Récession ou dépression

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Chapitre 1.2
Comment expliquer l’instabilité de la croissance économique ?
Programme officiel :
INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES : L’observation des fluctuations économiques
permettra de mettre l’accent sur la variabilité de la croissance et sur l’existence de périodes
de crise. On présentera les idées directrices des principaux schémas explicatifs des
fluctuations (chocs d’offre et de demande, cycle du crédit), en insistant notamment sur les
liens avec la demande globale. En faisant référence au programme de première, on
rappellera le rôle des politiques macroéconomiques (nationales et européennes) dans la
gestion des fluctuations conjoncturelles. On analysera les mécanismes cumulatifs susceptibles
d’engendrer déflation et dépression économique et leurs conséquences sur le chômage de
masse.
Acquis de première : inflation, politique monétaire, politique budgétaire, politique
conjoncturelle, chômage, demande globale
NOTIONS : Fluctuations économiques, crise économique, désinflation, croissance
potentielle, dépression, déflation.
Exemples de Questions de mobilisation des connaissances :
-
Expliquez l’intérêt de calculer un taux de croissance potentielle
Qu’est-ce qu’un choc économique ?
Expliquez et illustrez la notion de choc d’offre
Quelles sont les composantes de la demande globale ?
Expliquez et illustrez la notion de choc d’offre
Expliquez ce qu’est le cycle de crédit
Quelles sont les principaux types de politiques macroéconomiques permettant de faire
face aux fluctuations économiques ?
Comment la politique monétaire peut-elle relancer la croissance ?
Comment la politique budgétaire peut-elle relancer la croissance ?
Expliquez les objectifs d’une politique de rigueur
Expliquez quels sont les objectifs et les outils d’une politique monétaire/budgétaire
restrictive
Qu’est-ce qu’une situation de déflation ?
Décrivez les effets cumulatifs engendrant déflation et dépression économique
Quelles sont les conséquences d’une dépression sur l’emploi ?
Exemples de Sujets de dissertation :
I-
Montrez comment, au sortir de la crise financière de 2008, les politiques budgétaires
ont permis d’en atténuer les effets
Comment les fluctuations économiques peubent trouver leur origine dans des chocs de
demande ?
Quels liens peut-on établir entre l’évolution de la demande et les fluctuations
économiques ?
Les fluctuations économiques
A-
La croissance est instable
1-
De la crise à la reprise
2-
Les grandes crises historiques
B-
Croissance effective et potentielle
1-
Qu’est-ce que la croissance potentielle ?
2-
l’écart entre croissance effective et potentielle
II-
Les explications Exogènes des fluctuations économiques
A-
Choc de demande
1-
Les composantes de la demande
2-
CHocs de demande
3-
Exemple de chocs de demande
Choc d’offre
B1-
Exemples de chocs d’offre négatifs
2-
Exemples de chocs d’offre positif
III-
Les explications endogènes des fluctuations
A-
L’exemple du cycle du crédit
B-
Les phénomènes cumulatifs : cercle vicieux entre déflation et dépression
IV-
Les pouvoirs publics peuvent-ils limiter les fluctuations économiques ?
A-
Pourquoi les pouvoirs publics devraient-ils intervenir ?
1-
car les marchés ne se régulent pas tout seul
2-
Car le chomage de masse peut se développer
B-
La gestion des fluctuations économiques par les politiques conjoncturelles
1-
La politique de relance
2-
A-
La politique budgétaire de relance
B-
la politique monétaire de relance
La politique de rigueur
Quelques rappels sur la monnaie
les risques de la surchauffe : l’inflation
les politiques monétaires et budgétaires restrictives
Récession ou dépression ?
Introduction
« Ce qu'on nomme la crise n'est que la longue et difficile réécriture qui sépare deux formes
provisoires du monde. »
de Jacques Attali Extrait du Les Trois Mondes (pour une théorie de l'après-crise)
L’économie n'est pas un long fleuve tranquille. Les sociétés n’aiment pas les crises car cela
entrapine des ajustements douloureux en terme social et économique. Les gouvernements
cherchent donc dans la mesure du possible un trend de croissance régulier. Néanmoins les
crises sont parfois nécessaires, parfois inévitables car causées par le système lui-même ou par
des chocs extérieurs.
Problématique : le débat récurrent sur l’origine des cycles et les enjeux théoriques qui
l’accompagnent (nouveaux classiques et nouveaux keynésiens), pose la question suivante : les
cycles sont-ils produits par la dynamique et le fonctionnement des marchés ou sont-ils le
résultat de chocs externes ?
