dans un contexte de bulle immobilière => montée des prix de l’immobilier
et cette montée des prix favorise le crédit.
2/Hausse des taux d’intérêts variables => incapacité à rembourser => ventes massives => Eclatement
de la bulle immobilière =>effondrement des prix de l’immobilier.
(La seconde étape de la crise, à savoir la contagion de la crise à l'ensemble des marchés financiers
relève d'un autre mécanisme : la titrisation des subprimes. Cela consiste, pour les organismes prêteurs,
à transformer leurs crédits en titres financiers qu'ils vendront sur les marchés. Les crédits subprimes
sont fractionnés et incorporés à d’autres titres pour être ensuite revendus sur les marchés financiers.
Cette opération permet de partager les risques entre de nombreux créanciers mais les dissémine dans
l’ensemble du système financier.)
Précision : Bulle spéculative : Une bulle financière ou bulle spéculative correspond à une situation où
le cours des titres augmente fortement et atteint des niveaux jugés, par une petite minorité de
personnes lucides, comme globalement excessifs en comparaison avec la valeur réelle des actifs. Elle
s'achève généralement par un éclatement de la bulle et une baisse rapide des cours La première bulle
mémorable eut lieu en Hollande avec la spéculation sur les bulbes tulipes au milieu du XVIIe siècle. Le
spéculateur est celui qui fait un pari sur l’évolution future de la valeur d’un actif.
 =>Le cycle du crédit est au cœur de la crise économique de 2007-2008 : avant la crise période
d’euphorie avec accès au crédit facilité, y compris à des ménages non solvables via des
innovations financières : la titrisation. Puis éclatement de la bulle immobilière => crise
bancaire et financière => resserrement du crédit => conséquences sur la sphère économique :
ralentissement la consommation et de l’investissement = ralentissement de la DG =>
ralentissement de la production et du commerce mondial => hausse du chômage +
endettement des Etats pour sauver les banques et relancer la croissance.
Pour aller plus loin : Cette situation a tout du « paradoxe de la tranquillité « mis en évidence par
l’économiste américain Hyman Minsky. Ce dernier a développé dans les années soixante-dix l’idée que
les crises de surendettement se préparent lorsque tout va bien et que les agents économiques
(entreprises, ménages…) profitent de la croissance et des taux d’intérêt bas pour emprunter parfois
au-delà du raisonnable. L’euphorie entraînée par l’essor des affaires, la montée de la bourse, se traduit
par une sous-estimation des risques et une hausse du recours au crédit
La crise s’inscrit comme la sanction d’une demande artificielle due à un abus de crédit et à la
spéculation. Afin d’honorer les crédits arrivant à échéance, les agents économiques sollicitent à
nouveau les banques, mais ces dernières, dorénavant plus conscientes des risques de non
remboursement des emprunteurs vont réduire l’offre de crédit en élevant les taux d’intérêt. => les
agents sont obligés de vendre, même à perte, leurs biens => effondrement des prix.
III. Cette instabilité de la croissance génère d’autres déséquilibres : la
dépression et la déflation
A. De la récession à la dépression
Rappel : La crise conduit à l’entrée dans la phase de récession économique. On a vu qu’on parlait de
récession pour désigner le ralentissement de la croissance. Lorsque la période de récession dure et
s’aggrave et que le taux de croissance du PIB devient négatif, on parle de dépression économique. La
dépression consiste en une diminution importante et durable de la production et de la consommation.
Dans une situation de récession, le PIB recule d’une année sur l’autre. Par exemple 2000d’€ de
richesses en 2012. Si en 2013, on en produit 1990€ : dépression. Ainsi, la dépression est non seulement
plus grave que la récession mais c’est aussi une baisse durable de la production alors que la récession
n’est qu’un ralentissement passager de l’activité.
Des exemples de dépressions : La Grande Dépression suivant la crise de 1929 est à ce jour la plus
importante dépression économique. Rappel : Depuis la Seconde Guerre mondiale, la France a connu
trois périodes de dépressions : en 1975, en 1993 et en 2007-2008.
Document : 2009 : plus fort recul de l’activité depuis l’après-guerre et repli historique de l’emploi
La récession entamée au printemps 2008, s’est accentuée fin 2008 et début 2009. L’activité se
contracte de 2,6 % en moyenne annuelle en 2009. C’est le plus fort recul du PIB depuis l’après-guerre
: lors des récessions de 1975 et 1993, le PIB avait baissé de l’ordre de 1 Suite au retournement
conjoncturel survenu mi-2008, le marché du travail connaît en 2009 le plus fort recul de l’emploi salarié
depuis l’origine des séries d’emploi en 1954 : entre le début et la fin de l’année, on compte 257 000
emplois en moins. La plupart de ces destructions ont cependant lieu au 1er semestre (– 219 000
emplois) et la dégradation de l’emploi s’atténue au fil de l’année 2009. Cette dégradation du marché
de l’emploi entraîne une hausse du taux de chômage de 2,4 points entre le 1er trimestre 2008 et le 4e
trimestre 2009. Cette augmentation est beaucoup plus rapide que celle qu’avait connue la France lors
de la crise de 1993.
