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MEDIAS ET EVANGELISATION : LA COMMUNICATION AU
SERVICE DE LA COMMUNION ECCLESIALE
LES MOYENS DE COMMUNICATION SOCIALE AU SERVICE D’UNE
EGLISE FAMILLE DE DIEU EN COTE D’IVOIRE
INTRODUCTION
La première Assemblée Spéciale des Evêques pour l’Afrique tenue à
Rome en 1994, présentait l’Eglise comme Famille de Dieu. Cette image
étaitcertainement la plus éloquente pour parler de l’Eglise aux africains dont
l’attachement à la famille est universellement reconnu. Par ailleurs, le thème de
la communication avait été retenu comme l’un des thèmes majeurs de ladite
Assemblée.
Aujourd’hui, l’Eglise en Afrique et particulièrement celle de Côte d’Ivoire
a fait de grands bonds en avant en ce qui concerne le domaine de la
communication. Mais beaucoup reste à faire, surtout dans le domaine de
l’évangélisation et de la pastorale avec les médias. La communication inter
ecclésiale ou extra ecclésiale est-elle assurée de manière efficiente, convenable,
adaptée et planifiée ? D’ailleurs,il est bien évident qu’une famille où les
différents membres ne communiquent pas régulièrement ou dans laquelle il
manque des espaces de dialogue, remet en cause l’idée même de la famille en
général et ouvre la porte à la zizanie, à la médisance et à la destruction tant
individuelle que collective.
Notre exposé de cet après-midi vise donc à susciter un éveil
communicationnel dans notre Eglise ; surtout dans la transmission de la Parole
de Dieu et dans la consolidation de l’unité ecclésiale.
Nous parlerons donc de communication entre les différents membres de
l’Eglise, des régies de communication internes et externes de nos diocèses ainsi
que l’usage qu’ils font aussi bien des médias classiques que des nouveaux
médias dans le but toujours de construire une véritable Eglise famille de Dieu en
Côte d’Ivoire.
Dans un premier temps, nous ferons un bref rappel de l’historique des
rapports entre l’Eglise et les médias, ensuite, nous parlerons du regard de
l’Eglise sur les médias et nous terminerons en démontrant en quoiles médias
peuvent aider à la diffusion de la foi et à la consolidation de l’unité dans
l’Eglise.
I.
LES MEDIAS DANS L’EGLISE : L’EPOQUE AVANT
VATICAN II
1
Au quinzième siècle, quand apparaît l’imprimerie, celle-ci fut saluée
comme une espèce d’art divin capable de multiplier les codes de chaque science
en faveur de la culture humaine et de l’instruction religieuse des fidèles.
Cependant, très rapidement, les dangers de ce nouveau moyende communication
se présentèrent. Ils pouvaient divulguer des doctrines hérétiques et des textes
immoraux selon l’Eglise. L’Eglise commença donc à regarder l’imprimerie avec
suspicion. C’est le Pape Pie XIqui pour la première fois écritune lettre
encyclique sur le cinéma. Cette encyclique s’appelle « Vigilanticura » publié le
29 juin 1936. Il s’agit d’un document d’une grande importance doctrinale et
pastorale. C’est la première encyclique sur les moyens de communication et en
particulier sur le cinéma. Il s’agissait pour le Pape de déterminer la qualité
morale des films et l’encyclique proposait de créer un système de classification
et les bureaux qui devaient réagir au niveaumondial surce sujet. Malgré la
fermeté de l’Eglise envers le cinéma qui était parfois jugé moralement
inacceptable, l’encyclique exprime donc la confiance sur le cinéma : il montre
les qualités et les possibilités pastorales d’encouragement, il invite à multiplier
les salles cinématographiques de propriété paroissiale…
Le Pape Pie XIIcontinuera dans la même lancée que ses prédécesseurs.