Nous verrons tout d’abord dans quelle mesure la croissance économique est irrégulière ; puis
nous tenterons d’expliquer ces fluctuations et enfin nous verrons comment les pouvoirs
publics peuvent les limiter.
I- LES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES
A- LA CROISSANCE EST INSTABLE
Sur le long terme, la production a fortement augmenté d’année en année depuis le début de
l’Histoire.
Sur le court terme, en revanche, cette augmentation globale des richesses a connu des à-coups.
1- DE LA CRISE A LA REPRISE
En effet, la croissance effective est instable : à des périodes de croissance soutenue
(expansion), succèdent des périodes de forts ralentissements, voire de recul de l’activité
productive pendant une période plus ou moins longue (récession ou dépression).
Déf : expansion : hausse du taux de croissance
Déf : ralentissement économique : baisse du taux de croissance
Déf : croissance : hausse de la production durable
Déf : récession : baisse de la production sur 2 trimestres
Déf : dépression : baisse durable de la production, soit plus de 3 ans, soit de plus de 10%.
Très rare.
La récession survient lorsque la croissance économique est négative pendant au moins six
mois consécutifs. Lorsque la baisse de la production se prolonge, par exemple sur plusieurs
années, on assiste à un phénomène de dépression économique.
Déf : la crise : Au sens strict, le terme de « crise » désigne le point de retournement à la
baisse de l’activité économique ; au sens large, il désigne l’ensemble de la période au cours de
laquelle l’activité est déprimée, le chômage élevé, etc. ; la crise se termine alors grâce à la «
reprise » = c’est la phase de ralentissement. Si ce ralentissement est fort, alors on peut aller
jusqu’à la récession ; s’il est très fort, on aborde la dépression.
Déf : On appelle fluctuations économiques l’ensemble des mouvements de ralentissement ou
d’accélération du rythme de la croissance économique.
2- LES GRANDES CRISES HISTORIQUES
Depuis le début du XXème siècle, trois grandes crises ont marqué les économies mondiales :
-
La crise des années trente : elle début en 1929
Crise des années 70 liée aux chocs pétroliers
La crise de 1993
La crise de 2000 (crise des start-up)
La période actuelle (crise des subprime)
B- CROISSANCE EFFECTIVE ET POTENTIELLE
1- QU’EST-CE QUE LA CROISSANCE POTENTIELLE ?
L’analyse des fluctuations économiques repose notamment sur l’étude des différences entre la
croissance effective (celle qui est mesurée au cours d’une période donnée) et la croissance
potentielle.
Les économistes considèrent en général que la croissance de long terme est indépendante de
certains évènements conjoncturels et qu’elle dépend des quantités de facteurs de production
disponibles dans l’économie et de l’état des technologies : W, K, et PT.
Déf : La croissance économique potentielle est évaluée par le taux de croissance du PIB
potentiel, c’est-à-dire du PIB maximal qui pourrait être réalisé grâce à la pleine utilisation des
facteurs de production disponibles en l’état des technologies donné.
Cette croissance de long terme dessine la croissance potentielle d’une économie càd le sentier
de croissance de long terme que l’économie devrait suivre en l’absence de chocs exogènes ou
de tensions auto-entretenues.
Le PIB potentiel est donc une évaluation de la production maximale qu’il serait possible de
réaliser sans tension inflationniste ; c’est une mesure des capacités d’offre de l’économie.
2- L’ECART ENTRE CROISSANCE EFFECTIVE ET POTENTIELLE
La croissance effective est généralement différente de la croissance potentielle, l’économie
alternant les périodes de surchauffe et de sous-emploi des facteurs de production. Les
fluctuations économiques reflètent donc cette différence entre croissance potentielle et
croissance effective, appelé écart ou gap.
Lorsque la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle, cela conduit à des
tensions inflationnistes (on parle de « surchauffe »).
Lorsque la croissance effective est inférieure à la croissance potentielle, on assiste à une
montée du chômage.
L’écart (« gap » en anglais) entre croissance effective et croissance potentielle permet
donc d’appréhender l’instabilité de la croissance.
Face à une situation où la croissance est insuffisante pour assurer le plein emploi, il convient
de déterminer si cela résulte d’une croissance effective inférieure à la croissance potentielle
(ce qui relève de la politique économique conjoncturelle) ou d’une croissance potentielle
insuffisante (ce qui relève d’une politique économique structurelle).
II- LES EXPLICATIONS EXOGENES DES FLUCTUATIONS
ECONOMIQUES
La croissance effective s’éloigne du trend à long terme de la croissance suite à un choc
économique.