Vue d’ensemble - Premier bilan 2009-2010 - France, portrait social - Édition 2010, INSEE
Question 1. Quels sont les signes de dépression économique en France en 2009 ?
Question 2. Complétez le schéma simplifié ci-dessous afin de montrer que le ralentissement du PIB
et l’augmentation du chômage s’alimentent l’un l’autre dans un cercle vicieux cumulatif :
« ralentissement de la production » (x2), « licenciements », « ralentissement de la
consommation »
 PIB
 Chômage
Eventuellement : Documents : Les symptomes de la « crise » grecque
Année
Revenu national brut par
habitant (RNB/H) en $
Indice du RNB/h
2008
2009
2010
2011
2012
27 080
28 040
26 410
24 490
23 260
100
103,6
97,6
90,5
86
(base 100 en 2008)
Source : http://www.oecd.org/fr/economie/greceprojectionseconomiques.htm
Question : à l’aide des différents documents, montrez que la Grèce subit une dépression
économique.
B. La dépression peut s’accompagner de la déflation
1. Qu’est-ce que le phénomène de déflation ?
Rappel : Distinguer inflation déflation de la désinflation.
L’inflation est la hausse continue et durable du niveau général des prix. La déflation est un phénomène
durable de baisse générale des prix. Il n’y a pas de déflation si seulement certains prix baissent. La
désinflation est un ralentissement de l’inflation ou une baisse ponctuelle du niveau général des prix.
Par exemple, si on passe d’un taux d’inflation de +3% par an à +1% par an, il y a désinflation. Si par
contre on passe à une baisse des prix de -1% par an et que cette baisse est anticipée comme durable,
alors il y a déflation.
Eventuellement : diffuser la vidéo de la Banque de France sur le monstre de l’inflation.
2. Déflation et dépression : un cercle vicieux
Rappel : chez Kondratiev, on observait un phénomène de hausse des prix pendant la phase
d’expansion et un phénomène de baisse des prix pendant les phases de récession.
D’où vient la déflation ?
-de la faiblesse de la demande qui oblige les entreprises à baisser leurs prix pour trouver des acheteurs
-l’autre facteur : l’endettement.
Travail à faire à la maison :
Document 1 : Le risque de déflation par la dette.
Depuis le milieu des années 1980, les pays de l’OCDE se sont ralliés à une politique de lutte contre
l’inflation. L’objectif principal de la BCE est ainsi de contenir l’inflation à 2%/an (Traité de Maastricht
de 1992).
Pourtant, aujourd’hui, la menace c’est plutôt la déflation avec un scénario de déflation de crise. La
déflation de crise suit le scénario suivant : au départ, on assiste à la formation d’une bulle immobilière,
entretenue par un endettement massif et un certain laxisme des autorités monétaires. Lorsque la bulle
explose, les agents endettés cherchent à se désendetter et se lancent dans une « course à la
liquidité » par les ventes massives pour récupérer de la liquidité (c’est à dire des moyens de paiement
pour rembourser leurs dettes). Ces ventes massives entrainent une chute de leur prix, ce qui conduit à
augmenter l’endettement des agents car les agents économiques se désendettent moins vite que les
prix ne baissent. La charge réelle de la dette augmente donc. Un processus de contraction de la
demande s’enclenche. C’est le processus de « déflation par la dette » décrit par l’économiste Irving
Fisher.
Document 2 : Le faible niveau de l’inflation accroît le pouvoir d’achat des ménages mais aussi le
risque d’entrer dans une spirale déflationniste.
Le pouvoir d’achat des ménages a augmenté au premier trimestre 2013 en raison de la baisse des prix
(et non pas de la hausse des revenus) : la hausse des prix n’est que de 1%. Cela pourrait être positif pour
les ménages si cela conduisait à une hausse de la consommation mais ce n’est pas gagné : d’après
l’Insee, les Français en profiteraient surtout pour augmenter leur épargne. Ce ralentissement de la
hausse des prix est en fait un signe que les économies françaises et européennes sont en train de
s’enfoncer dans le cercle vicieux de la déflation, à savoir une baisse généralisée des prix. Une telle baisse
risque de conduire à une diminution des marges des entreprises qui conduirait les entreprises à freiner
les salaires, les embauches et les investissements. De plus, en période de baisse des prix, les
consommateurs préfèrent attendre que les prix aient baissé davantage pour consommer. L’ensemble
de ces facteurs étouffent la demande et ralentissent l’activité économique. Enfin, la déflation alourdit
mécaniquement le poids des dettes passées, privées comme publiques, puisque la valeur nominale des
nouvelles richesses diminue. Le japon est enfermé dans ce cercle vicieux depuis le début des années
1990.