On note environ 60 interventions du Pape Pie XII sur la communication sociale
et on a en mémoire certains de ses discours sur le film idéal, c’était le 21 Juin et
le 28 Octobre 1955. L’enseignement du Pape Pie XII sur la communication
sociale est arrivé à son summum avec la publication le 08 Septembre 1957 de
l’encyclique « Miranda Prorsus ».Nous lisons en effet au Préambule : Les
merveilleux progrès techniques dont se glorifie notre époque sont assurément
les fruits du génie et du travail de l'homme, mais ils sont d'abord des dons de
Dieu, notre Créateur, de qui dérive toute œuvre bonne; "non seulement en effet
Il a suscité la créature, mais Il la protège encore et la soutient".Cette encyclique
en réalité acontinué l’enseignement du cinéma et va décréter pour la première
fois la radio et la télévision comme moyens de communication reconnus par
l’Eglise. Cette encyclique témoigne donc du profond intérêt que l’Eglise et
surtout le Pape avait sur les communications sociales. Comme dans les autres
documents, Pie XII donne dans cette encyclique la preuve de la capacité
d’analyse et surtout une attitude positive de l’Eglise envers les médias. Le Pape
exprime une certaine théologie de la communication, il évoque la revendication
des droits d’accès de la part de l’Eglise Catholique aux moyens de
communicationavec quelques considérations spécifiques sur le cinéma, la radio
et la télévision. A la conclusion de l’encyclique, le Pape fait appel au rôle et à la
responsabilité du Prêtre et dit ceci : « le Prêtre doit connaitre les problèmes du
cinéma, de la radio et de la télévision envers les fidèles, il doit savoir s’en
servir avec prudence, avec le jugement de son autorité ecclésiastique ». Enfin,
le Pape insiste sur le fait que le Prêtre doit savoir lui-même utiliser ces moyens
de communication afin de servir d’exemple de prudence, de tempérance et de
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sens de responsabilité. Le Pape insiste aussi sur le fait que ces moyens de
communications doivent servir au niveau pastoral et encourage les prêtres à les
utiliser seulement à cette fin pastorale
Au grand concile Vatican II, pour la première fois arrive dans l’agenda de
l’Eglise Catholique un document conciliaire qui sera publié le 04 Décembre
1963 avec pour titre « Inter Mirifica », ce qui signifie « Entre autres
merveilles… »
II. L’EGLISE ET LES MOYENS DE COMMUNICATION
SOCIALE
2.1. Le regard du Concile Vatican II sur les médias en général : quelques
extraits du décret conciliaire Inter Mirifica.
Dans le décret conciliaire Inter Mirifica nous lisons : «parmi les merveilleuses
découvertes techniques qu’avec l’aide de Dieu, le génie de l’homme a tiré de la
création, à notre époque surtout, l’Eglise accueille et suit avec une sollicitude
toute maternelle celle qui plus directement touche les facultés spirituelles de
l’homme et offrent des possibilités élargies de communiquer très facilement des
nouvelles de tout genre, des idées, des orientations. Or parmi ces découvertes, il
faut assigner une place singulière aux moyens qui par leur nature sont aptes à
atteindre et à influencer non seulement les individus mais encore les masses
comme telle et jusqu’à l’humanité toute entière. Telest le cas de la presse, du
cinéma, de la radio, de la télévision et d’autres techniques de même nature.
Aussi peut-on les appeler à juste titre les moyens de communication sociale. »
Nous voyonsque dès l’introduction le ton est donné ; le ton de l’ouverture et de
l’accueil : l’Eglise accueille avec joie ce génie de l’homme à inventer ces
moyens qui vontessayer de mettre les hommes ensemble. En adoptant ces
moyens de communication sociale, L’Eglise entend consolider et renforcer la
communion ecclésiale.
Les Pères conciliaires affirment également que l’Eglise notre Mère sait que ces
instruments, lorsqu’ils sont utilisés correctement, rendent de grands services au
genre humain. Ils contribuent en effet d’une manière efficace au déracinement, à
la culture de l’esprit ainsi qu’à l’extension et à l’affermissement du Règne de
Dieu. Mais elle sait aussi que les hommes peuvent les utiliser à l’encontre du
desseindu Créateur et les tournerà leur propre perte. Son cœur maternel est
angoissé à la vue des dommages que bien souvent leur mauvais usage a déjà
causés à l’humanité. C’est pourquoi le Concile œcuménique prenant à son
compte le souci vigilant du Souverain Pontife et des Evêques en une matière
d’une aussi haute importante, considère de son devoir de traiter des principaux
problèmes relatifs aux moyens de communication sociale. Il a confiance en outre
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que la doctrine et la discipline qu’il propose ici seront utiles non seulement au
salut des chrétiens mais encore au progrès de toute l’humanité.
