L`expansion industrielle et urbaine en Europe

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La révolution
française et le
XIXème siècle
(1789-1914)
La Révolution française et l’Empire (1789-1815)
RF = ensemble d’évènement entre 1789 et 1799. 4 temps majeurs :
Rupture de l’été 1789
1789-1792 : échec de la monarchie constitutionnelle
1792-1794 : de la République à la Terreur
1794-1799 : le Directoire
La rupture de l’été 1789
Triple révolution : politique, populaire, sociale. Principaux acteurs = élus aux états
généraux + peuple du royaume.
o La convocation des Etats généraux
Crise fiscale et budgétaire + impasse réformes menées par ministres successifs 
réunion des EG demandée à Louis 16 en 1787.
Juin 1788 : 3 ordres se réunissent illégalement. Août 1788 : Louis 16 les réunit : sont
convoqués à séance d’ouverture prévue à Versailles le 5 Mai 1789.
3 ordres rédigent séparément textes préparatoires aux travaux EG = cahiers de
doléances  source pour dresser état des lieux France avant Révolution. Révèlent respect
pour roi + confiance en roi des habitants du royaume.
o La révolution politique
Révolution politique = mai et juin 1789, de l’ouverture des EG à établissement
monarchie constituante. Bouleversement politique = initiative des députés du Tiers Etat aux
EG.
1
Députés du Tiers Etat = français ont choisi hommes à qui ils ont recours dans vie
quotidienne pour les représenter. Il y en a 648. Grands négociants, avocats et officiers
surreprésentés. Issus du monde urbain.
 Les députés du Tiers Etat sont inquiets dès l’ouverture des EG
Représentants Tiers Etat demandent débats en commun avec les 2 autres ordres puis
vote par tête (1 député = 1 voix) et pas un vote par ordre (1 ordre = 1 voix. Ordres
privilégiés = 2 voix et Tiers Etat = 1 voix). Vote par tête permet à Tiers Etat d’être
majoritaire.
 Les
députés
du
Tiers
Etat
deviennent
Assemblée
nationale
constituante
Députés clergé proposent solutions de conciliation refusées par roi et ministre.
Du 10 au 17 juin, Tiers Etat se réunit et se proclame Assemblée nationale +
s’attribue créances Etat + se donne une souveraineté nouvelle = décide qu’il représente la
Nation  1er acte révolutionnaire.
Personnalités émergent dans assemblée nationale = Bailly (astronome)  président et
Sieyès. Clergé décide de travailler avec Tiers Etat.
Proches du roi lui conseillent position ferme  fait fermer salle de réunion du Tiers
Etat. 20 juin, députés Tiers Etat se réunissent dans salle du jeu de Paume. Promettent de « ne
jamais se séparer et de se rassembler partout jusqu’à ce que la constitution du royaume soit
établie et affermie »  Serment du Jeu de paume = acte de naissance de l’Assemblée
nationale  2ème acte révolutionnaire = l’assemblée devient constituante. Députés réunis =
représentants de la Nation + vont écrire et proclamer constitution pour le royaume.
Louis 16 doit travailler avec assemblée  monarchie absolue morte, monarchie
constitutionnelle nait.
Louis 16 accepte consentement de l’impôt par la Nation + de nouveaux emprunts.
S’oppose aux changements sociaux + à vote par tête.
o La révolution populaire
2
Dans royaume, beaucoup est attendu des EG et attente = très longue. Crise économique
perdure avec augmentation prix pain. Peuple s’inquiète de présence régiment roi autour Paris
+ renvoi ministres libéraux.
Assemblées électorales + Garde nationale (menée par La Fayette pour contrôler
peuple qui s’insurge) s’organisent à Paris illégalement = création d’une municipalité
parisienne. Mi-juillet, manifestations de mécontentement. Pillages et combat ont lieu =
contexte de prise de Bastille. 14 Juillet 1789. Peuple en bas de la Bastille, gardes suisses
tirent et peuple entre à l’intérieur. Acte parait extraordinaire : résonnance de l’évènement
assurée.
o La révolution sociale
Révolution sociale marque fin de l’Ancien Régime. Nouvelle de prise de Bastille
véhiculée par colporteurs. Paysans craignent que nobles se révoltent dans campagnes :
multiplient actes de violence contre privilèges des seigneurs. Ces évènements = « été de la
Grande Peur ».
Versailles  Assemblée nationale constituante veut trouver réponses pour calmer
foules populaires. Députés Tiers Etat disent que c’est « une guerre des pauvres contre les
riches. » Réel décalage entre révoltes paysannes et urbaines. Députés abolissent privilèges
dans la nuit du 4 Août 1789 = 1ère révolution sociale.
DDHC le 26 Août 1789  17 articles. DDHC = préambule à la future Constitution. 3
principes inaliénables = liberté, égalité, fraternité + propriété comme droit fondamental.
Société Ancien Régime n’existe + (abolition des 3 ordres)  souveraineté nationale.
1789-1792 : L’échec de la monarchie constitutionnelle
o L’Assemblée au travail
D’août 1789 à septembre 1791, députés de l’Assemblée nationale constituante W sur
projet constitution. Députés se réunissent tous les jours et débattent. Groupes se forment en
fonction des positions à l’assemblée : droite = monarchistes, centre = constitutionnels,
gauche = patriotes
3
Assemblée prend mesures importantes : réorganisation France en 83 départements,
confiscation biens du clergé et égalité de tous devant loi.
o La Nation, la Loi et le Roi
1ère fête unité roi et Nation = fête de la Fédération célébrée le 14 Juillet 1790 à Paris.
Commémore prise de la Bastille. 4 Juillet 1790, roi reçu par Bailly (maire Paris) + La
Fayette. Sur autel de la Patrie, Bailly remet à Louis 16 cocarde tricolore = symbole unité de
la Nation. 3 couleurs : bleu & rouge = couleurs de Paris, blanc = couleur du roi.
Devise sur toutes les lèvres = « la Nation, la Loi, le Roi. Nation = gardes nationaux
réunis au Champ de Mars, qui représentent les français. Loi = Constitution en cours (1ère du
Royaume de France) adoptée par roi. Roi = Louis 16 à la tête de monarchie
constitutionnelle.
o
La fuite du roi
Union entre Nation et roi de courte durée  roi n’accepte pas nouveau régime.
Tente de fuir royaume mais rattrapé à Varennes le 21 Juin 1791 et ramené à Paris. Est
discrédité et devient suspect de trahison surveillé par Assemblée et parisiens.
17 Juillet 1791  club des Cordeliers manifeste et demande République et destitution
du roi. Membres club fusillés par Garde nationale de La Fayette = « massacre du Champ de
Mars »  signe divorce entre roi et Nation
o D. La Constitution de 1791
Constitution adoptée en 1791 met en place monarchie constitutionnelle où 3 pouvoirs
sont séparés. Pouvoir exécutif = entre les mains du roi et de ses 6 ministres. Droit de véto.
Législatif = Assemblée nationale, élue au suffrage indirect. Vote budget et lois + contrôle
ministres. Judiciaire = juges et jurés élus au suffrage indirect. Souveraineté Nation.
Suffrage pas universel mais censitaire : droit de vote réservé aux citoyens actifs
masculins qui payent impôt = à 3 jours de travail. 4,3 millions de citoyens ont le droit de
vote pour 2,7 millions de citoyens passifs.
o
L’échec de la monarchie constitutionnelle
4
Nouvelle Assemblée législative nait le 1er octobre 1791. Doit faire face à menaces de
guerre de pays voisins qui soutiennent Louis 16. Avril 1792 : France déclare guerre à
Autriche soutenue par Prusse. 10 Août 1792, après plusieurs défaites françaises et sous
menace de destruction de Paris, insurrection révolutionnaire débouche sur prise des Tuileries
+ emprisonnement Louis 16.