Le choc peut-être positif ce qui accroit la croissance effective au-dessus de la
croissance potentielle  il faut alors ralentir la croissance effective pour éviter certaines
tensions (inflation, pénurie de main d’œuvre) par une politique de rigueur
Le choc peut-être négatif ce qui diminue la croissance effective au-dessous de la
croissance potentielle  il faut alors relancer la croissance effective pour éviter certaines
tensions (déflation, chômage, ralentissement de la croissance et faillites d’entreprises), par
une politique de relance.
Déf : choc économique : évènement exogène qui affecte l’offre ou la demande

Un choc d’offre positif se caractérise par une hausse de l’offre d’un bien pour chaque
niveau de prix. Il en résulte une hausse des quantités échangées et une baisse du prix
d’équilibre de marché. Pour une même quantité vendue, les offreurs sont disposés à
accepter un prix plus faible.
choc de demande positif se caractérise par une hausse de la demande pour
chaque niveau de prix. Il en résulte une hausse des quantités échangées et une hausse
du prix d’équilibre de marché. Pour une même quantité achetée, les demandeurs sont
disposés à payer un prix plus élevé.
A- CHOC DE DEMANDE
1- LES COMPOSANTES DE LA DEMANDE
PIB + M° = C + I + X° + Stocks
Ou
PIB + M° = Conso finale des ménages + Conso intermédiaires + FBCF public + FBCF privé
+ X° + Stocks
2- CHOCS DE DEMANDE
Déf : un choc de demande est une variation d’une des composantes de la demande globale
adressée aux producteurs.
Si la demande globale augmente (=choc positif), ceci conduit à une augmentation des
quantités demandées pour un niveau de prix donné. La courbe de demande se déplace donc
vers la droite.
Si la demande globale diminue (=choc négatif), ceci conduit à une diminution des quantités
demandées pour un niveau de prix donné. La courbe de demande se déplace donc vers la
gauche.
Mécanisme :
-
Choc positif : D  débouché pour les entreprises  hausse de la production 
croissance et plein-emploi
Choc négatif : D  baisse des débouchés pour les entreprises  baisse de la
production  crise et chômage
3- EXEMPLE DE CHOCS DE DEMANDE
a- Hausse des taux d’intérêt (= politique monétaire restrictive)
b- Baisse des dépenses publiques (= politique budgétaire restrictive)
Ex : baisse du nombre de fonctionnaires
Ex : baisse du montant de l’allocation de rentrée scolaire
Ex : baisse du remboursement des soins de santé (ex : ticket modérateur)
c- Hausse du taux des prélèvements obligatoires (= politique budgétaire restrictive)
Ex : hausse de la TVA (ex : projet de TVA sociale)
Ex : hausse des cotisations salariales
d- Blocage des salaires ou du SMIC (= modification du partage de la valeur ajoutée,
politique structurelle restrictive comme ce fut le cas en France à partir de 1983)
e- Baisse des investissements
Ex : les entreprises ont beaucoup investi dans la période précédente
Ex : les anticipations sont pessimistes et les entreprises arrêtent d’investir
Ex : les taux d’intérêt sont trop élevés ce qui accroît le coût de l’emprunt pour investir
f- Baisse de la conjoncture mondiale
D’où baisse des exportations
Ex : le ralentissement de la croissance chinoise actuellement est dû au ralentissement
de la croissance des exportations chinoises vers les Etats-Unis et l’Europe où la
demande a fortement chuté. La Chine subit de plein fouet les effets de la crise de la
dette en Europe, premier débouché des produits chinois.
g- Incertitudes ou éclatement d’une bulle spéculative sur les marchés financiers
h- Développement du chômage de masse  épargne de précaution
i- La hausse du prix des autres biens substituables : si le prix du beurre augmente, il se
peut que la demande de margarine s’accroisse, car les consommateurs substituent de la
margarine (relativement moins chère) à du beurre.
j- Chocs politiques : tensions politiques… A l’inverse la réunification allemande
constitue un choc de demande positif.
B- CHOC D’OFFRE
Déf : les chocs d’offre sont des variations importantes des conditions de la production ; ils
impactent notamment la productivité ou le prix des facteurs de production.
Un choc négatif va entraîner une baisse de la production = des quantités offertes pour un
niveau de prix donné. La courbe de l’offre se déplace vers la gauche.
Un choc positif va entraîner une hausse de la production = des quantités offertes pour un
niveau de prix donné. La courbe de l’offre se déplace vers la droite.
