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UNIVERSITÉ DES ANTILLES ET DE LA GUYANE
Faculté de Lettres et Sciences humaines
École doctorale pluridisciplinaire
Thèse pour le Doctorat en Langues et Cultures Régionales
Daniel Georges BARDURY
PRÉPOSITION ET COGNITION
EN CRÉOLE MARTINIQUAIS
Sous la direction du Professeur émérite des universités,
Jean BERNABÉ
Soutenue le 04 Juin 2014 à LUniversité des Antilles et de La Guyane.
N : [0000AGUY0000]
Jury :
M. le Professeur Jean-Rémi LAPAIRE, Université de Bordeaux III, Président
Mme le Professeur émérite Marie-Christine HAZAËL-MASSIEUX
M. le Professeur Dennis PHILPS
M. le Professeur émérite Jean BERNABÉ
M. le Professeur émérite Robert DAMOISEAU
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REMERCIEMENTS
J’adresse mes plus sincères remerciements au Professeur Jean BERNABÉ qui a dirigé mon
travail de recherche. Son inestimable expérience scientifique et pédagogique et son soutien
ont très largement contribué à l’aboutissement de mon travail. C’est avec beaucoup de plaisir
et d’honneur que j’ai réalisé cette thèse sous sa direction.
Remerciements chaleureux aussi aux membres du jury qui ont accepté d’évaluer mes travaux.
Remerciements à Micheline LEPIMPEC qui m’a permis d’avoir accès à des documents par la
voie du PEB. Ainsi qu’à Frédéric VIGOUROUX pour son aide précieuse à la mise en page de
cette thèse.
Remerciements à ma petite sœur Micheline et à ma nièce Yolie pour leur aide inconditionnelle
et déterminante.
Remerciements à Mirella PÉLAGE pour le travail de dactylographie et de mise en forme de
ma thèse et pour sa disponibilité.
Remerciements à Madame la Présidente du CIRECCA pour l’octroi exceptionnel de bourse
doctorale.
Remerciements à Jhalley ZAÏRE pour la mise en page de mon travail.
Remerciements à Christelle MURAT pour son aide à propos de la mise en forme de ma
bibliographie. Remerciements à Vty, Étienne, David et Fathia pour leur soutien.
Remerciements à mes parents pour leur grand amour et soutien, eux qui ont entre autres
choses, partagé avec moi leur inestimable connaissance de la langue et culture
martiniquaises.
Remerciements à tous les Anciens de la Martinique, référents ethnoculturels qui m’ont
enseigné la culture de mon Pays.
Remerciements à Léone, mon épouse, à mes fils Xavier, Joël, Gaël, Hervé pour leur amour et
soutien. Je vous aime très fort et vous dédie mon travail.
Une pensée à papa Abè, mon grand-père maternel.
Une pensée à M. Ernest MÉPHANE, mon grand patron en tradition orale.
Merci beaucoup Manman !
Merci beaucoup Papa !
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RÉSUMÉ
L’étude des prépositions représente un des thèmes fondamentaux de la linguistique cognitive.
L’objectif de cette étude est de montrer en quoi la préposition contribue à l’émergence de la
signification de l’énoncé en langue créole martiniquaise spécifiquement. La préposition est
au centre de la relation " Figure-Ground". C’est à partir de cette relation fonctionnelle que
nous pourrons définir les liens conceptuels que la préposition établit entre les unités
linguistiques qu’elle unit. Aussi voulons-nous mettre en évidence la subtilité de la substance
notionnelle de ces morphèmes. Cette substance notionnelle se nourrit des effets de sens que
ces morphèmes polysémiques peuvent avoir grâce à leur déformabilité. Décrire les usages
d’une préposition demande d’en décrire la distribution. C’est donc à partir de données
relevant de la distribution des prépositions que nous proposerons une analyse cognitive de ces
dernières. Notre approche n’est pas comparative. Toutefois, nous ne pourrons pas ignorer la
relation de diglossie entre le créole martiniquais et le français. Nous montrerons, par
endroits, en quoi une langue dite minorée et une langue dite haute sur le plan
sociolinguistique peuvent s’affecter mutuellement par des emprunts de conceptualisation. Les
prépositions sont des morphèmes qui témoignent de la dynamique de la langue créole
martiniquaise. Il nous suffit d’observer les usages des doublets asou-anlè (sur), ba-pou
(pour), épi-ek (avec), et des allomorphes an, nan, adan, anndan, andidan, dan (dans) pour le
comprendre. « C’est (donc) en relation avec notre connaissance du monde » (VANDELOISE
1986 :241), que nous procéderons à l’analyse cognitive des prépositions du créole
martiniquais. Les prépositions nous invitent à considérer des phénomènes tels que l’aphérèse,
la déflexivité, la sérialisation verbale, la préfixation, l’iconicité diagrammatique,
l’indexicalité. Nous montrerons en quoi épi (avec), morphème encodant le concept
d’association, est porteur d’un trait archisémique, le comitatif.