Source : inspiré d’un article d’Alternatives économiques, numéro d’avril 2013, p. 14
Questions sur les docs 1 et 2:
1. Quelles sont les causes de la déflation ?
Mécanisme de déflation par les dettes mis en évidence par Fisher + faiblesse de la demande. Indices
du risque de déflation : maintien du chômage a un niveau élevé, capacités de production sousutilisées, activité économique déprimée, baisse des prix dans certains pays comme au Japon.
2. Pourquoi la déflation est-elle une situation dangereuse ?
La déflation est une situation dangereuse car il est difficile d’en sortir. Les consommateurs attendent
pour consommer que les prix baissent davantage. Ni les ménages, ni les entreprises ne sont incites à
s’endetter.
=>Déflation accompagne la dépression et l’entretien.
Transition : on va poursuivre le raisonnement et aborder les conséquences de la déflation et de la
dépression sur l’emploi.
C. Quelles conséquences sur le chômage de masse ?
Petit rappel : un chômeur est-il inactif ?
A recopier au tableau :
Population totale
62,7 millions
Population
inactive
Population active
28,3 millions
Population active
occupée
(population active
ayant un emploi)
25,7 millions
34,4 millions
Chômeurs
(population active sans
emploi)
2,7 millions
Retraités, personnes
au foyer, enfants,
étudiants.
Rappel : pour calculer le taux de chômage : (population active inoccupée = chômeurs/ PA)*100
A ne pas confondre avec la part de chômage dans la population totale (chômeurs/ population totale)
*100.
On peut également calculer le taux d’emploi : (population active occupée/ population totale) et le
taux d’activité : (PA/Population totale)*100
Eventuellement : Doc 1. P 194 Hatier : Qu’est-ce que le chômage ?
Question 1. Quelles sont les deux sources statistiques du chômage en France ?
Le BIT, cette source est utilisée pour les comparaisons internationales, et le Pôle emploi. Les deux
organismes n’ont pas les mêmes critères pour définir les chômeurs. Ils n’aboutissent donc pas aux
mêmes chiffres. Les chiffres de l’Insee reprennent la définition du BIT.
Pôle emploi : Operateur de service public de l’emploi issu de la fusion entre l’ANPE et l’ASSEDIC le
13/02/2008. Son rôle : accompagnement du chômeur, versement des allocations, aide aux entreprises
(recrutement).
Chômage au sens du BIT
Demandeurs d’emploi inscrit au
Pôle emploi en fin de mois.
Source
INSEE
Pôle emploi
Mesure
À partir d’enquêtes sur l’emploi A partir de fichiers
auprès d’un échantillon de 75 administratifs utilisés
000 personnes. Définition du par Pôle emploi.
BIT.
Définition
Être sans emploi (aucune Être sans emploi (catégorie A*),
activité rémunérée pendant la
ET
semaine de référence),
Être disponible pour travailler
ET
ET
Être disponible pour travailler Être inscrit à Pôle emploi
sous deux semaines,
comme
demandeur
d’un
ET
emploi.
Avoir entrepris des démarches
actives de recherche d’emploi
(avoir répondu à des petites
annonces,
contacté
un
employeur,
passé
un
entretien…) ou avoir trouvé un
emploi qui commence dans
trois mois.
Périodicité
Trimestrielle
Mensuelle
Nombre de chômeurs
2,8 millions de chômeurs en 4,5 millions de demandeurs
à faire chercher aux élèves
2012.
d’emploi (catégories A + B + C)/
3 millions pour la catégorie A.
Question 2. De quelle catégorie de chômeurs du Pôle emploi le nombre de chômeurs au sens du BIT
se rapproche-t-il le plus ?
Le chômage au sens du BIT se rapproche de la catégorie A du Pôle emploi.
 Le chômage au sens du BIT : un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus)
qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir
travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine donnée ; être disponible pour prendre
un emploi dans les 15 jours ; chercher activement un emploi ou en avoir trouvé un qui
commence ultérieurement.
Un chômeur de longue durée est un actif au chômage depuis plus d’un an.
Document : L’évolution du nombre de chômeurs en France entre 2003 et 2012
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/FPORSOC13m_FTLo3emploi.pdf
Question : Quel est le taux de croissance du nombre de chômeurs entre janvier 2008 et janvier
2012 ?
Quelques chiffres : au quatrième trimestre 2012, selon l’Insee, le taux de chômage est de 10,2%, ce
qui représente plus de 3 millions de chômeurs de catégorie A, le taux de chômage des moins de 25 ans
est de 25,7% (il porte sur les actifs donc hors personnes scolarisées). En 2011 en France, selon l’Insee,
le taux de chômage des cadres est de 3,8% alors qu’il est de 12,9% chez les ouvriers et de 18,8% chez
les ONQ.
Document 7 p. 50 Hachette : un chômage de masse incompressible ? question 1 et 2.
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