1- EXEMPLES DE CHOCS D’OFFRE NEGATIFS
a- La hausse du coût des matières premières
Ex : chocs pétroliers de 1973 et 1979
On parle de « premier choc pétrolier » pour identifier l'augmentation massive des prix pratiquée par le
cartel pétrolier de l'OPEP pour compenser les effets de l'effondrement du dollar qui a suivi son
détachement de toute référence à l'or et son flottement au début des années 1970. La guerre avec
Israël a été le prétexte à une augmentation massive des prix et à un contingentement de la
production. Cette hausse a aggravé de façon sensible les effets du ralentissement conjoncturel
mondial qui avait commencé à cette période. Ainsi, une hausse du prix du baril est décidée par les
membres de l'OPAEP (Organisations des Pays Arabes Exportateurs de Pétrole) : le prix du baril passe
de 3 à 12 dollars entre octobre 1973 et janvier 1974.
Le deuxième choc pétrolier s'est produit en 1979. On parle de « second choc pétrolier » pour qualifier
le second cycle de hausses des prix. Sous les effets conjugués de la révolution iranienne, de la fuite du
Shah et de la guerre Iran-Irak, le prix du pétrole est multiplié par 2,7 entre la mi-1978 et 1981.
b- Hausse des salaires supérieure aux gains de productivité
Ex : forte hausse du SMIC comme dans les années 70
c- Alourdissement de la fiscalité des entreprises
Ex :
d- Chocs climatiques : sécheresse, tsunami au Japon
Ex : le tsunami au Japon du 11 mars 2011 a provoqué des dommages directs de 16 900
milliards de yens (147 milliards d’euros) selon le monde.fr. Ceci a donc détruit des
capacités de production et donc réduit la croissance potentielle.
Par ailleurs, le désastre a nui indirectement à l’activité économique en perturbant les
transports, l’approvisionnement en électricité (arrêt de 15 réacteurs dans la région de
Fukushima plus la suspension de nombreux autres par mesure de prudence). Ces effets
ont accru le coût de production des entreprises japonaises qui ont alors dû réduire leur
production.
Selon le monde.fr en juin 2011, « la 3ème puissance économique mondiale a basculé
dans la récession au premier trimestre 2011 et les organisations internationales ont
nettement réduit leurs prévisions de croissance ».
Mécanismes : en cas de chocs d’offre négatif, les coûts de production deviennent plus élevés
et les entreprises les moins productives et compétitives font faillite. Ceci entraîne donc des
plans sociaux et la montée du chômage.
2- EXEMPLES DE CHOCS D’OFFRE POSITIF
a- Innovation de procédé
Des innovations permettent des gains de productivité et abaissent les coûts unitaires de
production, alors les entreprises sont plus compétitives et peuvent accroître leur part
de marché : elles vendent davantage et peuvent augmenter leur production 
croissance
Mécanisme : la hausse de la productivité permet d’augmenter la quantité produite à un coût
donné ou réduire le coût de production pour une quantité de B&S donné ; l’entreprise réduit
ses coûts ou augmente sa production à coût fixe. Elle accroît donc sa compétitivité-prix. Elle
peut vendre moins cher sur les marchés, ce qui attire les consommateurs.
b- Baisse des coûts salariaux
Allègements des cotisations sociales pour la restauration, …
Les économistes considèrent que ces chocs entraînent des conséquences qui disparaissent plus
ou moins vite en fonction du degré de flexibilité des marchés. Pour certains cependant ils
peuvent laisser des traces durables (effet d’hystérèse).
III-
LES EXPLICATIONS ENDOGENES DES FLUCTUATIONS
Pour certains économistes, les fluctuations et notamment les récessions ne sont pas dues à des
facteurs imprévus, peu maitrisables, tels que l’analyse en terme de choc le laisse entendre. Au
contraire, elles sont hautement prévisibles puisqu’elles sont dues aux structures du capitalisme
lui-même. Le capitalisme crée lui-même les conditions de sa perte.
On peut expliquer les crises par le comportement des agents économiques qui cherchent à
maximiser leur profit ou leur satisfaction. Ainsi dans un environnement opaque, ils prennent
des décisions qui mènent à des phénomènes de surajustement de l’offre et de la demande. Ce
sont des comportements qui exagèrent des prévisions optimistes ou pessimistes et qui
entraînent l’apparition de bulles spéculatives et leur éclatement. Pour certains économistes,
ces crises se résorbent par elles-mêmes ; pour d’autres, ces crises peuvent s’enfoncer dans la
dépression et il faut alors l’intervention de l’Etat.
A- L’EXEMPLE DU CYCLE DU CREDIT
Ainsi la théorie du « cycle du crédit » est simple : les récessions sont causées par le
comportement des banques qui d’abord prêtent trop facilement par excès de confiance, puis
refusent de prêter par excès de méfiance.