1792-1794 : de la République à la Terreur
o La proclamation de la République
20 septembre 1792 : sans-culottes remportent victoire à Valmy contre Prussiens. 21
Septembre : Convention nationale (assemblée qui a pouvoirs législatifs + exécutif) est élue
et abolit royauté. 22 Septembre : première République proclamée avec conséquences
majeures : nouveau calendrier = calendrier révolutionnaire de Fabre d’Eglantine qui débute
au 1er jour de la République. Louis 16 est jugé et est guillotiné le 21 Janvier 1793.
Pour la 1ère fois, assemblée élue au suffrage universel. Conventionnels divisés en 3
courants politiques : girondins (leaders originaires de la Gironde), montagnards (siègent en
haut des gradins), le Marais ou la Plaine (députés indécis qui se laissent influencer en
fonction du courant dominant). Nouvelle Constitution le 24 Juin 1793, fondée sur suffrage
universel masculin, mais qui ne sera jamais appliquée, à cause de mise en place de Terreur.
o La Terreur
Terreur = période révolutionnaire. Commence en juin 1793 avec expulsion Girondins
et s’achève en juillet 1794 avec mort de Robespierre.
Robespierre : 1789 = député du Tiers Etat de l’Artois. Devient leader du club des
Jacobins. Aide à élimination girondins en 1793. Principal artisan de la politique de
Terreur. Très influent au sein du Comité du salut public. Appelé « l’Incorruptible ».
 Un contexte militaire déterminant
Guerre précipite passage de République à Terreur. République menacée par armées
royaumes voisins (Prusse et Angleterre) après exécution Roi + menace intérieure avec
soulèvement royalistes de Vendée qui organise guerre civile, suivi de soulèvement des
Chouans en Bretagne. En + des conflits, désorganisation transports et ravitaillement en
5
blé. Situation alimentaire dramatique dans beaucoup de départements. Après exécution
Louis 16, conditions d’exercice de la République sont au cœur des dissensions entre
révolutionnaires.
 La traque des ennemis de la Révolution
Comité du salut public (dirigé par Danton puis Robespierre) obtient pouvoir exécutif
pour traquer ennemis de la Révolution. Conventionnels élus au sein Assemblée font super
ministère de l’intérieur = Comité de sûreté général  recherche, arrestation et inculpation
des suspects. Tribunal Révolutionnaire donne sentences : acquittement ou guillotine.
Dans Convention, opposition entre girondins et montagnards = majoritaires.
Montagnards aidés des sans-culottes font coup d’état et éliminent la Gironde le 2 Juin
1793. La Montagne assure centralité de l’Etat. Souveraineté peuple représentée par section
des sans-culottes et les comités de surveillance antirévolutionnaire. Figure Terreur =
Robespierre  devient objet de culte.
Bilan Terreur lourd : 17000 personnes guillotinées et 20000 victimes dans guerre
vendéenne.
Face à dictature Robespierre, coalition de députés organise sa chute le 9 Thermidor
an II (27 juillet 1794). Meurt guillotiné le lendemain. Sa mort = fin de la Terreur.
1794-1799 : le Directoire
o Le Directoire ou la recherche d’un équilibre politique
Chute de Robespierre = nouveau temps dans vie politique révolutionnaire.
Thermidoriens = conventionnels modérés qui ont voté exécution Robespierre. Souhaitent
protéger République de dictature + nouvelle constitution.
22 août 1795  Constitution de l’an III est promulguée. Stricte et double séparation
des pouvoirs. Pouvoir exécutif confié à un Directoire de 5 membres. Pouvoir législatif
divisé en 2 : Conseil des Cinq-Cents (propose lois) et Conseil des Anciens (les valide ou
non). Rétablissement suffrage censitaire. Elections fréquentes pour éviter omnipotence d’un
seul homme ou d’une assemblée.
Pour combattre politiques extrêmes, Directoire fait plusieurs coups d’état et élimine
ennemis = royalistes, partisans de Babeuf.
6
Succès militaires. Jeunes généraux assurent renommée et assises de la République.
Parmi eux, Napoléon Bonaparte.
o Le coup d’Etat du 18 brumaire an VIII
Guerres continuent et Directoire peine à asseoir son autorité. Napoléon Bonaparte
prend pouvoir par coup d’Etat le 9 novembre 1799. Troupes sont présentes et chassent
députés. Bonaparte est au pouvoir. Met fin au Directoire et clôt Révolution Française
« par le sabre ».
o Le bilan de la Révolution française
-
Ancien Régime aboli
-
DDHC rejette privilèges. Affirme existence droits naturels inaliénables à
l’homme : liberté, égalité devant la loi, droit à propriété privée, à la sûreté, la
résistance à l’oppression.
-
Sujets du roi deviennent citoyens, ils forment Nation. Nation = souveraine et Loi
= expression de la volonté générale.
-
Gestion du territoire modernisée : création départements, justice gratuite avec
juges élus et jurys composés de citoyens, impôts selon fortune et non pas
naissance, droit à propriété privée et à s’enrichir (libéralisme économique).
Le consulat et l’Empire, l’ordre des conquêtes
De 1799 à 1815, Bonaparte s’attribue progressivement tous les pouvoirs. Sacré
empereur en 1804. Poursuit les guerres. 1811  empire français domine Europe.
o 1799-1804 : le Consulat, du pouvoir fort à la dictature.
Après coup d’état, Napoléon instaure nouveau régime politique = le Consulat, dirigé
en théorie par 3 consuls (Napoléon, Sieyès et Ducos) mais en réalité par un seul. Napoléon =
Premier Consul et détient tous les pouvoirs.
 Les principes du Consulat : finir la Révolution
Fondements pensée politique Napoléon autour de 3 axes :
7
-
Besoin ordre, paix, contrôle social
-
Confirmation legs Révolution en rejetant tout facteur de division
-
Projet qui doit être conduit par chef qui représente Nation
Napoléon se fait couronner empereur et se fait appeler Napoléon 1er  donne
naissance à une nouvelle dynastie.
 La concentration et la personnalisation du pouvoir
Si république maintenue et grands acquis Révolution respectés, Napoléon concentre
pouvoir et se place à tête exécutif. Constitution de l’an VIII affiche primauté Premier
Consul. Premier Consul ne se soumet pas aux élections.
Pouvoir législatif éclaté entre sénateurs dociles nommés à vie et récompensés,
tribunat (députés qui discutent projets de loi mais ne les votent pas) et le Corps législatif
(vote les lois mais ne les discute pas). Tous les hommes de + de 21 ans mais suffrages sont
indirects et filtrés, seuls les + riches sont éligibles.
Pouvoir vient d’en haut. Plébiscites (consultation peuple sur question posée)
mesurent attachement au régime.
 L’ordre et la centralisation : les « masses de granit »
Bonaparte met en place mesures = masses de granite, destinées à durer et résister
dans le temps.
Délègue pouvoir au niveau local aux préfets, sous-préfets, maires, conseillers
municipaux et juges qu’il nomme lui-même. Compétences dans tous les domaines de la
puissance publique. Régime Bonaparte = régime autoritaire et centralisé.
Opinion publique contrôlée. Presse = moyen de propagande. Subit interdictions et
censure. Police surveille parutions et utilise mesures coercitives fortes.
