Hobsbawm E.J. (1994), L’Age des Extrêmes - Histoire du
court XXe siècle, Editions Complexe.
Première partie : L’Ere des Catastrophes
Chapitre 1 : L’Age de la Guerre Totale, Fiche réalisée par Alexandre LASRY
Chapitre 2 : La Révolution mondiale, Fiche réalisée par Hélène MORVAN.
Chapitre 3 : Au fond du gouffre économique, Fiche réalisée par Hélène MORVAN.
Chapitre 4 La Chute du Libéralisme, Fiche réalisée par Alexandre LASRY.
Deuxième partie : L’Age d’or
Chapitre 8 : Guerre froide, Fiche réalisée par Anne-Claire NAIN et Zoé VILLAIN.
Chapitre 9 : L’Age d’or, Fiche réalisée par Anne-Claire NAIN et Zoé VILLAIN.
Chapitre 10 : La révolution sociale, 1945-1990, Fiche réalisée par Anne-Claire NAIN et
Zoé VILLAIN.
Chapitre 11 : La révolution culturelle, Fiche réalisée par Anne-Claire NAIN et Zoé
VILLAIN.
Troisième partie : La Débâcle.
Chapitre 1 : L’Age de la Guerre Totale, Fiche réalisée par Alexandre LASRY
« Ce siècle fut marqué par la guerre, même lorsque les armes se taisaient et
que les bombes n’explosaient pas. Le grand édifice de la civilisation du XIXème s’est
écroulé dans les flammes de la guerre mondiale. »
Avec la guerre de 1914-18 débute un« court XXème siècle », constit de 31
années de guerre, toutes les grandes puissances sont impliquées, alors que le
monde avant 1914 aura presque connu un siècle sans guerre.
A ses débuts, la 1ère guerre mondiale est une guerre européenne, une
confrontation entre la triple entente (les « alliés » France, Grande Bretagne et
Russie) et la triple alliance (les « puissances centrales » Allemagne- Autriche-
Hongrie, rejoints par la suite par l’Italie).
Serbie, Belgique, Turquie, Bulgarie, Grèce, Roumanie, Portugal et enfin le
Japon (entre autres) se trouveront également entraînés, et les USA, enfin, à partir
de 1917
Le plan allemand est de mettre rapidement la France hors de combat, puis
d’en faire autant avec la Russie. Mais les 2 camps improvisent des lignes parallèles
de tranchées défensives et de fortification, des milliers d’hommes vivront, pendant 3
ans et demi, dans des conditions épouvantables, sous des tirs incessants. Tandis
qu’une bonne partie de l’Est de la France et de la Belgique se trouve sous
occupation allemande.
Le front occidental devient « une machine à massacre » d’un genre inédit
dans l’histoire de la guerre avec des batailles meurtrières (Verdun, Bataille de la
Somme…) et développera chez les combattants de 1914-18, une haine farouche de
la guerre expliquant la victoire de l’Allemagne en 1940, contre une France qui ne
voulait plus combattre et qui capitule « sans condition » de façon aussi rapide que
ridicule, acceptant la subordination à Hitler à cause des souffrances engendrées par
la guerre de 1914. La Grande Bretagne est très soucieuse aussi d’éviter à sa
population les mêmes massacres.
Les batailles sont d’autant plus meurtrières que les 2 camps usent de
technologies modernes (notamment les gaz toxiques) ce qui conduira à la
convention de Genève de 1925 et au non recours à l’arme chimique (pas
d’utilisation pendant la 2ème Guerre mondiale).
Jusqu’à 1914, avant le déclenchement de la guerre, aucune idéologie ne
sépare les belligérants, aucun compromis n’a alors à être recherché : cette guerre
est menée à des « fins illimitées ». D’autre part, l’Allemagne désire une position
politique et maritime mondiale comme la Grande Bretagne (mais finira par se
trouver reléguée à un statut inférieur).
En 1900, à l’apogée de l’ère impériale et impérialiste, l’Allemagne a une
position unique dans le monde (alors qu’en 1945 elle n’aura plus aucune prétention
militariste, compte tenu de sa position de « deux fois défaite »). France et Grande
Bretagne sont également des grandes puissances dans le monde « eurocentré ».