Le cycle du crédit :
Baisse des taux d’intérêt  Facilité de crédit  Hausse des demandes de crédit à la
consommation et pour financer l’investissement Expansion  Euphorie et spéculation à la
hausse des prix des biens et des actifs  les banques sont prêtes à prendre plus de risque pour
financer des nouveaux projets (investissement productif, immobilier…)  surinvestissement,
difficulté à vendre, ralentissement de la hausse des prix  pénurie de capitaux, hausse légère
d’abord des taux d’intérêt  certains ménages peu solvables ne peuvent plus rembourser (car
taux d’intérêt variable)  retournement du cycle : CRISE  éclatement des bulles sur les
prix immobiliers (2008) / sur les prix des valeurs du Nasdaq (2001) :
 méfiance des banques qui deviennent plus tatillonnes sur l’octroi de crédit +  hausse
des taux d’intérêt  credit crunch  ralentissement de la croissance
 vente des biens et des valeurs mobilières à bas prix  baisse des prix  faillites,
chômage  baisse des prix qui permet une hausse de la demande  reprise
Le cycle du crédit contribue à expliquer le caractère endogène de l’instabilité de la croissance.
En période d’expansion économique, surtout si la situation économique est saine (faible taux
d’intérêt, faible inflation), le « paradoxe de la tranquillité » (H. Minsky) joue : les agents
s’endettent, financent des investissements ou une consommation à crédit, ce qui dynamise la
demande et renforce la croissance donc l’optimisme général. Cependant, le taux
d’endettement des agents augmente, des crédits sont accordés à des agents moins solvables,
des comportements spéculatifs se développent, des bulles peuvent se former sur les prix de
certains actifs. En fixant des taux d’intérêt trop bas en période d’expansion, les banques
centrales peuvent amplifier ces comportements, tout comme les banques commerciales
lorsqu’elles prêtent à des agents économiques ayant des projets trop risqués.
Ces excès peuvent conduire à une crise financière et plonger l’économie réelle dans la crise.
Déf : credit crunch = restriction de l’offre de crédit par les banques. Ceci survient lorsque les
banques sont elles-mêmes à court de fonds ou ceci peut venir d’un comportement
excessivement prudent des banques qui par pessimisme refuse de financer des projets
d’investissement.
Afin d’éviter ces comportements qui prennent des risques exagérés, il est nécessaire que l’Etat
encadre certaines activités.
Ex : Les Accords de Bâle III publiés le 16 décembre 2010 sont des propositions de réglementation bancaire. La
réforme Bâle III fait partie des initiatives prises pour renforcer le système financier à la suite de la crise
financière de 2007 (crise « des subprimes »), sous l'impulsion du FSB (Financial Stability Board) et du G20.
Elle part du constat que la sévérité de la crise s'explique en grande partie par la croissance excessive des bilans et
hors bilan bancaires (via, par exemple, les produits dérivés), tandis que dans le même temps le niveau et la
qualité des fonds propres destinés à couvrir les risques se dégradaient. En outre, de nombreuses institutions ne
disposaient pas non plus de réserves suffisantes pour faire face à une crise de liquidité. Dans ce contexte, le
système bancaire s'est révélé incapable d'absorber les pertes intervenues d'abord sur les produits structurés de
titrisation et d'assumer ensuite la ré-intermédiation d'une partie des expositions de hors-bilan. Au pire de la crise,
les incertitudes pesant sur la qualité des bilans, la solvabilité des banques et les risques liés à leur
interdépendance (le défaut d'une institution pouvant entraîner celui d'une autre) ont provoqué une crise de
défiance et de liquidité généralisée. La réévaluation des seuils prudentiels par les représentants de 27 banques
centrales s'est traduite par le fait que « les banques devront avoir 4,5 % au titre du capital de base (core Tier One)
auxquels s'ajoute un coussin dit « de conservation » de 2,5 %, soit 7 % au total. (source : wikipedia)
B- LES PHENOMENES CUMULATIFS : CERCLE VICIEUX ENTRE DEFLATION ET
DEPRESSION
Face à la crise, les Etats ont mis en place des politiques de rigueur, voire de déflation qui
alimentent maintenant la dépression.
Les politiques économiques menées dans les années 1930 ont précipité les pays dans la
déflation. Ce faisant, elles ont contribué à retarder la sortie de crise, voire à aggraver la crise
débutée en 1929.