Concordat de 1801 marque accord entre Pape et Premier consul. Religion
catholique n’est + considérée comme religion d’Etat mais demeure religion de la majorité
des français.
Code civil publié en 1804 = outil Consulat pour moduler acquis de la Révolution +
installer régime conservateur. Code civil incarne conception hiérarchique et autoritaire des
8
relations entre hommes en société. Code civil inégalitaire. Rend possible testament envers 1
seul enfant. Femmes = subordonnées. Reconnues incapables gestion des biens, très
condamnées en cas d’adultère, elles sont mineures à vie.
1800 création de la Banque de France marque naissance franc germinal qui assure
stabilité économique pays.
Bonaparte souhaite rétablir ordre sur son territoire + paix à l’extérieur.
 La grande nation
1802, après paix signée avec Autriche et Angleterre, république inclut rive gauche du
Rhin, Pays-Bas méridionaux, et le Piémont = 29 millions d’habitants. Territoires considérés
comme français à part entière  sont départementalisés. 108 départements. Entourés de
« Républiques-sœurs »,
formé
par
les
républiques
bataves
(Pays-Bas),
cisalpine
(Lombardie), ligurienne (Gênes) et helvétique (Suisse). Ensemble = « Grande Nation », la +
peuplée d’Europe = 40 millions d’habitants.
o 1804-1815 : un Empire autoritaire
Consulat
glisse
progressivement
vers
Empire
avec
expansionnisme
et
personnalisation du pouvoir. Guerre reprend en 1803 et empire proclamé en 1804.
 L’Empire, une autre conception du pouvoir
2 décembre 1804, Napoléon est sacré empereur à Notre Dame de Paris = symbole
rapprochement Eglise catholique et France.
Napoléon reçoit bénédiction du Pape mais se couronne lui-même et couronne son
épouse, Joséphine. Se porte garant des acquis de la Révolution et du Consulat. Prête serment.
Régime autoritaire et aucune décision ne peut être prise sans accord empereur.
Mode de gouvernement = autocratique : hommes proches de Napoléon ne sont plus
politiques mais techniciens. Noblesse d’Empire possible pour ceux qui font fortune et rendent
service à l’état. Exemple : maréchaux et généraux armée.
Préfets = principaux instruments de centralisation autoritaire du pouvoir. Presse
censurée et recopie journal impérial = Le moniteur. Arrestations arbitraires autorisées.
9
 Le grand empire : la guerre et les conquêtes
Printemps 1803 : hostilités reprennent entre Angleterre (soutient contre-révolution)
et France (qui a projet d’invasion). Jusqu’en 1807, victoires militaires de la France.
1803 à 1812 armées napoléoniennes remportent beaucoup de victoires : Austerlitz
contre Autriche et Russie en 1805, Iéna contre la Prusse en 1806 et Friedland contre les
russes en 1807. Europe napoléonienne s’entend de péninsule Ibérique à Empire Russe.
Moyens de domination de l’Europe = armées impériales, brio de la stratégie
militaire et blocus continental (tentative d’asphyxier économie anglaise en la privant de ses
débouchés européens en verrouillant côtes européennes). Hommes sont mobilisés dans cadre
loi Jourdan de 1798 = service militaire obligatoire pour les hommes de 20 à 25 ans.
Artillerie renforcée. Grande Armée = 200 000 hommes.
 L’Europe dominée est une Europe administrée
Certains acquis de révolution exportés dans états satellites de l’Empire (égalité,
laïcisation Etat, constitution, administration renforcée). Système impérial continental inclut
presque toute Europe et Napoléon place membres de sa famille à la tête de plusieurs
royaumes européens.
Certains peuples résistent à domination. Espagne, guérilla se généralise après
abdication roi pour frère empereur. Horreurs guerre et domination impériale dénoncées dans
tableaux Goya. Révoltes espagnoles écrasées.
 La chute de Napoléon
A partir 1812, Napoléon multiplie conquêtes Europe mais défaites se font +
nombreuses. Napoléon s’isole et combat jusqu’au bout. 1814  pays aspire à la paix. Mais
forces adverses reste mobilisées et désertions nombreuses dans Grande Armée. Napoléon
abdique en 1814 puis en 1815 après la défaite à la bataille de Waterloo contre Anglais et
prussiens. Napoléon déporté à l’île de Saint-Hélène où il meurt en 1821.
La fin de l’Empire
 La période confuse de 1814-1815
1814 : fin de l’Empire + restauration monarchique
10
Avril 1814, sénat déchoit Napoléon et lui demande d’abdiquer. Louis 18, frère de
Louis 16 appelé au pouvoir. Napoléon revient pendant les Cent-Jours (de Mars à Juin
1815) mais doit abdiquer de nouveau. Louis 18 reprend pouvoir, marquant début
Restauration.
 La France bouleversée
Après 30 ans de guerres révolutionnaires et impériales, France a changé.
Reste pays le plus peuplé en Europe (30 millions habitants) et entre dans nouvelle ère
démographique avec très légère baisse natalité. Situation économique modifiée par blocus
continental qui a profité aux régions Nord et Nord-Ouest.
Anciens privilégiés nobles ont beaucoup perdu mais réintègrent vie politique et
économique. Propriété devient signe de distinction sociale. « France des propriétaires »
est hétérogène.
11
 L’expansion industrielle et urbaine en Europe
20ème siècle = longue période de paix + transformation sociétés occidentales par
industrialisation.
L’expansion industrielle en Europe, une révolution ?
Industrialisation désigne triple rupture :
-
Passage production artisanale à production en usine
-
Utilisation de + en + générale de machine
-
Développement salariat
1ère révolution industrielle (RI) = 1ère moitié 19ème siècle / 2de RI = commence vers
1880 et finit à 2ème moitié 20ème siècle.
o La première révolution industrielle
 La Grande-Bretagne, un modèle ?
Début 19ème, éco britannique connait décollage activités industrielles. Taux annuel
croissance supérieur à 5% jusqu’à 1840. Coton et métallurgie surtout concernés.
Exportations anglaises coton quadruplent entre 1820 et 1840. C’est dans ce
domaine qu’est apparue la RI. Production cotonnière modernise filature et tissage coton
avec passage aux machines + innovations techniques.
A partir 1830  développement métallurgie + construction mécanique stimulé par
invention chemin de fer. 1850  Grande-Bretagne (GB) a 10 000 km de voies ferrées alors
que 1ère ligne inaugurée en 1825.
Croissance industrie en GB s’appuie sur cycles successifs d’innovations :
-
Machine à vapeur : d’abord utilisée dans coton puis dans tous les domaines par la
suite
-
Machines construites en métal grâce à projets dans métallurgie
-
Transports ferroviaires : stimulent production fonte, charbon et industrie
mécanique
Enchainement de découvertes permet à économiste français Auguste Blanqui de parler
de RI. Expansion industrielle bouleverse ensemble de l’économie britannique.
12
Activités industrielles occupent 43% de la population active en 1851. Géographie
pays transformée : avant production industrielle dans zones rurales et avec RI, dans grandes
agglomérations + dans régions productrices de charbon. « Pays noirs » du pays de
Galles, Yorkshire et Midlands = bases de la puissance industrielle britannique.
1851  Angleterre devenue « atelier du monde » = réalise moitié de la production
industrielle mondiale.
 Comment
les
autres
pays
européens
sont -ils
touchés
par
l’industrialisation ?
Belgique suit modèle anglais mais dans reste Europe, industrialisation se limite à des
foyers isolés = Le Creusot (France), Ruhr (Allemagne), Vienne et Milan.
