Retard mental et troubles psychiques

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Compte rendu de la réunion des infirmières d'institutions du
5 novembre 2015.
La réunion a eu lieu à l'IME des écureuils à sainte Marguerite ( (272, avenue de Mazargues
13008 Marseille) .
Le Docteur Martine Audibert psychiatre, est intervenue sur le thème de la déficience
mentale et les troubles psychiques :
Retard mental et troubles psychiques
Qu’est-ce qu’un retard mental ?
C’est une entrave à la pensée et aux apprentissages se caractérisant par un décalage entre les
performances du sujet rapportées à celles des individus de son âge. Le retard mental est défini par
rapport à une « norme » constitué par la plus grand nombre. On parle de retard mental quand
l’enfant ou l’adolescent a un fonctionnement intellectuel nettement inférieur à la moyenne, que ce
fonctionnement limite son adaptation dans différents domaines importants et que ce trouble débute
en cours de développement pendant la petite enfance ou l’enfance.
L’intelligence est une faculté à dimensions multiples, sa mesure par le Quotient Intellectuel où l’âge
mental doit être complété par une appréciation du fonctionnement adaptatif dans les secteurs :
 De la communication,
 De l’autonomie,
 De la vie domestique,
 Des aptitudes sociales et interpersonnelles,
 De la mise à profit des ressources de l’environnement,
 De la responsabilité individuelle,
 De l’utilisation des acquis scolaires,
 Dans le travail, les loisirs, le domaine de la santé et de la sécurité.
La classification internationale des maladies définit 4 degrés de Retard Mental :
 Le retard mental Léger : 85% des personnes atteintes de retard mental,
 Le Retard Mental Moyen : 10%,
 Le Retard Grave : 3 à 4%,
 Le Retard Profond : 1 à 2%.
Le retard mental léger :
Les enfants présentant un retard mental léger apprennent à parler plus lentement, leur
compréhension et l’utilisation du langage sont limitées et concrètes. Ils acquièrent un niveau
d’autonomie personnelle et sociale comparable aux autres mais nécessitent davantage de temps et
de soutien pour faire certains apprentissages. Ils sont décelés au moment de la scolarisation.
Bénéficiant d’une scolarité adaptée visant à développer leur autonomie sociale ils peuvent à l’âge
adulte mener une vie relativement normale.
Les facteurs socio-éducatifs, économiques et culturels jouent un rôle important.
Le retard mental moyen :
Les enfants qui présentent un Retard mental moyen apprennent pour la plupart à parler mais ont des
difficultés majeures à communiquer avec leur entourage et au-delà d’un échange d’informations
simples et concrètes.
L’apprentissage des règles et conventions sociales leur est difficile et ils nécessitent un niveau
d’encadrement soutenu.
Ils ont parfois un niveau limité d’autonomie (hygiène personnelle et indépendance vestimentaire,
alimentaire et sphinctérienne) et peuvent présenter des problèmes de motricité.
Quel que soit leur contexte social et culturel leur retard est généralement évident dès la petite
enfance et rend les acquisitions scolaires particulièrement difficiles. La plupart n’apprennent pas à
lire ou à écrire.
Ils peuvent bénéficier de programmes éducatifs structurés pour apprendre à accomplir des tâches
simples dans un environnement structuré et protégé.
Etiologies
Le retard mental léger est davantage d’origine multifactorielle : origine polygénique, facteurs socioculturels, facteurs environnementaux et reste le plus souvent inexpliqué.
Le développement de la biologie et de la génétique permettent désormais d’ identifier une cause
dans 20 à 30% des cas de retard modéré à sévère.
On pourrait retrouver une cause génétique dans 70% des cas avec une étude génétique complète.
Mais ces tests sont très coûteux.
Quel intérêt aux bilans étiologiques ?
L’avortement thérapeutique évite la naissance d’enfants porteurs de certaines anomalies génétiques.
Inversement la « fabrication d’enfants » par la Procréation Médicalement Assistée conduit à des
grossesses périlleuses ou multiples engendrant prématurité et souffrances néonatales. Malgré les
prouesses des néotalologues des séquelles cérébrales en résultent, on retrouve aussi dans 30% de
ces enfants une dyspraxie ou dyslexie.
La correction médicale génétique n’est pas encore recherchée dans la déficience.
Dans le cadre de l’autisme, les études familiales et de jumeaux ont permis d’identifier des gènes
candidats ainsi que des gènes susceptibles de modifier l’expression de la sévérité des troubles
autistiques.
Il faut savoir l’importance des effets de l’environnement sur les troubles car on sait aujourd’hui que
les facteurs environnementaux peuvent modifier l’expression des gènes. On parle de vulnérabilité
pour désigner les facteurs de risque pour chacun.
On retrouve plus d’enfants souffrant d’autisme chez les migrants, des causes environnementales
sont recherchées, peut-être un changement alimentaire et ainsi de la flore intestinale.
Parcours
L’étude du passé de ces enfants nous montre qu’ils ont présenté un retard du développement
psychomoteur, marche en retard, apparition du langage tardif, mauvais contrôle sphinctérien…
Les médecins, pédiatres, PMI, les professionnels de la petite enfance repèrent si les parents ne l’ont
pas fait, ce décalage et orientent vers des rééducateurs en orthophonie, en psychomotricité, pédopsy. On objectivera le retard par des tests psycho cognitifs : Wechsler.