La déflation est un processus définit comme étant la diminution de la masse monétaire en
circulation. Cette déflation a bien évidement pour origine le sur-endettement des Etats, des
ménages et des entreprises. En effet pendant un certain temps nos pays ont compensés leur
manque de revenues à distribuer par l'endettement des ménages et des Etats, créant ainsi
artificiellement une demande qui n'était pas compensée par une production concomitante. Le
résultat fut la production de déficits commerciaux, et la faible croissance. La déflation arrive
lorsqu'il faut rembourser les dettes à ce moment là. Les Etats cherchent alors à réduire au
maximum leurs dépenses, ainsi que les entreprises. Les revenus diminuent et la
consommation baisse. Pour tenter de maintenir leurs ventes, les entreprises baissent leur
prix…
La dépression apparait lorsque la déflation s'est maintenue un certain temps, elle consiste en
un changement de vision du futur des acteurs économiques. Ces derniers anticipent une baisse
des prix et agissent de en fonction de ces prévisions. Les ménages se mettent par exemple à
reporter à plus tard des achats car ils savent que les prix se mettent à baisser ; de la même
manière, les entreprises se mettent à réduire leurs investissements parce qu'elles prévoient une
baisse de la demande qui leur sera adressée. Ces prévisions pessimistes des acteurs
économiques entrainent une mécanique négative de destruction de l'activité économique.
Le parallèle est souvent fait entre la crise de 1929 et celle qui a commencé en 2008.
De nombreux auteurs ont rapidement souligné que l'ampleur des chocs de départ (krach
boursier puis crises bancaires) était du même ordre.
Aujourd'hui, la question qui se pose est celle du risque d'un enchaînement déflationniste
venant casser le redémarrage de l'économie après la crise comme dans les années 1930.
C’est pourquoi de nombreux économistes pensent que la crise actuelle est loin d’être terminée
et risque de s’aggraver.
Une spirale déflationniste désigne un phénomène économique, dans laquelle une situation
déflationniste engendre un cercle vicieux qui maintient ou accroît cette déflation.Dans une
telle spirale, la baisse des prix mène à une réduction générale de la production,
engendrant une baisse des salaires, un recul de la consommation, et donc de la demande,
accroissant ainsi la baisse des prix.
La Grande Dépression est considérée comme un cercle déflationniste. Les politiques
protectionnistes des États suite au Krach de 1929 donna en fait naissance à une spirale de
rétrécissement du commerce au niveau mondial, qui a créé des spirales déflationnistes dans
presque tous les pays. Rappel jeudi noir : 24 octobre 1929
Un gouvernement peut essayer d'enrayer un cercle déflationniste en mettant en place une
politique inflationniste, par exemple en augmentant la masse monétaire, et en réduisant les
taux d'intérêt.
Baisse des dépenses  baisse des revenus  baisse de la demande  baisse des prix  baisse de la
production + baisse des salaires  baisse de la consommation + baisse des investissements face à des
anticipations de débouchés faibles…
Dans une telle spirale, la baisse des prix mène à une réduction générale de la production, engendrant une
baisse des salaires, un recul de la consommation, et donc de la demande, accroissant ainsi la baisse des prix.
IV-
LES POUVOIRS PUBLICS PEUVENT-ILS LIMITER LES
FLUCTUATIONS ECONOMIQUES ?
A- POURQUOI LES POUVOIRS PUBLICS DEVRAIENT-ILS INTERVENIR ?
1- CAR LES MARCHES NE SE REGULENT PAS TOUT SEUL
Sans intervention de l’Etat, l’économie peut entrer dans un cercle vicieux dans lequel la déflation,
fréquemment observée en période de crise grave, renforce les difficultés économiques. La lenteur de
l’ajustement de l’économie par la déflation a été soulignée par J.M. Keynes qui déclarait, dans une émission
radiophonique du 14 janvier 1931 : « A long terme, nous sommes tous morts. Les économistes s'adonnent à
une tâche trop facile, trop primitive, si, dans la saison des tempêtes, ils nous annoncent seulement que lorsque
l'orage sera terminé, l'océan retrouvera son calme. ». L’intervention de l’Etat apparaît d’autant plus nécessaire
que l’ajustement par la déflation peut ne pas se produire, notamment parce que les entreprises les plus
vulnérables ne sont pas toujours les moins efficaces.
2- CAR LE CHOMAGE DE MASSE PEUT SE DEVELOPPER
En période de ralentissement, le recul de l’activité économique engendre chômage de masse et baisse du
revenu des ménages. Les jeunes éprouvent alors beaucoup plus de difficultés que leurs prédécesseurs pour
trouver un emploi. Les tensions sociales et politiques augmentent, donnant du crédit aux mouvements qui
prônent des changements radicaux dans l’organisation économique et sociale.