L’Eglise ne diabolise pas les moyens de communication sociale, elle ne les
canonise pas non plus. C’est maintenant à l’homme d’en faire un bon usage.
Pour l’Eglise,le bon usage signifie utiliser ces moyens de communication sociale
pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut et atteindre l’homme partout où il se
trouve.
Prier avec la radio, réciter le chapelet en communion avec tous les autres
chrétiens dans le monde, suivre des émissions de formation spirituelle et
humaine sur des chaînes télévisées, entrer en contact et échanger sur des
événements d’église par le moyen d’internet et des réseaux sociaux…voici
plusieurs avantages que nous offrent les médias. On ne peut donc pas nier le rôle
que jouent ces moyens de communication sociale pour l’évangélisation et même
pour la vie spirituelle. Aujourd’hui, combien de personnes infirmes ou de
malades suivent des programmes télévisés en direct de Lourdes grâce à KTOou
bien alors ceux qui ne peuvent pas se rendre à la Messe qui réussissent à écouter
la Parole de Dieu ou à réciter leur chapelet en direct de diverses
radioscatholiques ici même en Côte d’Ivoire...
S’il est vrai que(citant Inter Mirifica) l’Eglise a été fondée par le Christ notre
Seigneur pour apporter le salut à tous les hommes, Elle se sent donc poussée
par l’obligation de prêcher l’Evangile. Aussi bien l’Eglise Catholique estime-telle qu’elle est de son devoir d’une part d’employer aussi les instruments de
communication sociale pour annoncer le message du salut et d’autre part
d’enseigner aux hommes le bon usage de ces moyens. L’Eglise a donc le droit
inné d’utiliser et de posséder ces moyens sans exception dans la mesure où ils
sont nécessaires ou utiles à la formation chrétienne et à toutes actions
pastorales. Les Pasteurs ont le devoir d’instruire et d’orienter les fidèles de
sorte que ceux-ci utilisent les moyens de manière à assurer leur propre salut et
perfection comme ceux de l’humanité entière. Enfin il revient principalement
aux laïcs d’animer des valeurs chrétiennes et humaines ces moyens afin qu’ils
répondent pleinement à la grande attente de l’humanité et au dessein de Dieu ».
Inter Mirifica, n.3 : La mission principale de l’Eglise est d’annoncer Jésus
Christ à toutes les nations. Pour atteindre tous les hommes, l’Eglise utilise elle
aussi ces moyens de communication mais son rôle consiste aussi à rappeler les
dangers que ces moyens de communication peuvent avoir au sein de la
société.« Enfin il revient principalement aux laïcs d’animer des valeurs
chrétiennes et humaines ces moyens afin qu’ils répondent pleinement à la
grande attente de l’humanité et au dessein de Dieu ». Il ne s’agit pas
simplement d’une mission réservée aux prêtres, aux religieuses qui sont dans la
Paroisse mais il est du devoir de tous les baptisés de donner une valeur à ces
moyens de communication sociale. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire
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d’utiliser les nouveaux moyens de communication que nous offre le monde
moderne : internet, skype, facebook, twitter…pour transmettre la Parole de et
favoriser la communion ecclésiale parce que c’est justement là-bas que se
trouvent et se retrouvent les jeunes générations.
Inter Mirifican. 4, : « Pour qu’il soit fait un usage correcte de ces moyens, il est
absolument nécessaire que tous ceux qui les utilisent connaissent les principes
de l’ordre moral et les appliquent fidèlement. Ils prêteront certes d’abord
attention à l’objet c’est-à-dire au contenu communiqué conformément à la
nature propre de chaque instrument mais aussi au texte dans lequel s’effectue la
réflexion comme par exemple le but, les personnes, le lieu, le temps, etc… car le
contexte peut en altérer et même changer totalement la moralité. Il est
absolument indispensable que toutes les personnes intéressées se forment une
conscience droite sur l’utilisation de ces instruments principalement à propos de
plusieurs questions vivement discutées de nos jours ».
Comment être éduqué aux médias ? Comment juger et apprécier tout ce que
nous servent les mass-médias ?
2.2. L’éducation aux médias pour la transmission de la foi, la préservation
des mœurs et la consolidation de la saine doctrine catholique.