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ABSTRACT
The study of prepositions represents one of the fundamental topics of cognitive linguistics. The
aim of this dissertation is to show to what extent a preposition can contribute to the
emergence of the significance of utterances in the Martinican creole language, the language
under study. The preposition is central to the relation « Figure-Ground ». It is from this
functional relation that we can define the conceptual links that the preposition establishes
between the linguistic units that it binds together. We thus want to highlight the subtilety of the
notional substance of these morphemes. This notional substance feeds on the pragmatic
meanings that these polysemous morphemes can have owing to their deformability. In order to
describe the uses of a preposition, we must first establish its distribution. We will, therefore,
use data containing tokens of prepositions in order to propose a cognitive analysis of these
latter. We will not use a comparative approach. However, we cannot ignore the diglossic
relation between Martinican Creole and French. We will have occasion to show how, from a
sociolinguistic point of view, a language considered as the « low » variety (basilect), and a
language considered as the « high » variety (acrolect), can affect each other conceptually.
Prepositions are morphemes which illustrate the dynamics of Martinican Creole. It suffices to
observe the uses of the doublets asou-anlè (on), ba-pou (for), épi-ek (with), and the
allomorphs an, ann, nan, adan, andidan, anndan, dan (in) in order to understand this. It is,
then, « in relation to our knowledge of the world » (VANDELOISE 1986:241) that we will
propose a cognitive analysis of prepositions in Martinican Creole. Prepositions invite us to
consider such phenomena as apheresis, deflexivity, stranded preposition, verbal serialisation,
prefixation, diagrammatic iconicity and indexicality. We will show how épi (with), a
morpheme encoding the concept of association, includes an archisemic feature, the
comitative.
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AVANT-PROPOS
Alors que SAUSSURE (1916:104-108) considère que « le signe linguistique est arbitraire »,
« immotivé », BENVENISTE (1966: 49-55) nous enseigne que « le signe linguistique est
nécessaire ». La grammaire cognitive va plus loin et pose que le signe linguistique peut être
motivé. « Form is meaning ». Le principe d’autonomie de la syntaxe est remis en cause. Ainsi,
le discours ne permet pas seulement de transmettre des informations. Le locuteur transmet par
son discours un contenu conceptuel. Notre discours véhicule notre subjectivité et notre rapport
au Monde Référentiel. Le « Monde Référentiel » comme le définit POTTIER
(1992:61) « désigne aussi bien ce que je vois réellement par mes yeux, ce que j’entends
réellement par mes oreilles, que ce à quoi je me réfère dans ma mémoire ou dans mon
imagination ». Le langage fait donc partie d’un système cognitif qui englobe la perception, la
mémoire, l’émotion, notre capacité à établir des comparaisons et des relations. La perception
est un acte cognitif qui nous permet de localiser les objets du Monde Référentiel les uns par
rapport aux autres en mobilisant nos canaux visuel, auditif, olfactif et kinesthésique. Percevoir
nous permet d’établir des rapports entre les objets. À ce niveau, les prépositions sont des
unités linguistiques pertinentes. Dire, c’est aussi mettre en connexion Espace et Temps dans
un rapport à la pragmatique. En effet, interpréter un énoncé ne se limite pas à la simple
compréhension des mots qui le constituent, mais c’est aussi interpréter les éléments extra-
linguistiques qui enveloppent cet acte d’énonciation. La pragmatique nous révèle le sens de
l’explicite et de l’implicite. Elle nous permet aussi de lever les ambiguïtés qui, selon
CHOMSKY (1971:35-45), font partie intégrante de la langue. La pragmatique se conçoit en
connaissance encyclopédique partagée. Il nous plaît de citer à ce moment de notre réflexion
CUENCA et HILFERTY (2011:94) : « Dicho de un modo más gráfico, la semántica no cabe
en un diccionario: necesita, como mínimo, toda una enciclopedia ». La pragmatique est
l’enveloppe corporelle des énoncés. Les énoncés prennent corps et sens dans la pragmatique.
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