B- LA GESTION DES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES PAR LES POLITIQUES
CONJONCTURELLES
Il existe 2 types de politiques économiques conjoncturelles :
-
La politique budgétaire qui agit sur le budget de l’Etat (recettes et dépenses)
La politique monétaire qui agit sur le taux d’intérêt directeur, sur le taux de réserve obligatoire des
banques et sur le marché monétaire (open market policy).
Elles peuvent avoir 2 objectifs différents :
-
La relance si croissance effective est inférieure à la croissance potentielle
La rigueur si la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle
1- LA POLITIQUE DE RELANCE
Lorsque la croissance de la demande globale ralentit, voire devient négative, l’écart entre la croissance
effective et la croissance potentielle se creuse. Les politiques conjoncturelles peuvent soutenir la croissance
effective.
A- LA POLITIQUE BUDGETAIRE DE RELANCE
Elles consistent en une politique budgétaire de relance
-
par une hausse du déficit de l’Etat. Ainsi, à l’occasion de la crise de 2008, les Etats ont laissé se creuser
les déficits publics et ont en général mis en œuvre des plans de relance.
par une baisse des impôts et cotisations sociales, notamment pour les plus pauvres
Notion : propension à consommer
Alors le mécanisme de relance keynésienne est le suivant :
Hausse des revenus  hausse de la consommation  hausse des débouchés pour les entreprises  hausse de
la production  croissance du PIB + hausse de l’offre d’emploi  baisse du chômage
B- LA POLITIQUE MONETAIRE DE RELANCE
Il s’agit d’une politique monétaire de soutien à l’investissement et au système bancaire par la baisse du taux
d’intérêt et/ou l’injection de liquidités.
Ainsi, à l’occasion de la crise de 2008, les banques centrales américaine et européenne – la Fed et la BCE - ont
abaissé très rapidement leurs taux d’intérêt directeurs et ont fourni la liquidité demandée par le marché
2- LA POLITIQUE DE RIGUEUR
QUELQUES RAPPELS SUR LA MONNAIE
La valeur d’une monnaie est définie de deux manières :
-
Valeur interne = le pouvoir d’achat
Déf : le pouvoir d’achat est la quantité de B&S qu’une unité monétaire peut acheter
Cette valeur peut varier selon l’inflation ou la déflation.
Si les prix augmentent, alors on peut moins acheter avec un euro : la monnaie, l’épargne en particulier, perd
alors de la valeur. Si le taux d’inflation est de 5%, alors la monnaie perd 5% de sa valeur. Si donc l’individu
souhaite conserver son pouvoir d’achat, il faut que son revenu augmente de 5%.
D’où l’exigence des particuliers de recevoir un taux d’intérêt qui couvre au moins le taux d’inflation :
Taux d’intérêt nominal = Taux d’intérêt réel + Taux d’inflation
Rappel : les sources de l’inflation :

L'inflation par les coûts fait suite à un choc de l'offre.
Une augmentation trop forte des salaires peut engendrer une inflation par les coûts : c'est le cas lorsque les salaires
augmentent plus vite que les gains de productivité, les entreprises pour récupérer leurs profits augmentent les prix. La notion
de boucle prix/salaire est la thèse des néocambridgiens (Kaldor, PasinettiŠ). L'inflation par les coûts peut également résulter
d'une augmentation de la fiscalité. L'inflation par les coûts peut prendre la forme d'une inflation importée (chocs pétroliers,
dévaluation)

L'inflation peut également résulter d'un accroissement de la demande globale.

l'inflation peut résulter d'une augmentation de la demande, l'offre étant à court terme inélastique. Dans la théorie
keynésienne, l'inflation par la demande surgit lorsque l'économie se trouve en situation de plein-emploi (Comment
financer la guerre, Keynes 1940). Les keynésiens introduisent la notion de Gap inflationniste : tant que l'économie
n'a pas atteint le plein emploi, l'offre est parfaitement élastique et tout accroissement de la demande entraîne un
accroissement de la production. En revanche, dès lors que les facteurs de production sont pleinement utilisés, toute
augmentation de la demande se traduit par une hausse du niveau général des prix.
Selon les tenants de la théorie quantitative, l'inflation par la demande s'explique par une création monétaire
excessive. C'est l'équation de Fisher : MV = PT. Aujourd'hui, Milton Friedman, qualifié de néoquantitativiste,
n'hésite pas à affirmer que « l'inflation est partout et toujours un phénomène monétaire » (Inflation, et système
monétaire, Friedman). Cette inflation monétaire résulte elle-même de diverse causes dont la monétarisation du
déficit budgétaire.