 De nouvelles structures économiques : l’essor d’une économie
capitaliste
Entrepreneurs possèdent production et bénéfices et non producteurs, comme dans
artisanat. Séparation du capital et du travail + développement du salariat.
Travail se concentre de + en + dans usines où ouvriers sont surveillés. Concentration
production + mécanisation  réduction coûts production + prix de vente.
Majorité entreprises industrielles ont taille réduite et financent elles-mêmes leurs
activités mais quelques unes (compagnies de chemin de fer par exemple) ont besoin capitaux
(K) extérieurs. Banques d’affaires privées financent grandes opérations industrielles et
commerciales. Développement banques de dépôts = drainent épargne particulier pour
soutenir activité commerciale.
Milieu 19ème  sociétés anonymes par actions se développent (entreprise émet titres
pour récupérer du K en échange d’une partie des bénéfices = dividendes) et favorisent
apparition marchés boursiers.
Avec accroissement échanges financiers, développement usage papier monnaie et
chèques.
 Une croissance rythmée par des crises et des dépressions
Fluctuations boursières = à l’origine de plusieurs crises nées du déséquilibre entre
production et consommation.
Trop grande production  effondrement des prix + faillite et fermeture usines +
augmentation chômage.
13
Crise de 1848 commence en Angleterre et est aggravée par famine qui entraine mort
d’un million et demi d’Irlandais.
Monde industriel aussi marqué par périodes de dépressions économiques = moins
violentes que les crises. Dépression = ralentissement croissance + expansion chômage.
Passage 1ère RI à 2ème RI est marqué par « la grande dépression » de 1870 à 1890.
o Quelle « deuxième révolution industrielle » ?
Innovations 18ème et début 19ème commencent à montrer limites fin 19ème siècle et ne
peuvent + répondre à la demande. Nouvelles technologies apparaissent surtout dans
industrie automobile et dans production pétrole et électricité.
Industrialisation automobile marquée par utilisation moteur à explosion. Véritable
lancement industrie automobile date de 1908 avec fabrication aux USA de Ford T. d’abord
fabriquée de façon artisanale, rapidement produite en grande série  Taylorisme =
division optimale et chronométrée des gestes pour obtenir l’organisation scientifique du
travail (OST) = travail à la chaine. Moteur à explosion également utilisé dans aviation avec
tentatives des frères Wright de 1903 à 1905.
Exploitation pétrole augmente et devient activité spéculative pour pays
industrialisés. 19ème siècle  USA et Russie = pays fournisseurs de pétrole.
Production électrique ne décolle que dans les années 1860 avec générateurs
magnétiques : dynamo par exemple. Eclairage électrique se développe et production
électrique augmente avec centrales et barrages. Avec énergie électrique, série d’inventions
atteignent tous les domaines : moteurs électriques, communication, chimie, etc.  triomphe
de la « fée électricité ».
Comment
l’industrialisation
transforme-t-elle
les
sociétés
européennes du 19ème siècle ?
o La croissance urbaine
 Augmentation de la population des pays européens
Chute mortalité au 19ème siècle + forte natalité = explosion population européenne
(sauf France où natalité et mortalité baisse = vieillissement de la population). Première
phase de la transition démographique = passage entre démographie traditionnelle et
démographie moderne en distinguant 4 phases. 1ère = mortalité baisse et natalité est forte =
14
augmentation population. 2ème = natalité commence à diminuer, engendrant diminution
progressive de population.
Exode rural se généralise entre 1850 et début 20ème siècle. Exode rural
=
conséquence croissance démographique et de modernisation des campagnes réduisant
main-d’œuvre + cause de migrations vers villes et vers d’autres continents.
 Urbanisation massive en Europe
1800  Europe = 23 villes de + de 100 000 habitants. 1935  1900 villes de + de
100 000 habitants. Croissance + rapide en GB où population rurale passe de 45% de la
population totale à 12% en 60 ans. Phénomène touche ensemble continent même s’il
s’atténue vers l’est.
 Des paysages urbains qui se transforment
Usines se multiplient dans les villes surtout dans quartiers proches des centres.
Villes nouvelles voient jour autour usines (Le Creusot, Roubaix, Manchester).
Grandes opérations d’urbanisme lancées dans capitales et grandes villes début 2ème
moitié 19ème siècle. A Paris, préfet Haussmann organise transformation capitale :
développement grands boulevards pour aérer ville et faciliter circulation + construction
immeubles + gares + halles + égouts + fontaines. Aménagements des réseaux d’égouts
souterrains, espaces verts, bains municipaux = montrent nouvelles préoccupations
d’hygiène.
En Europe, nouveaux bâtiments apparaissent : hôtels de ville, gares, théâtres, halles
couvertes. Nouvelles infrastructures dans transports : voies ferrées, lignes de métro,
tramway. Fin du siècle, transports en commun permettent aux classes moyennes de
s’installer dans banlieues. Quartiers des villes se spécialisent avec nouveaux centres
d’affaire près de magasins + quartiers résidentiels différenciés selon niveau de vie.
Travaux lancés par pouvoir publics ou groupes privés. Ville de l’âge industriel = lieu
de résidence et de confrontation de groupes sociaux nés de l’industrialisation :
bourgeoisie d’affaire et monde ouvrier.
o L’affirmation de la bourgeoisie dominante : une nouvelle classe
dominante ?
15
Ville = témoin ascension bourgeoisie au 19ème siècle. Bourgeoisie existait déjà
avant RI mais prend caractéristiques nouvelles et accède à nouveaux pouvoir qui lui
étaient inaccessibles. Progrès industrie et finance imposent nouvelle image de bourgeoisie.
On trouve dans bourgeoisie :
-
Grands financiers comme famille Rothschild
-
Industriels issus de grosse paysannerie ou petit commerce.
-
Hauts fonctionnaires et professions libérales
-
« Petite bourgeoisie » de rentiers et commerçants
Bourgeoisie se distingue du reste population par :
-
Valeurs (travail, épargne, éducation)
-
Mode de vie particulier (loisirs, réceptions, domesticité)
o Le développement du monde ouvrier : les victimes de l’industrialisation.
 La diversité du monde ouvrier
Prolétaires = Karl Max définit ainsi les ouvriers de l’industrie qui ne possèdent
rien. Classe antagoniste de la bourgeoisie, détentrice du K.
Prolétariat moderne se développe avec grande industrie du 19ème siècle. Dans pays
en voie d’industrialisation, travail concentré et mécanisé entraine dégradation condition
ouvrière par rapport à travail artisanal.
Discipline et ponctualité exigée dans usine, allongement durée travail, cadence
imposée par machine rendent travail encore plus dur.
En France, loi Chapelier de 1791 interdit regroupement ouvriers et livret ouvrier
instauré par Napoléon en 1803 limite leur possibilité de se déplacer. Révoltes ouvrières
commencent et sont réprimées. GB est la 1ère à légaliser syndicats et à créer des inspecteurs
du travail.
Faiblesse salaires rend recherche de logements + accès aux biens de première
nécessité très précaire.
 Accroissement du prolétariat d’usine
Seconde moitié 19ème = avènement de la grande industrie accélère transformation
monde ouvrier en accroissant importance prolétariat d’usine.
16
Nombre ouvriers continue à augmenter dans pays qui ont été les 1ers à
s’industrialiser. Dans pays qui commencent à s’industrialiser, prolétariat d’industrie très
récent mais fortement concentré dans centres industriels : Turin, Milan, Vienne, Moscou,
Saint-Pétersbourg.
 Les conditions de vie des ouvriers s’améliorent -elles au cours de la
seconde moitié du 19 è me siècle ?