Le Concile insiste pour dire que tous les membres de la société doivent remplir
leur devoir de justice et de vérité. Ils emploieront les moyens de
communications sociales pour concourir à la formation et à la diffusion de
certaines opinions publiques. Le Concile parleégalement des devoirs des usagers
de la communication. En effet, les Pères conciliaires disent ceci : « tous les
usagers (lecteurs, spectateurs et auditeurs) reçoivent par libre choix personnel
les messages diffusés par les moyens de communication sociales. Des devoirs
particuliers s‘imposent donc à eux. Par leur choix, ils encourageront nettement
tout ce qui présente une valeur morale, culturelle et artistique, ils éviteront tout
ce qui pourrait être soit pour eux même cause ou occasion de préjudice spirituel
soit pour les autres cause de scandale par leur mauvais exemple soit enfin pour
les communications elles-mêmes un obstacle aux bonnes et un appui aux
mauvaises mœurs. Ce dernier cas se présente souvent lorsqu’on soutient de ses
propres deniers les gens qui exploitent ces moyens en tenant compte uniquement
des critères du profit. A ce sujet, il faut signaler que les moyens de
communication sont des moyens, il appartient aux usagers de les utiliser dans le
bon sens ou de les utiliser dans le mauvais sens. L’Eglise encourage à les utiliser
dans le bon sens.
Parfois, des parents se lamentent des mauvaises compagnies de leurs enfants, ils
évitent et oublient parfois que ces mauvaises compagnies peuvent être aussi des
programmes de télévision, de radio qu’ils ont à l’intérieur de la maison ! On ne
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pouvait pas se soucier de l’avenir de ces enfants en leur évitant les mauvaises
compagnies des mauvais camarades sans tenir compte aussi de les orienter, de
les éduquer au choix personnel des programmes de télévision qui peuvent les
édifier aussi bien sur le plan culturel, intellectuel que spirituel. Le concile
continue à ce sujet en disant qu’à force de conformer leur conduite à la loi
morale, les usagers ne négligeront pas leur devoir de se renseigner à temps sur
les positions à adopter en ces matières par l’autorité compétente et de s’y
soumettre selon les normes de la conscience droite. De plus, en recourant aux
moyens appropriés, ils voudront se former une conscience éclairée et droite afin
de résister plus facilement aux influences moins honnêtes et de suivre plus
sûrement les bonnes. L’Eglise joue son rôle à fond à ce niveau pour orienter les
fidèles auditeurs et les téléspectateurs de nos différentes télévisions mais en
même temps des lecteurs des journaux à savoir faire le bon choix, le choix des
journaux qui élèvent l’esprit, le choix des journaux qui peuvent aussi nous aider
dans notre approfondissement spirituel.
Parlant des devoirs des jeunes et des parents, le décret conciliaire dit que les
usagers, les jeunes plus particulièrement doivent s’entrainer à la modération et
à la discipline dans l’usage de ces moyens et chercher en outre à mieux
comprendre ce qu’ils voient, entendent et lisent. Ils en discuteront soit avec
leurs éducateurs soit avec les spécialistes en ces matières. Ils apprendront à se
former ainsi en jugement droit.
Les parents de leurs côtés se souviendront qu’il est de leur devoir de veiller avec
soin que les spectacles, les imprimés contraires à la foi ou à la morale ne
pénètrent pas leurs foyers et que leurs enfants en soient préservés. Le rôle des
parents est à ce niveau très important pour un usage équilibré des médias afin
qu’ils ne fassent pas écran aux relations interpersonnelles et que ce ne soit pas
aussi le lieu de l’acculturation, d’aliénation pour les enfants.
III. NECESSITE DES MEDIAS DANS L’ACTION PASTORALE DE
L’EGLISE : ANNONCE DU REGNE DE DIEU, TRANSMISSION
DE LA FOI ET CONSOLIDATION DE LA COMMUNION
ECCLESIALE PAR LES MEDIAS.
3.1.
Prêtres et laïcs, unis pour la cause de l’Evangile, à travers les
médias
Le mandat missionnaire de Jésus est à garder et à préserver. : «Allez, de toutes
les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du
Saint Esprit…apprenez-leur à garder mes commandements ; et moi, je suis
avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». L’Eglise existe pour
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évangéliser. Elle n’est ni une ONG ni une association, rappelait le Pape
François.
