Communication de l`Eglise en vue de la Cop21

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Communication de l’Eglise en vue de la Cop21
2015 est une année cruciale. La Conférence des évêques de France l’a baptisée Kairos, le
moment opportun pour bâtir un monde commun. En ce mois de juin, va sortir la première
encyclique du pape François « Laudato si » sur les enjeux liés à la sauvegarde de la création.
Dans l’esprit du Cantique de saint François d’Assise est rappelée la mission confiée par Dieu à
l’homme de prendre soin de la terre et du ciel, de son prochain, du végétal et des animaux.
Après la sortie de l’Encyclique du pape François, les Objectifs du millénaire vont faire place aux
Objectifs du développement durable en septembre à New York. Paris accueille du 30 novembre
au 11 décembre la 21ème « conférence des parties » sur le climat, appelée COP21, chargée de
définir les modalités pour lutter contre le changement climatique.
Quels sont les liens entre le climat et la foi chrétienne?
De l’encyclique de Paul VI Populorum progressio de 1967 à l’encyclique à paraître du pape
François sur la protection de la Création se dessine une attention particulière de l’Eglise au
développement de l’homme dans son environnement.
L’Eglise catholique se mobilise de longue date sur les enjeux climatiques et environnementaux
tant ils sont liés à la paix mondiale, à la justice sur terre et à la dignité de l’homme. Trois
exigences l’habitent : interpellation, appel à une conversion dans les comportements et le
rapport à la Création et susciter l’espérance. Quatre axes de communication singuliers :
-
L’homme, gardien de la Création confiée par Dieu
La Terre est un don de Dieu et son avenir est lié à nos choix de vie. On est invités à « cultiver et
garder la terre » (Gn 2, 15), et à agir comme des « intendants fidèles et prudents » de ce monde
(Lc 12, 42). Or par certains de nos actes, nous nous opposons au dessein de Dieu de transmettre
de générations en générations ce bien commun où vivre, s’aimer, prier.
Dans son Message pour la Paix de 1990, Jean Paul II évoquait « les menaces qui pèsent sur la paix
mondiale à cause des atteintes au respect dû à la nature, de l’exploitation désordonnée de ses ressources
et de la détérioration progressive dans la qualité de la vie. Cette situation engendre un sentiment de
précarité et d’insécurité qui, à son tour, nourrit des formes d’égoïsme collectif et d’accaparement. »
Notre foi nous invite en ce sens à opter pour des choix de vie simples, durables et solidaires. Le Pape
François dès sa messe inaugurale du 19 mars 2013 nous invitait à être des « gardiens de la création, du
dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement. »
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La contemplation, l’émerveillement devant la Création invite à une véritable
communion avec le Seigneur. Elle conduit à porter un regard d’espérance sur l’avenir.
Devant de multiples scènes de la vie : la fleur qui s’épanouit, l’enfant qui grandit, le courage des
hommes dans l’épreuve, le chrétien trouve des occasions de rendre grâce. Par delà le contexte
morose, anxiogène, l’Eglise se fait un devoir de porter haut la valeur de l’espérance, source
d’actions et d’optimisme. « La terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi »
proclamait le Christ (St Marc 4,26-34). Il nous invite à la confiance et à l’engagement sincère
avec une dimension spirituelle.
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Le lien entre justice sociale et développement, l’attention aux plus vulnérables,
impactés par le réchauffement climatique permet de ressouder les liens de la famille
humaine, de l’Eglise universelle, promesse d’un mieux vivre ensemble.
Le réchauffement climatique menace non seulement la nature mais la vie de l’homme en son sein et en
particulier les communautés les plus pauvres. L’immense injustice vis-à-vis du changement climatique
réside dans le fait que les victimes les plus durement touchées sont les plus pauvres. Elles n’ont pas eu
les bénéfices des effets du développement mais en ont ses conséquences négatives.
D’où l’impératif de lutter pour davantage de justice climatique, de trouver de nouvelles formes
de solidarité Les chrétiens veillent à promouvoir le développement de tous dans un
environnement naturel et social paisible et digne. La crise climatique ouvre un chemin vers
davantage de fraternité.
« Il n’est pas juste qu'un petit nombre de privilégiés continuent à accumuler des biens superflus en
dilapidant les ressources disponibles, alors que des multitudes de personnes vivent dans des conditions de
misère, au niveau le plus bas de survie. C'est maintenant l'ampleur dramatique du désordre écologique
qui nous enseigne à quel point la cupidité et l'égoïsme, individuels et collectifs, sont contraires à l'ordre de
la création, dans lequel est inscrite également l'interdépendance mutuelle. » Message pour la Paix de
1990, Jean Paul II
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L’Eglise prêche l’exemplarité des chrétiens. Avec humilité, elle souligne leur
responsabilité de vivre au quotidien des choix exigeants. Les thématiques de l’écologie
rejoignent les valeurs chrétiennes : le spirituel avant le matériel, la sortie du consumérisme
effréné, la vie joyeuse dans une forme de sobriété en lien avec la nature.
Pour prendre cette direction, il s’agit de

mettre en lumière les expériences conduites dans des paroisses, des communautés religieuses,
des familles, des groupes de jeunes et mouvements pour inspirer un nouveau chemin vertueux.

s’intéresser aux causes et effets des changements climatiques

soutenir des organisations chrétiennes françaises, européennes et internationales qui plaident le
changement depuis des années.
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