Niveau de vie augmente entre 1850 et 1873 grâce à prospérité et absence chômage
 augmentation des salaires. Augmentation contrebalancée par hausse des prix, surtout
ceux logements.
Sur ensemble demi-siècle, augmentation salaires, + forte en Angleterre qu’en
France ou en Allemagne. Progrès permet constitution d’une petite épargne de précaution +
amélioration condition de vie. Alimentation devient moins frugale.
Pour lutter contre bourgeoisie et pour améliorer conditions de vie et de travail ouvriers,
mouvements socialistes s’affirment : socialisme révolutionnaire (inspiré par Karl Marx),
anarchisme (inspiré par Proudhon) et socialisme réformiste (avec Jean Jaurès en France).
Mouvements influencent législation travail et contribuent à amélioration condition ouvrière.
Ouvriers deviennent citoyens à part entière grâce à progrès démocratie.
Première ébauche de réduction de durée travail apparait en France concernant travail
des enfants. Loi de 1841 interdit travail enfants de moins de 8 ans et limite celui des
enfants de 12 à 16 ans. 1892, nouvelle loi interdit emploi enfants de moins de 13 ans et
limite à 10h journée de travail adolescent 13 à 16 ans. Ouvriers adultes travaillent entre 12
et 15 heures par jour. Pauses sont rares et accidents fréquents. Loi française de 1898 crée
assurance contre accidents de travail rendant patrons responsables des accidents.
Légalisation syndicats qui assurent défense intérêts ouvriers progresse.
17
 La colonisation
Pourquoi les pays européens se lancent-ils dans la colonisation ?
o L’expansion migratoire, une conséquence de la vitalité démographique
des pays européens au 19 ème siècle ?
 Une population européenne en forte croissance
Population européenne passe de 270 millions en 1850 à 480 millions au début du
20ème siècle  conséquence transition démographique. Europe représente un quart de
l’humanité.
Croissance suscite un fort courant migratoire. Attrait du monde nouveau ou fuite
« grande dépression »  40 millions européens quittent vieux continent (Europe NordOuest, puis Europe Sud) entre 1840 et 1914. Nouveaux mondes (USA, Canada, Amérique du
Sud et Australie) reçoivent essentiel migrations. Après 1918, courants migratoires
ralentissent à cause pertes guerre.
 Une exception notable, la France
Population française augmente peu au 19ème siècle et connait vieillissement précoce.
De ce fait, peu d’émigrants français dans le monde à cette époque.
o D’autres motivations de l’expansion coloniale européenne ?
 D’un point de vu économique
Essor industriel offre à pays européens moyens de leur expansion outre-mer (armes
modernes, navires à vapeur, ouverture canal de Suez et projet canal de Panama).
Europe au centre de l’activité commerciale mondiale. Assure début 19ème siècle, 58%
des exportations mondiales et 65% des importations. Europe = banquier du monde,
détenant 60% de l’or monnayé dans le monde.
Epargne européenne et bénéfices de l’industrie massivement investis dans reste du
monde, notamment en Amérique
.
 D’un point de vue culturel et idéologique
Goût évasion et exotisme stimulé par multiplication sociétés de géographie +
publication nombreux récits de voyage qui nourrissent curiosité de population de + en +
18
alphabétisée. Intérêt coïncide avec esprit croisade des missions religieuses avec
vocation d’apporter la foi aux populations païennes.
Européens sont sûrs de leur avance culturelle et sont convaincus de la supériorité
de la civilisation blanche. Estiment avoir un devoir envers peuples considérés comme
attardés. Croient devoir mener races inférieures à la lumière de la raison. C’est le
« fardeau de l’Homme blanc » évoqué par Rudyard Kipling.
Volonté de prestige compte aussi. Discours politiques associent conquête coloniale et
puissance nationale. France veut compenser territoire perdus (Alsace-Moselle) par
colonisation.
Comment se fait le partage colonial du monde ?
o Le rôle nouveau des Etats
 La « course aux colonies »
Expansion coloniale essentiellement affaire des gouvernements britanniques et
français. Angleterre achève conquête des Indes en 1857 et consolide son réseau de
comptoirs en Afrique Occidentale. Après conquête Algérie en 1830, France progresse en
Afrique occidentale. A partir années 1880, « course aux colonies » s’accélère en
Méditerranée, en Afrique noire et en Extrême Orient. Nouveaux compétiteurs font leur
apparition : Etats récemment unifiés d’Allemagne et d’Italie. Pour eux, posséder empire
colonial = signe indépendance + puissance. Intervenus dans « chasse aux colonies », ces Etats
revendiquent territoires déjà occupés. Concurrence entre pays européens  exacerbation
sentiment nationaliste.
 Les tensions se multiplient
Expansion coloniale donne lieu à politique de concertation internationale lors de
conférence de Berlin en 1884-1885  aboutit au partage de l’Afrique. 1914  Libéria et
Ethiopie = seuls indépendants. Pays qui s’opposent :
-
France et Italie pour Tunisie en 1881
-
France et RU pour Soudan (crise de Fachoda) en 1898
-
USA et Espagne pour Cuba (1898)
-
France et Allemagne pour Maroc en 1905
-
Russie et Angleterre pour Afghanistan. Plusieurs conflits entre 1839 et 1919
19
o Deux grands empires coloniaux dominent le monde avant 1914
 L’Empire britannique
Le 1er au monde. Veille 1ère WW, compte 450 millions habitants et représente 28%
population mondiale. S’étend sur tous continents et contrôle routes stratégiques. Contient
colonies de peuplement transformées en dominion solidaires = Canada, Australie, Nouvelle
Zélande. Comprend aussi colonies d’exploitation = en Inde, en Afrique. Colonies dirigées en
collaboration avec élites locales = indirect rule.
Vocabulaire :
Colonie : territoire placé sous la domination d’une métropole
Colonies de peuplement : quand population européenne vient s’installer en nombre
Colonie d’exploitation : quand il y a conquête militaire en vue d’exploiter des
richesses naturelles au profit de la métropole
Dominion : colonie britannique disposant d’une certaine autonomie interne, mais
dont la politique extérieure est assurée par Londres
Protectorat : état placé sous la « protection » d’un autre. Autorités d’origine restent
en place, mais direction pays décidée par représentant de l’Etat dominant qui contrôle
aussi politique étrangère.
 L’Empire français
France aux « 100 millions d’habitants » conquiert Algérie en 1830. Doit assurer
sécurité nouveau territoire acquis. Français pénètrent en Tunisie puis au Maroc pour
contrôler routes Sahara. Tunisie et Maroc deviennent protectorats en 1881 pour Tunisie et
1911 pour Maroc.
Pour concurrencer RU, Empire français s’étend en Afrique Noire (Sénégal,
Madagascar, Afrique-occidentale et Afrique-équatoriale), en Asie (Indochine) et dans
Pacifique (Nouvelle-Calédonie et Polynésie). Français pratiquent politique de l’assimilation
= promettent aux populations colonisées qu’elles auront nationalité française un jour.
Autres Etats européens se partagent « restes » : Belgique au Congo, Italie en Libye,
Portugal en Angola et au Mozambique, Allemagne en Namibie, Hollande en Indonésie, etc.
20
Les sociétés coloniales
o Des sociétés dominées et exploitées
 La répression des révoltes
Colonisation suscite résistances et révoltes chez les populations conquises (révolte
canaque en Nouvelle-Calédonie en 1878 par exemple). Colonisés refusent collaboration avec
européens et, surtout en Afrique du Nord, on affirme volonté de résister à Occident en se
repliant sur Islam.