Par ailleurs, le concile affirme que tous les membres de l’Eglise uniront
volontiers leurs efforts afin de mettre efficacement sans aucun retard et avec le
plus grand zèle les moyens de communication au service des multiples œuvres
d’apostolat. Compte tenu des exigences particulières des temps et des lieux, ils
auront à cœur de prévenir les initiatives mauvaises surtout là où l’évolution
religieuse et morale réclament leur intervention de manière plus urgente ». Les
communautésecclésiales de bases, les paroisses, les diocèses, les mouvements
d’action catholique sont invités à se munir de ces moyens de communication
sociale pour donner le témoignage de l’Evangile à travers ces moyens.
Les moyens de communications doivent donc être mis au service de
l’évangélisation et de la pastorale ainsi que des multiples œuvres d’apostolat :
par la radio, la presse écrite, le cinéma et internet…on arrive à atteindre un plus
grand nombre de fidèles, de spectateurs et d’auditeurs.
Les laïcs qui par profession sont engagés dans ces moyens chercheront à rendre
témoignage de Jésus Christ d’abord en accomplissant leur métier avec
compétence et esprit apostolique puis en collaborant directement à l’action
pastorale de l’Eglise par une contribution technique, économique, culturelle ou
artistique selon les possibilités de chacun. Les fidèles doivent être avertis de la
nécessité de lire et de diffuser la presse catholique pour se former un jugement
chrétien sur tous les évènements. Lorsqu’on parle d’une presse authentiquement
catholique, il ne s’agit pas nécessairement de cette presse là où l’autorité
ecclésiastique est promotrice. Il s’agit de toutes initiatives prises même par des
laïcs qui sont organisés en association pourvu que cette initiative ait pour
intention de former, d’affermir et de promouvoir des opinions publiques
conformes au droit naturel ainsi qu’à la doctrine et à la discipline catholique. La
production et la programmation des films qui concourent à une détente
moralement saine de l’esprit à la culture et à l’art sur tous les sujets destinés à la
jeunesse sont à favoriser et à renforcer par tout moyen efficace.
On soutiendra aussi efficacement les émissions radiophoniques et télévisées
moralement saines surtout les émissions familiales. Les émissions catholiques
seront vivement encouragées car elles incitent les auditeurs et les spectateurs à
participer à la vie de l’Eglise et à se familiariser avec les vérités religieuses. Il
faut cependant veiller à ce que les émissions s’imposent par la qualité et
l’efficacité. On s’efforcera enfin, de faire que l’art antique et noble du théâtre
qui désormais se répand largement grâce aux moyens de communication
contribue à la formation humaine et morale des spectateurs.
Il est urgent de former sans retard des prêtres, des religieux ainsi que des laïcs
qui devront acquérir une véritable compétence pour employer ces instruments à
des fins apostoliques.On formera ainsi de vrais communicateurs qui soient
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capables de porter l’Evangile avec ces moyens de communication aujourd’hui.
Cela suppose justement une certaine attention de la part des Pasteurs de l’Eglise
de tout ce qui se fait et de tout ce qui se produit par les moyens de
communication. On ne peut être totalement indifférent à la télévision, à la radio
ou à internet et prétendre former la jeunesse aujourd’hui.
La bonne utilisation des moyens de communication sociale mise à la disposition
des usagers différents par l’âge et la culture requiert une formation théorique et
pratique adaptée selon les usagers et spécifiques selon les instruments. Aussi
bien les émissions ou autres productions visant à la formation (surtout si elles
concernent la jeunesse dans les écoles catholiques de tous degrés) les séminaires
et aussi les groupes d’apostolat des laïcs sont-elles à encourager et à multiplier.
Elles seront conduites à la lumière des principes de la morale chrétienne afin
d’atteindre plus rapidement le résultat. Le catéchisme également comportera un
exposé et une explication de la doctrine et de la discipline de l’Eglise en cette
matière.
3 .2. Les moyens techniques au service de l’Evangile, de l’unité
ecclésiale et de la promotion de l’homme.
L’exemple du Christ, le Communicateur par excellence, disait Ecclesiain Africa,
quand il annonçait la Bonne Nouvelle à ses contemporains, doit nous inciter et
nous orienter. En toute intelligence, il utilisait les moyens de son temps pour se
faire entendre.