Le retard mental peut être masqué par des troubles du comportement :
 Instabilité, agitation ou retrait, passivité,
 Trouble attentionnel et de mémorisation,
 Immaturité affective, opposition marquée,
 Agressivité mal contenue à l’égard des pairs, retournée contre soi ou à l’encontre des
adultes,
 Angoisse de séparation marquée et durable.
Cet enfant en difficulté souffre de capacités adaptatives altérées, il ne comprend pas bien son
environnement, il ne maîtrise pas ses réactions, ne peut pas compter sur ses figures d’attachement
pour le protéger, pallier ses insuffisances. Il est dans le collectif, exposé, sollicité par les
professionnels… il peut saturer rapidement, craquer et rentrer dans des états d’excitation ou des
moments d’abattement.
Les pairs autour de lui vont se manifester par l’incompréhension, le rejet, l’agression, la moquerie ou
bien l’empathie et la protection, l’alliance quand le défaut est partagé.
En famille, cet enfant est confusément perçu comme différent, un certain nombre de palliatifs sont
mis en place, son apparente fragilité va conduire les mères surtout à céder aux inconduites pour
maintenir l’alimentation, le sommeil et la sécurité… La fratrie va le supporter, le subir, le jalouser ou
le protéger et l’aider selon l’âge.
Qu’est-ce que l’autisme, ou Trouble Envahissant du Développement ?
Voici les critères diagnostiques en vigueur dans le manuel des maladies DSM IV
Altération qualitative des interactions sociales : le retrait.
Marquée dans l’utilisation, pour réguler les interactions sociales, de comportements non verbaux
multiples tels que le contact oculaire, la mimique faciale, les postures corporelles, les gestes.
Incapacité à établir des relations avec les pairs correspondant au niveau de développement/ Le sujet
ne cherche pas spontanément à partager ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d’autres
personnes (ne désigne pas, ne ponte pas). Manque de réciprocité sociale et émotionnelle.
Altération qualitative de la communication
Retard ou absence totale de développement du langage parlé (sans tentative de communication par
d’autres modes de communication comme le geste ou la mimique).
Chez les sujets maîtrisant suffisamment le langage, incapacité à engager ou soutenir une
communication avec autrui.
Usage stéréotypé et répétitif du langage ou langage idiosyncrasique.
Absence du jeu de faire semblant varié et spontané, ou jeu d’imitation sociale correspondant au
niveau de développement.
Le ton de la voix n’est pas posé, le discours est robotisé ou stéréotypé.
Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités
Préoccupation circonscrite à un ou plusieurs centres d’intérêt anormale soit dans son intensité soit
dans son orientation (agiter ou tenir des objets).
Adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou des rituels spécifiques et non fonctionnels
(l’intolérance au changement ou immuabilité avait été décrite par Kanner dès 1949).
Maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs (battements torsions de mains, mouvements
complexes du corps).
Préoccupations persistantes pour certaines parties des objets.
Retard ou caractère anormal du fonctionnement débutant avant l’âge de 3 ans dans au moins un des
domaines suivants : interactions sociales, langage nécessaire à la communication sociale, jeu
symbolique ou d’imagination.
La prévalence du trouble est de 1/150 aujourd’hui, il y a 15-20 ans il était de 1/600 enfant. Son
accroissement reste inexpliqué.
30 % de ces enfants ont une épilepsie associée et 70 % d’entre eux présentent une déficience
intellectuelle.
On préconise une prise en charge précoce afin de stimuler ces enfants et d’orienter leur
fonctionnement social et relationnel.
Trouble psychique et handicap mental
Un trouble psychique est une perturbation repérable dans le fonctionnement psychologique qui va
se traduire chez l’enfant par des modifications émotionnelles, des plaintes, des modifications
comportementales, des troubles des conduites primaires (alimentation, sommeil, sphincters).
On peut distinguer un trouble d’apparition récente ou un trouble ancien inscrit dans le mode de
fonctionnement. Le repérage est fait par les professionnels et ou la famille.
La difficulté d’évaluation tient au fait :
 Que nous accueillons des enfants dont le développement est perturbé (on parle de troubles
neuro-développementaux),
 Que leur évolution ne concorde pas avec les grilles de « normalité »,
 Qu’il en résulte un Handicap caractérisé par une déficience de structure ou de fonction
conduisant à une incapacité le limitant dans certaines activités, ce qui va constituer un
 désavantage dans son environnement et la société pour lui et sa famille.
Des enfants présentent des troubles psychiques précoces tels que schizophrénie infantile, psychoses
précoces caractérisées par : une désorganisation mentale permanente, des moments d’angoisse, des
attitudes inadaptées avec les pairs, une difficulté à accepter le cadre, le groupe, une faible
implication. Ils semblent plus animés par un principe de plaisir intolérant à la frustration.
Il est possible de traiter, si la famille est coopérante, en sachant que les traitements ne peuvent avoir
qu’un effet symptomatique et partiel, c’est-à-dire corriger une agitation, apaiser des angoisses
améliorer le sommeil ou réduire l’agressivité.
En grandissant et après la survenue de la puberté l’émergence des pulsions sexuelles s’exprimera
souvent sans retenue donnant lieu à des inconduites exploratoires intempestives.
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