Réaction européens face à résistance très violente. Révolte des Cipayes en Inde dans
années 1850 provoque sanglantes représailles des Anglais. En Namibie, Allemands massacre
80% de population Herero en 1904. Déportés dans désert, survivants enfermés dans camps
copiés sur ceux des britanniques et subissent expériences médicales.
Il faut attendre années 1920 pour que mouvements nationalistes se structurent et
contestent présence européenne (Gandhi en Inde, Hô Chi Minh en Indochine).
 L’exploitation coloniale
Code de l’indigénat assujettit colonisés à régime juridique différent de celui citoyens
métropole. Minorité européenne en haut de hiérarchie  appartenance raciale détermine
statut social.
Colonie n’a pas existence politique, pas souveraineté. Métropoles y imposent travail
forcé, punitions violentes (au Congo Belge, on coupe mains et pieds de ceux qui refusent
travail forcé), impôt et conscription (troupes indigènes renforcent armées métropolitaines si
conflit, comme lors de 1ère WW).
Système de l’exclusif permet à métropole de détenir monopole commerce colonial.
Europe importe matières premières (coton, laine, caoutchouc), produits miniers agricoles
(sucre, café), s’en réserve transformation et impose prix. Exporte produits manufacturés et
biens d’équipement. Contrôle autoritaire des marchés aboutit à division internationale des
échanges marchandises et travail au profit d’Europe industrialisée.
Dans colonies, économie réorganisée au profit métropole. Multiplication mines et
plantations pour satisfaire demande européenne. Economie de traite. Productions peuvent
même concurrencer productions métropolitaines. Afrique centrale  compagnies privées
obtiennent droit d’exploiter forêt et ivoire = économie de prédation. Infrastructures
apparaissent dans colonies = chemin de fer qui relie zone de production intérieure à côtes.
21
Cependant, colonies ne jouent pas rôle moteur dans commerce mondiale et restent
inégalement mises en valeur selon pays.
 Une domination sociale et culturelle
Domination culturelle  rôle missionnaires qui devancent ou accompagnent
colonisation. Propagent religion chrétienne, favorisent progrès hygiène et médecine.
Action sociale aussi = rachat esclaves, construction orphelinats, émancipation femme par
installation monogamie + scolaire = enseignement se fait en langue indigène pour primaire et
dans lange colonisateurs dans études secondaires et supérieures). Action missionnaire
favorise européanisation du converti. Action destructrice = étouffe cultures indigènes.
Développement villes coloniales selon modèle européen (jardins, places centrales,
immeubles, villas) mais population locale s’entasse dans quartiers réservés. Enseignement
permet
diffusion
culture
européenne et
favorise
acceptation
colonisation
par
« acculturation ». Culture population colonisées rabaissée au statut de folklore.
Dans pays européens, opinions publiques acquises au développement colonial avec
propagande intensive. Mais, début 20ème, intellectuels et artistes commencent à poser
regard nouveau sur art africain, comme Picasso (Les demoiselles d’Avignon, 1906) et
Matisse qui s’en inspirent.
o Exemple des français et des indigènes musulmans en Algérie
 Les colons français, une réalité contrastée
France se lance dans conquête Algérie en 1830, mais dernières résistances ne sont pas
vaincues avant années 1880. Peuplement français en Algérie lent et difficile. 1er colons
décimés par maladies et embuscades. Il faut attendre Second Empire et 3ème République
pour que politique officielle se mette en place. Déportés politiques d’abord envoyés en
Algérie puis Alsaciens-Lorrains, Corses, Italiens, Espagnols et Maltais. 1886  en Algérie
320 000 français et 218 000 étrangers. 10 ans plus tard, nombre Européens nés en
Algérie + élevé que celui migrants.
Ces colons sont loin d’être riches, comme le montre exemple père Albert Camus,
descendant d’immigrants arrivés dans 1ères années présence française. D’abord grand caviste
puis employé dans entreprise vente de vin. Albert Camus grandit dans quartier populaire de
Bellecourt, à Alger, dans sa famille maternelle composée d’ouvriers agricoles. Jusqu’en
1914, colonisation française en Algérie est surtout agricole (vin, fruits et légumes).
22
 Une société musulmane déstructurée
Etat français confisque 7,5 millions d’hectares qu’il redistribue à particuliers et à
grandes sociétés concessionnaires qui chassent migrants européens vers villes.
Population musulmane (environ 3 millions de personnes) stagne entre 1830 et 1860,
pour passer à 3,5 millions en 1891 et 5 millions en 1921. Soumise au code de l’indigénat
qui réduit droit de circulation et impose fiscalité alourdie. Structure tribale société
algérienne éclate et artisanat décline. Essentiel population musulmane = ouvriers agricoles
corvéables. Aristocratie musulmane joue rôle d’auxiliaire de l’Etat français.
23
 L’installation de la démocratie de le République en France
Histoire politique France au 19ème siècle marquée par succession régimes
monarchiques ou impériaux et républiques. Révolution février 1848 et proclamation
suffrage universel masculin marquent étape importante. Problème = cadre dans lequel
s’exerce ce suffrage. Finalement République s’impose.
Quelles sont les étapes de cette évolution ?
o Jusqu’en 1848, la France renoue avec la monarchie
 La Restauration (1814-1830)
1814  défaite napoléon permet retour au pouvoir de Louis 18. Malgré climat de
répression et idées révolutionnaires, comprend que français n’accepteront retour
monarchie qu’en échange des acquis de Révolution française et de Code civil. Charte
constitutionnelle publiée en 1814 garantit ces acquis mais derrière apparente séparation des
pouvoirs, monarchie constitutionnelle dominée par exécutif et suffrage censitaire = très
restrictif.
A partir 1821, régime se durcit sous influence « ultraroyalistes » qui veulent
imposer retour à monarchie absolue. Successeur Louis 18, Charles 10, illustre cette tendance,
rejetée par une partie de + en + importante de la population. Juillet 1830  son
intransigeance provoque nouvelle révolution à Paris = les « Trois Glorieuses »,
entrainant chute Charles 10.
 La monarchie de Juillet (1830 -1848)
A la chute Charles 10, bourgeoisie s’inquiète de montée en puissance ouvriers des
villes et ne veut pas d’une république. Nomme Louis-Philippe d’Orléans à la tête d’une
monarchie constitutionnelle en se rapprochant du modèle anglais. Régime refuse de faire +
de places aux classes moyennes et réprime soulèvements sociaux. Crise économique de
1846-1848 provoque nouvelle révolution en février 1848.
o L’échec de la 2 ème République (1848-1852)
 Le 22-25 février 1848, une nouvelle révolution secoue Paris
24
25 février 1848  république proclamée, dans ambiance espoir et fraternité. Suffrage
universel masculin proclamé le 2 mars et abolition esclavage dans colonies le 22 avril.
Ateliers nationaux sont crées : chantiers publics destinés à donner travail aux chômeurs.
Décalage de + en + important entre Paris et grandes villes où s’est déroulée révolution
et campagnes. Ruraux devenus majoritaires sont inquiets de situation parisienne et
mécontents de hausse impôts finançant ateliers nationaux. Votent pour conservateurs à
élection de l’Assemblée constituante le 23 avril. Assemblée dissous le 22 juin atelier
nationaux considérés comme foyers d’agitation, engendrant insurrection quartiers
populaires de l’Est de Paris.
Après 3 jours de très violents combats (23-26 juin), mouvement ouvrier écrasé.
République glisse à droite. Constitution proclamée le 4 novembre instaure 2 pouvoirs élus
au suffrage universel : président élu pour 4 ans non renouvelables et Assemblée élue
pour 2 ans. Président ne peut pas dissoudre Assemblée.