C’est ainsi que les deux camps formulent dès le début des hostilités, des buts de
guerre mégalomaniaque ; une « victoire totale avec une capitulation sans condition
de l’ennemi ».
A la fin de la guerre, le traité de Versailles de janvier 1919 tiendra compte de
l’effondrement de nombreux régimes en Europe et de l’émergence d’un nouveau
régime en Russie, tout en préservant le monde du bolchevisme, car il s’agissait de
contrôler une Allemagne qui avait failli battre à elle seule toute la coalition alliée et
redessiner l’Europe tout en remplissant les espaces vides de manière à affaiblir
l’Allemagne.
La paix-sanction justifiée avec la notion d’« Etat-coupable » est ainsi
imposée à l’Allemagne, considérée comme responsable de la guerre et de ses
conséquences, pour la maintenir dans un état de faiblesse durable et l’amputer
d’une partie de son territoire.
De ce fait, c’est en créant la Société des Nations (SDN) chargée de régler
pacifiquement et démocratiquement les problèmes avant qu’ils ne dégénèrent par
des négociations publiques que la puissance victorieuse tente d’empêcher toute
nouvelle guerre mondiale. Mais le fiasco sera presque total avec le refus des Etats-
Unis de la rejoindre, elle fut d’emblée privée de toute véritable signification (avec le
recul, on réalise finalement que la paix avait alors peu de chances de s’éterniser…).
Plus tard, au milieu des années 1920, l’économie mondiale se plonge dans la
crise la plus grave depuis la révolution industrielle. C’est ainsi qu’en Allemagne et
au Japon, les forces politiques d’extrême droite gagnent progressivement le pouvoir
alors que le fascisme a déjà gagné l’Italie : une nouvelle guerre se dessine.
De même qu’avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale, une
série d’attaques a lieu sans provoquer de réaction de la part de la SDN. (1931 -
Attaque par le Japon de la Mandchourie, 1935- Invasion de l’Ethiopie par l’Italie,
1936- Intervention allemande et italienne dans la guerre civile d’Espagne, 1938-
Annexion de l’Autriche et dépècement de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne 1939-
Occupation Allemande de la Tchécoslovaquie),
Hitler souhaite la guerre mais il est le seul parmi tous les agresseurs.
L’Allemagne ne peut cependant se permettre une guerre longue, n’y étant pas
préparée, la guerre doit être rapide. Et tout le début de la guerre fonctionnera selon
ses plans : elle débute en 1939 (suite à l’invasion polonaise) et reste européenne.
C’est ensuite au tour de la Norvège, du Danemark, des Pays-Bas, de la Belgique et
de la France d’être envahis en l’espace de quelques mois (et cette fois, la blitzkrieg
réussit).
La Grande-Bretagne reste donc seule pour affronter l’Allemagne.
L’Italie quitte sa neutralité pour rejoindre les forces de l’axe. En Europe, la
guerre est déjà « terminée ».
Le 22 Juin 1941, l’invasion par l’Allemagne de la Russie la relance. Les
armées du Reich s’enfoncent dans le Caucase et la vallée de la Volga pour finir
encerclés à Stalingrad (été 42 à mars 43). Le conflit devient mondial avec l’attaque
du Japon, à Pearl Harbour, le 7 décembre 1941 et la déclaration de guerre par
l’Allemagne aux Etats-Unis qui marquera un tournant décisif.
1945 est une victoire de reddition totale, sans condition, suivie de
négociations pour se partager les dépouilles de la victoire et établir le cadre de
relations politiques et économiques entre les Etats. La 2ème guerre mondiale aura
été un combat à mort, une escalade qui passa de conflit de masse à guerre
totale, avec le sort des juifs, dont le monde incrédule et horrifié découvrit
l’extermination. D’autre part, les pertes totales sont incalculables, comparée à celle
de 1914 la guerre de 1939-45 qui tua civils et militaires en fit près de 6 fois plus de
victimes (10 millions de morts pour la 1ère GM contre 54 millions pour la 2ème)
Ces 2 guerres sont l’expression d’un carnage sans précédent, le début du
cauchemar technologique (gaz toxiques en 1914-18, bombes atomiques sur
Hiroshima et Nagasaki en 1945), la montée de la barbarie après 1914, la
torture supprimée en 1914, est utilisée à nouveau depuis 1945.