Aujourd’hui plus que jamais, la Parole de Dieu doit être annoncée, transmise et
vécue ; « Fides ex auditur », dit Saint Paul. La foi naît de ce qu’on entend. Il
serait donc injuste et anormale que cette Parole soit enchaînée et tenue en échec
à cause de certaines difficultés techniques. C’est pourquoi, nous avons tous le
devoir de soutenir et d’aider les journaux catholiques, les périodiques, les
réalisations dans le cinéma, les stations et les émissions de radio et de télévision
puisque le but principal de toutes ces œuvres est de défendre et de propager la
vérité, d’assurer une animation chrétienne de la société et de créer la
communion. A cet effet, nous félicitons et encourageons les initiateurs du réseau
social des prêtres ivoiriens sur facebook intitulé PresbyterorumOrdinis : un
réseau qui nous aide à mieux nous connaître, à échanger les nouvelles entre
nous, à nous soutenir dans les moments de joie comme de peine et à discuter
honnêtement et fraternellement sur des sujets qui minent notre clergé ivoirien.
Nous vous invitons à vous y inscrire.
Par ailleurs, le Saint Concile invite instamment les groupements et les hommes
qui tiennent des positions clés dans l’économie et la technique à soutenir
volontiers et généreusement de leurs ressources, de leurs conseils ces moyens
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dans la mesure où ils sont mis au service d’une authentique culture et de
l’apostolat.
Le Concile insiste enfin sur la compétence des Evêques. Il revient aux Evêques
de porter en leur diocèse une attention vigilante aux œuvres et initiatives de ce
domaine, de les promouvoir et dans la mesure où elle touche à une action
apostolique publique, et de les coordonner. Les Evêques sont donc les garants de
la communication dans leurs diocèses. Ils doivent avoir une attention toute
particulière à ce sujet.
Les offices diocésains de communication aideront à promouvoir à la bonne
formation de la conscience des fidèles dans l’usage des moyens de
communication sociale ainsi que d’encourager et d’harmoniser tout ce que les
catholiques entreprennent dans ce domaine.Des laïcs doctrinalement et
techniquement qualifiés devront aussi faire partie de ces offices diocésains. Il est
important d’avoir des bureaux de communication où on a une équipe qui
s’occupe justement de la communication de l’Eglise, où les médias peuvent
venir chercher les informations concernant l’Eglise sans se mettre à chercher là
où il n’y a pas souvent la bonne information.
CONCLUSION
Une Eglise qui ne communique pas en son sein ou avec le monde est appelée à
s’étioler, à souffrir et à mourir. Le refus de communiquer est la source de toutes
nos querelles, nos incompréhensions, nos divisions et nos séparations. Aussi, le
précepte missionnaire que nous laisse le Christ est toujours d’actualité : « Allez !
De toutes les nations, faites des disciples…baptisez-les et apprenez-leur à garder
tout ce que je vous ai enseigné… » Il s’agit ici d’une série de verbes à
l’impératif. C’est donc un ordre, une obligation de porter la Bonne Nouvelle à
ceux et celles qui sont loin (dans nos villages, campements et hameaux) tout
comme à ceux et celles qui ont perdu la foi ou qui ont déserté la Sainte Eglise
Catholique et ballotés au risque de leur vie dans des sectes ésotériques ou les
églises dites éveillées.
L’heure est venue et c’est maintenant. Sortons de nos peurs, de nos torpeurs et
de nos hésitations et mettons à contribution les moyens de communication que
nous offre le monde moderne pour porter la Bonne Nouvelle à tous, sans
distinction.
Nous terminons en reprenant une merveilleuse citation du Pape Benoît XVI dans
la récente Exhortation apostolique post synodale Africae Munus n.142et n.145.
En conclusion, Africae Munus n.175 : « Que la Bienheureuse Vierge Marie,
Mère du Verbe de Dieu et Notre Dame d’Afrique, continue d’accompagner toute
l’Eglise en Côte d’Ivoire par son intercession et ses invitations à faire tout ce
que nous dira son Fils ! Que la prière de Marie, Reine de la Paix et de l’Unité,
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soutienne nos efforts dans l’annonce de la Parole de Dieu et dans la construction
d’une Eglise Famille de Dieu forte, crédible, prospère et autonome en Côte
d’Ivoire.
Je vous remercie.
Père Hervé DJEZOU KONAN
Diocèse de Yamoussoukro
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