 Le 10 décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte, neveu de
l’empereur 1 er , est élu de la République
Elu grâce au prestige de son nom et appui grande bourgeoisie, conservateurs qui
entreprennent politique de limitation des droits acquis en 1848 : suffrage universel limité par
conditions de domicile qui excluent ouvriers du vote, et Eglise acquiert contrôle
enseignement. Groupes socialistes réprimés.
1851 conflit survient entre président, qui demande droit de se représenter aux
élections de 1852 et Assemblée qui refuse ce droit. 2 décembre 1851  Louis Napoléon
Bonaparte réalise coup d’état avec soutien armée et population, ne réagit presque pas.
Suffrage universel rétabli et nouvelle Constitution proclamée en 1851. Décembre 1852,
Louis Napoléon Bonaparte organise plébiscite pour obtenir proclamation Empire.
Devient Napoléon III. République semble donc avoir échoué.
o Le second Empire (1852-1870) : une modernisation autoritaire ?
De 1852 à 1870, France vit sous second empire Napoléon 3. Dans tradition Napoléon
1er, nouvel empereur s’inspire de principes 1789 mais les encadre dans régime autoritaire.
On distingue 2 périodes : empire autoritaire des années 1850 et empire libéral, dans années
1860.
25
 1852-1860 :
les
grandes
libertés
proclamées
en
1848
sont
suspendues
Presse bâillonnée. Journaux doivent s’acquitter de taxes, soumis à autorisation
préalable et au système des avertissements qui les contraint à autocensure. Réunions sont
interdites.
Suffrage universel encadré. Pouvoir instaure candidature officielle qui bénéficie du
soutien des agents de l’Etat alors qu’autres candidats font leur campagne à leurs frais.
Napoléon 3 s’appuie sur l’Eglise, effrayée par poussée sociale consécutive à
révolution 1848 : construction nouvelles églises, augmentation traitement prêtres, etc.
Cela lui permet de contrôler monde rural où vit majorité des français. Aux élections, prêtres
soutiennent candidats de l’Empire.
 1860 : le tournant libéral
Début années 1860, suite à défaite troupes françaises au Mexique, à brouille avec Pape
, Napoléon 3 assouplit son régime.
Mesures libérales et réformes se succèdent : traité de libre-échange entre France et
Angleterre (1860), nomination de Victor Duruy à Instruction Publique (1863) qui met en
œuvre nombreuses réformes, dont scolarisation des filles, autorisation pour députés
d’interpeller membres du gouvernement (1867), droit de grève accordé aux ouvriers
(1864).
Régime évolue vers modèle parlementaire. Emile Ollivier demande mise en place
d’un régime parlementaire. Corps législatif obtient droit de proposer lois et les amender,
régime de presse est libéralisé et + grande liberté de réunion accordée. 8 mai 1870,
Napoléon 3 organise plébiscite sur réformes en cours. Triomphe avec 7 millions de
« oui » contre 1,5 millions de « non » : empereur semble plus populaire que jamais.
Pourtant, régime s’écroule rapidement suite à déclaration guerre contre Prusse.
France essuie échec cuisant à Sedan le 2 septembre 1870, obligeant Napoléon 3 à
capituler.
o Le retour de la République dans les années 1870, un régime par
défaut ?
 La commune de Paris
République proclamée à Paris 4 septembre 1870. Gouvernement de Défense
nationale nommé autour de Gambetta, mais efforts pour regrouper forces et contre-attaquer
sont vains. 19 Septembre, Paris est assiégé par troupes prussiennes. Malgré hiver et
26
pénuries, population résiste. 28 Janvier 1871, gouvernement sollicite paix, armistice est
signé. Nouvelle assemblée est élue en février et l’Alsace et la Lorraine sont abandonnées
aux allemands. Adolphe Thiers chef de l’exécutif de la république française, souhaitant
désarmer Parisiens qui veulent retour à monarchie, envoie le 18 mars 1871 troupe pour
retirer canons de Montmartre. Echauffourée dégénère en révolte ouverte. « Conseil
général de la ville de Paris » est élu le 28 mars, dominé par ouvriers et artisans qui refusent
défaite et s’insurgent. Veulent appliquer programme à la fois républicain et socialiste :
séparation de l’Eglise et de l’Etat, laïcisation de l’enseignement qui devient gratuit et
obligatoire, limitation de la journée de travail à 10h, rétablissement su drapeau rouge et du
calendrier révolutionnaire. Thiers décidé à écraser commune et envoie troupes à l’assaut
de capitale. Malgré résistance acharnée, elles y entrent. Paris balayé d’ouest en est pendant
« semaine sanglante » du 21 au 28 Mai 1871 durant laquelle 20 000 personnes sont
fusillées sans jugement.
 Entre monarchie et république
Après écrasement Commune, Thiers se rallie à idée de république conservatrice mais
monarchistes l’obligent à démissionner en mai 1873. Remplacé par général Mac-Mahon,
qui impose politique « d’ordre moral », censée réparer « désordres » de la Commune.
S’appuie sur Eglise, armée et notables. Mesures antirépublicaines multiples :
commémoration 14 juillet interdite, bustes de la République enlevés des mairies, etc.
Restauration de la monarchie paraît imminente. Mais prétendant au trône, comte de
Chambord (petit-fils Charles 10), refuse drapeau bleu, blanc, rouge et exige retour
drapeau blanc. Monarchistes modérés sont déçus et se rallient à république conservatrice.
1875  3 lois constitutionnelles sont votées pour organiser pouvoirs publics.
Pouvoir législatif confié à 2 chambres : Assemblée nationale (ou siègent députés élus au
suffrage universel) et Sénat (dont membres sont élus au suffrage indirect et pour certains
nommés à vie). Gouvernement, dirigé par président de la République est responsable
devant les 2 chambres. Mais pouvoirs président sont très étendus. Elu pour 7 ans, il est
irresponsable, chef des armées et peut dissoudre Assemblée.
 La victoire de la République
1ères élections législatives (avril 1876)  victoire républicains qui ont compris que
ruraux = clé du pouvoir. Mac-Mahon, hostile à républicains, renvoie gouvernement proposé
27
par Assemblée Nationale (crise du 6 mai 1877) et désigne duc de Broglie comme président
du Conseil. Assemblée refuse et président la dissout. Nouvelles élection octobre 1877 encore
+ favorables à républicains  Mac-Mahon s’incline.
Janvier 1879  Sénat devient républicain et Mac-Mahon démissionne. Républicain
Jules Grévy est élu président et modifie pratique pouvoir en n’ayant plus que rôle
représentatif face au président du Conseil avec soutien Assemblée. Pouvoir exécutif
désormais soumis à Chambre des députés.
La 3ème république est une république parlementaire.
Comment la République s’est-elle imposée aux français ?
o L’instauration d’une culture politique républicaine
Dans années 1880, gouvernements républicains modérés (ou « opportunistes » = qui profitent
de toutes les opportunités pour imposer leurs idées républicaines) mettent en place 1ers
éléments du pacte républicain. S’appuie sur +sieurs principes : affirmation libertés
individuelles, souveraineté nationale et laïcité.