Le massacre de populations, les cruautés et exterminations à échelle
astronomique sont faites dans la routine par des bureaucrates qui exécutent des
ordres et ne sont impliqués personnellement à aucun moment. Avec 1914, les
guerres sont devenues des guerres de masse. Les conflits ont viré en guerre
populaire et les civils devenus les cibles de la stratégie de l’adversaire, lequel est
diabolisé et rendu haïssable.
Pour mener ces guerres, il aura fallu tenir compte des coûts, organiser,
planifier sa production et l’économie toute entière. La guerre totale a révolutionné le
management, la technologie a avancé. La guerre et sa préparation ont accéléré le
progrès technique et l’impact sur l’organisation industrielle a été majeur.
En résumé l’auteur souligne que si la 1ère guerre mondiale n’a rien résolu, la
seconde a produit des solutions, en parallèle à l’âge d’or économique en Occident, et
les problèmes sociaux et économiques du capitalisme ont disparus.
Chapitre 2 : La Révolution mondiale, Fiche réalisée par Hélène MORVAN
Les Etats et les peuples impliqués (à part les Etats-Unis) dans la 1ère guerre
mondiale en sont sortis bouleversés et affaiblis. L’humanité attendait alors une
alternative pour remplacer le capitalisme par le socialisme. Le signal fut lancé par la
révolution russe, ou plus précisément, la volution bolchevique d’Octobre 1917,
qui s’étendit mondialement, renforcée ensuite par l’influence de l’URSS dans le
monde jusqu’en 1945.
La politique internationale du Court XXe siècle à partir de la révolution
d’Octobre est un duel entre deux systèmes sociaux : les forces de l’ordre ancien
(capitalisme) et celles de la révolution sociale, dont le communisme soviétique
prétendu être un système alternatif et supérieur au capitalisme en est
l’incarnation. Cet affrontement s’explique par la volon bolchevique (sous Lénine)
de promouvoir la révolution prolétarienne dans le monde.
Avant 1917, la Russie tsariste connue un essor industriel qui aggrava les
difficultés des plus pauvres, qui tentèrent une 1ère révolution contre le tsar en 1905.
Mais la monarchie russe ne fut renversée qu’avec la révolution de mars 1917, suite
à une grande grève générale.
Succède alors au tsar un « gouvernement provisoire » libéral d’un côté, et de
l’autre, une multitude de « conseils » (soviets) détenant la réalité du pouvoir, et
formant la base d’un nouveau gouvernement, selon les espérances de Lénine qui
souhaite un pouvoir bolchevique.
Or à cette époque la Russie n’était prête ni pour une « révolution bourgeoise »
libérale ni pour une révolution socialiste prolétarienne (prônée par Marx).
Cependant la réalité montra que le libéralisme n’avait aucune chance de triompher
en Russie, face au désir apparent d’une révolution sociale née avec la rébellion
contre la guerre dès 1917, et le désir de paix qui en découle. En effet des slogans
« du pain, la paix et des terres » qui naissaient dans les villes permirent aux
bolcheviks de Lénine d’augmenter leurs soutiens. Mais l’heure n’était pas pour
autant encore mûre pour la chute immédiate du gouvernement provisoire, malgré
l’accélération de la radicalisation en faveur du parti révolutionnaire bolchevik qui,
étant le seul parti à être vraiment prêt à envisager une quelconque responsabilité,
finit par prendre le pouvoir à Petrograd et à Moscou.
Lénine avait deux principaux objectifs : atteler le nouveau gouvernement des
soviets à la « transformation socialiste de la République russe », en vue d’une
révolution mondiale ou, tout au moins, européenne, sur le modèle de la révolution
russe ; mais avant tout de conserver le pouvoir, ce qu’il fit, en plus de l’étendre.
La révolution russe a survécu pour au moins trois grandes raisons : elle
possède un parti communiste centralisé et discipliné, c’est le seul
gouvernement capable et désireux d’assurer la cohésion de la Russie en tant
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