L'inflation par la demande peut être accentuée par les comportement d'anticipation des agents. On parle de
prophétie autoréalisatrice.
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Valeur externe = le taux de change
Déf : le taux de change est le prix d’une monnaie exprimée par une autre devise
Le taux de change varie désormais sur le marché financier international selon l’O&D. Cf chapitre Eco 2.2.
LES RISQUES DE LA SURCHAUFFE : L’INFLATION
Inversement, en cas de croissance économique effective trop forte par rapport au potentiel de croissance de
l’économie, des tensions inflationnistes peuvent se manifester et être à l’origine d’un cercle vicieux aux
conséquences néfastes. L’inflation se traduit en effet
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par une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie, qui mine la confiance qu’ont les agents en elle,
par une baisse du pouvoir d’achat des ménages qui pourrait être source de ralentissement de l’activité
si les revenus n’augmentent pas au même rythme que les prix,
par une perte de compétitivité-prix au niveau international, ce qui peut avoir des effets négatifs sur les
échanges extérieurs et donc la production réalisée à l’intérieur du pays.
Par un transfert de richesse des prêteurs, épargnants notamment, vers les emprunteurs, lorsqu’elle
n’est pas compensée par une hausse des taux d’intérêt.
LES POLITIQUES MONETAIRES ET BUDGETAIRES RESTRICTIVES
En cas de croissance économique effective trop forte par rapport au potentiel de croissance de l’économie d’un
pays, une politique de freinage de la demande globale par un excédent budgétaire de l’Etat (baisse des
dépenses de l’Etat) et par une hausse des taux d’intérêt de la banque centrale doit permettre de réduire les
tensions risquant de déboucher sur une inflation trop rapide : c’est une politique de désinflation, c’est-à-dire
de ralentissement de l’inflation. Ainsi, le début des années 1980 a été marqué dans de nombreux pays
développés par des politiques budgétaire et/ou monétaire désinflationnistes.
RECESSION OU DEPRESSION ?
Video : http://www.dailymotion.com/video/x8f0sx_quelle-est-la-difference-entre-rece_news
Article :
Par Christine Kerdellant, publié le 03/03/2009 à 15:11. L’Express
Quelle différence y a-t-il entre une récession et une dépression ? " La récession, c'est quand
votre voisin perd son job. La dépression, c'est quand vous perdez le vôtre. " Le mot est de
Harry Truman, le 33e président américain. Depuis que la crise des subprimes a ébranlé nos
économies, en août 2007, le " R-word " a été longtemps tabou. Mais, quand nous nous
sommes enfin résolus à le prononcer, un an plus tard, un nouveau spectre était apparu : le " Dword ".
La dépression, c'est le mal absolu : une diminution du PIB de plus de 10 %, ou qui dure plus
de trois ans, selon la définition la plus courante. La dernière, à l'échelle mondiale, date de
1929-1933, quand le PIB des quatre premiers pays industrialisés plongea de 25 % (avec des
taux de chômage supérieurs à 25 % et, aux Etats-Unis, une baisse de 89 % du Dow Jones et 9
000 faillites bancaires). A cette aune, un seul pays développé l'a connue depuis lors. Ce n'est
pas le Japon, malgré sa décennie perdue (durant la pire année, 1998, son PIB n'a baissé que de
3,4 %), c'est la Finlande : - 11% entre 1991 et 1993, effondrement de l'URSS oblige.
Nous n'en sommes pas là. Certes, l'économie américaine a chuté de 6,2 % au dernier trimestre
de 2008 et, en France, les perspectives pour 2009 s'obscurcissent : le gouvernement annonce
un repli prévisible du PIB de 1,5 %, et le président de l'Unedic, au moins 300 000 chômeurs
supplémentaires. Mais, entre l'anxiété de la récession et l'angoisse de la dépression, l'écart est
grand : c'est celui qui sépare la bourrasque du cyclone, le désordre du chaos, la déprime de
la... dépression. Et, pour l'éviter, les Etats ont tiré les leçons de l'Histoire : ils ne laisseront pas
une banque de dépôt faire faillite, ne mèneront pas une politique budgétaire restrictive... Mais
ils ne feront pas tout. La différence entre récession et dépression tient, en réalité, dans une
sensation impalpable et impossible à décréter. La différence, c'est l'ouvrier qui achète tout de
même une voiture neuve, le retraité qui continue de partir en croisière, le commerçant qui
rénove malgré tout son magasin. La différence, c'est la croyance en la reprise. La tristesse,
disait Spinoza, " diminue notre puissance d'agir ". La différence, c'est la confiance.
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