 L’affirmation des libertés individuelles
Principe vient après années de répression imposées par gouvernements « d’ordre
moral ». Se manifeste par création de plusieurs lois :
-
Loi du 30 juin 1881 = autorise réunions publiques sans qu’elles soient soumises à
autorisation préalable de gouvernement
-
Loi du 29 Juillet 1881 = liberté de la presse
-
Loi du 4 mars 1884 = élection du maire par conseil municipal + construction d’une
mairie par commune
-
Loi du 21 mars 1884 = autorisation création syndicats
 La souveraineté nationale
Républicains très attachés à principe de souveraineté nationale caractérisée par
suffrage universel masculin + interdiction plébiscites et référendums. Evolution
institutions mises en place en 1875 va dans sens de république parlementaire où ministres sont
responsables devant députés et sénateurs faisant du Parlement l’expression de la
souveraineté nationale.
28
 La laïcisation de la vie politique et de la société
Autre préoccupation des républicains au pouvoir. Après alliance pouvoir avec Eglise
pendant ordre moral, rôle religion dans vie publique = limité : suppression prières publiques
à ouverture assemblées, fin obligation repos dominical, etc. Enseignement laïc avec lois Ferry
(1881-1882). Radicaux au pouvoir prennent mesures anticléricales : interdiction aux
congrégations d’enseigner (1904) et séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905).
o Comment cette culture politique s’est-elle enracinée dans les mentalités
françaises ?
Outre libertés qu’ils ont assurées à population, républicains ont su construire consensus
national autour entités fondamentales destinées à unir français, parmi lesquelles on
trouve école, armée + ensemble de rites et symboles.
 L’école républicaine comme principal vecteur
Instaurée par Ferry, école primaire laïque, gratuite et obligatoire permet enracinement
culture républicaine dans nouvelles générations + instaurer foi dans progrès et patrie.
Sentiment unité et appartenance commune encouragé  apprentissage langue, histoire et
géographie de France.
Ouverture scolarisation aux filles avec Camille Sée (1880 pour enseignement
secondaire). Construction écoles dans toutes communes ou presque, rénover programmes et
méthodes et instaurer écoles normales pour formation instituteurs.
Ecole = moyen ascension sociale. 3ème république fidèle à principes de 1789 qui veut
fonder promotion sociale sur mérite et pas naissance. Classes moyennes et paysans voient
école comme moyen élévation dans société. Bourses d’Etat mises en place pour enfants
familles modestes. Mais essentiel de population
ne connait qu’enseignement primaire.
Enseignement secondaire reste privilège pour classes sociales aisées.
 L’armée est aussi un outil du pacte républicain
Républicains imposent service militaire obligatoire. Chaque français doté de formation
militaire. Service devient facteur de brassage social et géographique de population.
29
Initiation à modernité pour millions jeunes  service permet découverte ville et
éléments de confort (eau courante) + confrontation avec autres coutumes : alimentation
(viande tous les jours), vestimentaires (plus de sabots mais chaussures hygiéniques).
Service = facteur de cohésion sociale  pratique de langue française pour ceux qui
parlent patois. Jeunes ruraux qui reviennent de service apportent chez eux nouvelles
habitudes venues des villes.
 Des symboles et des rites assurent la diffusion de la culture
républicaine dans la population
Statues de Marianne, allégorie de République, se multiplient sur place des villes.
Drapeau bleu, blanc, rouge imposé définitivement en 1879. Même année, la Marseillaise
devient hymne national.
Historiens républicains comme Ernest Lavisse écrivent histoire glorieuse de France et
popularisent figures héroïques qu’écoliers apprennent (Vercingétorix, Jeanne d’Arc, etc.)
Le tour de France par deux enfants devient livre de référence de plusieurs générations de
jeunes français.
Contemporains sont présentés comme incarnation République  Pasteur, Victor
Hugo qui reçoit en 1885 funérailles au Panthéon, qui devient temple des gloires nationales.
Cérémonies républicaines jouent rôle important : 14 juillet, les jours d’élection,
certificat d’études primaires, départ et retour de service militaire.
o Du milieu des années 188à au milieu des années 1900, la 3ème
République est secouée par plusieurs crises
 La crise de la République libérale
Républicains modérés échouent à trouver solutions à crise économique des années
1880. Politique ne prend pas en compte revendication du monde ouvrier, touché par chômage.
République libérale de moins en moins populaire : aux élections de 1885, républicains
modérés reculent au profit de radicaux et monarchistes. Instabilité ministérielle croissante
provoque montée antiparlementarisme. Affaires qui éclaboussent hommes politiques
renforcent montée. « Scandale de Panama » (corruption), « scandale des décoration »
(distribution légion d’honneur à fournisseurs complaisants  démission Jules Grévy).
Fin années 1880 et début années 1890, antiparlementarisme domine avec tentations
autoritaires. Affaire Boulanger : général boulanger devient homme le + populaire de France
et semble mettre en danger la République avec programme antiparlementaire. Succès dans
30
élections législatives et élu député à Paris. Certains partisans le poussent au coup d’Etat mais
accusé de comploter contre le régime, s’exile en Belgique et se suicide. Boulangisme = 1ère
crise politique que républicains doivent affronter.
 L’affaire Dreyfus
Crise exceptionnelle par sa durée et sa violence. Affaire Dreyfus = l’1 des + graves
crises politiques de la 3ème République qui voit nationalisme s’affirmer.
1894  capitaine Dreyfus, juif, est condamné pour espionnage au profit Allemagne.
Janvier 1898, Emile Zola prend défense de Dreyfus dans lettre ouverte dans journal
L’Aurore. Affaire éclate : français se divisent
Affaire Dreyfus oppose nationalistes et « dreyfusards ». Jugé une 2ème fois en 1899,
Dreyfus de nouveau condamné avec circonstances atténuantes puis gracié. Finalement
réhabilité en 1906. Grâce de Dreyfus marque défaite nationaliste.
Vocabulaire
Nationalisme = à droite. Veut réunir français autour identité pouvant faire
consensus et dans objectif de revanche contre Allemagne.
 La crise sociale et les progrès du socialisme
Importance croissante classe ouvrière dans société met question sociale au centre de
préoccupations. Après vague attentats anarchistes en 1893-1894, électorat populaire
rejoint socialistes dont Jean Jaurès s’affirme comme chef de file. Syndicalisation
progresse. Confédération générale du travail (CGT) d’inspiration anarchiste créée en
1895 et revendique action directe de grève générale.
Années 1906-1909 marquées par troubles sociaux : manifestations vignerons du midi
(1907), multiplication des grèves. Clémenceau, ministre de l’intérieur, riposte et fait
révoquer fonctionnaires grévistes. Réformes sociales mises en œuvre : réduction temps de
travail dans mines, systèmes de retraite ouvrière. Mais cela reste limité, ce qui permet à
gauche de progresser aux élections. 1914  SFIO (Section Française de l’Internationale
ouvrière) est devenu le 2ème parti de France.
o La France et la Belle Epoque (1896-1914)
31
Alors que croissance économique revient, premières années 20ème siècle marquées par
domination nouveau parti radical, fondé en 1901, qui incarne consensus républicain et
unité patriotique. 1905, gouvernement d’Emile Combes décide de rompre avec Eglise 
fait de religion affaire purement privée, religions sont libres mais Etat ne les finance plus.
Malgré troubles causés par inventaire biens de l’Eglise, population accepte loi.
Autres problèmes menacent  mouvements sociaux, réprimés par Clémenceau entre
1906 et 1909 + montée crises diplomatiques avec Allemagne (1909 et 1911)
Existence République n’est plus menacée à la veille de 1ère WW. Si extrême gauche
(anarchistes) et extrême droite (royalistes) la contestent encore, elle est devenue régime
accepté par quasi-totalité des français. Démocratisation s’achève avec instauration isoloir
en 1913 pour garantir secret et indépendance vote.
32
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